Pierre Weisenhorn

1924 - 2014

Informations générales
  • Né le 21 juin 1924 à Altkirch (Haut-Rhin - France)
  • Décédé le 9 juillet 2014 à ALTKIRCH (Haut-Rhin - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 2 avril 1973 au 2 avril 1978
Département
Haut-Rhin
Groupe
Union des démocrates pour la République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIe législature
Mandat
Du 3 avril 1978 au 22 mai 1981
Département
Haut-Rhin
Groupe
Rassemblement pour la République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 2 juillet 1981 au 1er avril 1986
Département
Haut-Rhin
Groupe
Rassemblement pour la République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 2 avril 1986 au 14 mai 1988
Département
Haut-Rhin
Groupe
Rassemblement pour la République

Biographies

Biographie de la Ve République

WEISENHORN Pierre
Né le 21 juin 1924 à Altkirch (Haut-Rhin)
Décédé le 9 juillet 2014 à Altkirch (Haut-Rhin)

Député du Haut-Rhin de 1973 à 1988

Pierre Weisenhorn naît le 21 juin 1924 à Altkirch : son père, pharmacien, est originaire de Soultz ; sa mère de Marlenheim, dans le Bas-Rhin. Après des études primaires et secondaires à Altkirch, Pierre Weisenhorn est l’un des « Malgré-nous » confrontés à l’annexion allemande du territoire alsacien : en 1942, il est incorporé de force dans la Wehrmacht, et participe à ce titre à plusieurs campagnes militaires, en Ukraine, en Finlande et en Allemagne. Après plusieurs tentatives d’évasion, il rejoint finalement le secteur américain de Berlin le 15 septembre 1945.

De retour en Alsace, Pierre Weisenhorn étudie à la faculté de pharmacie de Strasbourg, où il milite pour le Rassemblement du peuple français (RPF), dans lequel il s’est engagé dès 1947. Reprenant la voie professionnelle de son père, il s’installe dans l’officine familiale à Illfurth en 1952, à une dizaine de kilomètres de sa ville natale. Dans le cadre de son activité professionnelle, il assume la fonction de délégué des pharmaciens ruraux à partir de 1958. Il prend également en charge la gestion de la pharmacie de l’hôpital Saint-Morand à Altkirch à partir de 1956. Il s’est marié à Nicole Devillers. Ils auront deux enfants.

À cette même époque, Pierre Weisenhorn entame une carrière politique locale au sein des formations gaullistes successives : Union pour la nouvelle République (UNR), Union pour la défense de la République puis Union des démocrates pour la République (UDR) et enfin Rassemblement pour la République (RPR). Aux élections municipales de 1959, il est élu conseiller municipal dans sa ville d’Illfurth, dont il devient maire en 1977 – ainsi que président du district du secteur d’Illfurth. Son engagement au sein de l’UDR s’intensifie : il est délégué de la circonscription Altkirch-Thann de 1966 à 1973 et président départemental de l’UDR de 1971 à 1973.

Aux élections législatives de 1973, le député gaulliste Alphonse Jenn décide de ne pas se représenter dans la 3e circonscription du Haut-Rhin. Pierre Weisenhorn est alors investi face à quatre candidats. Il se place en tête au premier tour avec 24 226 voix et 41,8 % des suffrages exprimés, contre 34,7 % au candidat du Centre Démocrate Louis Uhlrich, seul autre candidat qualifié pour le second tour. Le duel tourne à l’avantage de Pierre Weisenhorn, qui est élu avec 28 187 voix et 53,4 % des suffrages exprimés.

À son arrivée au Palais-Bourbon, le nouveau député rejoint le groupe de l’Union des démocrates pour le progrès et est nommé membre de la commission de la production et des échanges. Il est également nommé membre du Conseil supérieur des HLM. Au cours de la législature, Pierre Weisenhorn est rapporteur, en juin 1973, de la proposition de loi sur l’application en Alsace et Moselle d’une loi de 1941 sur la production, le commerce et l’utilisation des chevaux et mulets (la loi du 6 novembre 1973), ainsi que de trois projets de loi : l’un, en octobre 1974, sur les économies d’énergie (la loi du 29 octobre 1974), l’autre, en juin 1975, sur l’élimination des déchets et la récupération des matériaux (la loi du 15 juillet 1975) et le dernier, en mai et juin 1977, sur le contrôle des produits chimiques (la loi du 12 juillet 1977). Il est également le rapporteur pour avis de la commission de production et des échanges sur les crédits du logement, pour le projet de loi de finances pour 1978.

