Albert Lécrivain-Servoz

1898 - 1984

Informations générales
  • Né le 7 novembre 1898 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 7 mars 1984 à Bondy (Seine-St-Denis - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Rhône
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Rhône
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Rhône
Groupe
Mouvement républicain populaire

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 7 novembre 1898 à Paris
Décédé le 7 mars 1984 à Bondy (Seine-Saint-Denis)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Rhône)
Député du Rhône de 1946 à 1951

Né le 7 novembre 1898 à Paris, Albert Lécrivain a consacré sa carrière à l'aviation, parcourant tous les continents avec une curiosité insatiable, notamment au cours des années 1930, le Proche et le Moyen Orient, et une partie des Indes. Pilote d'essais totalisant des milliers d'heures de vol, frère d'un pilote de l'Aéropostale, il a participé à plusieurs épreuves internationales d'aviation. Initialement, Albert Lécrivain se préparait à une scolarité aux Arts-et-Métiers, mais la guerre de 1914 -1918 a interrompu cette préparation, puis le jeune homme s'est tourné vers l'aviation. Quand éclate le second conflit mondial, Albert Lécrivain s'engage dans la résistance : il deviendra colonel à l'échelon exceptionnel et de multiples décorations viendront reconnaître son courage et ses hauts faits d'armes : grand officier de la Légion d'honneur, il est titulaire de la croix de guerre, de la médaille militaire, de la médaille de la résistance et de la médaille de l'aéronautique.

Père de deux enfants, catholique, Albert Lécrivain, qui sera désormais connu sous le nom « Lécrivain-Servoz », se met au service de ses convictions et de ses concitoyens à la libération : conseiller municipal de Villefranche, il se présente aussi dans la deuxième circonscription du Rhône aux élections pour l'Assemblée nationale constituante (21 octobre 1945), en seconde position sur la liste MRP derrière Jean Peissel. Cette liste arrive en tête, avec 33 110 des 129 286 suffrages exprimés : cela suffit à faire élire Albert Lécrivain-Servoz à la plus forte moyenne.

A l'Assemblée nationale, il est nommé membre de la Commission des moyens de communication et des PTT, et de la Commission de la défense nationale. Il est aussi nommé membre suppléant de la Commission d'instruction de la Haute Cour de justice. Son activité parlementaire, dès ce moment, est orientée vers les problèmes d'aviation : ainsi le 30 mars 1946 depose-t-il une proposition de loi tendant à rétablir dans leurs droits les cadres navigants de l'air victimes des dispositions du gouvernement de Vichy. Il dépose aussi plusieurs rapports, comme celui du 18 avril 1946 portant sur la création d'une organisation spéciale au sein de l'armée regroupant les anciens agents et parachutistes de mission. Le 19 avril 1946, Albert Lécrivain s'oppose, comme la majorité de ses pairs, au premier projet de constitution soumis au référendum.

Le rejet de ce texte impose la tenue de nouvelles élections le 2 juin suivant ; cette fois, Albert Lécrivain-Servoz conduit la liste MRP qui progresse (28,6 % des suffrages exprimés) et conserve ses deux sièges : lui-même est le seul élu à atteindre le quotient. A l'Assemblée, Albert Lécrivain-Servoz retrouve la Commission de la défense nationale, ainsi que celle des moyens de communication et des postes, télégraphes et téléphones. Il dépose un seul rapport, au nom de cette seconde Commission, sur le projet de loi relatif à la classification des aérodromes. Le 28 septembre 1946, il se prononce en faveur du second projet de constitution.

Le 10 novembre 1946, Albert Lécrivain-Servoz se présente une nouvelle fois dans la deuxième circonscription du Rhône, toujours en tête de la liste MRP qui remporte 37 105 des 128 261 suffrages exprimés, et obtient à nouveau deux élus, devançant nettement les autres listes.

Devenu député de la première législature de la Quatrième République, Albert Lécrivain-Servoz siège successivement sur les bancs du MRP, de l'action républicaine ; de l'union démocratique des indépendants avant de s'apparenter aux indépendants d'outre-mer puis aux républicains progressistes. Sur son affiliation politique, il déclare en 1950 : « Je suis un garçon qui, dans ce pays, refuse d'appartenir à un groupe quelconque. Je suis indépendant et j'entends le rester. » Il retrouve ses deux commissions de prédilection, qui lui permettent de peser sur la législation concernant les affaires aériennes ; il devient d'ailleurs secrétaire de la Commission des moyens de communication. Il est aussi nommé membre de la Commission des pensions, juge suppléant et juré à la Haute cour de Justice.

Au cours de ces cinq années, Albert Lécrivain-Servoz dépose un rapport et un avis intéressant l'aéronautique, et intervient à plusieurs reprises à la tribune. Il est particulièrement actif dans les discussions concernant la création de la société Air France, en avril-mai 1948, déposant plusieurs amendements et demandant avec insistance la création d'un statut de l'aviation commerciale. Avec son groupe, il vote en faveur du nouveau projet de loi portant institution de la compagnie Air France. En septembre 1948, il met en garde le gouvernement contre la tentation de trop subventionner les lignes aériennes du Pacifique Sud, les avions utilisés étant de toute façon de fabrication américaine. Le 29 juillet 1950, il défend en discussion générale les crédits de l'armée de l'air, demandant que les sommes engagées soient effectivement dépensées. Réclamant une vraie modernisation des matériels, il déclare : « On va construire des avions qui sont la réplique exacte de ceux que nous avions en 1939 : 4 mitrailleuses, 15 secondes de tir, 300 balles par chargeur [...] J'aurais voulu crier mon angoisse face aux matériels puissamment armés qui existent ailleurs. »

Albert Lécrivain-Servoz accorde sa confiance à Paul Ramadier le 4 mai 1947, le jour où le Président du Conseil se sépare de ses ministres communistes. Il vote en faveur du projet de loi sur le statut de l'Algérie (27 août 1947). En revanche, il refuse de ratifier la convention de coopération économique organisant l'aide du plan Marshall à la France (7 juillet 1948), de même qu'il vote contre le Pacte de l'Atlantique un an plus tard, le 26 juillet 1949. Quelques semaines avant, il soutient la constitution du Conseil de l'Europe (9 juillet 1949). A la fin de la législature, il s'oppose fermement au système des apparentements qui, le 7 mai 1951, modifie la loi électorale en faveur des partis de la Troisième force.

De fait, c'est un vaste apparentement qui remporte, avec la majorité absolue, la totalité des sièges à pourvoir le 17 juin 1951. Il est vrai que le score de la liste d'union pour l'indépendance française conduite par Albert Lécrivain-Servoz ne lui laissait guère entrevoir une issue plus heureuse : 2,4 % des suffrages exprimés seulement. En 1956, Albert Lécrivain-Servoz est candidat dans la Seine (3e circonscription) en dernière position sur la liste d'action des gauches qui rassemble moins de 2 % des électeurs ; en 1958, dans la 42e circonscription de la Seine, il se présente comme « Républicain » et obtient 8 % des suffrages exprimés. Par la suite, il ne se représentera plus.

Albert Lécrivain-Servoz disparaît le 7 mars 1984 à Bondy, dans sa quatre-vingt sixième année.



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