Claude, François, Adrien de Lezay-Marnézia

1735 - 1810

Informations générales
  • Né le 24 août 1735 à Metz (Moselle - France)
  • Décédé le 9 novembre 1810 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 16 avril 1789 au 26 mai 1790
Baillage
Aval - Lons-le-Saunier (Type : Bailliage)
Groupe
Noblesse

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1789, né à Metz (Moselle) le 24 août 1735, mort à Paris le 9 novembre 1810, d'une famille de vieille noblesse de Savoie qui s'est illustrée dans l'armée et dans l'Eglise, il embrassa de bonne heure la carrière des armes, fut capitaine au régiment du roi, et, mécontent de certains règlements nouveaux, prit son congé pour vivre dans ses terres au château de Saint-julien (Jura), où il s'occupa d'agriculture, de sciences et de littérature.

Il composa un Essai sur la minéralogie du bailliage d'Orgelet, puis le Bonheur dans les campagnes (1785), ensuite un poème en cinq chants: Essai sur la nature champêtre (1787), un ballet, des élégies, etc. Associé de l'Académie de Lyon en 1774, il ambitionna toute sa vie d'être de l'Académie française; dans ce but, il réunissait à son château de Monthomé les lettrés influents de l'époque, Chamfort, Fontanes, Cerutti dont il publia à ses frais le Mémoire pour le peuple français (1788), etc. Economiste de l'école de Turgot, il abolit les corvées dans ses terres et demanda l'égale répartition des impôts.

Le 16 avril 1789, la noblesse du bailliage d'Aval l'élut député aux Etats-Généraux. Il siégea à gauche parmi les partisans des réformes, se réunit au Tiers-état dès le 25 juin, s'opposa (24 décembre) à l'éligibilité des comédiens au nom des doctrines de J.-J. Rousseau, et, bientôt découragé dans ses visées philanthropiques, donna sa démission (26 mai 1790) et résolut d'aller fonder en Amérique une colonie avec tous les proscrits d'alors.

Catholique avant tout, il n'exigea de ses compagnons de colonisation que des billets de confession et des certificats de mariage, et les futurs colons de Gallipolis s'embarquèrent, fin mai 1790, sur un brick trop étroit et mal aménagé. Après neuf mois d'une traversée rendue doublement pénible par l'imprévoyance de l'organisation et la composition du personnel, ils abordèrent dans la baie de Chesapeacke, et débarquèrent vingt lieues plus loin, sur le Potomac, à Alexandrie de Virginie, pour gagner un vaste territoire au confluent de l'Ohio et du Scioto. Après avoir salué Washington à Philadelphie, les colons gagnèrent les Montagnes-bleues dont la traversée fut pleine de dangers; en arrivant à Pittsbourg, ils apprirent que les Indiens, encore maîtres du territoire concédé, venaient de repousser victorieusement une expédition dirigée contre eux. A cette nouvelle, la plupart des colons désertèrent; le marquis et ses compagnons restés fidèles hivernèrent dans des blockhaus à Mariette. Au printemps, ils décidèrent de se fixer près de Pittsbourg où ils achetèrent un domaine qu'ils appelèrent « Asylum »; mais ils durent bientôt le revendre faute de ressources, et, sans dix mille livres qui lui fluent avancées par un Italien de Philadelphie, le comte Andreani, le marquis allait être jeté en prison pour dettes.

Ses affaires arrangées, M. de Lezay-Marnézia gagna l'Angleterre (mai 1792), puis Paris (20 juin), et son château de Saint-Julien. Bien qu'il y vécût fort retiré, M. de Lezay, devenu suspect sous la Terreur, fut emprisonné pendant onze mois à Besançon, jusqu'au 9 thermidor. Son fils, Adrien, qui fut plus tard préfet du Rhin et Moselle, puis du Bas-Rhin, ayant été proscrit au 18 fructidor, M. de Lezay crut prudent de se réfugier eu Suisse, dans le canton de Vaud, où il reçut de Necker le meilleur accueil; il rentra en France sous le Consulat.

Outre les ouvrages déjà cités, on a de lui des Lettres à quelques hommes célèbres de son temps, des poésies; il collabora aussi à l'Encyclopédie.