Jacques, André, Simon Le Fessier

1738 - 1806

Informations générales
  • Né le 23 février 1738 à Argentan ( - Généralité d'Alençon France)
  • Décédé le 2 décembre 1806 à Argentan (Orne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 7 septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Orne
Groupe
Majorité réformatrice

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1791, né à Argentan (Généralité d'Alençon) le 23 février 1738, mort à Argentan (Orne) le 2 décembre 1806, il entra dans les ordres, puis adhéra à la Révolution.

Evêque constitutionnel de l'Orne (février 1791), il fut élu, le 7 septembre 1791, député de ce département à l'Assemblée législative, le 3e sur 10, par 265 voix (477 votants).

Il prit peu de part aux discussions, et vota avec la majorité réformatrice ; mais un sieur La Houardière, procureur de la commune de Séez, ayant fait parvenir à l'Assemblée une dénonciation contre M. Le Fessier, celui-ci riposta par un écrit intitulé : Je ne m'y attendais pas, ou Réponse de M. Le Fessier, évêque du département de l'Orne et député à l'Assemblée nationale, à la dénonciation du sieur La Houardière. Ce fonctionnaire accusait l'évêque et son conseil « d'intolérance » et de « persécution fanatique » à l'égard des sœurs de la Providence et de l'Hôtel-Dieu.

M. Le Fessier, dans sa brochure, s'exprime ainsi à cet égard :

« L'évêque et son conseil vous ont dit : Vos sœurs de la Providence égarent vos enfants ; elles leur inspirent l'horreur de la Constitution ; elles font chanter, en guise de cantiques spirituels, des chansons contre les prêtres qui ont prêté serment. Qu'avez-vous répondu ? Rien ; et la jeunesse a été perdue, parce que la loi a été négligée. Réclamer l'exécution de la loi, est-ce donc à vos yeux intolérance, persécution fanatique ? L'évêque et son conseil vous ont représenté que vos Sœurs Hospitalières, égarées jusqu'au fanatisme, environnaient vos malades de leurs séductions ; qu'elles détournaient ces infortunés de recevoir les consolations de la religion offertes par les prêtres assermentés, qu'elles n'avertissaient point pour porter les sacrements. Ils vous ont dit qu'il était scandaleux de voir des filles qui doivent l'exemple, fuir jusqu'au fond des caves, de peur que la bénédiction des ministres, dont les mains se sont élevées pour jurer fidélité à la patrie, ne les atteignît. Ils vous ont dit : Faites cesser ce contraste désolant. Des filles honnêtes, pieuses et zélées se présentent; acceptez-les pour concourir à l'observation de la loi. Qu'avez-vous répondu : Rien. Que répondez-vous maintenant? Des horreurs. Ici mon sang bouillonne... »

L'évêque terminait ainsi : « En parlant du fanatisme et un peu des fanatiques, vous dites avec beaucoup d'esprit, M. de La Houardière : La bête est dans le piège, qu'on l'assomme ! Ce mot sent un peu l'intolérance. Et moi, parlant de la calomnie et un peu du calomniateur, je dis tout bonnement : La bête est dans le piège, qu'on lui pardonne. C'est à quoi je conclus, et certes, M. de la Houardière, avec toute votre tolérance, vous ne vous y attendiez pas. »

M. Le Fessier disparut de la scène politique après la session.