Louis Siefridt

1893 - 1983

Informations générales
  • Né le 27 février 1893 à Le havre (Seine-Inférieure - France)
  • Décédé le 28 juillet 1983 à Le havre (Seine-Maritime - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Seine-Maritime
Groupe
Mouvement républicain populaire

Biographies

Biographie de la IVe République

SIEFRIDT (Louis, Laurent, Joseph)
Né le 27 février 1893 au Havre (Seine-Inférieure)
Décédé le 28 juillet 1983 au Havre

Membre de la première et seconde Assemblée nationale constituante (Seine-Inférieure)
Député de la Seine-Inférieure de 1946 à 1955

La vie de Louis Siefridt s’est déroulée sous le double signe de l’attachement à la région du Havre et du combat du catholique engagé dans la démocratie chrétienne. Ses origines familiales plongent néanmoins leurs racines en Alsace mais, pour échapper au service militaire imposé par le Deuxième Reich, le père de Louis Siefridt quitte le Bas-Rhin à 18 ans pour s’installer au Havre comme ouvrier tonnelier. Louis Siefridt effectue des études secondaires à l’Institution Saint-Romain de Rouen et devient clerc de notaire à la veille de la Grande Guerre. Un problème de vue le conduit à passer les cinq années sous les drapeaux dans le service auxiliaire, entre 1914 et 1919. Le retour à la vie civile lui permet d’occuper successivement les fonctions de correspondancier dans une société d’importation de café, de 1920 à 1931, puis de directeur d’une caisse mutualiste normande de capitalisation (assurances sociales, vieillesse et invalidité), de 1931 à 1946. Louis Siefridt fonde également une famille nombreuse ; il épouse, le 9 avril 1921, Marie-Louise Constance Llobet. De ce mariage naissent treize enfants.
Entre-temps, Louis Siefridt connaît une série d’engagements forts et cohérents. Son entrée dans la vie politique se fait par le Sillon de Marc Sangnier auquel il appartient de 1906 à 1910, dans la mouvance de la branche rouennaise du mouvement, animée par Maurice Lemesle. De 1924 à 1945, il milite au sein du Parti Démocrate Populaire, devenant secrétaire, puis président de la section PDP de Sanvic. En 1925, il réclame au congrès du parti démocrate-chrétien que l’Etat rende obligatoire les allocations pour les familles nombreuses. Il collabore également au journal local du parti, le Démocrate de Normandie. De 1919 à 1945, parallèlement à son engagement politique, il milite au sein du Syndicat des employés de bureau de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).
C’est à la libération, à cinquante-deux ans, qu’il peut exercer ses premiers mandats électifs sous l’étiquette MRP. Ils témoignent de son enracinement dans l’agglomération du Havre, alors qu’il vient de vivre un terrible drame familial puisque deux de ses enfants sont tués en 1944 par des éclats d’obus de tir de DCA, à Alvimare, près d’Yvetot, où Louis Siefridt les pensait plus en sécurité qu’au Havre.
Député de la deuxième circonscription de Seine-Inférieure de 1945 à 1956, Louis Siefridt occupe également les fonctions de vice-président du Conseil général de Seine-Inférieure de 1945 à 1951 et d’adjoint au maire, puis de maire de Sanvic, successivement de 1945 à 1953, puis de 1953 à 1956, date à laquelle il obtient le rattachement de cette commune à la ville du Havre.
La deuxième circonscription de Seine-Inférieure présente une conjonction difficile pour le MRP car les suffrages s’y partagent entre les modérés et les communistes, sans offrir de grandes possibilités électorales pour les démocrates-chrétiens. Malgré tout, la liste de Louis Siefridt décroche un siège en 1945, en recueillant 30 826 voix sur 169 060 suffrages exprimés. En juin 1946, alors que le MRP devient la première force politique nationale, la liste menée par Louis Siefridt n’arrive qu’en troisième position, avec 35 754 voix, soit 19,4 %, loin derrière les 29,5 % de la liste communiste ou des 24,9 % de la liste des indépendants. Quatre mois plus tard, la liste MRP perd 7 000 voix, avec 16,3 % des voix, conservant néanmoins son siège. La loi sur les apparentements permet à Louis Siefridt d’obtenir un nouveau mandat, malgré un résultat de 19 396 voix, lui-même recueillant 23 010 voix sur son nom. Dans cette circonscription, les apparentements se mettent en place pour permettre une conjonction puissante contre le PCF et le Rassemblement du peuple français (RPF), car toutes les autres listes sont apparentées. En 1956, le déclin du MRP dans la région du Havre est consommé, puisque Louis Siefridt n’est pas réélu. Sa liste ne recueille que 13 933 suffrages, soit 6,4 % des voix; l’ancien maire de Sanvic conserve toutefois une popularité réelle, puisqu’il obtient, à titre personnel, 17 037 voix. Il est vrai qu’il a été un député actif, attaché à défendre dans l’hémicycle une cité particulièrement meurtrie par la seconde guerre mondiale.
