Marcel Levindrey

1897 - 1976

Informations générales
  • Né le 28 septembre 1897 à Chateaubourg (Ille-et-Vilaine - France)
  • Décédé le 2 décembre 1976 à Laon (Aisne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Aisne
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Aisne
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Aisne
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Aisne
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 28 septembre 1897 à Chateaubourg (Ille-et-Vilaine)
Décédé le 2 décembre 1976 à Laon (Aisne)

Membre de la seconde Assemblée nationale constituante (Aisne)
Député de l'Aisne de 1946 à 1958

Marcel Levindrey est né le 28 septembre 1897 à Chateaubourg, dans le département de l'Ille-et-Vilaine. Son père, natif de la Bretagne, est instituteur. Il obtient son brevet élémentaire et un certificat d'études supérieures, mais ses études sont interrompues par la guerre : mobilisé le 10 janvier 1916, il reste sous les drapeaux jusqu'au 29 septembre 1919. Marcel Levindrey entre alors comme rédacteur dans une compagnie d'assurances sociales.

Parallèlement à ses activités professionnelles, Marcel Levindrey milite activement au sein de la fédération socialiste de l'Aisne, où il prend une importance croissante : trésorier en 1929, il est délégué du département au XXVIIe congrès de la SFIO qui se tient à Bordeaux l'année suivante, et secrétaire fédéral en 1931. Sous son impulsion, les effectifs de la fédération de l'Aisne font plus que quintupler entre 1932 et 1938.

Marcel Levindrey est élu maire de Laon aux élections municipales de mai 1935 ; un peu moins de deux ans plus tard, il ajoute à ce mandat celui de conseiller général. Après la débâcle de 1940, Marcel Levindrey rejoint les rangs de la Résistance (réseau Libération-Nord), supervisant toujours les activités du Parti socialiste clandestin dans l'Aisne. Révoqué par le régime de Vichy de la mairie de Laon le 10 mai 1941, il est emprisonné par la Gestapo à Saint-Quentin du 20 décembre 1943 au 2 février 1944.

Membre du Comité départemental de Libération, Marcel Levindrey retrouve en août 1944 la mairie de Laon et en septembre 1945 le conseil général de l'Aisne ; il est même élu à la présidence de cette dernière assemblée, avant d'en démissionner le 2 avril 1948 pour marquer la désapprobation que lui inspire le cumul des mandats.

Maire et conseiller général pendant plus de trois décennies, Marcel Levindrey est très impliqué dans les associations d'élus locaux : fondateur de l'union départementale des maires de l'Aisne et de la Fédération nationale des élus municipaux et cantonaux, il siège en outre au sein du Comité directeur des maires de France.

Marcel Levindrey est candidat dans l'Aisne, à la tête de la liste de la SFIO, aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée constituante. Avec 47 520 voix sur 222 426 suffrages exprimés, la liste emporte l'un des six sièges à pourvoir ; les autres élus sont les communistes Adrien Renard, René-Alfred Thuillier et Paulette Charbonnel, le radical Henri Hulin et le candidat gaulliste du Parti républicain de la liberté, Charles Desjardins.

Marcel Levindrey est nommé membre de la Commission de la reconstruction et des dommages de guerre. Il dépose une proposition de loi, le 19 juillet 1946, tendant à réglementer le temps de travail et le repos hebdomadaire dans les professions agricoles. Il participe en outre, le 4 octobre, à la discussion du projet et de propositions de loi sur les dommages de guerre.

A l'instar de ses collègues du groupe socialiste, Marcel Levindrey approuve le nouveau projet de Constitution voté par l'Assemblée le 28 septembre et ratifié par référendum le 13 octobre ; il présente de nouveau sa candidature aux élections du 10 novembre. En net recul, sa liste recueille 38 053 voix sur 216 206 suffrages exprimés, ce qui lui assure néanmoins sa réélection ; les autres députés sortants retrouvent aussi leur siège.

Marcel Levindrey est nommé membre de la Commission du travail et de la sécurité sociale (1946, 1948, 1949, 1950), qui le choisit pour la représenter au sein de la commission supérieure des comités d'entreprise ; il est en outre membre de la Commission du ravitaillement (1947) et de la Commission de la reconstruction et des dommages de guerre (1948, 1949, 1950, 1951), et juré à la Haute cour de justice. La plupart de ses dépôts de textes et de ses interventions sont consacrés aux problèmes de l'artisanat et de l'agriculture. Toutefois, le 4 octobre 1946, il intervient longuement à la tribune de l'Assemblée, sur le thème de la réparation des dommages de guerre ; au nom du groupe socialiste, il observe que « ce n'est pas faire acte de chauvinisme que d'exiger de l'Allemagne sa contribution et sa participation à l'œuvre de reconstruction de notre pays ». Il poursuit : « déjà, en 1921, Léon Ringuier, qui fut un représentant socialiste de notre département, l'avait réclamé à cette tribune ; mais il ne fut pas écouté comme il convenait. Il est à espérer que, cette fois, nous saurons tirer partie de la leçon que nous avons reçue et qu'une contribution substantielle nous permettra de suppléer à notre déficience économique ».

Marcel Levindrey est candidat au renouvellement de son mandat aux élections législatives du 17 juin 1951. Les positions de la liste SFIO sont stables, avec 35 712 voix sur 220 364 suffrages exprimés. Le Parti communiste est en recul, ce qui profite au candidat gaulliste Edmond Bricout et au candidat du RGR, Yves Colin, qui avait conclu un apparentement avec la liste MRP de Henri Hulin.

Marcel Levindrey est nommé membre de la Commission des moyens de communication et du tourisme et membre de la Commission de la reconstruction et des dommages de guerre. Il dépose plusieurs textes destinés à réformer la législation sur les dommages de guerre ; plusieurs de ses interventions à la tribune de l'Assemblée sont en outre destinées à sensibiliser ses collègues au sort des personnels de l'administration des ponts et chaussées et des agents de la SNCF.

Candidat une nouvelle fois aux élections législatives du 2 janvier 1956, Marcel Levindrey bénéficie des progrès électoraux de la gauche dans l'Aisne : la SFIO recueille 47 476 voix sur 235 744 suffrages exprimés, et le Parti communiste retrouve ses trois élus.

Il siège alors à la Commission de l'intérieur, à la Commission de la reconstruction, des dommages de guerre et du logement et à la Commission des moyens de communication et du tourisme. Son activité parlementaire au cours de la législature se limite au dépôt, le 17 juillet 1956, d'une proposition de loi tendant à titulariser les fonctionnaires détachés du secrétariat d'Etat à la reconstruction.

Opposé au retour du général de Gaulle, Marcel Levindrey lui refuse l'investiture et les pleins pouvoirs mais ne prend pas part au vote sur la révision constitutionnelle (scrutin des 1er et 2 juin 1958). Il est battu par le candidat Indépendant Gilbert Devèze aux élections législatives du 30 novembre 1958 dans la 1re circonscription de l'Aisne (Laon) ; aux élections de 1962, il essuie un nouvel échec, cette fois face à un autre conseiller général, Guy Sabatier. Il demeure toutefois membre du conseil général, réélu lors des élections cantonales d'avril 1958 et de mars 1964. Marcel Levindrey se retire par la suite progressivement de la vie politique : il quitte la mairie de Laon en 1965, abandonne le 31 décembre 1966 ses fonctions de secrétaire de la fédération socialiste de l'Aisne, et renonce à solliciter le renouvellement de son mandat aux élections cantonales du 8 mars 1970.

Marcel Levindrey décède à Laon le 2 décembre 1976.



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