Melchior de Vogüé

1848 - 1910

Informations générales
  • Né le 24 février 1848 à Nice (Alpes-Maritimes - France)
  • Décédé le 24 mars 1910 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 20 août 1893 au 31 mai 1898
Département
Ardèche
Groupe
Non inscrit

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 24 février 1848 à Nice (Alpes-Maritimes), mort le 24 mars 1910 à Paris (7e).

Député de l'Ardèche de 1893 à 1898.



Melchior de Vogüé appartient à une vieille famille du Vivarais.

En 1870, il est engagé volontaire dans l'armée du Rhin ; il sera blessé à Sedan, décoré de la Médaille militaire, fait prisonnier et dirigé sur la citadelle de Magdebourg. Poussé par un sens très vif du « devoir d'Etat » il pense qu'il doit avant tout servir la France et commence, en 1871, une carrière diplomatique sous les ordre d'un parent, le marquis de Vogüé, alors ambassadeur à Constantinople. Il y passe 6 ans, parcourant en mission divers pays d'Orient : ses impressions de voyage paraissent dans la Revue des Deux Mondes, dont il devient un important collaborateur.

Il est ensuite nommé à Saint-Pétersbourg comme secrétaire d'ambassade où il demeurera 6 ans. Cette mutation allait décider de sa carrière littéraire ; attiré par ce qu'il appelle le « mystère russe », il apprend la langue russe et s'initie à la littérature russe : c'est lui qui, à travers son livre Le roman russe, publié 10 ans plus tard, fera connaître la littérature russe aux Français, notamment les œuvres de Gogol, Tourgueniev, Tolstoï, Dostoïevski.

Il épouse en Russie une demoiselle d'honneur de l'Impératrice et témoigne une vive sympathie pour l'alliance franco-russe.

En 1882, il est mis en disponibilité sur sa demande et quitte la diplomatie pour se consacrer entièrement à des travaux de littérature et d'histoire qui lui vaudront de vifs succès.

Son action dans le mouvement intellectuel des 20 dernières années du XIXe siècle est considérable. Il s'attache à la propagation de doctrines néochrétiennes. Il est élu à l'Académie française en novembre 1882 par 28 suffrages sur 32, pour succéder à Nisard.

Comme homme politique, il réussira beaucoup moins bien et se désintéressera vite de cette forme d'action.

En 1893, de Montgolfier, député sortant, monarchiste, n'étant plus candidat, de Vogüé se présente devant les électeurs de la 2e circonscription de Tournon (Ardèche) comme un « républicain indépendant qui dévouera au service de leurs intérêts tout son cœur de chrétien, de Français et d'Ardéchois ».

Dans son programme électoral, il réclame notamment l'entière liberté d'association, la cessation du « divorce entre la conscience et l'école » (c'est-à-dire la liberté rendue aux communes et aux fa milles de subventionner le maître de leur choix), une loyale application du Concordat, l'amélioration du fonctionnement du système judiciaire par le raccourcissement des délais qui retardent les instances judiciaires et l'abaissement des frais de justice, des allégements fiscaux en faveur des agriculteurs et, enfin, la mise en valeur de l'empire colonial par l'initiative privée, se substituant aux coûteuses et stériles expéditions militaires. Ce dernier point exprime d'ailleurs l'intérêt constant qu'il attache aux problèmes de l'empire colonial : on a pu écrire que c'était lui qui avait découvert et, en quelque sorte, « lancé dans la vie » Lyautey.

Avec l'appui des comités et organes conservateurs du département, il est élu par 8.432 voix contre 7.690 à Albert Le Roy qui se présentait aussi comme républicain, avec l'appui des journaux républicains.

Cette élection est très contestée et son premier discours à la Chambre des députés, pour défendre son élection, déçoit ses amis. La validation de son élection n'est prononcée que plus tard, après une longue enquête.

Il n'interviendra de nouveau dans les délibérations de la Chambre que le 24 novembre 1894, au sujet de l'expédition de Madagascar.

Il ne s'inscrit à aucun groupe et prend très peu part aux travaux parlementaires.

Il ne se représentera pas aux élections de 1898.

À la suite d'une polémique dans les journaux, il se bat en duel avec le député de la Drôme, Boissy d'Anglas, et est assez grièvement blessé au visage.

Il meurt le 24 mars 1910 à Paris à l'âge de 62 ans.