Philippe, Antoine Grouvelle

1757 - 1806

Informations générales
  • Né le 27 février 1757 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 30 septembre 1806 à Varennes-jarey (Essonne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Consulat et Premier Empire
Législature
Corps législatif
Mandat
Du 28 mai 1800 au 15 septembre 1802
Département
Seine
Groupe
Opposition

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

député au Corps législatif de l'an VIII à 1802, né à Paris le 27 février 1757, mort à Varennes le 30 septembre 1806, fils d'un orfèvre, fut placé chez un notaire, mais négligea la procédure pour les lettres; admis dans l'intimité de Chamfort, dont il devint secrétaire, il fut bientôt, grâce à lui, désigné pour remplir un poste de confiance auprès du prince de Condé. Les succès de Grouvelle comme littérateur appelèrent sur lui l'attention et la faveur du public et de la cour : son petit opéra, les Prunes, fut représenté à Versailles avec succès; puis Grouvelle donna au Théâtre-Français une comédie intitulée : l'Epreuve délicate (1788). Partisan des idées nouvelles, il dut quitter ses fonctions de secrétaire du prince de Condé et entra dès lors dans la politique. Avec Chamfort, Cérutti et Rabaud de Saint-Etienne, il publia la Feuille villageoise. Nommé, en 1792, secrétaire du conseil exécutif provisoire, il eut, en cette qualité, à accompagner le ministre de la justice pour donner lecture à Louis XVI, dans la prison du Temple, de l'arrêt qui le condamnait à mort. Il proposa à la Convention de changer le nom de la rue Sainte-Anne en celui d'Helvétius, lui écrivit encore pour lui dénoncer des provocations au pillage et à l'assassinat, et reçut, en mai 1793, le titre et l'emploi de ministre de France à Copenhague. Rappelé en 1794, renvoyé en 1796, il y resta en définitive jusqu'en 1800, adressa au nom de la République française une note au ministère danois sur le commerce du Nord, et entretint une correspondance diplomatique avec le comte de Bernstorff, premier ministre de Danemark. Rallié au gouvernement consulaire, il fut choisi par le Sénat conservateur, le 8 prairial an VIII, comme député de la Seine au Corps législatif, où il siégea jusqu'en septembre 1802. Associé de l'Institut de puis 1796, il devint, en 1803, membre correspondant de la 3e classe (histoire et littérature anciennes) et brigua ensuite le titre de membre titulaire. Mais ses adversaires dirigèrent contre sa candidature les plus violentes attaques et insistèrent sur les fonctions qu'il avait remplies en 1793. D'un naturel timoré et impressionnable, Grouvelle en éprouva un chagrin tel qu'il tomba malade et mourut peu de temps après (1806). Il a laissé d'assez nombreux écrits : la Satire universelle, prospectus dédié à toutes les puissances de l'Europe (1788), pamphlet dirigé contre Rivarol ; De l'autorité de Montesquieu dans la révolution présente (1789); Adresse des habitants du ci-devant bailliage de... sur le préjugé du point d'honneur (1796); Réponse à tout, petit colloque entre un sénateur allemand et un républicain français (1793). Enfin Grouvelle a donné un Mémoire historique sur les Templiers, une édition des Lettres de Madame de Sévigné, et une des OEuvres de Louis XIV (1806). Sa fille, Mlle Laure Grouvelle, embrassa avec ardeur, sous Louis-Philippe, la cause révolutionnaire, et fut compromise dans le complot d'Huber en 1838; condamnée à cinq ans de prison, elle devint folle dans la prison de Clairvaux, et, transférée à la maison centrale de Montpellier, mourut vers 1842. Mme Lafarge a parlé d'elle dans ses Mémoires.