Jean, Amédée Le Faure

1838 - 1881

Informations générales
  • Né le 20 octobre 1838 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 23 novembre 1881 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 20 avril 1879 au 14 octobre 1881
Département
Creuse
Groupe
Union républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 août 1881 au 23 novembre 1881
Département
Creuse
Groupe
Union républicaine

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1879 à 1881, né à Paris le 20 octobre 1838, mort à Paris le 23 novembre 1881, d'une famille originaire de la Creuse, il se fit connaître de bonne heure comme publiciste, par divers ouvrages de politique et d'histoire: Reconstitution de la Hongrie (1859); le Socialisme pendant la Révolution française (1863), etc.

Il étudia spécialement les questions militaires, dont il se fit une spécialité. Il entra, pour les traiter, à la France, en 1870, et il adressa à ce journal une correspondance suivie sur les événements de la guerre de 1870-71. Puis il publia : Commentaire sur le code de justice militaire (1873), en collaboration avec M. Pradier-Fodéré; Histoire de la guerre franco-allemande (1874); Procès du maréchal Bazaine (1874); les Lois militaires de la France commentées et annotées (1876); l'Année militaire (1878-1879), etc. Sans abandonner le journalisme, il fut pendant quelque temps secrétaire-rédacteur de la Chambre des députés.

En avril 1879, à la mort de M. Bandy de Nalèche, M. Amédée Le Faure, recommandé par M. Emile de Girardin et par un groupe de députés de la gauche, se porta comme candidat républicain opportuniste à la députation, dans la 2e circonscription d'Aubusson; au premier tour de scrutin, il n'avait pas moins de sept concurrents, également républicains, et de nuances différentes. Au scrutin de ballottage, il resta seul candidat, et l'emporta définitivement; le 20 avril, avec 4,354 voix (4,814 votants, 11,996 inscrits). Il se fit inscrire au groupe de l'Union républicaine, et prit une part très active aux discussions relatives à l'organisation de l'armée.

Lorsque le Petit Parisien, journal de M. Laisant député, et l'Intransigeant, de M. Henri Rochefort, réclamèrent la mise en accusation du général de Cissey, à cause de ses relations avec Mme de Kaulla, soupçonnée d'être au service de l'Allemagne, M. Le Faure saisit la Chambre de cette question en demandant et en obtenant la nomination d'une commission d'enquête sur les actes de l'ancien ministre (décembre 1880).

En juillet 1881, il déposa un amendement à la loi militaire, amendement qui consacrait légalement. la situation de fait déjà créée par le ministre sur le service de trois ans dans l'armée active, et de deux dans la disponibilité, et qui fut accepté par la commission, et plus tard par la Chambre.

Réélu député, le 21 août 1881, par 5,605 voix (5,990 votants, 12,030 inscrits), M. Le Faure avait acquis sur ses collègues de la majorité une autorité réelle, lorsque la mort vint briser sa carrière parlementaire. A la suite de dissentiments avec M. Emile de Girardin, il avait quitté la France, et, après avoir collaboré à plusieurs journaux du matin, il était entré au Télégraphe, comme écrivain militaire.

Envoyé en Tunisie, sur le théâtre des opérations, il succomba à une maladie contractée au cours de l'enquête dont il s'était imposé l'obligation pendant le mois qui avait précédé la rentrée du parlement, maladie qu'aggravèrent encore le nombre et l'étendue des correspondances qu'il adressait quotidiennement à son journal, et l'interpellation qu'il soutint, relativement aux affaires de Tunisie, dans les premiers jours de la session. « Je suis revenu de Tunisie littéralement empoisonné, écrivait-il au Télégraphe, quelques jours avant de mourir ; la fièvre paludéenne s'est compliquée d'une rechute de péritonite. Actuellement il n'y a plus l'ombre de danger; les médecins qui me soignent sont pour moi des amis et savent qu'ils peuvent me parler comme il convient. Ce n'est donc plus qu'une affaire de souffrances et de soins. Quand tout cela se terminera-t-il? Je n'en sais rien. Cinq jours et cinq nuits de délire ne peuvent me rendre bien optimiste. Mais je le répète, ce n'est plus qu'une question de temps. » L'avenir ne justifia pas ses prévisions.

M. A. Le Faure, décédé le 23 novembre 1881, fut remplacé le 29 Janvier 1882, comme député d'Aubusson, par M. Cornudet. On lui doit, outre les ouvrages déjà cités, un remarquable Dictionnaire militaire, rédigé sous sa direction.