Sandrine Doucet

1959 - 2019

Informations générales
  • Née le 10 septembre 1959 à Talence (Gironde - France)
  • Décédée le 4 février 2019 à Bordeaux (Gironde - )

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 20 juin 2012 au 20 juin 2017
Département
Gironde
Groupe
Socialiste, républicain et citoyen

Biographies

Biographie de la Ve République

Députée de la Gironde de 2012 à 2017

Aînée d’une fratrie de cinq enfants, Sandrine Doucet est née le 10 septembre 1959. Son père Jean Doucet, marié à Anne Charbonnel, était ingénieur à Electricité de France et syndicaliste à la Confédération générale du travail (CGT).

En 1976, Sandrine Doucet passe avec succès le baccalauréat au lycée François Mauriac de Bordeaux puis intègre l’école normale bordelaise. Elle démarre une carrière d’enseignante à Saint-Laurent-des-Combes près de Libourne (Gironde) en 1977. Par la suite, elle obtient le CAPES (Certificat d'aptitude professionnelle à l'enseignement secondaire) puis l’agrégation d’histoire-géographie en concours interne. Elle exerce alors comme professeur d’histoire-géographie au lycée Condorcet puis au lycée Michel-de Montaigne de Bordeaux jusqu'en 2012. Elle demeure jusqu’à son décès membre du conseil de gestion de l’Association des professeurs d'histoire et de géographie (APHG).

Sandrine Doucet exerce des responsabilités syndicales en Gironde au sein du Syndicat national des enseignements de second degré (SNES), avant de s’impliquer en politique au sein du Parti socialiste (PS), dont elle devient membre en 2004. Secrétaire de section de Bordeaux Nord, elle devient en 2008 conseillère générale suppléante aux côtés de Philippe Dorthe, alors conseiller municipal de Bordeaux, conseiller régional d’Aquitaine et élu au conseil général de la Gironde depuis 1999.
Sandrine Doucet se présente sous les couleurs du PS aux élections législatives de juin 2012, au sein de la 1re circonscription de la Gironde (cantons du nord de Bordeaux et du Bouscat). Elle engage sa campagne aux côtés de son suppléant, Pierre Catard, secrétaire de section socialiste au Bouscat, avec l’appui de Philippe Dorthe.

Onze candidats et candidates sont en lice. Dans cette circonscription tenue depuis 133 ans par les parties de droite, la députée sortante, Chantal Bourragué, élue depuis 2002 sous les couleurs de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), est donnée favorite. Il n’y a pas d’union des formations de gauche au premier tour, qui se tient le 10 juin. Sandrine Doucet doit ainsi composer avec un candidat Divers gauche (Olivier Rachet), un candidat communiste (Vincent Maurin), trois candidatures écologistes et deux candidats d’extrême-gauche, ainsi qu’une candidature du parti Pirate.

Au soir du premier tour, marqué par un taux d’abstention de 41,76 %, Chantal Bourragué est en tête avec 40,22 % des 49 537 suffrages exprimés. Sandrine Doucet n’est néanmoins devancée que de 529 voix, obtenant 39,16 % des suffrages exprimés. La candidate suivante, Catherine Bouilhé pour le Front national (FN), est nettement distancée (8,45 % des suffrages exprimés). Le 17 juin suivant, lors du second tour, Sandrine Doucet crée la surprise en devançant Chantal Bourragué de plus de 1 300 voix, obtenant 51,40 % des 48 084 suffrages exprimés, malgré une progression de l’abstention (42,82 %).

A l’Assemblée nationale, Sandrine Doucet siège au sein du groupe socialiste, écologiste et républicain. Elle est membre de la commission des affaires culturelles et de l'éducation de juin 2012 à la fin de son mandat en juin 2017. Elle siège durant ces mêmes années à la commission des affaires européennes, dont elle est secrétaire de mars 2016 à juin 2017. Elle est également membre de la commission d'enquête sur l'exil des forces vives de France (en 2014) et de la commission d'enquête sur les conditions d'octroi d'une autorisation d'émettre à la chaîne télévisée Numéro 23 (en 2016).

Elle prend part à plusieurs missions d’information concernant l’enseignement : sur les liens entre le lycée et l'enseignement supérieur (2014-2015), sur l’application de la loi n° 2013-660 du 22 juillet 2013 relative à l'enseignement supérieur et la recherche (2016, elle est corapporteure de cette mission d’information) et sur la formation des enseignants (2016). Elle participe activement à plusieurs groupes d'études : sur l’artisanat et les métiers d'art (comme vice-présidente de 2013 à 2017), sur le patrimoine (2013-2017), sur la presse (2013-2017), sur l’œnologie et les territoires (2013-2017), sur la candidature de la France pour l'exposition universelle de 2025 (2016-2017). Sandrine Doucet est membre de quatre groupes d’amitiés parlementaires : avec la Jordanie (comme vice-présidente de 2012 à 2017), l’Espagne (comme secrétaire de 2012 à 2017), le Maroc (comme secrétaire de 2012 à 2017) et la Turquie.

