Jean Sourbet

1900 - 1962

Informations générales
  • Né le 1er novembre 1900 à Morizès (Gironde - France)
  • Décédé le 21 décembre 1962 à Morizès (Gironde - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Gironde
Groupe
Parti républicain de la liberté
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Gironde
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Gironde
Groupe
Centre républicain d'action paysanne et sociale et des démocrates indépendants
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Gironde
Groupe
Indépendants et paysans d'action sociale
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Gironde
Groupe
Indépendants et paysans d'action sociale
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 21 décembre 1962
Département
Gironde
Groupe
Républicains indépendants

Biographies

SOURBET (Jean)
Né le 1er novembre 1900 à Morizès (Gironde)
Décédé le 21 décembre 1962 à Morizès

Député de la Gironde de juin 1946 à 1962
Secrétaire d’Etat à l’agriculture du 15 décembre 1951 au 20 janvier 1952 et du 20 janvier au 8 mars 1952
Ministre de l’agriculture du 23 février 1955 au 1er février 1956

Dans le journal La Gironde républicaine du 15 juin 1946, le nouveau député Jean Sourbet se présente ainsi: « Issu de cette foule de paysans, je ne suis que le défenseur de cette terre de France... Vous connaissez la famille Sourbet ; mon père porte encore des sabots, nous sommes de vrais culs-terreux (excusez l’expression) ...Au Palais-Bourbon, je représenterai surtout les terriens et pas ceux qui ont les mains blanches... ».
Ses parents Jean Alphonse Sourbet et Marguerite Polonie Pardiac exercent, à sa naissance, les professions d’employé de commerce et de couturière à Bassens, dans la banlieue de Bordeaux mais deviennent ensuite viticulteurs. Jean Sourbet est issu d’une famille de la paysannerie d’une petite commune rurale du sud de la Gironde où il a lui-même travaillé la terre comme propriétaire viticulteur dès son plus jeune âge, où il s’est marié en 1920, avec Marguerite Ferrand et où il a toujours vécu. Il n’a fréquenté que l’école primaire et le certificat d’études est son seul diplôme.
Très vite, dès 1925, Jean Sourbet adhère aux Jeunesses républicaines dont il devient président de la fédération dans le Réolais et président de la commission de défense agricole du mouvement en Gironde.
Il est élu conseiller municipal de Morizès en 1929 avec l’étiquette républicain de gauche et succède au maire démissionnaire en 1932. Dès lors, il garde la confiance de ses concitoyens et commence un majorat qui dure trois décennies. S’il est réélu maire en 1935 avec l’étiquette radical indépendant, Jean Sourbet se situe en réalité au centre droit, entre le parti radical et l’Alliance Républicaine Démocratique. Il milite activement et devient l’orateur le plus apprécié et le plus populaire des réunions organisées par les Jeunesses républicaines de 1935 à 1939, avec pour thème unique la défense des intérêts paysans. Il est alors porté à la présidence de la fédération départementale des Jeunesses républicaines en 1937-1939 et appelé à siéger au bureau de la fédération girondine de l’Alliance Démocratique et Radicale en 1939. Dès 1937, Jean Sourbet est élu conseiller d’arrondissement de La Réole, mais ce n’est qu’au lendemain de la seconde guerre mondiale que commence sa carrière politique.
Dans la continuité de ses engagements d’avant-guerre, Jean Sourbet devient membre, puis vice-président de l’Unité républicaine, fédération girondine de l’Alliance démocratique fondée le 28 septembre 1944 par l’avocat bordelais Jules Ramarony. Quand naît le Parti républicain de la liberté (PRL), Jean Sourbet en devient membre et vice-président de la fédération girondine. Elu conseiller général de la Réole le 30 septembre 1945, au deuxième tour, avec l’étiquette Unité Républicaine, il conserve ce siège jusqu’à sa mort. Il est réélu en 1951, puis en 1958. Ses engagements anciens et ses responsabilités politiques, son assise locale, ses fonctions dans le monde agricole - président de la cave coopérative et de la coopérative agricole du Réolais - expliquent que Jean Sourbet figure en quatrième position sur la liste Union Républicaine conduite par Jules Ramarony lors des élections du 21 octobre 1945. Mais il n’est pas élu.
