Auguste Rencurel

1896 - 1983

Informations générales
  • Né le 4 septembre 1896 à Oued-fodda (Algérie)
  • Décédé le 19 janvier 1983 à Toulon (Var - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Anciens départements d'Algérie
Groupe
Radical et radical-socialiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Anciens départements d'Algérie
Groupe
Radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Anciens départements d'Algérie
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste

Biographies

Biographie de la IVe République

RENCUREL (Auguste, Gustave)
Né le 4 septembre 1896 à Oued-Fodda (Alger)
Décédé le 19 janvier 1983 à Toulon (Var)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Algérie)
Député d’Algérie de 1946 à 1951

Issu d’une famille de colons de la vallée de l’Oued Chérif, Auguste Rencurel, licencié en droit de la faculté d’Alger, devient officier au 2ème régiment de zouaves pendant la guerre 1914-1918. Avocat, puis bâtonnier du barreau d’Orléansville (Al Asnam), il exerce d’abord et durablement des mandats locaux. Il est maire d’Oued Fodda, puis d’Orléansville - pendant 22 ans -, conseiller général d’Oued Fodda - pendant 30 ans -, vice-président, puis président du Conseil général d’Alger. Radical-socialiste, s’affirmant « ami d’Herriot », il est désigné par son parti pour siéger à l’Assemblée consultative provisoire d’Alger à partir du 9 novembre 1943, participant aux commissions des affaires étrangères, des affaires économiques et sociales, de l’éducation nationale, de l’intérieur et de la santé publique, des affaires musulmanes et, enfin, au conseil de la jeunesse. Il intervient notamment dans le débat sur l’Algérie qui occupe l’Assemblée en août 1945.
Candidat du collège des électeurs français, citoyens musulmans et non musulmans d’Alger, pour l’élection à l’Assemblée nationale constituante de 1945, il parvient à être élu, avec 23 405 voix, à la tête d’une liste d’Union républicaine radicale et radicale socialiste et de défense de l’Algérie Française. Il arrive en dernière position, derrière deux communistes de l’Union démocratique pour le progrès et la liberté, et derrière deux démocrates-chrétiens du MRP de la liste d’Union républicaine. Député du département d’Alger et du territoire de Ghardaïa, il devient membre de la commission de l’intérieur, de l’Algérie et de l’administration générale, départementale et communale. Ses quatre interventions en séance publique portent sur des questions spécifiques à l’Algérie : fiscalité, économie, régime électoral. Après les émeutes de Guelma et de Sétif de l’été 1945 et leur répression, le problème de l’avenir de l’Algérie est clairement posé, comme celui de l’Union française. Les forces politiques musulmanes du Parti populaire algérien et de l’Union démocratique du manifeste algérien, représentées à l’Assemblée, ne parviennent pas à faire entendre et comprendre leurs aspirations hors des cercles communiste, socialiste et, bientôt progressiste. En janvier et février 1946, à propos de la désignation des membres de l’Assemblée de l’Union française, Auguste Rencurel - suppléant d’André Marie - à la commission de la Constitution, se heurte violemment à Pierre Cot, futur rapporteur du premier projet de Constitution de la Quatrième République. Il ne dépose aucun texte de loi.
Cette attitude facilite sa réélection (31 078 voix) à la deuxième Assemblée nationale constituante en tête de la liste du Rassemblement des Gauches républicaines (RGR), derrière le communiste Pierre Fayet et la tête de liste d’Union des républicains indépendants et du Parti républicain de la liberté, Fernand Chevalier. Inscrit au groupe radical-socialiste, Auguste Rencurel concentre toujours son activité sur la commission de l’intérieur, de l’Algérie, de l’administration générale, départementale et communale et sur celle de l’Outre-mer. En opposition aux choix de Pierre Fayet, il se range souvent derrière ceux du député d’Oran François Quilici ou de René Mayer, élu du département de Constantine, qui obtiennent de Georges Bidault, en août 1946, de dissocier le statut futur de l’Algérie des travaux de la Constituante. Au cours de la deuxième Constituante, Auguste Rencurel dépose deux rapports sur des textes d’initiative parlementaire. Au cours de ce deuxième mandat, il intervient à deux reprises en séance publique. Après le congrès radical des 5, 6, 7 et 8 septembre 1946, Auguste Rencurel est l’une des personnalités influentes dans les grandes commissions d’études créées par le Parti radical. Ces engagements le mettent en position de force pour les élections législatives de novembre 1946 à Alger où trois listes se disputent les six sièges du premier collège. Le communiste Pierre Fayet est élu (37 293 voix), mais la liste de Rassemblement républicain et d’union algérienne conduite par Auguste Rencurel remporte les cinq autres sièges, avec 103 668 voix (66,2%), au profit du général Adolphe Aumeran, de Paul-Emile Viard, doyen de la faculté de droit d’Alger, de Fernand Chevalier et de Jacques Chevallier. Cette élection constitue, en fait, une sorte de test pour les futurs apparentements, puisque ces cinq élus s’inscrivent à trois groupes parlementaires distincts (groupe radical-socialiste, groupe du parti républicain de la liberté (PRL) et l’Union démocratique indépendante (UDI)).
Au cours de cette première législature, Auguste Rencurel est désigné comme juge suppléant (11 mars 1947), puis comme juré de la Haute cour de justice (4 mai 1948). Outre ses activités dans les commissions des moyens de communication et du tourisme (1946-1947), de la production industrielle (1947-1949), de la marine marchande et des pêches (1949-1951), c’est surtout au titre de la commission de l’intérieur qu’il intervient (1946-1951), notamment par ses rapports sur l’organisation judiciaire en Algérie. Il en dépose sept, dont quatre portent sur des textes d’initiative gouvernementale : sur le projet de loi portant création de postes à la Cour d’appel d’Alger et affectation de magistrats à la Chambre de révision en matière musulmane (22 juillet 1949); sur le projet de loi portant création de postes de magistrats et de greffiers dans certains tribunaux de première instance du ressort de la Cour d’appel d’Alger (23 mars 1950); sur le projet de loi relatif à la propriété foncière en Algérie et l’ordonnance du 23 novembre 1944 relative à l’organisation de la justice musulmane en Algérie (7 décembre 1950) ; sur le projet de loi portant création d’une troisième justice de paix à Alger (12 avril 1951). En séance, ses sept interventions portent principalement sur le statut organique de l’Algérie voté, malgré lui, le 27 août 1947 et tendant à substituer aux trois départements d’Outre-mer, l’Etat associé d’Algérie. L’application de ce statut provoque des flambées de violence musulmane et des fraudes électorales massives, notamment à Orléansville. Elle est aussi marquée par les ambiguïtés gaullistes et par les divergences entre colistiers de Rencurel : Jacques Chevallier abandonne son mandat pour se présenter à l’Assemblée algérienne, tandis que Paul-Emile Viard quitte le groupe MRP. Au cours de ce dernier mandat, Auguste Rencurel défend un amendement.
L’absence de doctrine radicale socialiste claire sur l’Outre-mer pousse Auguste Rencurel vers le Parti républicain de la liberté (PRL), en même temps que René Mayer, François Quilici, Fernand Chevalier et Adolphe Aumeran. Pour les élections de la seconde législature, le 17 juin 1951, ce dernier conduit la liste d’Union algérienne et est élu avec 19,3% des suffrages exprimés, tandis qu’Auguste Rencurel, en seconde position, est battu, en l’absence de tout apparentement, par la dynamique de la liste d’Union des indépendants et du RPF qui obtient 4 sièges (47,2%).
Auguste Rencurel disparaît le 19 janvier 1983.





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