Hubert Germain

1920 - 2021

Informations générales
  • Né le 6 août 1920 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 12 octobre 2021 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Paris
Groupe
Union pour la nouvelle République-UDT
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 30 juin 1968 au 6 août 1972
Département
Paris
Groupe
Union des démocrates pour la République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 2 avril 1973 au 5 mai 1973
Département
Paris
Groupe
Union des démocrates pour la République

Biographies

Biographie de la Ve République

GERMAIN (Hubert)
Né le 6 août 1920 à Paris (XVIe arrondissement)
Décédé le 12 octobre 2021 à Paris

Député de Paris de 1962 à 1967, puis de 1968 à 1972, et en 1973
Ministre des Postes et télécommunications du 6 juillet 1972 au 27 février 1974
Ministre des Relations avec le Parlement du 2 mars 1974 au 28 mai 1974, également chargé de l’intérim du ministère des Postes et télécommunications du 12 avril 1974 au 28 mai 1974

Hubert Germain est le fils de Maxime Germain, officier d’artillerie coloniale formé à Polytechnique qui achève sa carrière comme général d’armée en septembre 1941. Si son père est d’origine dauphinoise et sa mère bretonne, Hubert Germain change dans son enfance fréquemment de résidence et d’établissement scolaire dans les années 1930 au gré des affectations paternelles. D’abord inscrit au lycée Janson-de-Sailly à Paris, il rejoint à Damas la mission laïque franco-arabe (1930-1932), puis le lycée Albert Sarraut d’Hanoï, avant de terminer ses études secondaires au lycée Saint-Louis à Paris où il réussit son baccalauréat. La déclaration de guerre de septembre 1939 le surprend alors qu’il s’est inscrit en classe préparatoire au lycée Montaigne de Bordeaux pour passer le concours d’entrée de l’Ecole navale. Il se présente aux épreuves en pleine débâcle de l’été 1940. En septembre 2017, il confie la suite à un journaliste de l’AFP : « Au bout de cinq minutes, je me suis dit : « Mais, qu’est-ce que tu fais là ? ». Je me suis levé en disant à l’examinateur : « Je pars faire la guerre »…

Refusant la défaite, il pense dans un premier temps rejoindre le Maroc pour y poursuivre la guerre. Mais, ayant appris par un officier supérieur ami de son père et appartenant à l’état-major replié sur Bordeaux, que l’Afrique du Nord française accepterait l’armistice, il décide avec trois camarades de partir, le 24 juin 1940, pour l’Angleterre en montant sur un navire, L’Arrandora Star, qui embarque des troupes polonaises à Saint-Jean-de-Luz. Parvenu en Angleterre, il rejoint les Forces françaises libres (FFL) et sert à bord du croiseur Courbet comme élève officier de marine. A partir du printemps 1941, il intègre l’état-major du général Legentilhomme qui dirige en Palestine la 1ère division légère FFL. Il participe à la campagne de Syrie contre les troupes de Vichy puis entre à l’école d’officiers de Damas en septembre 1941. Sorti aspirant, il est nommé au 2e bureau de l’Etat-major de la première brigade légère du général Koenig. En février 1942, il est incorporé au 2e bataillon de la 13e demi-brigade de la Légion étrangère. Chef de section antichars, il s’illustre lors de la bataille de Bir-Hakeim en mai-juin 1942 en Libye. Cité à l’ordre de l’armée, il est promu sous-lieutenant en septembre 1942. C’est dans les rangs de la 1ère DFL qu’il participe aux combats d’El Alamein en octobre 1942 en Egypte, puis à la campagne de Tunisie jusqu’en mai 1943. Ayant débarqué avec ses camarades en Italie, il est présent lors de la bataille de Garigliano, puis est blessé le 24 mai 1944 devant Pontecorvo en réglant le tir de mitrailleuses lourdes. Il est décoré fin juin 1944 de la croix de la Libération par le général de Gaulle, à Naples, où il est soigné. Vite remis de ses blessures, il participe au débarquement de Provence en août 1944, puis à la libération de Toulon. Il remonte la vallée du Rhône, libère Lyon avant de livrer bataille lors des difficiles campagnes des Vosges puis d’Alsace. Aide de camp du général Koenig qui dirige les troupes françaises d’occupation en Allemagne, le lieutenant Hubert Germain n’est démobilisé qu’en 1946. Par un décret du 20 novembre 1944, il a été fait compagnon de la Libération.