Devenu président départemental des coopératives d’approvisionnement et vice-président départemental du PRL, il monte à la seconde place sur la liste UR-PRL conduite par Ramarony, en juin 1946. La liste obtient 78 987 voix sur 400 503 ce qui lui permet d’obtenir deux sièges : Sourbet est élu membre de la deuxième Assemblée constituante à la plus forte moyenne. Dès lors, il ne connaît que des succès, dans les rangs du PRL puis du parti paysan, du Centre national des indépendants (CNI) et enfin du CNIP (Centre national des indépendants et paysans), à compter de 1951. Il est réélu en novembre 1946 (69 854 voix sur 384 307 exprimés). Il est élu au Conseil de la République, 7 novembre 1948, mais il renonce à son mandat pour conserver celui de député. Il est reconduit au Palais-Bourbon, en juin 1951, dans la deuxième circonscription de la Gironde, comme tête de la liste d’Union des Indépendants, des Paysans et des Républicains Nationaux : il recueille 40 212 voix sur 149 830) et en janvier 1956, comme tête de la liste d’Union des Républicains Indépendants et des Paysans, présentée par le Centre National des Indépendants, des Paysans et de l’Action républicaine et sociale : 45 151 voix sur 167 986.
A l’Assemblée nationale, Jean Sourbet s’investit, comme il l’avait promis, dans les questions agricoles et s’impose, peu à peu, comme un spécialiste ce qui explique les responsabilités parlementaires et gouvernementales qui lui sont confiées. Ainsi, il est élu président du groupe d’action paysanne et sociale (juin 1951-janvier 1952), puis président du groupe indépendant et paysan (janvier 1953-février 1955). Il a aussi présidé la commission des boissons (1951) et exercé la fonction de secrétaire adjoint de l’intergroupe de la défense des travailleurs indépendants, des classes moyennes et du monde paysan.
Durant la seconde Constituante, il est membre de la commission de la France d’Outre-mer. Le 4 juillet 1946, il est désigné comme juré à la Haute Cour de justice. En séance publique, il intervient à six reprises, en défendant un amendement. Il ne dépose, en revanche, aucun texte. Sous la première législature de la Quatrième République, Jean Soubret siège dans quatre commissions : Outre-mer (1946-1947), commission dont il est le secrétaire aux mêmes dates ; agriculture (1948-1951) ; travail et sécurité sociale (1948-1949) ; ravitaillement (1949-1950) ; boissons (1949-1951), commission dont il est le secrétaire durant la même période. Le 27 décembre 1946, il est désigné pour les fonctions de juré de la Haute Cour de justice. Il y est nommé le 30 novembre 1948.
Durant son second mandat de député, il dépose trois propositions de loi, une proposition de résolution, un rapport et un rapport supplémentaire sur des textes d’initiative parlementaire. Il intervient à quarante-cinq reprises en séance publique, en défendant cinq amendements. Il dépose deux articles additionnels, trois demandes d’interpellation et fait un rappel au règlement. Le 30 mars 1950, il est rapporteur d’une proposition de loi relative au Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux. Au cours de son troisième mandat, de 1951 à 1955, le député de la Gironde appartient à cinq commissions : agriculture (1951-1952) ; boissons (1951-1955) ; comptabilité (1951-1955) ; marine marchande et pêches (1953-1954) ; moyens de communication et du tourisme (1954-1955). De surcroît, il préside la commission des boissons en 1951 et en 1955. Il est aussi secrétaire de la commission de comptabilité de 1954 à 1955. Il est membre de la commission plénière de la Caisse nationale du crédit agricole, à partir du 25 juillet 1951 et, à partir du 3 août 1951, appartient à la commission consultative de la viticulture. Au cours de cette législature, il dépose huit propositions de loi et une proposition de résolution. Comme député, il intervient à seize reprises en séance publique, en défendant un amendement et en déposant un article additionnel.
Enfin, de 1956 à 1958, il retrouve la commission des boissons (1956-1958) et la commission de l’agriculture (1957-1958). Il dépose alors trois propositions de loi, quatre propositions de résolution, un avis, deux rapports et deux rapports supplémentaires. Comme député, il intervient à cinq reprises en séance publique, en remplissant notamment les fonctions de rapporteur pour avis d’un projet de loi sur les ressources de la section viticole du fonds national de solidarité agricole.
