Robert Bichet

1903 - 2000

Informations générales
  • Né le 3 octobre 1903 à Rougemont (Doubs - France)
  • Décédé le 29 mai 2000 à Besançon (Doubs - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Mouvement républicain populaire

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 3 octobre 1903 à Rougemont (Doubs)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Seine-et-Oise)

Député de Seine-et-Oise de 1946 à 1958 Sous-secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil et à l'Information du 24 juin au 16 décembre 1946

Robert Bichet est né dans une famille modeste, enracinée depuis plusieurs générations en Franche-Comté. Après ses études secondaires, il entre à l'Ecole nationale supérieure des Arts et métiers. Il en sort avec le diplôme d'ingénieur. En 1925, il commence sa carrière professionnelle aux Forges de Jœuf appartenant à la famille De Wendel. Devenu ingénieur en 1928 à la Société des automobiles Peugeot à Sochaux, il entre l'année suivante à la société Esso Standard, où il demeure jusqu'en 1944. Son activité et sa connaissance approfondies des questions professionnelles le font désigner comme président des ingénieurs et cadres de Franche-Comté et vice-président de la Société des ingénieurs des Arts et métiers. Militant catholique, il participe à la vie des associations familiales. En 1935, il est membre du Secrétariat social de Besançon. La même année, il est élu conseiller municipal de Rougemont et le demeurera jusqu'en 1945.

Tout en conservant une activité professionnelle pendant l'Occupation, il prend rapidement part à la Résistance. En relation avec Pierre-Henri Teitgen et Francisque Gay, il organise l'information clandestine dans les régions de Bourgogne et de Franche-Comté. Il assure, notamment, la parution de Résistance et organise la diffusion des Cahiers de Témoignage chrétien. En 1944, il représente les démocrates-chrétiens au Comité départemental de libération du Doubs. Il sera titulaire de la Croix de guerre avec palmes, de la rosette de la Résistance et fait chevalier de la Légion d'honneur.

En septembre 1944, Robert Bichet est nommé directeur régional de l'information à Dijon. Mais, en novembre, il quitte ce poste pour assumer les fonctions de Secrétaire général du Mouvement républicain populaire, qui vient de se constituer. A ce titre, jusqu'à l'automne 1945, il coordonne l'activité du mouvement dans l'ensemble des régions françaises et aide à la création des nouvelles fédérations.

Le 21 octobre 1945, le M.R.P. le présente comme tête de liste aux élections à la première Assemblée nationale Constituante dans la première circonscription de Seine-et-Oise. Pour huit sièges à pourvoir, six listes sont en présence. Sur 420 173 inscrits et 355 487 suffrages exprimés, le parti communiste arrive en tête avec 125 266 suffrages, et emporte trois sièges, le M.R.P., avec 101 988 suffrages, a aussi trois élus, les deux derniers sièges allant à la S.F.I.O. avec 79 337 suffrages. Les modérés et la droite, une liste d'entente républicaine, avec 21 947 voix, une liste radicale avec 16 104 voix, une liste républicaine de réconciliation française, avec 11 345 voix, n'ont aucun élu.

Une fois son élection validée, le nouveau député de Seine-et-Oise est nommé membre de trois commissions : la Commission de l'éducation nationale et des beaux arts, de la jeunesse, des sports et des loisirs, la Commission de l'équipement national et de la production, et la Commission de la presse, de la radio et du cinéma, dont il est élu Président quand, le 23 janvier 1946, Jean Letourneau, qui occupait le poste, devient ministre dans le gouvernement Félix Gouin. A ce titre, il est amené à intervenir, à plusieurs reprises, dans la discussion du projet de loi concernant la dévolution des biens d'entreprises de presse.

Le 2 juin 1946, après l'échec du premier référendum constitutionnel, Robert Bichet conduit, de nouveau, la liste M.R.P. pour les élections à la seconde Assemblée nationale Constituante. Sur 422 409 inscrits et 360 020 suffrages exprimés, le M.R.P. a encore trois sièges, avec 101 645 suffrages, le P.C.F., lui, demeure en tête avec 123 988 suffrages, et a aussi trois élus ; la S.F.I.O. remporte les deux derniers sièges avec 74 763 suffrages. L'élection de Robert Bichet est validée le 13 juin. Il retrouve sa place dans les commissions de la presse, de la radio et du cinéma, de l'éducation nationale et des beaux-arts. Il est nommé, en outre, membre de la Commission du règlement et des pétitions. Mais, le 24 juin, il est appelé par Georges Bidault à entrer dans son gouvernement comme Sous-secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil, chargé de l'information. Il occupe ce poste jusqu'au 28 novembre, date de la démission du gouvernement. Comme tel, il est amené à suivre l'important dossier de la législation sur la presse.

Entre temps, le 10 novembre, les premières élections législatives de la IVe République ont eu lieu. Dans la première circonscription de Seine-et-Oise, sur 433 221 électeurs inscrits et 350 779 suffrages exprimés, le parti communiste, avec 118 444 suffrages, emporte quatre sièges sur les neuf à pourvoir, le M.R.P. se maintient en deuxième position avec 96 314 suffrages et trois élus, les deux derniers sièges allant à la S.F.I.O. et au Rassemblement des gauches républicaines, avec, respectivement, 53 810 et 44 969 suffrages.

Au cours de cette première législature, Robert Bichet a une importante activité parlementaire qu'il exerce notamment au sein des commissions de la presse, de la reconstruction et des dommages de guerre, du suffrage universel, du règlement et des pétitions et de la réforme administrative. Parallèlement, il fonde en 1947 les Nouvelles équipes internationales, qui prendront ensuite l'appellation d'Union internationale des démocrates chrétiens, dont il assure le secrétariat jusqu'en 1954.

