Max Gallo

1932 - 2017

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Informations générales
  • Né le 7 janvier 1932 à Nice (Alpes-Maritimes - France)
  • Décédé le 18 juillet 2017 à Vaison-la-romaine (Alpes-Maritimes - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 2 juillet 1981 au 23 avril 1983
Département
Alpes-Maritimes
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie de la Ve République


GALLO (Max)
Né le 7 janvier 1932 à Nice
Décédé le 18 juillet 2017 à Vaison-la-romaine

Député des Alpes-Maritimes de 1981 à 1983

Fils d’immigrés italiens de condition très modeste, Max Gallo grandit à Nice, et connaît la dureté de l’occupation italienne, puis allemande dans la ville. La pendaison de deux résistants dont le corps est exposé pendant plusieurs jours à la foule, place Masséna, marque ses douze ans. Son père, électricien, est engagé dans la Résistance, ce qui influencera a posteriori le jeune Max Gallo.

Titulaire d’un CAP de mécanicien-ajusteur, puis d’un baccalauréat mathématiques et technique au lycée du Parc-Impérial, il débute sa carrière professionnelle comme technicien à la Radiodiffusion-télévision française à Antibes, puis à Paris où il se forme pour devenir contrôleur technique. Il poursuit également en parallèle des études d’histoire à l’Université de Nice. Son engagement politique se fait à l’époque au sein du Parti communiste, puissant à Nice, du fait de la communauté italienne et de l’industrialisation, autour du résistant Virgile Barel. Après l’intervention de l’URSS en Hongrie en 1956, il s’éloigne toutefois du PCF.

Appelé au service militaire en 1957, en pleine guerre d’Algérie, il est météorologiste au Bourget où il fonde avec le futur critique culinaire médiatique Jean-Pierre Coffe un journal antimilitariste Le Temps, qui est interdit au bout de trois numéros. Après sa propédeutique en lettres, il fait des études d’histoire, puis devient maître assistant à Chambéry. Il obtient l’agrégation d’histoire en 1960, puis est nommé professeur d’histoire au lycée Masséna, le principal lycée de Nice. En parallèle, il conduit un doctorat en histoire à l’Université de Nice sur la propagande de l’Italie fasciste avant la Seconde Guerre mondiale, thèse qu’il soutient en 1968, sous la direction d’André Nouschi. Il lui est alors proposé un poste d’universitaire à Vincennes qu’il refuse pour se consacrer à ses cours à Sciences Po. Jean-François Revel lui confie aussi une collection chez Robert Laffont.

Il multiplie alors les ouvrages romanesques à contexte historique, comme sa saga consacrée à Nice, La Baie des anges (1976-1977), mais aussi les ouvrages de vulgarisation historique consacrés aux années 1930 : La nuit des longs couteaux en 1971, une synthèse sur l’histoire du XXème siècle chez Perrin. Il écrit aussi plusieurs biographies à succès, notamment celle de Robespierre parue en 1968 chez Perrin.

Dans les années 1970, sa popularité croit fortement du fait de ses invitations régulières dans des émissions de télévision, notamment Italiques, puis Apostrophes de Bernard Pivot, dont il est l’un des invités les plus réguliers. C’est là qu’il rencontre pour la première fois François Mitterrand en 1976. Il tient également une chronique dans le magazine L’Express.

Ce n’est toutefois qu’en 1981 qu’il adhère au PS, alors que les socialistes niçois cherchent une personnalité pour s’opposer à l’indétrônable maire de Nice, Jacques Médecin. Profitant de la « vague rose », Max Gallo est élu député de la 1ère circonscription des Alpes-Maritimes, lors des élections législatives de 1981, sous l’étiquette du Parti socialiste (PS), contre le député sortant Charles Ehrmann (UDF), 47,5 contre 52,5% des suffrages exprimés. Ce n’est pas un inconnu qu’il bat, puisqu’il s’agit de son ancien collègue, professeur d’histoire au lycée Masséna. Cette circonscription est toutefois la plus populaire de Nice et dans l’ancien fief du député communiste Virgile Barel. Un autre député socialiste est élu dans le département : Jean-Hugues Colonna.

