Ignace, Alexandre Colonna d'Istria

1782 - 1859

Informations générales
  • Né le 30 juillet 1782 à Ajaccio ( - France)
  • Décédé le 2 mars 1859 à Bastia (France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 20 juillet 1830 au 5 août 1830
Département
Corse

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1830, né à Ajaccio (Corse), le 30 juillet 1782, mort à Bastia, le 2 mars 1859, il appartenait comme Colonna d'Avella et Colonna de Cesari-Rocca (V. ce nom) à une des plus anciennes familles de la Corse ; cette famille se disait descendue de Hugues Colonna, romain qui au VIIIe siècle fit la conquête de la Corse sur les Sarrasins.

Il fit son droit à l'Université de Pise, en Toscane, puis fut reçu avocat à la cour d'appel d'Ajaccio. L'influence que son origine lui assurait dans l'île, fit fléchir en sa faveur les lois et décrets des 16-24 août 1790 et 5 fructidor an III, sur l'organisation judiciaire en France. Il fut nommé par Napoléon Ier, le 24 janvier 1805, à peine âgé de vingt-deux ans, procureur-impérial près le tribunal de première instance d'Ajaccio. Lors de la réorganisation des cours et tribunaux (1811), Colonna d'Istria fut fait avocat général, et, peu après, procureur général, quoiqu'il n'eût pas encore atteint sa trentième année, et contrairement à la loi toute récente du 20 avril 1810 qui régissait l'ordre judiciaire.

A la chute de l'Empire, en 1814, le favori de l'empereur se rallia avec empressement aux Bourbons. L'armée anglaise étant venue occuper la Corse, et le général Montrésor, gouverneur provisoire pour l'Angleterre, ayant pris un arrêté portant que la justice serait rendue au nom de George III, roi de la Grande-Bretagne, la cour d'Ajaccio prit le lendemain, 7 mai 1814, sur le réquisitoire de Colonna d'Istria, une délibération unanime par laquelle elle déclarait « qu'elle ne saurait, sans trahir son honneur et ses devoirs les plus sacrés, rendre la justice en tout autre nom qu'en celui de Louis XVIII, roi des Français. » Par un autre arrêté, du 26 mai, le gouverneur anglais l'ayant nommé procureur-général en la cour suprême de justice qu'il avait organisée à Bastia, Colonna refusa cette place.

Il fut maintenu dans ses fonctions par le gouvernement de la Restauration, jusqu'en 1818; mais, à cette époque, à la suite d'une mesure qui tendait à écarter les Corses des premiers postes de la magistrature et de l'administration, il fut attaché momentanément comme président de Chambre à la cour royale de Nîmes. Peu d'années après (1823), le gouvernement revint sur sa détermination : Colonna fut promu premier président de la cour de Bastia. Il assista au sacre de Charles X, et reçut, à cette occasion, la confirmation du titre de comte que portaient ses ancêtres.

Enfin le 20 juillet 1830, le collège de département de la Corse le choisit pour député, par 24 voix sur 37 votants : mais l'élection ayant été annulée, « il ne voulut plus, dit un biographe, tenter de contrebalancer l'ascendant de la famille Sébastiani, et s'effaça devant elle. » Il mourut en 1859, premier président honoraire de la cour de Bastia et commandeur de la Légion d'honneur.