La même année, Robert Bichet est élu vice-président du Mouvement européen. Il le demeurera jusqu'en 1955. En janvier 1948, il est nommé juré à la Haute Cour de justice. En 1949, enfin, et pour dix ans, il est délégué français à l'Assemblée consultative de Strasbourg. Au Palais Bourbon, il consacre la plus grande part de son activité aux questions de presse et de communication. Il définit sa position lors d'un débat sur la liberté de la presse le 27 mars 1947 « Nous nous refusons à la contrainte et à la tyrannie de l'argent, mais nous ne voulons pas que la presse obéisse, à l'avenir, à un gouvernement et à une majorité de passage ». Il affirme également de façon toute particulière ses convictions européennes. Le 20 juillet 1950, il propose que le drapeau vert et blanc, symbole de l'Europe, soit hissé sur les édifices publics. Dans le débat sur la réforme électorale qui a lieu en décembre 1950, il défend la nécessité du scrutin avec apparentements, mais il précise qu'« On ne combat pas le parti communiste par une loi électorale ».

Aux élections législatives du 17 juin 1951, dix listes tentent d'emporter les neuf sièges à pourvoir dans la première circonscription de la Seine-et-Oise, où les apparentements ne jouent pas. Robert Bichet mène la liste du M.R.P., qu'il présente comme « Un arbitre entre les extrêmes ». Sur 443 197 électeurs inscrits et 359 281 suffrages exprimés, le P.C.F., avec 116 510 voix, soit 32,4 % et le Rassemblement du peuple français, avec 96 259 voix, soit 26,8 %, arrivent en tête et obtiennent chacun trois sièges. Les trois derniers sièges échoient respectivement à une Liste d'union des indépendants et paysans et du rassemblement des gauches républicaines, avec 45 443 suffrages, soit 12,6 % à la S.F.I.O. qui obtient 37 579 suffrages soit 10,5 %, enfin au M.R.P. qui regroupe 25 652 suffrages, soit 7,1 % du total.

Son élection est validée le 6 juillet. Il est nommé membre de la Commission des moyens de communication et du tourisme et de la Commission de la production industrielle. Il a une activité législative variée. Ses interventions et ses propositions de résolution et de loi concernent les transports, la communication aussi bien que les questions sociales et fiscales. Mais il se fait surtout le porte-parole de la construction européenne. Le 2 août 1951, il est nommé membre de l'Assemblée consultative prévue par le statut du Conseil de l'Europe. Le 6 décembre, rapporteur pour avis du traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier, il déclare : « Le plan Schuman, qui crée une autorité économique, permettra à coup sûr de s'orienter vers l'autorité politique. Et ceux qui aspirent à la fédération européenne devraient reconnaître dans les institutions mêmes du plan Schuman une préfiguration de cette fédération ». Le 3 juin 1953, il est désigné pour faire partie de la Commission de coordination chargée des questions relatives à la C.E.C.A. Il est l'un des plus ardents défenseurs de la Communauté européenne de défense. Avec la plupart des députés de son groupe, le 24 février 1955, il vote contre la confiance au gouvernement de Pierre Mendès-France. Le 5 juillet 1955, il est élu vice-président de l'Union européenne occidentale. Il a, au cours de cette législature, commencé une carrière d'élu local à Ermont dont il est élu conseiller municipal en 1953 et dont il deviendra maire en 1959. Il est en outre, depuis 1952, président du Conseil supérieur du Pétrole.

Après la dissolution de l'Assemblée nationale, les élections législatives du 2 janvier 1956 voient 13 listes s'affronter dans la première circonscription de Seine-et-Oise pour neuf sièges à pourvoir. Les apparentements ne jouent pas plus qu'en 1951. Sur 541 286 électeurs inscrits et 459 918 votants, le parti communiste, avec 160 861 voix, soit 36,4 % du total, arrive en tête et obtient trois sièges. Une liste mendésiste, avec 42 738 voix, soit 9,7 %, a un siège, trois autres sièges vont respectivement à la S.F.I.O., avec 40 340 voix, à une liste poujadiste d'Union et de fraternité française, avec 41 156 voix, à une liste d'entente R.G.R.-C.N.I., avec 40 557 voix. Le M.R.P., qui rassemble 30 445 voix, soit 6,5 % des suffrages exprimés, et le parti radical, avec 25 356 voix, emportent les deux derniers sièges.

Robert Bichet retrouve les Commissions des moyens de communication et du tourisme, de la production industrielle et de l'énergie. A nouveau désigné pour siéger à l'Assemblée consultative européenne, il devient en outre, le 17 juillet 1957, membre de la Haute Commission de l'Organisation commune des régions sahariennes. Enfin, le 7 février 1958, il est désigné pour siéger au Consultatif de l'utilisation de l'énergie. En tant que vice-président du groupe parlementaire M.R.P., il est amené à intervenir dans d'importants débats parlementaires, sur la politique algérienne le 23 octobre 1956 et le 7 février 1957, sur l'insurrection hongroise le 7 novembre 1956, sur l'Euratom le 19 décembre 1956 et le 5 juillet 1957. Lors de la crise de mai 1958, il soutient les efforts de Pierre Pflimlin, mais après la démission de celui-ci et avec la plupart des députés M.R.P., il vote le 1er juin, la confiance au général de Gaulle et le 2 juin, il accorde les pleins pouvoirs au gouvernement et approuve la révision constitutionnelle.


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