Marcel Vauthier

1910 - 1988

Informations générales
  • Né le 6 novembre 1910 à Saint-denis-de-la-réunion (La Réunion - France)
  • Décédé le 26 mai 1988 à Saint-denis-de-la-réunion (La Réunion - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
La Réunion
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 5 mai 1963 au 2 avril 1967
Département
La Réunion
Groupe
Centre démocratique

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 1er janvier 1948 au 1er janvier 1955

Biographies

VAUTHIER (Marcel)
Né le 6 novembre 1910 à Saint-Denis (La Réunion)
Décédé le 26 mai 1988 à Saint-Denis

Membre de la seconde Assemblée nationale constituante (La Réunion)
Sénateur de La Réunion de 1948 à 1955

Né le 6 novembre 1910 à La Réunion, Marcel Vauthier, licencié en droit, cumule les fonctions de chargé de cours à l’Ecole de droit et d’avocat-conseil de la fédération des syndicats agricoles, de la chambre d’agriculture et du syndicat des commerçants.
Conseiller général depuis 1937, le Mouvement républicain populaire (MRP) investit sa candidature aux élections du 29 juin 1946 pour la deuxième Assemblée nationale constituante : avec 19 148 voix sur 30 991 suffrages exprimés, il ravit le seul siège à pourvoir dans le collège des citoyens au communiste Paul Vergès. Il est élu député de la Réunion.
Marcel Vauthier rejoint alors les commissions de la France d’Outre-mer et de la justice et de la législation générale. Le 9 août 1946, il est également nommé juré à la Haute Cour de justice.
Le même jour, il prend la parole sur son rapport, au nom du troisième bureau, relatif aux opérations électorales du Gabon-Moyen Congo pour le collège des citoyens, puis prend part aux discussions relatives à celles de son département, le 27 août 1946. Il ne dépose aucun texte au cours de son mandat de député.
Inscrit au groupe du MRP, Marcel Vauthier ne prend pas part au vote d’investiture de Georges Bidault comme président du gouvernement provisoire (19 juin 1946), son élection n’étant pas encore validée, mais il lui accorde la confiance (26 juin 1946) avant d’approuver le second projet de Constitution (28 septembre 1946).
Aux élections législatives du 10 novembre 1946, il occupe la deuxième place sur la liste d’Union réunionnaise de Raphaël Babet qui, devancée par celle du communiste Raymond Vergès, n’obtient qu’un seul des trois sièges à pourvoir. Cependant, Marcel Vauthier est ensuite élu, par l’Assemblée nationale, conseiller de l’Union française, avant d’accéder au conseil municipal de Saint-Benoît comme premier adjoint en 1947. Aux élections du 7 novembre 1948 pour le renouvellement total du Conseil de la République, il conduit la liste d’Union anticommuniste sous l’égide du Rassemblement du peuple français (RPF) qui remporte les deux sièges à pourvoir ; lui-même rassemble 259 voix des 449 suffrages exprimés.
Inscrit au groupe du MRP, Marcel Vauthier participe, entre 1948 et 1955, aux travaux des commissions de la France d’Outre-mer, de la presse, de la justice et de l’intérieur. Il est, en outre, réélu juré à la Haute Cour de justice en 1954.
D’emblée, il fait preuve d’une grande activité parlementaire en déposant de nombreux textes. En 1949, il présente un rapport au nom de la commission de la France d’Outre-mer concernant l’organisation et le fonctionnement du Haut Conseil de l’Union française.
Juriste averti, il dépose, entre 1951 et 1954, huit autres rapports ou avis au nom de la commission de la justice concernant aussi bien la protection de l’enfance et la question des récidivistes que la conservation des dossiers par les greffiers, la création ou la suppression de certains postes de magistrats à la cour d’appel de Fort-de-France détachée à Cayenne ou encore les baux commerciaux et industriels et l’indemnisation des communes de Moselle et d’Alsace victimes de certains actes commis durant l’occupation par l’administration allemande.
Le résumé de ses activités de rapporteur de la commission de la justice demeurerait incomplet s’il ne mentionnait pas ses interventions dans les discussions sur le changement des prénoms de l’adopté, son rapport oral concernant la législation sur les loyers dans les territoires d’Outre-mer et l’organisation des justices de paix ou encore la création d’un fonds de développement de l’industrie cinématographique.
Secrétaire de la commission de l’intérieur de 1952 à 1954, il dépose un rapport sur sa proposition de résolution invitant le gouvernement à venir en aide aux victimes du cyclone et des inondations qui ont dévasté son département, ainsi que deux autres rapports sur la réglementation de l’emploi des abrégés pour les appellations françaises et étrangères et l’extension à l’Algérie de la loi sur les indemnités aux victimes d’accidents. En 1954, après avoir posé au ministre des finances une question orale pour dénoncer la politique de développement de la canne à sucre poursuivie par le Fonds d’investissement et de développement économique et social (FIDES) en Afrique équatoriale française (AEF) qu’il estime contraire à la politique générale d’assainissement du marché sucrier français, il rédige une dernière proposition de résolution en faveur des producteurs sucriers dans les départements d’Outre-mer.
Mais c’est surtout en son nom propre que le parlementaire de la Réunion oriente principalement ses interventions vers les questions ultramarines. C’est ainsi qu’il s’exprime en 1949 sur la commémoration de la présence française au Gabon et la pratique sportive dans les Antilles françaises et en Guyane. En 1950, il se prononce sur la modification de la législation électorale dans les départements d’Outre-mer et dépose un amendement visant à donner le même indice de correction que la solde des fonctionnaires de l’Etat aux indemnités de fonctions des maires et adjoints de son département ainsi qu’un sous-amendement de nature à accorder aux fonctionnaires d’Outre-mer une prime compensatoire à la perte de salaire. En 1951, après avoir discuté de l’application de la légalité républicaine en Afrique occidentale française (AOF), il s’exprime sur le budget de l’éducation nationale pour faire part de ses observations sur l’enseignement technique à la Réunion et de son école de droit. En 1953, il pose au président du Conseil une question orale, qui sera suivie d’un débat, sur les mesures sociales qu’il préconise pour que cesse la grève des fonctionnaires dans les départements de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de La Réunion, puis soutient l’amendement de Raphaël Saller relatif au financement de leur équipement agricole et rural. En 1954, toujours en direction des départements d’Outre-mer, Marcel Vauthier intervient en faveur des magistrats et des gardiens de prison, pour lesquels il requiert le versement d’indemnités de nuit, avant de se pencher sur l’étude de la réglementation de la pêche maritime, des conditions d’éligibilité de certains fonctionnaires et du régime des assurances sociales.
Ayant abandonné entre-temps le conseil municipal de Saint-Benoît pour celui de Saint-André, il se représente aux élections du 19 juin 1955 à la tête d’une liste sans étiquette qui n’obtient aucun des deux sièges à pourvoir.
Marcel Vauthier disparaît le 26 mai 1988.