Pierre Weisenhorn intervient aussi en séance publique sur les questions agricoles, industrielles et environnementales, ainsi que sur l’énergie, la recherche et le logement. Il évoque notamment les enjeux locaux. Le 7 novembre 1973, lors de l’examen des crédits de l’agriculture du projet de loi de finances pour 1974, il milite ainsi pour une redéfinition du périmètre des zones de montagne, en soulignant les difficultés dans les arrondissements d’Altkirch-Thann. Le 3 juin 1976, il intervient, lors d’une réunion élargie de la commission de la production et des échanges, sur la question de l’énergie nucléaire, soulignant que l’État doit rester décideur et évoquant le problème de la centrale de Fessenheim. Il pose aussi, les 13 avril et 19 octobre 1977, deux questions au gouvernement sur la crise de l’industrie textile alsacienne, la première plus spécifiquement sur le groupe lainier Schlumpf. Par ailleurs, le 25 novembre 1976, il dépose une proposition de loi tendant à faire bénéficier les Alsaciens-Lorrains, évadés pour se soustraire à l’incorporation de force dans l’armée allemande ou déserteurs de celle-ci après leur incorporation de force, des dispositions de la loi du 21 novembre 1973, concernant les pensions de retraite des anciens combattants.

Lors des scrutins d’importance nationale, le député soutient l’exécutif. Il se prononce en faveur des réformes constitutionnelles et institutionnelles portées par le président de la République Georges Pompidou (réduction du mandat présidentiel à 5 ans le 16 octobre 1973) puis par le président de la République Valéry Giscard d’Estaing (extension de la saisine du Conseil constitutionnel le 10 octobre 1974 ; élection des membres de l'Assemblée des Communautés européennes au suffrage universel le 21 juin 1977). Par ailleurs, il soutient le gouvernement à l’issue des trois déclarations de politique générale des premiers ministres successifs : Pierre Messmer le 12 avril 1973, Jacques Chirac le 6 juin 1974, Raymond Barre le 28 avril 1977. En revanche, il vote contre la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG), le 28 novembre 1974, ainsi que contre la création du divorce par consentement mutuel, le 4 juin 1975.

Au cours de son mandat parlementaire, Pierre Weisenhorn poursuit son engagement d’élu local, en accédant à la vice-présidence du conseil régional d’Alsace, fonction qu’il occupe de 1977 jusqu’en 1986.

Aux élections législatives de mars 1978, Pierre Weisenhorn affronte sept candidats au premier tour, mais dispose à son issue d’une nette avance, puisqu’il recueille 29 033 voix et 42,6 % des suffrages exprimés, contre 26,9 % pour le socialiste Jean-Pierre Baeumler, en deuxième position, et 26,2 % à Pierre Brand, candidat de l’Union pour la démocratie française (UDF), en troisième position. Le désistement de ce dernier facilite la réélection au second tour de Pierre Weisenhorn, qui réunit sur son nom 44 033 voix et 65,1 % des suffrages exprimés.

De retour au Palais-Bourbon, le député du Haut-Rhin s’inscrit au groupe du RPR et retrouve la commission de la production et des échanges, dont il est secrétaire durant l’ensemble de la législature. Il est également nommé membre de la commission d’enquête sur l’industrie textile en décembre 1980 et, par ailleurs, membre du comité national interprofessionnel sur les économies d’énergie. Parlementaire toujours aussi actif, Pierre Weisenhorn est rapporteur du projet de loi relatif aux économies d’énergie et aux réseaux de chaleur (la loi du 15 juillet 1980), rapporteur pour avis de la commission de la production sur les crédits de l’environnement et du cadre de vie, pour les projets de loi de finances pour les années 1979, 1980 et 1981, ainsi que l’auteur de trois rapports d’information, l’un sur la protection du Bas-Rhin contre la pollution par les chlorures, déposé le 16 novembre 1978, l’autre sur les problèmes énergétiques de l’Italie, présenté en décembre 1980, et le dernier sur le développement économique du Nigeria et l’évolution des échanges franco-nigérians, déposé le 3 avril 1981. En séance, il prend la parole à de nombreuses occasions et sur des sujets variés. Ainsi, lors de l’examen du projet de loi de finances le 24 octobre 1978, défend-il l’assimilation des « Malgré-nous » d’Alsace et de Moselle au régime des anciens combattants et, lors de l’examen du projet de loi sur les mesures de financement de la Sécurité sociale, le 4 décembre 1979, les pharmaciens. Ses interventions concernent également les difficultés agricoles et industrielles que connaît sa région d’élection, notamment les intérêts des Mines de potasse d’Alsace dans le cadre de la réglementation internationale sur le Rhin mise en place avec les Pays-Bas, l’Allemagne et la Suisse.

