Louis Terrenoire

1908 - 1992

Informations générales
  • Né le 10 novembre 1908 à Lyon (Rhône-et-Loire - France)
  • Décédé le 9 janvier 1992 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Orne
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Orne
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Orne
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 5 mars 1960
Département
Orne
Groupe
Union pour la nouvelle République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 18 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Orne
Groupe
Union pour la nouvelle République-UDT
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 5 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Orne
Groupe
Union démocratique pour la V° République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 23 juin 1968 au 1er avril 1973
Département
Orne
Groupe
Union des démocrates pour la République

Biographies

Biographie de la IVe République

TERRENOIRE (Louis, Jean, Paul)

Né le 10 novembre 1908 à Lyon (Rhône)
Décédé le 9 janvier 1992 à Paris (13ème)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Orne)
Député de l’Orne de 1946 à 1951

Né dans une famille de six enfants dont le père est voyageur de commerce, les grands parents artisans, il est en relation avec un cousin germain de sa mère qui est ancien rédacteur du Temps. Après avoir suivi des études classiques de 1919 à 1925, il milite dans la jeunesse catholique de 1926 à 1930 et occupe le poste de secrétaire administratif de l’Union du Sud-Est de la CFTC en lien avec Marius Gonin qui lui confie le poste de rédacteur en chef de La Voix sociale, puis du Nouveau Journal de Lyon (1930-1931). L’année suivante, il devient secrétaire de la rédaction de L’Aube fondé par Francisque Gay. En 1935, il épouse la fille du directeur, Elisabeth Gay, docteur es lettres, avec qui il fonde une famille de quatre enfants. Nommé rédacteur en chef de 1938 à 1939, il est proche de Georges Bidault et tient une chronique en politique extérieure où il dénonce les menaces du nazisme, et prend position pour les républicains espagnols. Mobilisé dans un régiment d’artillerie, il revient, dès juillet 1940, à Lyon, et entre dans la Résistance en fondant, avec Stanislas Fumet, l’hebdomadaire Temps nouveau qui est rapidement saisi puis avec Georges Bidault, Le Bulletin de la France combattante. En 1943, il est nommé secrétaire du CNR que préside l’éditorialiste de L’Aube. Arrêté par la Gestapo le 10 décembre 1943, il est relâché puis recherché de nouveau et arrêté une seconde fois le 23 mars 1944. Torturé puis, le 18 juin 1944, déporté à Dachau où il retrouve le démocrate chrétien Edmond Michelet, il est libéré le 27 avril 1945 par les Alliés.

Ayant repris sa fonction de rédacteur en chef de L’Aube en 1945 auprès de Francisque Gay, son beau-père, il est élu député MRP de l’Orne dans la 1ère circonscription aux deux Assemblées constituantes. En octobre 1945, la liste des républicains populaires recueille 55 805 suffrages sur 127 307 exprimés et compte deux élus, Louis Terrenoire et le docteur Raymond Couder tandis que la liste de rénovation économique et agricole conduite par Roulleaux-Dugage n’obtient que 21 903 suffrages et un élu. Il s’inscrit à la Commission de la reconstruction et des dommages de guerre, à la Commission des affaires étrangères : il prend part à la discussion du projet de loi portant dévolution de biens d’entreprises de presse. En juin 1946, avec deux élus, Louis Terrenoire et Emile Halbout, agriculteur et maire, la liste MRP reçoit l’assentiment de 56 065 électeurs soit plus du double des listes concurrentes : la liste socialiste ne recueille que 18 764 suffrages, et un élu Raymond Guesdon avocat à la Cour d’appel de Paris. Toujours membre de la Commission des affaires étrangères, il invite le Gouvernement à offrir des facilités dans les transports aux handicapés. En novembre 1946, la liste MRP avec 54 481 voix obtient toujours deux élus, Louis Terrenoire et Etienne Le Sassier-Boisaune, propriétaire, conseiller général, maire de Falaise. Inscrit également à la Commission de la presse, et à celle du suffrage universel, du règlement et des pétitions en 1949, il est codirecteur, dès 1947, des Dernières nouvelles de Paris avec Jacques Debû-Bridel, futur sénateur RPF et conseiller municipal de Paris.

