Louis, Léon, César Faidherbe

1818 - 1889

Informations générales
  • Né le 3 juin 1818 à Lille (Nord - France)
  • Décédé le 28 septembre 1889 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 8 février 1871 au 19 février 1871
Département
Somme
Groupe
Gauche républicaine
Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 2 juillet 1871 au 26 août 1871
Département
Nord
Groupe
Gauche républicaine

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 5 janvier 1879 au 4 janvier 1888

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant en 1871, sénateur de 1879 à 1888, né à Lille (Nord) le 3 juin 1818, mort à Paris le 28 septembre 1889, il fut admis, après de brillantes épreuves, à l'Ecole polytechnique en 1838.

Sous-lieutenant au 1er du génie en 1842, il se rendit en Algérie (1844), puis à la Guadeloupe (1848), puis une seconde fois en Algérie comme capitaine (1849), prit part à l'expédition du général Camou dans le Djurjura, à celle de Saint-Arnaud dans la petite Kabylie et à celle du général Bosquet dans le massif de Bougie.

Son énergie et ses aptitudes militaires le firent envoyer en 1852 au Sénégal, où il se signala rapidement par de brillants faits d'armes. A l'âge de trente-six ans (1854), Faidherbe, promu chef de bataillon, se vit confier les hautes fonctions de gouverneur du Sénégal. « La situation était des plus difficiles : les convois pillés par les Maures n'arrivant plus à Saint-Louis, les rives du Bas-Sénégal dévastées par les Trarzas et les Braknas, nos alliés attaqués à tout moment. Avec une admirable constance, un labeur de toutes les heures, presque toujours en colonne, ne laissant à personne le soin de mener ses troupes à l'ennemi, en moins de quatre années, Faidherbe impose des traités de paix aux Maures auxquels il a fait sentir maintes fois le poids de son épée. » (Le Temps, 29 septembre 1889). Le bas fleuve pacifié, un autre ennemi menaça nos établissements du Sénégal. Le grand prophète, El-Hadj-Omar, parut avec 15 000 hommes devant Médine, dont la garnison, réduite à la dernière extrémité, allait être forcée de se rendre, lorsque Faidherbe accourut de Saint-Louis avec 500 hommes, attaqua l'armée assiégeante et la mit en fuite. Faidherbe, dans ces circonstances difficiles, ne se montra pas moins bon administrateur qu'habile homme de guerre. Il embellit Saint-Louis, creusa le port de Dakar, créa de nombreux centres de production, construisit des écoles, des hôpitaux, des casernes, un musée, organisa le service des postes et télégraphes et, s'étant rendu maître des principaux idiomes de la région, devint très populaire parmi les indigènes.

Colonel du génie en 1860, il dut passer quelque temps en France pour soigner sa santé profondément altérée par le séjour du Sénégal ; on lui donna alors le commandement de la subdivision de Sidi-bel-Abbès, dans la division d'Oran.

En 1862, il repartit pour le Sénégal comme gouverneur et général de brigade (20 mai 1863). Mais, deux ans après, il fut encore forcé par la maladie de revenir en France et de renoncer définitivement au Sénégal. L'année 1870 le trouva à la tête de la subdivision de Bône. En congé de convalescence à Lille, il demanda, dès la déclaration de guerre, à servir dans l'armée du Rhin; mais il reçut du gouvernement impérial l'ordre de rejoindre immédiatement son poste en Algérie.