Il est l’auteur de deux projets de lois concernant la viticulture comme ceux préconisant de prendre des mesures destinées à soutenir le cours des vins, à développer la formation professionnelle et la vulgarisation agricole, à instaurer le « quantum » viticole pour assainir le marché en limitant la production au bénéfice de la qualité des vins.
Durant ses mandats au Palais-Bourbon, Jean Sourbet vote contre le deuxième projet de Constitution (30 septembre 1946), pour la loi Barangé (10 septembre 1951), pour la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) (11 décembre 1951), pour l’investiture de Pinay (6 mars 1952). Il ne prend part au vote d’investiture du gouvernement Mendès France (17 juin 1954), vote pour la Communauté européenne de défense (CED) (30 août 1954), n’accorde pas la confiance à Mendès France (4 février 1955), vote les pouvoirs spéciaux en Algérie au gouvernement Mollet (12 mars 1956) et le projet de loi-cadre sur l’Algérie présenté par Maurice Bourgès-Maunoury (30 septembre 1957). Il est absent pour raison de santé les 1er et 2 juin 1958 et ne prend donc pas part au vote d’investiture du gouvernement de Gaulle, ni sur la loi constitutionnelle.
Les compétences de Jean Sourbet en matière agricole et son appartenance au parti paysan expliquent qu’à plusieurs reprises, le député de la Gironde ait été appelé au gouvernement pour s’y occuper de l’agriculture. Ses premières expériences gouvernementales sont cependant brèves: appelé à remplacer Camille Laurens (lui-même successeur de Paul Antier) nommé au ministère de l’agriculture en novembre 1951, Jean Sourbet devient secrétaire d’Etat à l’agriculture dans le cabinet Pleven et y est maintenu par Edgar Faure lors de la formation d’un nouveau cabinet le 20 janvier. Mais la chute du premier gouvernement Faure quarante jours plus tard met fin aux fonctions de Jean Sourbet qui n’auront duré qu’un peu plus de trois mois. Cependant, le député girondin a dû convaincre et il est rappelé par Edgar Faure le 23 février 1955 avec cette fois le titre de ministre. Jean Sourbet reste rue de Varenne jusqu’à la fin du deuxième cabinet Faure, le 1er février 1956. Comme ministre, il intervient à seize reprises en séance publique, de février à décembre 1955. Deux actes importants marquent son ministère : le 8 mars 1955, Sourbet préside à Paris une conférence internationale sur l’organisation et l’unification des marchés agricoles européens, le « Pool vert », réunissant les représentants de 18 Etats et le décret-programme de mai 1955, voté sur son initiative, met des crédits très importants à la disposition des agriculteurs et de l’oeuvre de renaissance agricole qu’il avait entreprise.
La Cinquième République ne met pas fin à la carrière de Jean Sourbet. Candidat CNIP en 1958 dans la huitième circonscription de la Gironde, il conserve son siège de député au deuxième tour face à un candidat d’extrême droite et un candidat communiste. Elu représentant à l’Assemblée consultative du Conseil de l’Europe en janvier 1959, il y siège jusqu’à sa mort, réélu le 20 décembre 1962. Dans la vie politique nationale des débuts de la Cinquième République, Jean Sourbet entre dans une opposition croissante à la politique du général de Gaulle, désapprouvant la force de frappe, la politique algérienne et surtout la réforme constitutionnelle de 1962. Il devient membre du Comité départemental de défense de la République qui prend le nom de « Front démocratique du non ». Bien qu’un candidat de l’Union pour une nouvelle République lui soit opposé aux élections législatives de 1962, il conserve son siège au deuxième tour avec 16 916 voix soit 41,3%. Jean Sourbet s’apparente au groupe Rassemblement démocratique de Maurice Faure. Il devient vice-président du groupe. Mais quelques semaines plus tard, le 21 décembre 1962, il est victime d’une congestion cérébrale. Après des obsèques religieuses, il est inhumé dans sa commune natale. Jean Sourbet était chevalier de la Légion d’honneur et commandeur du Mérite agricole.






