Repères chronologiques

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Né le 9 avril 1872 à Paris, Léon Blum se fait d’abord connaître comme critique littéraire, activité qu’il exerce parallèlement à ses fonctions au Conseil d’État. Mais l’affaire Dreyfus le convainc de la nécessité de l’action politique et le rapproche de Jaurès. En 1914, l’assassinat de ce dernier l’amène à se lancer dans une carrière politique active. En 1919, il rédige le programme du parti socialiste et est élu député de la Seine. Parmi les idées qu’il défend figurent l’apaisement des relations franco-allemandes et le droit de vote et d’éligibilité des femmes.

Réélu en 1924 sur la liste du Cartel des Gauches, battu aux élections législatives de 1928, il retrouve la Chambre en tant que député de l’Aude en 1929 puis en 1932. Face à la menace fasciste, il œuvre au rapprochement avec les communistes et les radicaux ; ce sont les prémisses du Front populaire. La victoire aux élections législatives de 1936 le porte à la tête du Gouvernement. En dix semaines, il fait voter les lois promises par le Front populaire : semaine de travail de 40 heures, conventions collectives, congés payés, prolongation de la scolarité, nationalisation des industries de guerre, réforme de la Banque de France... Il démissionne en juin 1937, n’ayant pas réussi à obtenir du Parlement les pleins pouvoirs pour faire face à la grave crise financière que traverse la France.

Léon Blum fait partie des « quatre-vingts », ces parlementaires ayant refusé de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en 1940. Il est traduit en justice et incarcéré mais conserve une activité politique en favorisant le ralliement des socialistes à la France Libre du Général de Gaulle. Déporté à Buchenwald en mars 1943, il est délivré en mai 1945. En décembre 1946, il est chargé de constituer un Gouvernement provisoire jusqu’à l’élection du premier Président de la IVème République le 16 janvier 1947.

Il s’éteint le 30 mars 1950. Des funérailles nationales sont organisées en son honneur en présence de son ami Vincent Auriol, Président de la République et autre illustre membre des « quatre-vingts ».

En savoir plus:

1872 : 9 avril, naissance à Paris, de Léon Blum, second fils de Marie et Auguste Blum, qui tenaient un magasin de rubans dans le quartier du Sentier.

1890 : entre à l'École normale supérieure et commence des études de droit en 1891

1895 : est reçu au concours d'auditeur au Conseil d'État

1896 : 19 février, se marie avec Lise Bloch

1898 : L'affaire Dreyfus le convainc de la nécessité de l'action politique. Il publie un compte rendu du procès dans la Revue blanche où il est critique littéraire 

1904 : lié à Jaurès, Blum apporte son concours à la fondation de l'Humanité, journal dans lequel, jusqu'en 1920, il écrira de nombreux articles notamment sur les questions ouvrières et sociales

1907 : publie l'essai "Du mariage"

1908 à 1914 : critique théâtral à Comedia et au Matin

1914 : la guerre met fin à sa carrière littéraire et entre définitivement en politique après l'assassinat de Jaurès. Le 27 août 1914, il est directeur de cabinet de Marcel Sembat, ministre socialiste des Travaux publics, jusqu' en décembre 1916

1919 : il rédige un projet de programme du parti socialiste, ratifié par le Congrès national. En novembre, il est élu député de la Seine dans la Chambre qu'on baptisera « bleu horizon" en raison du grand nombre de députés anciens combattants dont l'uniforme pendant la guerre était de cette couleur

1920 : au Congrès de Tours, il est le porte-parole de l'opposition au communisme. Après avoir refusé l'adhésion à la IIIème Internationale, il va jouer un rôle majeur dans la construction du parti socialiste SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière)

1924 : il est réélu en mai sur la liste du cartel des gauches. Il fait admettre que la participation des socialistes à un Gouvernement dont ils n'auraient pas les principales responsabilités serait préjudiciable au parti. Il appuie cependant l'équipe constituée par Edouard Herriot

1932 : battu aux élections générales de 1928, il est élu député de Narbonne en 1929, à l'occasion d'une élection partielle. Il est réélu aux élections générales de mai 1932.
Veuf en 1931, il épouse Thérèse Pereyra, militante socialiste et féministe avec laquelle il vivait une passion amoureuse depuis 1911

1934 : l'affaire Stavisky et l'émeute du 6 février vont conduire Blum et le parti socialiste à former le Front populaire englobant les radicaux

1936 : 6 juin, il devient Président du Conseil

1937 : 21 juin, il démissionne de la Présidence du Conseil, devient vice-président du Conseil dans le cabinet de Camille Chautemps

1938 : du 13 mars au 8 avril 1938, il est à nouveau Président du Conseil

1940 : 10 juillet, il fait partie, avec notamment son ami Vincent Auriol, des 80 parlementaires qui refusent de voter la loi constitutionnelle attribuant les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain

15 septembre, il est incarcéré sur ordre du Gouvernement de Vichy avant d'être déporté en Allemagne en avril 1943

1942 : 20 février, début du procès de la Cour suprême de justice de Riom. Blum est accusé d'avoir, comme chef de Gouvernement, entravé l'effort militaire de la France. Il s'agit d'imputer à la politique sociale du Front populaire la responsabilité de la défaite

1946-1947 : du 16 décembre 1946 au 22 janvier 1947, il est Président du Gouvernement provisoire de la République française et ministre des Affaires étrangères jusqu'à l'élection par le Congrès de Vincent Auriol, premier Président de la IVème République

1950 : 15 mars, il décède à Jouy-en-Josas