Après nos premiers désastres, Faidherbe se mit à la disposition de la Défense nationale ; il fut nommé par Gambetta général de division (23 novembre 1870), et bientôt commandant en chef de l'armée du Nord (3 décembre 1870), en remplacement du général Bourbaki. Amiens et sa citadelle venaient de tomber entre les mains des Allemands. Manteuffel marchait sur Rouen, dont ses troupes ne tardèrent pas à prendre possession, et menaçait le Havre. La capitulation de la place de la Fère assurait à l'ennemi le passage de l'Oise et la libre communication entre l'armée de Manteuffel et les armées qui bloquaient Paris. Le général Faidherbe, conservant comme chef d'état-major le général Farre, qui venait de commander l'armée par intérim, se mit en mouvement dès le 8 décembre, avant même que la reconstitution des 22e et 23e corps fût complètement terminée : il n'avait que 30 000 hommes, dont une grande partie étaient mal armés et mal équipés. Il rencontra Manteuffel à Pont-Noyelles; la bataille qui s'y livra, le 23 décembre, fut des plus disputées et fit grand honneur aux troupes de l'armée du Nord. L'ennemi, prenant l'offensive, s'était emparé tout d'abord des villages de la vallée de l'Hallue, occupés par les avant-postes français ; mais il échoua devant les fortes positions où Faidherbe se tenait sur des hauteurs avec le gros de ses forces. Une partie des villages enlevés le matin furent même repris dans la soirée. Le général Faidherbe avait atteint son but, qui était de conjurer l'attaque dont le Havre était menacé ; il se décida alors à reporter ses troupes derrière la Scarpe, entre Aire et Douai. Les pertes avaient été à peu près égales des deux côtés, Alors Manteuffel résolut, de son côté, d'entreprendre le siège de Péronne ; Faidherbe dut se porter vers le sud, et les combats de Sapignies et d'Achiet-le-Grand furent, le 2 janvier 1871, comme le prélude de la bataille de Bapaume, livrée le lendemain. A Bapaume, le général Faidherbe prit l'offensive, et obligea les Allemands à se retirer derrière la Somme, dans la matinée du 4. La victoire, ce jour-là, appartint à nos troupes. La capitulation prématurée de Péronne obligea le général à modifier ses projets. Il voulut tenter une diversion efficace en faveur de Paris, dont l'armée de défense s'apprêtait à faire un dernier effort. Il s'agissait d'opérer une marche de flanc en longeant toute l'armée ennemie : mais le verglas et les difficultés qui en résultèrent pour le convoi de vivres, contrarièrent l'opération projetée et imposèrent aux troupes de l'armée du Nord des retards et des fatigues considérables. Enfin, le 19 janvier, jour même où se livrait devant Paris la bataille de Buzenval, eut lieu le combat de Saint-Quentin, entre 31 000 Français appuyés par 99 pièces de canon et 32 000 Allemands avec 161 pièces. L'ennemi comptait surtout, pour lui assurer la victoire, sur la supériorité numérique de son artillerie et sur la faiblesse d'organisation des troupes françaises ; mais cet espoir d'un succès éclatant fut déjoué par l'énergique résistance de Faidherbe et de ses soldats. Après avoir prolongé cette résistance jusqu'à ses extrêmes limites, voyant les Allemands entrer dans Saint-Quentin presque en même temps par les faubourgs d'Isle et de Saint-Martin, Faidherbe se résigna à donner l'ordre de la retraite. Cette retraite s'opéra sans être inquiétée par l'ennemi, dont la victoire, au dire même de la relation prussienne, avait été péniblement acquise. L'armée put se retirer sans encombre et se reconstituer assez promptement à l'abri des places du Nord. Mais le rôle actif de cette armée était alors terminé.

Après l'armistice, le général Faidherbe fut porté candidat à la députation sur plusieurs listes dans le département de la Somme, aux élections du 8 février 1871 : le 1er sur 11, il fut élu représentant, avec 108 388 voix (123 345 votants, 167 374 inscrits). Il ne crut pas devoir accepter tout d'abord le mandat législatif qui lui était décerné, afin de rester à son commandement militaire dans le Nord ; ce n'est qu'à la suite du scrutin du 2 juillet de la même année, motivé par sa démission, que le général, réélu dans la Somme, par 96 196 voix (115 084: votants, 166 901 inscrits), entra à l'Assemblée. Le même jour, il réunit également la majorité des suffrages dans deux autres départements : dans le Nord, avec 151 470 voix (208 885 votants, 325 463 inscrits), contre 62 528 voix à M. Alfred Dupont, conservateur, et dans le Pas-de-Calais avec 103 438 voix (140 118 votants, 200 444 inscrits), contre 34 967 voix à M. de Melun, conservateur.

Le général Faidherbe opta pour le département du Nord, et alla siéger dans les rangs du parti républicain. Mais, après avoir voté contre le pouvoir constituant de l'Assemblée, il donna encore une fois sa démission, « parce que, dit-il, l'Assemblée s'attribuait d'autres droits que ceux qui lui avaient été conférés par les électeurs» (26 août).

Quelque temps après, une souscription fut ouverte dans le département de la Somme pour lui offrir une épée d'honneur. Mis en disponibilité sur sa demande, il fut chargé par le gouvernement d'une mission scientifique dans la Haute-Egypte.

Conseiller général du Nord pour le canton centre de Lille depuis le 8 octobre 1871, le général Faidherbe fut encore porté, comme candidat républicain, aux élections sénatoriales du 30 janvier 1876, dans ce département; mais il échoua avec 373 voix sur 811 votants.

Plus heureux au renouvellement triennal du 5 janvier 1879, il fut élu sénateur, le 3e sur 5, par le département du Nord, avec 421 voix (798 votants). Mais sa santé, depuis longtemps altérée par ses actives campagnes sous le climat du Sénégal, ne lui permit pas d'assister régulièrement aux séances de la Chambre haute, où il était obligé, pour aller voter, de se faire transporter dans un fauteuil mécanique.

Le 28 février 1880, le général Faidherbe fut nommé, en récompense de ses éminents services, grand chancelier de la Légion d'honneur. Il occupa ce poste jusqu'à sa mort.

Il ne s'était pas représenté aux élections sénatoriales de 1888.

Son dernier acte politique fut une lettre, rendue publique, où il s'élevait avec force contre l'attitude du général Boulanger.

Le général Faidherbe a publié de nombreux ouvrages relatifs à la géographie et à l'histoire militaire, à l'archéologie, à l'épigraphie, etc. :

- une Notice sur la colonie du Sénégal (1859) ;
- L'Avenir du Sahara et du Soudan (1863) ;
- Bases d'un projet de réorganisation d'une armée nationale (1871) ;
- la Campagne de l'armée du Nord (1872) ;
- Collection complète des inscriptions numidiques (1870) ;
- Epigraphie phénicienne (1873), etc.

Date de mise à jour: juillet 2017


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