Frédéric, Antoine Brunet

1868 - 1932

Informations générales
  • Né le 21 octobre 1868 à Montluçon (Allier - France)
  • Décédé le 23 avril 1932 à Paris (Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 26 avril 1914 au 7 décembre 1919
Département
Seine
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1924 au 31 mai 1928
Département
Seine
Groupe
Républicain socialiste et socialiste français
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 29 avril 1928 au 23 avril 1932
Département
Seine
Groupe
Parti républicain socialiste et socialiste français

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 21 octobre 1868 à Montluçon (Allier), mort le 23 avril 1932 à Paris.

Député de la Seine de 1914 à 1919 et de 1924 à 1932. Sous-secrétaire d'Etat à l'Enseignement technique de décembre 1930 à janvier 1931.

Fils d'ouvrier, Frédéric Brunet débuta dans l'existence comme apprenti menuisier, mais, esprit curieux et désireux de s'intruire, il étudia beaucoup, devint constructeur-industriel et inventa un procédé de ciment armé.

En 1885, il s'inscrivit à la fédération des travailleurs socialistes de France et en 1887 devint secrétaire de la Bourse du travail de Paris. Deux ans plus tard il créait une association corporative d'ouvriers menuisiers et participait à la fondation du parti socialiste français, issu de l'unification des différentes formations socialistes.

Disciple de Paul Brousse, il lui succéda comme conseiller municipal du 17e arrondissement de Paris (quartier des Epinettes), le 12 mai 1907. Il devait le rester jusqu'en 1925. En 1923, il devint président du conseil général de la Seine. Dans ces deux assemblées, il se consacra surtout aux questions de travaux publics, et présida la Commission de contrôle technique des travaux pendant 17 ans. Président de la Commission d'extension de la Seine et de celle des habitations à bon marché, il fit adopter une résolution tendant à l'aménagement du parc et du domaine de Sceaux, comme réserves d'espaces libres et de promenades publiques.

C'est aux élections du 26 avril 1914, qu'il fut élu député de la 3e circonscription du 17e arrondissement de Paris, au premier tour de scrutin, par 5.832 voix contre 2.884 à M. Ernest Roche, député sortant, socialiste indépendant. Il s'inscrivit au groupe des socialistes unifiés et entra à la Commission d'assurance et de prévoyance sociales, à celle de la marine, à celle des dommages de guerre, à celle des régions libérées et à celle chargée d'examiner les divers traités de paix.

Il se fit entendre en séance publique sur de nombreuses questions, parmi lesquelles on peut citer : les catastrophes survenues à Paris le 15 juin 1914 (1914); la réglementation de l'ouverture de nouveaux débits de boissons, les plans d'extension, d'aménagement et d'embellissement des villes, la déclaration obligatoire des tours à métaux, les marchés de la guerre, (1915); l'obligation de la rééducation professionnelle des blessés et mutilés de la guerre (en qualité de rapporteur), l'organisation du contrôle aux armées (1916) ; l'organisation de la production de guerre (1917); le rationnement et la consommation du pain, les débats sur l'affaire Bolo-Pacha (1918) ; la réparation des dommages de guerre, la prospérité commerciale, la démobilisation, le déclassement de l'enceinte fortifiée de Paris, la réforme de la loi électorale, le projet de loi portant approbation du traité de Versailles (1919). Il interpella en outre le Gouvernement sur la constitution des stocks de combustibles pour l'hiver, et sur la note, émanant du Pape relative aux conditions éventuelles de la paix (1917).

Aux élections générales du 16 novembre 1919, il occupait la quatrième place sur la liste de l'Union républicaine qui n'eut qu'un seul élu, le professeur Pinard.

Mais il prit sa revanche à celles du 11 mai 1924 où il fut élu en tête de la liste du cartel des gauches, par 45.993 voix sur 196.986 votants.

Inscrit au groupe républicain socialiste et socialiste français, il appartint à la Commission des travaux publics et des moyens de communication, à celle des marchés et spéculations, et à celle du commerce et de l'industrie.

Son activité ne ralentit pas. Il intervint à la tribune de nombreuses fois, et plus particulièrement sur l'application de la journée de huit heures sur les grands réseaux d'intérêt général (1924) ; les budgets des travaux publics, des affaires étrangères et la loi de finances de l'exercice 1925 (1924 et 1925); les habitations à bon marché, l'élection des conseillers municipaux de Paris, l'expulsion des locataires de bonne foi, les baux à loyer de locations à usage commercial ou industriel (1925); les baux à longue durée, la réforme du régime des taxes successorales (1925), et interpella le Gouvernement sur le règlement des dettes interalliées, sur la crise économique et sur la vie chère (1924).

En 1926, il fut élu vice-président de la Chambre, pour le rester jusqu'à la fin de la législature, Il s'intéressa au budget des travaux publics et à celui des conventions de l'exercice 1927, au rétablissement du scrutin uninominal pour l'élection des députés (1927), au budget des conventions et à la loi de finances de l'exercice 1928, aux retraites du personnel des grands réseaux de chemins de fer, à la modification du tarif douanier, et aux assurances sociales (1928).

Aux élections générales des 22 et 29 avril 1928 (retour au scrutin uninominal), il retrouva sa troisième circonscription du 3e arrondissement de Paris qui le réélut au deuxième tour de scrutin, par 5.280 voix contre 5.149 à M. Fourès. Il entra aux Commissions des finances et du travail. Il participa à de nombreux débats, sur : le programme de constructions à bon marché, le budget des travaux publics, celui des conventions dont il fut nommé rapporteur, et celui des régions libérées dont il fut également le rapporteur (1928) ; les loyers, les cheminots (1929) ; les dettes envers les Etats-Unis d'Amérique, le budget des travaux publics et celui des poudres qu'il rapporta (1930). Il interpella en outre le Gouvernement sur sa politique générale (1929). Le 13 décembre 1930, il obtint le portefeuille de sous-secrétaire d'Etat à l'enseignement technique dans le Cabinet Steeg qui fut renversé le 22 janvier 1931. Cette démission le ramena à son banc de député, d'où il se fit entendre sur les secours de chômage, le budget des conventions de l'exercice 1931-1932, la viticulture et le commerce des vins, les loyers commerciaux et industriels, l'emprunt de la compagnie transatlantique, la protection de la main-d'œuvre nationale (1931). Et il interpella le Gouvernement sur sa politique générale et l'organisation de notre économie nationale (1931).

Il mourut le 23 avril 1932, à Paris, à 64 ans, en pleine période électorale et alors que la Chambre ne siégeait plus. Il ne fut pas prononcé d'éloge funèbre.

Frédéric Brunet avait collaboré à plusieurs quotidiens, et dirigé La France libre. Il était l'auteur de quelques ouvrages : Les propos de M. Matonnet (étude philosophique); Le socialisme expérimental (essai sur l'évolution des théories économiques et socialistes).