VAUTHIER (Marcel)
Né le 6 novembre 1910 à Saint-Denis (Réunion)
Décédé le 26 mai 1988 à Saint-Denis (Réunion)

Membre de la seconde Assemblée nationale constituante (La Réunion)
Ancien Conseiller de l’Assemblée de l’Union française de 1946 à 1948
Conseiller de la République de La Réunion de 1948 à 1955
Député de La Réunion de 1962 à 1967

Marcel Vauthier naît, en 1910, dans une famille réunionnaise originaire de la métropole. Il commence ses études secondaires à La Réunion, avant de les poursuivre au Lycée Louis le Grand à Paris. Après son baccalauréat, il obtient sa licence de droit de l’université de Paris. Son service militaire l’envoie au Maroc en 1930-1931. Retourné à la Réunion, il exerce son métier d’avocat à la cour de Saint-Denis. Ses activités politiques sont nombreuses, tant au niveau local qu’au niveau national. Il est élu, dès 1938, conseiller général dans le premier canton de Saint-Denis. Il exerce la vice-présidence du Conseil général entre 1956 et 1958 puis de 1962 à 1964 ; il n’est pas réélu en 1964. Il est également élu conseiller municipal de Saint-Benoît en 1947, et exerce la fonction de maire adjoint de la ville jusqu’en 1953. Mais sa carrière se prolonge, dans l’après-guerre, sur la scène nationale avec son élection comme député de la Réunion apparenté au Mouvement républicain populaire (MRP) en 1946, puis sa désignation à l’Assemblée de l’Union française et son mandat de sénateur de 1948 à 1955. Il n’est pas réélu au Conseil de la République le 19 juin 1955.
Il se présente comme candidat du MRP dans la première circonscription de la Réunion aux élections législatives du 30 novembre 1958. Arrivé, au premier tour, second derrière le modéré Frédéric de Villeneuve, avec 34% des suffrages exprimés, il se désiste au second tour pour permettre au député sortant de l’emporter face au candidat communiste Paul Vergès. C’est dans la deuxième circonscription qu’il se présente de nouveau au suffrage de ses concitoyens le 18 novembre 1962, grâce au désistement du député sortant François-Valère Clément, élu lors d’une élection partielle en 1959 sous l’étiquette UNR. Dans sa profession de foi, l’avocat remercie ce dernier « de son geste réaliste et courtois », et donne des garanties à ses électeurs en promettant de « concilier la sauvegarde des principes républicains avec le respect dû au général De Gaulle, le sauveur de la patrie ». Il s’oppose résolument à « toute forme d’autonomie, qui (…) ne peut conduire le pays qu’à la division, la faiblesse et la haine ». En ces temps de décolonisation, Vauthier exprime sa conviction que la Réunion, « fille de France », sera toujours « Goutte de patrie dans l’Océan indien ». Dans la seconde circonscription réunionnaise, sa candidature l’oppose à Léon Félicité, candidat du PCF.
Le candidat MRP est élu avec 85,4% des suffrages exprimés. Mais son adversaire Léon Félicité présente quelques jours plus tard une requête devant le Conseil constitutionnel qui aboutit, le 19 février 1963, à l’annulation de l’élection au cours de laquelle se sont produites « de nombreuses et graves irrégularités » : expulsion des assesseurs et délégués désignés par le candidat communiste dans certains bureaux de vote, bourrage des urnes par le président d’un bureau de vote, « climat de violences réciproques » dans la circonscription. Il présente de nouveau sa candidature, cette fois-ci sans affiliation politique, à l’élection partielle du 5 mai 1963. Deux listes lui font face : la liste communiste de Bruny Payet, de « l’Union contre la fraude électorale pour la défense des intérêts ouvriers et planteurs pour la liberté et dignité réunionnais », et celle du « Mouvement pour la Communauté » de Paul Bénard. Marcel Vauthier est élu, au premier tour, avec 60,1% des suffrages exprimés. L’abstention a augmenté entre les deux tours, passant de 30,7 à 39% des inscrits. S’il s’est inscrit une première fois au groupe du Centre démocratique en décembre 1962, il ne s’inscrit à aucun groupe après sa réélection.
