Abel, Gaston Bessac

1911 - 2001

Informations générales
  • Né le 26 janvier 1911 à Saint-martin-labouval (Lot - France)
  • Décédé le 12 mai 2001 à Réalmont (Tarn - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Lot
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Lot
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Lot
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Lot
Groupe
Centre républicain d'action paysanne et sociale et des démocrates indépendants

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 26 janvier 1911 à Saint-Martin-Labouval (Lot)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Lot) Député du Lot de 1946 à 1955

Abel Bessac, né dans une famille de cultivateurs, accomplit ses études primaires à Saint-Martin-Labouval dans le Lot. Il exerce ensuite la profession d'artisan. Il aura, après la guerre, une petite entreprise de travaux publics. En 1935, il se marie et aura onze enfants. En 1938, il devient président départemental de la Jeunesse Agricole Chrétienne. Après juillet 1940, il montre son hostilité au régime de Vichy. Résistant, il appartient au corps franc Pomies et devient lieutenant dans le maquis. Arrêté, il est déporté en Allemagne dans deux camps de concentration, Neuengame et Bergen-Belsen. Il sera médaillé de la Résistance.

Libéré à l'été 1945, revenu dans le Lot, Abel Bessac est porté à la tête de la liste du Mouvement Républicain Populaire pour les élections à la première Assemblée nationale Constituante. Le 21 octobre 1945, cinq listes sont en présence pour trois sièges à pourvoir dans le département. Sur 108 746 inscrits et 81 519 suffrages exprimés, aucune liste n'atteint le quotient électoral fixé à 27 173 voix. Les trois élus le sont à la plus forte moyenne. Le M.R.P. arrive en tête avec 20 625 suffrages, suivi de près par le parti communiste, 20 572 suffrages, et, en troisième position, vient la S.F.I.O. avec 18 705 suffrages.

Une fois son élection validée, Abel Bessac est nommé membre de la Commission d'éducation nationale et des beaux arts, de la jeunesse, des sports et des loisirs. Il porte son intérêt sur les problèmes de métayage, et sur la protection de l'artisanat forestier.

Le 2 juin 1946, pour les élections à la seconde Assemblée nationale Constituante, Abel Bessac mène à nouveau la liste M.R.P. et améliore les résultats d'octobre 1945, dans la mesure où, avec 29 591 suffrages sur 86 587 exprimés, il dépasse le quotient électoral fixé à 28 862 voix. Le parti communiste recueille 22 283 suffrages et la S.F.I.O. 19 508. Le député du Lot retrouve sa place à la Commission de l'éducation nationale et des beaux-arts. Le 25 septembre 1946, au nom de sa commission, il présente un rapport pour faciliter l'expropriation des terrains et installations nécessaires à l'exercice de la culture physique et des sports dans les communes de moins de 5 000 habitants.

Pour les premières élections législatives de la IVe République, le 10 novembre 1946, le jeu politique dans le Lot n'est pas modifié. Sur 106 634 électeurs inscrits et 83 146 suffrages exprimés, le M.R.P. maintient sa prédominance, malgré la perte de 3 375 voix par rapport aux élections de juin. Le parti communiste demeure stable avec 22 731 suffrages, la S.F.I.O. enregistre également une baisse avec 15 228 suffrages.

Après la validation de son élection, le 29 novembre, Abel Bessac est nommé membre de plusieurs Commissions : la Commission de la production industrielle, la Commission de l'agriculture, la Commission des boissons. Il est désigné pour figurer sur la liste des jurés de la Haute Cour de justice. Ses préoccupations le portent toujours vers les problèmes agricoles. Le 28 décembre 1949, au nom de la Commission de l'agriculture, il présente un rapport sur le prix de campagne du tabac. A plusieurs reprises, il intervient pour demander l'assainissement de la situation financière et des économies budgétaires. Il est amené à s'opposer aux députés communistes, le 24 juin 1948, dans un vif incident de séance : « j'ai connu, affirme-t-il, vos coreligionnaires à Bergen-Belsen et je porte contre eux un témoignage accablant ». Il prend, aussi, des positions originales dans le groupe M.R.P. Ainsi, le 10 juin 1948, il vote pour l'abrogation du décret Poinso-Chapuis qui apportait une aide à l'enseignement privé. Surtout, il entre en opposition avec son groupe sur la réforme électorale instituant les apparentements. Le 27 avril 1951, il annonce son intention de voter contre le projet de loi dans la mesure où le panachage, qui aurait permis de « corriger les iniquités, les injustices et les imperfections du système », est interdit. Le 7 mai, il maintient sa protestation contre le mode de scrutin, mais, pour « limiter les effets de panique », vote le projet.

Abel Bessac n'est pas réinvesti par le M.R.P. pour les élections législatives du 17 juin 1951. La décision est imposée par la direction du M.R.P. Soutenu par une partie des militants locaux et le parti Paysan, Abel Bessac présente une liste du « Groupement national de défense des libertés professionnelles et des contribuables ». Celle-ci s'apparente avec les partis de la Troisième Force : S.F.I.O., Rassemblement des Gauches Républicaines, M.R.P. Dans leur profession de foi, les dissidents du M.R.P. et les indépendants paysans privilégient la lutte contre « le carcan administratif, étatique et partisan qui opprime chaque jour davantage l'individu », défendent les chefs de famille, la liberté de l'enseignement, la promotion de l'agriculture. Les quatre listes apparentées réunissent 64,1 % des suffrages exprimés et emportent les trois sièges du département. Le premier va au Rassemblement des gauches républicaines avec, sur 81 178 suffrages exprimés, 18 979 voix, soit 23,4 % du total, le second à la S.F.I.O., avec 13 848 voix, soit 17 %, le troisième à la liste d'Abel Bessac, qui, avec 10 784 voix, soit 13,3 % devance le M.R.P., lequel tombe à 8 414 voix. Le parti communiste, qui regroupe 20 544 voix, soit 25,3 %, n'a pas de siège. En mai 1953, Abel Bessac est élu maire de la petite commune de Cabrerets.

A l'Assemblée, le député du Lot, non inscrit, voit son élection validée le 6 juillet 1951. Il est nommé membre de la Commission de la production industrielle et de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique. La plupart de ses interventions portent sur des réductions de crédits budgétaires dans l'administration, l'éducation, l'agriculture. Ainsi, le 10 décembre 1953, il demande la suppression de la prime de secrétariat accordée aux députés. Il justifie ainsi sa décision : « Je pense que ce sont précisément les dépenses publiques qui obèrent trop lourdement notre économie (...) C'est pourquoi je me suis refusé jusqu'à ce jour à suivre les sollicitations pressantes de très nombreuses catégories sociales (...) Pour chacune, je me suis fait un devoir de refuser (...) Je ne puis donc que me placer dans les mêmes conditions et me refuser à moi-même ce réajustement que j'estime pourtant fondé ». Le 30 août 1954, il vote la question préalable, présentée par le général Aumeran et Edouard Herriot, qui rejette la Communauté Européenne de Défense. Le 4 février 1955, il vote la question de confiance posée par Pierre Mendès-France.

En janvier 1956, Abel Bessac ne sollicite pas le renouvellement de son mandat de député. Il demeure maire de Cabrerets.


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