Membre du groupe socialiste, Max Gallo siège à l’Assemblée nationale de juillet 1981 à avril 1983. Il est membre de la commission des Affaires étrangères. Son arrivée coïncide avec la première grande majorité socialiste à l’Assemblée après l’élection présidentielle de François Mitterrand en mai 1981. En 1983, il se présente aux élections municipales, mais échoue face à Jacques Médecin qui est réélu dès le premier tour avec 54% des voix, contre 31% pour la liste de Max Gallo.

Peu présent à l’Assemblée nationale, ses prises de parole dénotent son intérêt pour la question sociale. Ainsi, sa première question écrite, le 7 décembre 1981 porte sur la situation des demandeurs d’emploi dont les droits sont réduits lorsqu’ils reprennent un emploi à mi-temps, ce qui entraîne pour certains une perte de leurs indemnités. Le 7 juin 1982, il interroge le ministre de l’Intérieur sur l’abus du caducée médical entraînant des problèmes de stationnement. Il est vrai que Nice est alors une des villes les plus encombrées de France par les embouteillages.

Ancien professeur d’histoire, Max Gallo s’intéresse aussi à la condition de ses anciens collègues comme le montre son intervention le 28 juin 1982. Il interroge alors le ministre de l’Education nationale aux sujets des allocations vacances versées aux enfants de fonctionnaires, notamment les contraintes pratiques liées aux déplacements pour les examens.

Mais ses interventions portent majoritairement sur les questions de culture. Le 30 juillet 1981, il défend devant les députés le projet de loi de Jack Lang concernant le prix unique du livre et n’hésite pas à le revendiquer en tant que député, mais aussi auteur de livres. Pour lui, la future loi améliore les conditions des auteurs de livres souvent très précaires. Il critique au contraire la politique culturelle des années Giscard d’Estaing marquée par une « dérision du livre ». En 1982, il est rapporteur du projet de loi, autorisant la ratification d'une convention concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l'importation, l'exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels.

Il est également rapporteur au nom de la commission des Affaires étrangères du projet de loi de Finances pour 1983 concernant le volet Culture. Il soutient alors la dimension internationale de la politique culturelle mise en œuvre par Jack Lang (3 novembre 1982).

En 1983, Max Gallo quitte son siège de député pour rejoindre le gouvernement comme secrétaire d’État et porte-parole du troisième gouvernement Mauroy, une fonction stratégique qui l’amène à relayer l’action gouvernementale auprès du Parlement et des médias. L’idée est alors de doter le gouvernement d’une communication plus homogène, sur le modèle du porte-parole de la Maison blanche, alors que les premières années du gouvernement Mauroy ont vu beaucoup de contradictions entre les ministres. Max Gallo fait ainsi un compte rendu à la fin de chaque conseil des ministres pour les journalistes. Son directeur de cabinet est le futur président de la République, François Hollande.

Un an plus tard, Max Gallo quitte le gouvernement pour devenir député européen, mandat qu’il occupe à deux reprises, jusqu’en 1994, siégeant au sein du Parti socialiste européen. Il se rapproche ensuite de Jean-Pierre Chevènement. Il cofonde avec lui le Mouvement des citoyens (MDC) en 1993, dont il assure la présidence pendant un an, qui devient ensuite le MRC. Les deux hommes défendent alors un discours critique de gauche à l’égard de la construction européenne et soutiennent le non à Maastricht. En 2002, il fait partie de l’équipe de campagne du candidat à l’élection présidentielle Jean-Pierre Chevènement et en 2005 il se prononce contre le traité constitutionnel européen.

Il se consacre ensuite plutôt à sa carrière intellectuelle, continuant à publier de nombreux livres d’histoire et notamment des biographies plutôt romancées : Victor Hugo, Napoléon, Jules Vallès, Jean Jaurès, Rosa Luxembourg, Garibaldi. Ces ouvrages grand public sont des succès de librairie. Son Napoléon en quatre tomes paru en 1997 se vend ainsi à 800 000 exemplaires.

En 2007, il soutient la candidature à l’élection présidentielle de Nicolas Sarkozy marquant un virage plus conservateur. Il est ensuite élu à l’Académie française la même année. Retiré de la vie politique, il meurt dix ans plus tard à l’âge de 85 ans.