Sous la première Assemblée nationale constituante, il appartient à la commission de la famille, de la population et de la santé publique. Il dépose deux propositions de loi et un rapport, trois textes s’intéressant directement aux familles nombreuses. Durant la deuxième Constituante, il est nommé à la commission de la France d’Outre-mer et à la commission des moyens de communication et des postes, télégraphes et téléphones. Il défend quatre amendements en séance publique, dans la discussion du projet de loi fixant le régime des prestations familiales, au mois d’août 1946.
La première législature de la Quatrième République le conduit à la commission de la marine marchande (1946-1950), à nouveau à la commission de la reconstruction et des dommages de guerre (1946-1951), au conseil d’administration de la caisse autonome de la reconstruction, à partir du 19 mai 1948. Enfin, le 20 mai 1947, il est appelé à figurer sur la liste des jurés de la Haute Cour de justice. Son activité parlementaire est particulièrement vive, puisqu’il dépose trente-neuf textes : vingt-deux propositions de loi, cinq propositions de résolution, quatre avis, sept rapports et un rapport spécial. Il prend la parole sur vingt-huit sujets différents en séance publique, en défendant trente-trois amendements et deux sous-amendements. Il remplit les fonctions de rapporteur à deux reprises : le 17 mars 1950 (taux du prélèvement sur les loyers) et 4 août 1950 (construction).
Lors de son dernier mandat, entre 1951 et 1955, il retrouve la commission de la reconstruction et des dommages de guerre (1951-1955) et siège à la commission de la marine marchande et des pêches (1951-1955). Il ne dépose pas moins de quarante-deux textes : trente-deux propositions de loi, deux propositions de résolution, six rapports, un rapport supplémentaire et un avis. Il intervient sur treize sujets en séance publique. Il défend treize amendements, deux amendements indicatifs et un amendement rectifié. Il dépose deux demandes de disjonction et propose un article additionnel permettant des facilités de trésorerie pour les souscripteurs engagés dans l’achat d’un immeuble, à l’occasion de la discussion du projet de loi concernant le crédit mutuel du bâtiment et certaines sociétés de crédit différé. Il remplit les fonctions de rapporteur pour avis à deux reprises et celles de rapporteur, trois fois : le 18 mars 1953 sur l’épargne-construction ; deux fois le 28 mars 1953, sur le même projet de loi amendé par le Conseil de la République.
La plupart de ses nombreuses interventions visent à accélérer la reconstruction des villes sinistrées. Il estime cette tâche prioritaire à plusieurs titres, d’abord pour des raisons d’humanité, mais aussi pour des raisons démographiques - permettre aux familles d’avoir un logement décent pour y élever leurs enfants - et économiques, puisque les grandes villes industrielles ont besoin de loger leur main-d’œuvre. Sans l’exprimer explicitement, il insiste aussi sur la nécessité de combattre le communisme par une politique qui reçoit « la confiance de la classe ouvrière » (2 avril 1952). Il développe alors une idée qui lui est chère, celle du titre de créance revalorisable, qui serait garanti sur l’or et versé aux sinistrés pour pallier le manque de crédit du ministère de la reconstruction. Entre 1950 et 1955, il ne présente pas moins de dix rapports au nom de la commission de la reconstruction. Il ne néglige pas pour autant la cité du Havre et son développement industriel, insistant, le 12 juillet 1949, sur la nécessité d’un oléoduc reliant ce grand port à Paris. Il prolonge également son combat d’avant-guerre en faveur des allocations familiales et insiste pour que le groupe MRP mène une action résolue en faveur du monde agricole, injustement délaissé (délibérations du groupe MRP du 25 novembre 1947).
Retiré définitivement de la politique en 1956, il reste membre du Conseil d’administration du Havre Libre et de Paris-Normandie jusqu’en 1976. Il reste donc fidèle à ses engagements dans la presse normande de l’entre-deux-guerres.
Il meurt au Havre le 28 juillet 1983, à quatre-vingt-dix ans. Une rue de la ville honore la mémoire de Louis Siefridt.




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