Lors des principaux scrutins publics, le député apporte un soutien constant à l’action gouvernementale. Il vote ainsi l'augmentation de la quote-part de la France au Fonds monétaire international (FMI), le 18 avril 1978, la déclaration de politique générale du gouvernement Barre, le 20 avril 1978, l’aide aux travailleurs privés d'emploi, le 5 janvier 1979, le projet de loi sur la définition et la répression du viol, le 11 avril 1980, la modification du code électoral en vue de favoriser la participation des femmes aux élections municipales, le 20 novembre 1980, ou encore le projet de loi renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes, le 18 décembre 1980 (la loi « sécurité et liberté » dite « Peyrefitte » du 2 février 1981). Seul écart à l’adhésion à la politique menée par l’exécutif, le député s’abstient volontairement lors de la loi sur l’IVG, le 20 novembre 1979.

Dans le contexte de l’alternance, Pierre Weisenhorn se présente pour la troisième fois devant les électeurs de la 3e circonscription du Haut-Rhin. S’il est en tête à l’issue du premier tour, avec 24 627 voix et 42,6 % des suffrages exprimés, le candidat socialiste Jean-Pierre Baeumler en obtient 31,9 %. Le désistement du candidat Divers-droite, Jean-Luc Reitzer, conseiller général du Haut-Rhin, qui avait obtenu 17,4 % des voix, permet au député sortant d’être réélu au second tour avec 56 % des voix.

Retrouvant les bancs de l’Assemblée nationale et la commission de la production et des échanges, mais cette fois-ci dans les rangs de l’opposition, Pierre Weisenhorn, membre du groupe RPR, n’en poursuit pas moins une intense activité parlementaire qui le voit intervenir notamment sur ses sujets de prédilection, à savoir les questions énergétiques et environnementales. Lors de la discussion des projets de loi de finances, il dénonce l’action du gouvernement socialiste, notamment les nationalisations.

Il vote contre les déclarations de politique générale des différents gouvernements de la législature, ceux de Pierre Mauroy, les 9 juillet 1981 et 6 avril 1983, et Laurent Fabius, le 24 juillet 1984. S’il vote pour le projet de loi relatif aux étrangers séjournant en France, le 25 mai 1984, il vote contre l’abolition de la peine de mort (18 septembre 1981), le remboursement de l’IVG (20 décembre 1982) et la démocratisation des enquêtes publiques (20 avril 1983). Il s’abstient volontairement de prendre part au scrutin du 6 décembre 1982 sur l’égalité professionnelle des femmes et des hommes et ne prend pas part au vote du 5 mai 1983 sur la protection des victimes d’infraction, ni à celui du 6 mai 1985 sur l’égalité des époux dans les régimes matrimoniaux.

Aux élections législatives de 1986, Pierre Weisenhorn est en tête de la liste du RPR pour le Haut-Rhin qui n’arrive qu’en seconde position, devancée par la liste socialiste conduite par Jean-Marie Bockel. Devançant néanmoins la liste UDF menée par Jean-Paul Fuchs, elle obtient 23,4 % des suffrages et deux sièges, ce qui permet la réélection du député sortant.

Pour son quatrième mandat, Pierre Weisenhorn s’inscrit au groupe RPR et siège à la commission de la production et des échanges, dont il est vice-président. Il est pour la première année de la législature, membre de la délégation de l’Assemblée nationale pour la planification et membre du conseil d’administration de la Caisse nationale de l’industrie. Il est également rapporteur pour avis de la commission de la production et des échanges sur les crédits de l’industrie pour les projets de loi de finances pour 1987 et 1988, et présente par ailleurs deux rapports d’information, l’un en juin 1987 sur les relations commerciales entre la France, la Corée du Sud, Singapour et Taïwan, l’autre en décembre 1987 sur la pollution du Rhin par les chlorures et le marché du sel en Europe.

En mai 1987, dans le cadre d’une question orale sans débat, il interroge le gouvernement sur la situation des mines de potasse d’Alsace, appelant à un contrôle des importations et à une dotation exceptionnelle en capital pour pouvoir faire face à la compétition mondiale.

Fidèle soutien au gouvernement pendant cette première cohabitation, le député approuve les deux déclarations de politique générale du Premier ministre, Jacques Chirac, le 9 avril 1986 et le 7 avril 1987, de même que la ratification de l’Acte unique européen, le 20 novembre 1986, et la réforme de l’exercice de l’autorité parentale, le 7 mai 1987.

Après son retrait de la vie politique nationale en 1988, Pierre Weisenhorn poursuit ses engagements politiques locaux : il reste maire d’Illfurth jusqu’en 1995 et président du district du secteur d’Illfurth jusqu’à cette même date.

En 1997, il publie un ouvrage revenant sur son expérience de « Malgré-nous », et plus généralement sur la situation de l’Alsace durant la Seconde guerre mondiale, intitulé De la Wehrmacht à l’Assemblée nationale (1939-1945). Souvenirs de la période « non-dite » d’Alsace et de Moselle et des 50 années qui ont suivi.

Il s’éteint le 9 juillet 2014, à l’âge de 90 ans. Il était chevalier de la Légion d’honneur, Croix du combattant et chevalier du Mérite agricole.

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