Joseph Yvon

1906 - 1998

Informations générales
  • Né le 28 août 1906 à Groix (Morbihan - France)
  • Décédé le 7 juillet 1998 à Lorient (Morbihan - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Morbihan
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Morbihan
Groupe
Mouvement républicain populaire

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 1er janvier 1952 au 1er janvier 1958
Sénateur
du 1er janvier 1974 au 20 février 2018

Biographies

Biographie de la IVe République

YVON (Ange, Joseph)
Né le 28 août 1906 à l’Ile-de-Groix (Morbihan)
Décédé le 7 juillet 1998 à Lorient (Morbihan)

Membre de la deuxième Assemblée nationale constituante (Morbihan)
Député du Morbihan de 1946 à 1951
Sénateur du Morbihan de 1952 à 1958

Né en 1906 à l’Ile-de-Groix dans le Morbihan, d’un père armateur à la pêche, Joseph Yvon, après de solides études secondaires au collège Saint-François-Xavier de Vannes, fait son droit à la faculté de Rennes, où il milite au mouvement Jeune République de Marc Sangnier. Après l’obtention de sa licence en droit, il part effectuer son service militaire dans la Marine comme officier du chiffre à Bordeaux, puis rue Royale à Paris. De retour à la vie civile, il entame ensuite, en 1932, une carrière d’avocat au barreau de Lorient et se marie en 1936 avec Monique Joubert dont il aura huit enfants.
Mobilisé en 1939 avec le grade de lieutenant de vaisseau, Joseph Yvon est fait prisonnier dans la région de Lorient avant de s’évader deux jours plus tard pour se réfugier avec les siens dans la commune de Plouay, qu’il se verra contraint de quitter pour Guéméné-sur-Scorff, afin d’échapper à la vigilance des Allemands qui, avertis du départ, dès l’appel du 18 juin, de sa belle-famille pour Londres (où son beau-père se verra d’ailleurs nommé consul de France à la Libération), l’avaient placé sous haute surveillance.
Après la guerre, Joseph Yvon s’engage dans la vie politique sous la bannière du Mouvement républicain populaire (MRP) : en septembre 1945, il est élu conseiller général du canton de Groix et conservera ce mandat sans discontinuité jusqu’en 1982, date à laquelle son fils Dominique lui succèdera. Il trouve ensuite appui auprès de Paul Ihuel qui le présente en quatrième position sur une liste du MRP et d’action paysanne qu’il conduit dans le département du Morbihan aux élections du 2 juin 1946 pour la deuxième Assemblée nationale Constituante. Arrivée très largement en tête du scrutin avec 55,3% des suffrages exprimés contre 18,7% au parti communiste et 16,5% à la SFIO, cette liste remporte quatre des sept sièges à pourvoir et Joseph Yvon est élu à la plus forte moyenne.
Membre des commissions de la reconstruction et des dommages de guerre et de la commission des moyens de communications et des postes, télégraphes et téléphones, le nouveau député du Morbihan siège au groupe du MRP. Il ne dépose aucun texte, au cours de son premier mandat de député. En séance publique, Joseph Yvon participe, en qualité de rapporteur pour avis de la commission des moyens de communications, à la discussion du projet de loi portant ouverture et annulation de crédits sur l’exercice 1946. Il propose également deux amendements, concernant les navires en copropriété, au projet et aux propositions de loi sur les dommages de guerre. Durant la deuxième Constituante, il approuve l’élection de Georges Bidault comme président du gouvernement provisoire (19 juin 1946), accorde la confiance à son cabinet (26 juin 1946) et soutient le second projet de Constitution (28 septembre 1946).
Aux élections législatives du 10 novembre 1946, Joseph Yvon figure à nouveau sur la liste de Paul Ihuel qui, seule face aux trois formations de gauche lors de la précédente consultation, subit cette fois sur sa droite la concurrence de la liste d’Union gaulliste conduite par Raymond Marcellin. Arrivé à nouveau en première position avec 45,5% des suffrages exprimés, le MRP perd un siège, mais Joseph Yvon est réélu député du Morbihan. Autre satisfaction, il est appelé à siéger en octobre 1947 au conseil municipal de Lorient, mandat qu’il conserve jusqu’en 1965.
Pendant toute la durée de la première législature de la Quatrième République (1946-1951), il siège à la commission de la reconstruction et des dommages de guerre et à la commission de la marine et des pêches dont il est le président de 1946 à 1949. Il est également nommé, le 1er juin 1948, juré à la Haute Cour de justice. Enfin, il est désigné pour faire partie de la commission supérieure du crédit maritime mutuel, le 13 mars 1951.
Député très actif, il dépose, entre 1946 et 1951, quatre avis, un avis supplémentaire, quatre propositions de loi, deux propositions de résolution, huit rapports – dont trois portent sur un projet de loi – et quatre rapports supplémentaires. Ces vingt-trois initiatives parlementaires intéressent les dommages de guerre, la crise du logement et la législation sur le remembrement, mais surtout les différentes questions relevant du domaine maritime parmi lesquelles il convient de citer le rééquipement de la flotte de pêche, l’installation d’un radiophare à Pen-Men et la mise en service des navires météorologiques ou encore l’organisation et le statut de la profession de mareyeur, la suppression du cautionnement des courtiers maritimes et la situation des marins pensionnés et de leurs familles.