SOURBET (Jean, René)
Né le 1er novembre 1900 à Morizès (Gironde)
Décédé le 21 décembre 1962 à Morizès

Député de la Gironde de 1946 à 1962
Secrétaire d’Etat à l’agriculture du 5 décembre 1951 au 8 mars 1952
Ministre de l’agriculture du 23 février 1955 au 1er février 1956

(Voir première partie de la biographie dans le Dictionnaire des parlementaires français (1940-1958), tome 6, p.)

Jean Sourbet était l’un des hommes politiques girondins les plus solidement implantés qui, à Paris, suivait fidèlement la stratégie des dirigeants du CNIP, Roger Duchet et Antoine Pinay. Investi par le Centre national en novembre 1958 dans la 8ème circonscription de Gironde, il affronta quatre candidats. Trois de gauche – Jean Lafourcade, PCF, 6 170 voix ; Georges Laforce, SFIO, 5 678 voix ; André-Georges Ver, radical, 3 338 voix – et un de droite, Jean-Alfred Grandrémy. Ce dernier, officier en retraite, se présenta sous l’étiquette « Rénovation de la République » et obtint 10 957 voix : il était un des sept candidats girondins du Mouvement populaire du 13-Mai, une formation très attachée à l’Algérie française qui fit élire Pierre Lagaillarde à Alger, et que présidait le général Guillaume-Jean Chassin, candidat contre Jacques Chaban-Delmas à Bordeaux. Avec 18 092 suffrages, Jean Sourbet améliora d’environ 600 voix son score de 1956. Il l’emporta au second tour avec 20 700 voix face aux candidats du PCF (6 671 voix) et de la droite nationaliste (16 614 voix). Il retrouva le groupe des IPAS. Membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées pendant quelques mois, il passa le 13 octobre 1959 à la Commission de la production et des échanges. Au cours de la législature, il n’intervint à la tribune que quatre fois, centrant toujours ses propos sur les questions agricoles : déclaration de politique générale de Michel Debré (16 janvier 1959), projet de loi sur l’équipement agricole (24 juin 1959), motion de censure sur la loi de finances pour 1960 (27 novembre 1959), aides aux planteurs de tabac et organisation de la SEITA (21 mai 1961). Il déposa une proposition de loi sur l’organisation de l’expertise judiciaire (n° 1441, 3 octobre 1961). Le 29 janvier 1959, il avait été élu représentant titulaire à l’Assemblée consultative du Conseil de l’Europe. Il faisait aussi partie, depuis le 8 octobre 1959, de la Commission spéciale chargée de vérifier et d’apurer les comptes de l’Assemblée nationale.
De 1959 à 1962, Jean Sourbet demeura toujours fidèle à la direction de son parti qui joua la carte de la défense jusqu’au-boutiste de l’Algérie française, dans l’espoir de provoquer une scission de l’UNR derrière Jacques Soustelle et une recomposition à droite favorable au CNIP. Mais il ne se mit jamais en avant sur ce sujet, à la différence de quelques députés IPAS tels que François Valentin, Henri Trémolet de Villers ou Jean-Marie Le Pen. Le 5 octobre 1962, il vota la motion de censure contre le gouvernement de Georges Pompidou, après l’annonce du référendum sur l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel.
En novembre, il se représenta dans la 8ème circonscription de la Gironde, avec l’investiture du CNIP. Il affronta à nouveau quatre adversaires. Trois de gauche (Henri Lafourcade, PCF, 6 570 voix ; André Mourlanne, SFIO, 4 015 voix ; René Thorp, radical, 4 356 voix) et un candidat de l’UNR, Cirille Azzola, directeur de l’Agence de la population et de l’action sociale du canton de La Réole, 10 360 voix. Jean Sourbet recueillit 12 295 suffrages, soit près de 30% de moins qu’en 1958 : un net recul donc, lié à la participation, déroutante pour les électeurs modérés, du CNIP au « Cartel des non », mais moindre que le recul national du parti. Il l’emporta malgré tout au second tour avec 16 916 voix contre 13 900 au candidat gaulliste et 10 030 au candidat communiste. Cette victoire, tout à fait remarquable alors que le Centre subissait une impressionnante déroute électorale à l’échelle nationale, s’expliquait par la forte implantation du CDIP dans les campagnes girondines, et ses liens étroits avec la mouvance radicale. D’où le report d’une partie des voix de gauche sur le candidat des Indépendants. Le même phénomène joua d’ailleurs dans les 5ème et 7ème circonscriptions de Gironde où deux autres candidats du CNIP, Aymar Achille-Fould et Franck Cazenave, furent élus. Tous les trois allèrent siéger au groupe du Rassemblement démocratique, contrairement aux consignes données par le CNIP à ses élus d’adhérer au groupe du Centre démocratique.
Alors qu’il avait retrouvé ses fonctions à la Commission de la production et des échanges, à la Commission spéciale chargée de vérifier et d’apurer les comptes de l’Assemblée nationale, et à l’Assemblée consultative du Conseil de l’Europe, le 21 décembre 1962, une congestion cérébrale interrompit brutalement la carrière parlementaire de Jean Sourbet. Jean Barrère, agriculteur et maire de Saint-Romain-de-Vignague, le remplaça sur les bancs du Palais-Bourbon. Son fils aîné, Yvon Sourbet, lui succéda à la mairie de Morizès.

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