Le député réunionnais est nommé membre de la Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République (1962), puis de la Commission de la production et des échanges (1965). La plupart de ses nombreuses interventions à la tribune du Palais-Bourbon ont pour sujet la Réunion et l’outre-mer en général. Ainsi, dès le 22 janvier 1963, lors de la discussion du projet de loi de finances pour cette même année, il prend part au débat pour souligner les nombreux problèmes de son île : en particulier la « démographie galopante », et le manque d’aménagements pour l’accès à l’eau. Puis le 7 février 1963, il participe au débat sur la proposition de loi relative à l’adoption pour expliquer le vote du groupe du Centre démocratique, et résume les principaux arguments en faveur de l’adoption de cette proposition en l’absence de son auteur René Pleven. Lors de la discussion du projet de loi de finances pour 1964, il prend également part à la discussion concernant les départements d’outre-mer et s’exprime au nom des « représentants de la France lointaine ». Il souligne les lacunes du budget en ce qui concerne les anciennes colonies, notamment en ce qui concerne la dotation du Fonds d’investissement d’outre-mer (FIDOM), l’alimentation en eau, la construction de routes et les effectifs de gardiens de la paix à la Réunion. Il aborde enfin la question de l’entrée des départements d’outre-mer dans le marché commun européen.
Le 30 novembre 1965 Marcel Vauthier prend part au débat sur les questions orales relatives à la propagande lors des élections municipales, pour dénoncer les pratiques frauduleuses du préfet de la Réunion en faveur de certains candidats UNR. Lors de la discussion du projet de loi de finances pour 1966, le 15 octobre 1965, il s’oppose à Michel Debré et souligne les nombreux problèmes que rencontre la Réunion sur les plans économique et social : « Nous ne pouvons pas être d’un optimisme béat et dire que tout va très bien », répond-il à l’ancien Premier ministre qui lui reproche de se complaire dans la critique. Il appelle de ses vœux la mise en place d’une « infrastructure » qui permettrait à la Réunion d’invoquer des droits plutôt que de réclamer et d’attendre des subventions : « à la mentalité d’assisté (…) succèderait la dignité du citoyen à part entière ». Exprimant son désir de mettre fin au « paternalisme gouvernemental » dont les réalisations sont loin de permettre à la Réunion un niveau de vie suffisant, il finit en disant que « le Réunionnais doit se sentir l’égal de n’importe quel électeur de l’Indre-et-Loire, du Lot ou de la Seine ».
Lors de la discussion de l’application du Plan de développement économique et social à l’outre-mer, le 3 novembre 1965, le député réunionnais intervient de nouveau pour mettre en garde le gouvernement contre le « malaise » qui pèse sur son département : « la menace de l’autonomie ». Il demande au contraire « l’intégration complète de la Réunion dans la communauté des départements français », précisant que « lorsque les Réunionnais pourront constater que leur grande patrie, la France, considère leur petite patrie comme un département à part entière, ils résisteront encore mieux au chant des sirènes et l’autonomie sera reléguée définitivement au rang des mauvaises légendes ». Le 20 octobre 1966, il participe à la discussion des affaires sociales dans le cadre du projet de loi de finances pour 1967 et dénonce la pénurie de personnel dans les services de santé scolaire à la Réunion. Maurice Vauthier fait montre à plusieurs reprises, lors des scrutins marquants de la seconde législature, de sa relative indépendance politique. Il s’abstient ainsi volontairement lors de la ratification du Traité de l’Elysée entre la France et la République fédérale d’Allemagne (13 juin 1963), ainsi que lors du vote du projet de loi relatif à l’encadrement des modalités du droit de grève dans les services publics (26 juillet 1963). Le 20 décembre 1963, il ne prend pas part au vote de du projet de loi modifiant la Constitution. Il se prononce pour la réforme électorale municipale (17 juin 1964) et celle du service national (26 mai 1965).
Aux élections législatives de 1967, Marcel Vauthier ne dépose pas sa candidature au renouvellement de son mandat. Il décède le 26 mai 1988 à Saint-Denis de la Réunion.

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