A dix-sept reprises, il prend la parole en séance publique et intervient régulièrement dans les discussions budgétaires touchant tant les travaux publics et les transports que la marine marchande ou les anciens combattants et victimes de guerre. Il s’exprime à plusieurs reprises sur le régime de l’essence qui lui donne l’occasion de poser une question orale au ministre de l’industrie et du commerce en 1948. Durant son mandat de député, il défend douze amendements et remplit les fonctions de rapporteur, les 21 et 23 mars 1950, d’une proposition de loi relative aux pensions des inscrits maritimes.
Toujours inscrit au groupe du MRP, il soutient le gouvernement Ramadier au moment de la crise avec les ministres communistes (4 mai 1947), vote pour le projet de loi sur le statut de l’Algérie (27 août 1947) et contre la nationalisation des écoles de houillères (14 mai 1948). Il ratifie le plan Marshall (7 juillet 1948) et approuve les projets relatifs au Conseil de l’Europe et au Pacte atlantique (9 et 26 juillet 1949). Enfin, il se prononce en faveur de la loi instituant le scrutin majoritaire avec apparentements (7 mai 1951).
Aux élections du 17 juin 1951, Joseph Yvon figure en sixième position sur la liste d’Union (Action sociale et paysanne) conduite par Robert de la Noé. Arrivée en tête avec 42,1% des suffrages exprimés, cette liste remporte quatre des sept sièges à pourvoir, les trois autres revenant respectivement au Rassemblement du peuple français (RPF) (20,9%), à la liste communiste (17,2%) et à la SFIO (13,7%). Joseph Yvon, bien que deuxième au nombre des suffrages et premier au vote préférentiel, n’est pas réélu à la deuxième Assemblée nationale de la Quatrième République. Il se présente ensuite aux élections du 18 mai 1952 pour le Conseil de la République où il est élu en tête d’une liste d’Union républicaine indépendante.
A son arrivée à la Haute Assemblée, Joseph Yvon rejoint le groupe du Centre républicain rattaché au MRP. Membre des commissions de la marine et de la reconstruction pendant toute la durée de son mandat, il siège également à celles de la défense nationale et de la justice, de 1953 à 1955, du suffrage universel en 1955 et des pensions, de 1955 à 1958. Enfin, il est désigné, le 26 mai 1958, par le Conseil de la République, au Conseil supérieur de l’établissement national des invalides de la marine.
En 1956, il dépose un rapport au nom de la commission de la marine relatif à la ratification de la convention internationale pour l’unification de certaines règles sur la saisie conservatoire des navires de mer signée à Bruxelles, puis rédige l’année suivante trois autres rapports sur la législation sur les loyers pour le compte de la commission de la justice dont il est le secrétaire.
En séance publique, il s’exprime au cours de quelques débats, entre 1954 et 1956, pour reprendre son combat en faveur du régime fiscal des armateurs à la pêche, de la modernisation de la flotte de pêche, du régime des pensions des marins et de la situation des veuves d’inscrits maritimes. Il intervient également en 1957 comme rapporteur de la commission de justice dans la discussion des propositions de loi concernant le droit de reprise des Français expulsés de l’étranger, l’extension des possibilités d’échange d’appartements et le maintien dans les lieux de certains sous-locataires.
En juin 1958, après avoir voté pour les pleins pouvoirs au gouvernement et la révision constitutionnelle, il est reconduit, le 8 juin, dans son mandat au dernier Conseil de la République en tête d’une liste d’Union républicaine indépendante.
Il poursuit sa carrière au Sénat de la Cinquième République après les élections du 26 avril 1959.
Durant la Quatrième République et en dehors de ses activités électives, Joseph Yvon, père de famille nombreuse et ardent défenseur des écoles catholiques, siège au comité local de l’APEL (association des parents d’élèves des écoles libres), tout en présidant aux destinées de la société morbihanaise de l’enfance délinquante et délaissée. Egalement membre actif de l’association centrale des officiers de réserve de l’armée de mer (ACORAM), il est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire en 1955. Par ailleurs en novembre 1957, il fait partie des signataires, parmi lesquels figurent les députés du Morbihan Bonnet, Jegorel et Cadic, du MOB (mouvement pour l’organisation de la Bretagne) qui réclament « une organisation de la Bretagne basée sur le renforcement des pouvoirs des communes et sur la création d’une assemblée régionale et des institutions administratives et financières régionales qui en seront le complément nécessaire ». La même année enfin, il est élu aux fonctions de bâtonnier de l’ordre des avocats de Lorient qu’il exerce jusqu’en 1959. Il disparaît le 7 juillet 1998.







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