Sandrine Doucet siège également au sein d’organismes extra-parlementaires relatifs à l’enseignement. Elle est ainsi membre titulaire du conseil supérieur des programmes de septembre 2013 à juin 2017, du Haut conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur d’avril 2015 à juin 2017 et de l’Observatoire national de la sécurité et de l'accessibilité des établissements d'enseignement d’octobre 2012 à juin 2017.

Dans le cadre de la commission des affaires européennes, Sandrine Doucet présente six rapports, notamment sur la démocratisation du programme Erasmus (juin 2013 et mars 2014), sur les substances psychoactives (février 2014), sur l'apprentissage (juillet 2015), sur la future loi Égalité et citoyenneté du 27 janvier 2017 (juin 2016).

Sandrine Doucet a par ailleurs cosigné une soixantaine de propositions de loi. Parmi elles, il convient de relever des textes sur l'amélioration du statut des stagiaires (janvier 2014), sur la modification du sexe à l'état civil (septembre 2015), sur la lutte contre le gaspillage alimentaire (septembre 2015), sur l'indépendance et le pluralisme des médias (février 2016), sur le délit d'entrave à l'interruption volontaire de grossesse (octobre 2016), sur l’obligation de présenter un casier judiciaire vierge pour les candidats aux élections (décembre 2016), sur le régime juridique de la reconnaissance de paternité (février 2017) ou sur la création d’un fonds d’indemnisation des victimes des pesticides chlordécone et paraquat en Guadeloupe et en Martinique (mai 2017).

Elle s’associe également à des propositions de résolutions. Ainsi sur la reconnaissance des victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871 (avril 2013), sur les enfants réunionnais placés en métropole dans les années 1960 et 1970 (janvier 2014) ou sur la reconnaissance de l’Etat de Palestine (novembre 2014).

Sandrine Doucet présente par ailleurs 126 questions écrites et intervient en séance à six reprises dans le cadre des questions au gouvernement. Le 15 novembre 2012, elle interroge ainsi Bernard Cazeneuve, ministre délégué chargé des Affaires européennes, sur les négociations du budget 2013 de l’Union européenne. Le 2 octobre 2013, elle s’adresse à Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, sur l’accueil des bacheliers au sein des établissements d’enseignement supérieur et la réduction du taux d’échec en premier cycle. Le 21 mai 2014, elle interroge Harlem Désir, secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, sur la mise en œuvre du dispositif de la garantie européenne pour la jeunesse (accès à l’emploi, à la formation).

Le 24 juin 2015, elle s’adresse à Michel Sapin, ministre des Finances et des comptes publics, sur les négociations européennes relatives à la dette de la Grèce. Le 23 juin 2016, elle sollicite à nouveau Harlem Désir, secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, sur les initiatives européennes pour la jeunesse, en particulier la carte d'étudiant européenne et le programme Erasmus, dont l'agence française est située dans sa circonscription bordelaise. Le 2 février 2017 elle s’adresse à Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale, sur la place accordée à l'éducation artistique et culturelle au sein des enseignements, à la suite d’une mission parlementaire que lui a confiée en juillet 2016 le Premier ministre Manuel Valls.

Durant ses années de mandature, Sandrine Doucet est également directrice de l’Observatoire de l’éducation de la Fondation Jean-Jaurès. Au sein du PS, elle est parallèlement secrétaire nationale adjointe chargée des universités entre 2015 et 2016, puis secrétaire nationale chargée de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle est chargée du projet Enseignement supérieur et Recherche au pôle “Idées et projet” de l’équipe de campagne de Vincent Peillon pour la primaire citoyenne de 2017 en vue du scrutin présidentiel. Après la victoire de Benoît Hamon à cette primaire citoyenne de 2017, elle est nommée responsable thématique Enseignement supérieur - Recherche de sa campagne présidentielle.

Atteinte d’un cancer, elle ne se représente pas aux élections législatives de juin 2017. Au sein de la 1re circonscription de la Gironde, le PS est alors représenté par Philippe Dorthe. Ce dernier est toutefois éliminé le 18 juin, au premier tour du scrutin remporté par Dominique David (La République en marche).

Sandrine Doucet décède le 4 février 2019 à l’âge de 59 ans.

Restée historienne dans l’âme, elle a publié chez Elytis, en 2015, un ouvrage intitulé A l’Assemblée, consacré aux correspondances de l’ancien député de la Dordogne Jacques Pinet (1754-1844) durant la période fondatrice de la République en 1792-1793.