Exclu du MRP qui refuse d’admettre la double appartenance, le 16 octobre 1947, il quitte le groupe parlementaire MRP et la rédaction de L’Aube pour fonder avec des collègues, dont notamment Edmond Michelet, le groupe des républicains populaires indépendants qui rejoint le RPF. De grandes questions telles que le prélèvement exceptionnel de lutte contre l’inflation en décembre 1947, les accords de Londres sur l’Allemagne en juin 1948 le poussent à intervenir. Il réagit aux déclarations du ministre de l’intérieur à des journalistes étrangers sur le général de Gaulle le 30 juin 1948, condamne l’activisme du parti communiste dans les grèves des mineurs, demande des explications sur la politique du Gouvernement en Indochine et dénonce « la fiction de l’Union européenne ». En tant que catholique social, il demande le maintien d’une indemnité en cas de difficultés exceptionnelles d’existence, souhaite le placement en résidence surveillée du maréchal Pétain en novembre 1951 et défend l’enseignement confessionnel. Nommé adjoint de Jacques Soustelle, en 1949, au secrétariat général du RPF, il se présente aux législatives de juin 1951 non plus dans l’Orne mais dans les Côtes du Nord où sa liste recueille 44 139 voix sur 260 610 suffrages exprimés soit 16,9 %. Un apparentement entre les listes SFIO, MRP et celle de René Pleven lui barre l’accès au Palais-Bourbon. Il est alors nommé secrétaire général du RPF par le général de Gaulle en remplacement de Jacques Soustelle devenu député du Rhône. Il demeure à ce poste jusqu’en 1954 puis est remplacé par Jacques Foccart. Le 18 juillet 1958, il est nommé directeur des informations et du journal parlé à l’ORTF jusqu’en octobre 1958.

Elu député de la 1ère circonscription de l’Orne, en novembre 1958 face à Roulleaux-Dugage, indépendant et paysan, il l’emporte à nouveau sur le même adversaire en novembre 1962 : il préside le groupe parlementaire de l’UNR de mai 1959 à février 1960. Elu maire de Céaucé le 13 juillet 1959, il le demeure jusqu’en 1977 et fait partie de la CODER (Commission de développement économique régional) jusqu’en 1973. Il accède à des responsabilités gouvernementales en tant que ministre de l’Information de février 1960 à août 1961, puis de ministre délégué auprès du Premier Ministre chargé des relations avec le Parlement d’août 1961 à avril 1962 dans le cabinet de Michel Debré. Porte-parole du général de Gaulle durant les 26 derniers mois de la guerre d’Algérie du 5 février 1960 au 20 mars 1962, il doit affronter alors la presse et le mécontentement des élus gaullistes troublés par l’indépendance de l’Algérie. Il parvient à se faire de justesse élire secrétaire général de l’UNR de mai à décembre 1962. Député gaulliste de gauche d’octobre 1962 à mars 1973, il signe des éditoriaux dans le journal La Nation. Membre de l’Assemblée consultative de la CEE dite Parlement européen de 1963 à 1973, il accède à la vice-présidence de 1967 à 1973. Président de l’Association de solidarité franco-arabe à partir de 1967, il s’investit aussi dans les associations d’anciens déportés, internés, patriotes résistants.

Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le gaullisme comme De Gaulle et l’Algérie, De Gaulle vivant (1971) et sur le Proche-Orient avec Israël et les Palestiniens. Il soutient au second tour de 1981 la candidature de Jacques Chirac. Un de ses fils, Alain, est élu député RPR de la Loire de 1967 à 1978 et devient l’un des secrétaires généraux adjoints du RPR. Homme calme et résolu, passionné mais orateur mesuré, il est commandeur de la Légion d’honneur, croix de guerre 1939-1945, médaille de la Résistance.

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