Camille, Jean, Marie Lhuissier

1879 - 1948

Informations générales
  • Né le 25 juillet 1879 à Vautorte (Mayenne - France)
  • Décédé le 18 janvier 1948 à Laval (Mayenne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Mayenne
Groupe
Socialiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Mayenne
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 18 janvier 1948
Département
Mayenne
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 25 juillet 1879 à Vautorte (Mayenne)
Décédé le 18 janvier 1948 à Laval (Mayenne)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Mayenne)
Député de la Mayenne de 1946 à 1948

Camille Lhuissier est né le 25 juillet 1879 à Vautorte, dans le département de la Mayenne. Ses parents sont aubergistes. Il fréquente le cours complémentaire de Gorron, puis entre à quinze ans, avec dispense d'âge, à l'Ecole normale d'instituteurs de Laval, dont il sort major. Toute sa carrière, de 1897 à 1933, se déroule dans la Mayenne, d'abord à Evron, puis à Bouère ; dans les dernières années, il enseigne à l'école annexe de Laval, où il assure la formation pédagogique des jeunes instituteurs.

Camille Lhuissier est l'un des pionniers du syndicalisme enseignant en Mayenne. Membre de l'Amicale des instituteurs de la Mayenne fondée en 1902, il participe en 1905 à la première campagne syndicaliste auprès des instituteurs du département ; jusqu'au déclenchement de la guerre, il se fait l'infatigable animateur de cette cause.

Mobilisé en août 1914, Camille Lhuissier est blessé à la tête en juin 1915 ; il doit subir une trépanation. Lorsque la guerre s'achève, il est chevalier de la Légion d'honneur, titulaire de la Croix de guerre avec palme, et grand invalide de guerre réformé à 100 %.

Camille Lhuissier reprend alors ses activités syndicales ; il milite en outre dans les rangs de la SFIO, et anime, dans la Mayenne, les activités de la Ligue des droits de l'homme et du citoyen.

Nommé en 1930 secrétaire de la fédération socialiste de la Mayenne, Camille Lhuissier affronte pour la première fois le suffrage universel aux élections cantonales du 18 octobre 1931 dans le canton de Laval-Est : il obtient plus du tiers des suffrages exprimés, ce qui est alors considéré comme un franc succès. Son échec aux élections législatives de 1936 dans la 2e circonscription du Mans est tout aussi honorable : il n'est battu que de quelques centaines de voix par Paul Goussu.

Pendant l'Occupation, Camille Lhuissier soutient activement la Résistance : affilié au mouvement Libération-Nord, il accueille des résistants traqués et assure des liaisons. En 1944, il siège au Comité départemental de Libération de la Mayenne et retrouve ses fonctions de secrétaire fédéral de la SFIO.

Camille Lhuissier se porte candidat dans la Mayenne aux élections législatives du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée Constituante. Il recueille, à la tête de la liste « socialo-communiste », 19 993 voix sur 124 109 suffrages exprimés ; il doit au système de la répartition des restes à la plus forte moyenne de remporter, aux côtés de Jean-Marie Bouvier O'Cottereau, Jacques Soustelle et Robert Buron, l'un des quatre sièges à pourvoir.

Camille Lhuissier est nommé membre de la Commission de l'éducation nationale et des beaux-arts, de la jeunesse, des sports et des loisirs. C'est au nom de celle-ci qu'il dépose, le 5 avril 1946, deux rapports, l'un sur la proposition de résolution de son collègue Pierre Chevallier tendant à inviter le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour que les instituteurs retraités comptant au moins cinq ans d'ancienneté en première classe soient considérés comme appartenant à la hors-classe, l'autre sur le projet de loi modifiant le régime législatif applicable aux monuments historiques.

Camille Lhuissier soutient le programme de nationalisations du GPRF, et se prononce le 19 avril 1946 en faveur du premier projet de Constitution de la IVe République. Le texte est toutefois rejeté par le référendum du 5 mai, ce qui rend nécessaire la convocation d'une seconde Assemblée Constituante.

Ces élections se tiennent le 2 juin. La liste socialiste est en légère progression, avec 24 816 voix sur 128 994 suffrages exprimés ; de nouveau, toutefois, Camille Lhuissier ne doit son élection qu'au système de la répartition des restes à la plus forte moyenne.

Camille Lhuissier retrouve la Commission de l'éducation nationale et des beaux-arts, de la jeunesse, des sports et des loisirs ; il est en outre désigné pour les fonctions de juré à la Haute cour de justice. Il dépose deux propositions de résolution, le 28 août et le 18 septembre 1946, tendant toutes deux à inviter le gouvernement à déposer un projet de loi permettant l'expropriation des terrains et installations nécessaires à l'exercice de la culture physique et des sports dans les communes de moins de 5 000 habitants.

A l'instar de ses collègues du groupe socialiste, Camille Lhuissier approuve le nouveau projet de Constitution voté par l'Assemblée le 28 septembre 1946 et ratifié par référendum le 13 octobre ; il présente de nouveau sa candidature aux élections du 10 novembre. Cette fois en léger recul, sa liste recueille 22 416 voix sur 126 660 suffrages exprimés, ce qui lui assure néanmoins sa réélection.

Nommé membre de la Commission du règlement et du suffrage universel et membre de la Commission de l'éducation nationale, Camille Lhuissier est en outre de nouveau désigné comme juré à la Haute cour de justice. Il dépose trois textes au cours du printemps et de l'été 1947 : le premier, le 20 mars, tend à modifier la loi, votée l'année précédente, créant la Caisse nationale des lettres, en conférant davantage de pouvoirs aux écrivains au sein de son comité de direction ; le second, le 6 mai, tend à organiser le service de surveillance de l'inter-classe et des cantines dans les établissements scolaires du premier degré ; le troisième, le 26 juin, vise à accorder aux étudiants titulaires de carte d'abonnement sur les chemins de fer les mêmes exonérations qu'aux abonnements ouvriers.

Camille Lhuissier prend part à deux reprises à la discussion sur le projet de loi portant fixation du budget général de l'exercice 1947, attirant notamment l'attention de ses collègues parlementaires sur la nécessité de soutenir par des subventions publiques l'activité des associa tions sportives.

Au cours de la législature, Camille Lhuissier vote l'investiture de Léon Blum à la tête du GPRF (17 décembre 1946), et celle de Paul Ramadier (4 mai 1947) ; il vote en faveur du projet de loi sur le statut de l'Algérie (27 août), et pour la question de confiance à la suite de laquelle Paul Ramadier se séparera de ses ministres communistes (30 octobre). Son mandat est prématurément écourté : malade, Camille Lhuissier décède le 18 janvier 1948 à Laval ; son décès est annoncé à l'Assemblée le 26 janvier.



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