Pierre Favre

1940 - 2007

Informations générales
  • Né le 5 avril 1940 à Blois (Loir-et-Cher - France)
  • Décédé le 12 mai 2007 à Saint-Jean-d'Illac (Gironde - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Xe législature
Mandat
Du 2 avril 1993 au 21 avril 1997
Département
Gironde
Groupe
Union pour la démocratie française et du centre

Biographies

Biographie de la Ve République

FAVRE (Pierre)
Né le 5 avril 1940 à Blois (Loir-et-Cher)
Décédé le 12 mai 2007 à Saint-Jean-d’Illac (Gironde)

Député de la Gironde de 1993 à 1997

Pierre Favre naît le 5 avril 1940 à Blois. Fils de Fernand Favre, cadre commercial, et de Georgette, née Bailloux, il effectue sa scolarité au collège Notre-Dame, au Lycée d’Enghien-les-Bains, ainsi qu’au Collège national technique d’Argenteuil. Diplômé de l’Institut national des sciences appliquées (INSA) de Lyon, il rejoint à l’âge de 26 ans, au lendemain de son service militaire à Montélimar (novembre 1964 – février 1966), le groupe IBM-France en tant qu'ingénieur recherche et développement au Centre d'études et de recherches de La Gaude dans les Alpes-Maritimes (jusqu’en 1979). Il est ensuite responsable des nouveaux produits à l'usine de Bordeaux-Canéjan (1980–1983), et enfin adjoint au directeur du Compec (Component Procurement European Center, centre d'achat d'IBM-Europe) situé à Bordeaux (1984–1993). Il est marié et le couple aura deux fils.

Il rejoint en 1974 le Parti républicain (PR) et débute sa vie publique en 1977 à Vence, sa commune de résidence, comme adjoint au maire chargé des finances et des écoles. Sous les auspices de Jean Maret (élu depuis 1959 sous l’étiquette Centre républicain), figure emblématique de la commune, Pierre Favre se familiarise avec les problématiques d’une municipalité de près de 11 300 administrés qui connaît une forte croissance démographique. Son déménagement en Gironde dès 1980, rendu indispensable en raison de ses nouvelles responsabilités professionnelles, lui ouvre les portes d’un nouveau territoire politique, Saint-Jean-d’Illac, commune de la banlieue ouest de Bordeaux où il réside. Créant la surprise lors des élections municipales de 1983, il succède au maire sortant, l’enfant du pays Pierre Guillem, conseiller municipal depuis 1959 et maire depuis 1977. Président du syndicat d'eau et d'assainissement de Martignas-Saint-Jean-d'Illac, il s’affirme comme un homme de terrain et renforce son ancrage local avec son élection, deux ans plus tard, comme conseiller général de Gironde dans le canton de Mérignac (1985).

Figure locale, il ne cache nullement ses ambitions nationales. Celles-ci seront toutefois contrariées par deux échecs successifs.

Aux élections législatives de juin 1988, candidat unique de la majorité parlementaire sortante sous l’étiquette Union pour la démocratie française (UDF) dans la sixième circonscription de la Gironde, celle de Mérignac, Pierre Favre centre habilement sa campagne sur les enjeux nationaux. « Admettant que François Mitterrand soit à nouveau le représentant de la France », le présentant volontiers comme le « prisonnier de l’aile sectaire du Parti socialiste », contraint ainsi à la dissolution, Pierre Favre se présente comme le défenseur d’une République libérée de tout « dogmatisme » (Tract électoral – 5 juin 1988). L’offensive de l’outsider se heurte néanmoins au réseau du député sortant, le socialiste Michel Sainte-Marie, ancien premier secrétaire de la Fédération socialiste de Gironde, député de la circonscription depuis 1973 et maire de Mérignac depuis 1974. Recueillant 53,19% des suffrages exprimés dès le premier tour, dans un contexte où le nombre de candidatures est très réduit, ce dernier distance Pierre Favre de plus de vingt et un points.

Sa candidature aux sénatoriales, l’année suivante, n’est guère plus fructueuse pour Pierre Favre. En cinquième place sur la liste Rassemblement pour la République (RPR)-UDF-Divers droite d’« Union sénatoriale pour la Gironde », il ne peut rejoindre les têtes de liste élues, à savoir Jean-François Pintat (UDF) et Jacques Valade (RPR).

Ces premiers revers ne remettent toutefois pas en cause ses ambitions politiques. Réélu en 1992 au conseil général de la Gironde, il y assure la vice-présidence de la commission chargée du développement économique (1993–94) et décide dans la foulée de se présenter aux élections législatives (1993) face à son rival socialiste, Michel Sainte-Marie. A nouveau décidé à porter le débat sur les enjeux nationaux, le candidat UDF profite cette fois pleinement des difficultés conjoncturelles auxquelles a dû faire face le gouvernement Bérégovoy : le chômage, une conjoncture très morose, et aussi, depuis quelques mois, les interrogations sur la responsabilité du gouvernement dans le drame du sang contaminé. Dans cette optique, le député sortant se voit attribuer par son opposant de droite tous les maux de la République : des « cinq millions de personnes en désarroi cherchant vainement leur place » au « système social en banqueroute ». Ce procédé rhétorique n’est pas sans rappeler la sémantique employée par les forces de droite, douze années plus tôt, lors de l’arrivée de la gauche au pouvoir : « Que dire du collectivisme rampant qui paralyse jour après jour nos libertés, ou des discours inutiles et des mensonges. Que dire enfin du gigantesque gâchis humain, social et financier, ou encore des comportements très particuliers des responsables socialistes en ce qui concerne la répartition des richesses » (document électoral, 21 mars 1993). La campagne électorale est donc vive et bien plus disputée qu’en 1988. A l’image de l’hécatombe qui frappe les chefs socialistes, tel Michel Rocard qui perd son siège dans les Yvelines, le département de la Gironde doit faire face à un raz-de-marée bleu. Sur les huit circonscriptions (sur onze) tenues par les socialistes en 1988, seules deux résistent (Cenon et Pessac). En dépit d’un grand nombre de candidats, le duel UDF-PS domine l’élection. Arrivé en tête du premier tour, au coude à coude avec le député sortant qui offre une vive résistance (34,2% des suffrages exprimés contre 33,09% pour le socialiste), Pierre Favre l’emporte sur le fil, avec à peine trente voix d’avance sur 49 296 suffrages exprimés, soit 50,03% contre 49,97%.

