Henri, Vincent, Théodore Lespès

1909 - 1997

Informations générales
  • Né le 7 mars 1909 à Mant (Landes - France)
  • Décédé le 7 janvier 1997 à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Seine-et-Marne
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Seine-et-Marne
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Seine-et-Marne
Groupe
Mouvement républicain populaire

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 7 mars 1909 à Mant (Landes)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Seine-et-Marne)
Député de la Seine-et-Marne de 1946 à 1951

Fils d'un inspecteur de l'enseignement primaire, Henri Lespès accomplit ses études secondaires aux lycées de la Roche-sur-Yon et de Poitiers. Il intègre ensuite l'Ecole des mines de Paris et entame une carrière d'ingénieur dans diverses entreprises. Affecté à l'armée blindée, sa brillante conduite au front en 1940 lui vaut la Croix de guerre avec citation à l'ordre de l'armée. Après un passage dans les maquis, il achève la guerre avec le grade de chef d'escadron et d'officier de la Légion d'honneur.

Apparenté par sa famille à l'ancien député des Landes Théodore Denis, et par sa femme à Edouard Herriot, Henri Lespès entame tout naturellement une carrière politique. Inscrit au Mouvement républicain populaire, il se présente comme tête de liste en Seine-et-Marne le 21 octobre 1945. Il est élu avec 41 823 voix sur 201 085 suffrages exprimés, deux sièges revenant au PCF, un à la SFIO et un à la droite (Michel Clemenceau). Il est désigné comme membre des Commissions des affaires économiques, de la production industrielle, du travail et de la sécurité sociale. Il est aussi désigné comme juré à la Haute cour. Il se signale essentiellement par son soutien à la journée de grève des cadres du 25 mars 1946 qui vise à conférer à la CGC la reconnaissance officielle que lui refusent les ministres communistes. Lui-même avait participé à la fondation, dans les années trente, d'une représentation syndicale des personnels d'encadrement. En mai, il est rapporteur de la loi sur la distribution des articles industriels dits « d'utilité sociale » qui, dans le double but d'éradiquer le marché noir et de contribuer à la baisse des prix, vise à approvisionner prioritairement les magasins qui consentent un rigoureux contrôle des prix. Par ailleurs, il vote les mesures de nationalisation et les réformes sociales. Mais comme l'ensemble de son groupe, il rejette le projet constitutionnel le 19 avril 1946.

Le 2 juin 1946, Henri Lespès est réélu dans des conditions très proches de celles de l'année précédente (42 282 voix sur 208 202 suffrages exprimés). Il retrouve la Commission des affaires économiques et siège aussi à la Commission des douanes et à celle de l'équipement national. Il dépose diverses propositions de loi, à caractère ponctuel, en faveur des petits rentiers et des vieux travailleurs, ainsi que sur l'organisation de la Sécurité sociale. Il vote le second projet constitutionnel le 28 septembre 1946.

Malgré une baisse appréciable de suffrages (37 993 sur 201 435), Henri Lespès, toujours en tête de liste du MRP, est élu député de Seine-et-Marne le 10 novembre 1946. Il retrouve les mêmes commissions qu'en octobre 1945 et est désigné comme juré à la Haute cour.

Député fort actif, il participe à la rédaction de nombreux rapports, dépose diverses propositions de loi ou de résolution, et intervient fréquemment en séance. La plupart de ses interventions sont centrées sur les problèmes économiques et sociaux de la France d'après guerre. Il dénonce l'incohérence de la politique économique des gouvernements successifs, l'effet inflationniste des augmentations de salaires, la propension à accroître constamment la pression fiscale. Il déplore aussi le déficit grandissant des entreprises nationalisées et prône des mesures de redressement. Le 30 juillet 1949 il dépose une proposition de loi modifiant la loi de nationalisation de l'électricité et du gaz. Il intervient dans le débat relatif aux conventions collectives et s'abstient volontairement lors du vote de la loi le 4 janvier 1950. Sa sollicitude va également aux rentiers, aux cadres, aux voyageurs et représentants de commerce.

Politiquement, Henri Lespès évolue rapidement vers le gaullisme, ce qui le met en difficulté avec son parti. Après les élections municipales d'octobre 1947, très défavorables au MRP, des discussions se font jour à l'occasion de la question de confiance posée le 30 novembre par Paul Ramadier. L'ensemble du groupe MRP vote favorablement mais certains députés manquent à la discipline de vote et s'abstiennent volontairement, parmi lesquels Edmond Michelet, Louis Terrenoire, Gaston Palewski et Henri Lespès. La Commission exécutive du Parti prononce peu après l'exclusion de Michelet et de Palewski. Louis Terrenoire et Henri Lespès donnent leur démission en signe de protestation. Ce dernier s'inscrit au groupe de l'Union gaulliste de René Capitant et, désormais, s'abstient ou vote négativement durant le reste de la législature.

En vue des élections du 17 juin 1951, l'état-major du RPF - auquel il a adhéré - lui enjoint de quitter la Seine-et-Marne pour le département de la Vienne. Outre une absence totale d'ancrage local, Henri Lespès doit affronter un large apparentement de la SFIO à la droite. Malgré un score honorable (21,4 % des suffra ges exprimés), assez conforme à la moyenne na tionale du RPF, il est battu par les listes apparentées qui, ayant obtenu plus de la majori te des suffrages, se partagent la totalité des siè ges. Henri Lespès tente à nouveau sa chance, dans le même département, le 2 janvier 1956, comme tête de liste des Républicains sociaux. Mais il n'obtient que 7,5 % des suffrages et n'est pas élu. Il retourne aux affaires privées comme ingénieur conseil d'entreprises.



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