Siégeant au Palais-Bourbon, au sein du groupe UDF, parmi les 480 députés de la nouvelle majorité, le député de la Gironde rejoint la commission de Défense nationale et des forces armées (8 avril 1993) et préside le groupe d’amitié France Burkina-Faso. Membre du conseil national du Parti républicain, délégué national de la défense nationale, et membre de la Fédération nationale des Clubs Perspectives et Réalités (présidé depuis 1989 par Hervé de Charrette), il démontre une certaine expertise des questions militaires. Celle-ci repose sur une expérience acquise comme titulaire de l’École supérieure des officiers de réserve spécialistes d'état-major (1971), lieutenant-colonel de réserve (1985) et enfin auditeur en 1986 à l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN). Il reçoit à ce titre la médaille d’or des Services Militaires Volontaires (1986). Rapporteur du projet de loi autorisant la ratification du traité sur le régime « Ciel ouvert » signé à Helsinki le 24 mars 1992 (12 mai 1993), du projet de loi autorisant la ratification de la convention sur l'interdiction de la mise au point, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et sur leur destruction (21 septembre 1994), ou encore des projets de loi portant sur le règlement définitif des budgets de 1993-1994-1995-1996, Pierre Favre intervient sur les questions qui relèvent de son cœur de compétence.

Membre de la mission d'information commune sur le service national (26 mars 1996), il participe naturellement à la mission d’information (ainsi qu’au rapport « La France et son service », dit « rapport Séguin ») impulsée par l’annonce du président de la République Jacques Chirac, le 22 février 1996, relative à la professionnalisation des armées. Son attention se porte sur le projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 1997 à 2002, et plus particulièrement sur les discussions liées au budget alloué à la transition entre armée de conscription et armée professionnelle (6 et 7 juin 1996). Membre titulaire de la commission mixte paritaire chargée de proposer un texte sur les dispositions restant en discussion du projet de loi relatif aux mesures en faveur du personnel militaire dans le cadre de la professionnalisation des armées (29 novembre 1996), le député doit surseoir à ses travaux en raison de la dissolution du 21 avril 1997 qui en suspend l’examen. Pierre Favre se porte ainsi à nouveau candidat aux législatives anticipées des 25 mai et 1er juin 1997.

A l’image de la droite à l’échelle nationale qui, au soir du premier tour, réalise son plus mauvais score depuis 1958 avec 36,16% des suffrages exprimés, la situation en Gironde n’est guère favorable : cinq des six sièges conquis par la droite en 1993 sont en ballottage défavorable pour les sortants. Particulièrement disputée, la 6e circonscription ne fait nullement exception à la règle. En dépit du morcellement des forces de gauche (neuf des treize candidatures en lice) en théorie favorable à la droite, le député sortant est largement distancé par son rival socialiste. Bien décidé à effacer sa défaite de 1993, Michel Sainte-Marie recueille 37,16% des suffrages exprimés (contre 29,93%) au premier tour. La situation est d’autant plus délicate pour Pierre Favre que sa réserve de voix pour le second tour est particulièrement limitée. Celle-ci repose d’une part sur les suffrages acquis par le candidat du Front national François-Régis Taveau (10,49%) avec lequel il refuse officiellement toute tractation et, d’autre part, sur les suffrages acquis par le candidat de la Droite indépendante le docteur Jean-Georges Meyniac, plus limités (1,9%). Dans ces conditions, bénéficiant d’un excellent report des voix de gauche, le candidat socialiste l’emporte avec 55,75% des suffrages exprimés.

Battu l’année suivante aux cantonales par le socialiste Jacques Fergeau (1998), l’homme se replie sur la mairie de Saint-Jean-d’Illac, tout en conservant néanmoins une certaine influence au sein des instances nationales de sa famille politique, comme membre du Conseil national de Démocratie libérale (jusqu’en 2001), puis du Conseil départemental de l'Union pour un mouvement populaire (dès 2002).
De nouveau candidat à sa propre succession à la tête de la municipalité, sa liste triomphe dès le premier tour en récoltant 53,94 % des suffrages. Pierre Favre assure ses fonctions de maire jusqu’à son décès.

Chevalier de la Légion d’honneur, commandeur de l’ordre national du Mérite, chevalier de l’ordre des Palmes académiques et officier de l’ordre du Mérite centrafricain, Pierre Favre décède le 12 mai 2007, à l’âge de 67 ans, dans la commune de Saint-Jean-d’Illac.