Tout en militant à partir de 1947 dans les rangs du parti gaulliste, le Rassemblement pour le peuple français (RPF), Hubert Germain travaille comme cadre en entreprise. De 1950 à 1952, il évolue au sein du groupe italien de vins et apéritifs Cinzano, avant d’entrer en 1953 comme attaché de direction dans une entreprise suisse de produits chimiques, le groupe Geigy (il y restera jusqu’en 1960). A l’issue des municipales de 1953, Hubert Germain est élu maire de Saint-Chéron, petite bourgade de 2 000 habitants de la Seine-et-Oise (aujourd’hui l’Essonne) située à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Paris et célèbre pour son château de Baville. Il reste maire de Saint-Chéron jusqu’en 1965. Après le retour au pouvoir en juin 1958 du général de Gaulle, auquel Hubert Germain demeure fidèle, il prend des responsabilités au sein du nouveau parti gaulliste, l’Union pour la nouvelle République-Union démocratique du travail (UNR-UDT), créé à l’occasion des législatives de novembre 1958. Il devient secrétaire général de la fédération UNR-UDT de Seine-et-Oise jusqu’au 14 décembre 1962, puis intègre les instances dirigeantes du parti : le comité central en juillet 1959, la commission politique en novembre 1959, le bureau exécutif en 1967 (il reste membre de la direction du parti gaulliste, sous ses sigles successifs, UNR-UDT, UD-Ve, UDR, RPR, jusqu’en 1980). Le 26 avril 1959, Hubert Germain se présente aux élections sénatoriales sur la liste UNR/CNI/RGR en Seine-et-Oise mais sans succès. Près d’un an plus tard, le 6 février 1960, cet intime de Pierre Messmer est récompensé de sa fidélité politique en entrant au cabinet du ministre des Armées comme conseiller technique. Chargé des relations avec le Parlement, il conserve sa fonction jusqu’en octobre 1962.

Libéré par son ministre, le 28 octobre 1962, pour pouvoir s’engager dans la campagne des législatives de novembre 1962, Hubert Germain se présente sous l’étiquette gaulliste dans la 14e circonscription du département de la Seine, qui couvre une partie du XIIIe arrondissement. Avec pour suppléant, l’archiviste Michel Breuil, il est élu le 25 novembre au second tour, succédant à l’ancien gaulliste partisan de l’Algérie française Jean-Baptiste Biaggi. Il a réuni 18 346 voix et 55% des suffrages exprimés, après en avoir eu 12 859 et 37,94% au premier tour. Il rejoint le groupe UNR-UDT (il est membre du bureau politique du groupe) et la commission des finances, de l’économie générale et du Plan. Il siège à partir de mai 1966 au Comité des prix de revient des fabrications d’armement. A partir de novembre 1965, le député (qui s’était présenté en mars 1965 sur la liste UNR aux élections municipales dans le 7e secteur de Paris mais sans succès) représente le département de la Seine-et-Oise au conseil d’administration du district de la région de Paris (où il prend la vice-présidence de la commission du Plan).

Au Palais-Bourbon, Henri Germain est chaque année le rapporteur spécial de certains crédits militaires prévus par le projet de loi de finances au titre du ministère des Armées : ceux de l’Air, pour les budgets de 1963 et 1964 ; ceux de l’Armement et de l’équipement pour les budgets de 1965 à 1967. Il est également rapporteur spécial sur le volet dédié aux sociétés nationales de construction aéronautique, pour le projet de loi de finances pour 1964.

En 1964, il est le rapporteur du projet de loi de programme militaire relative à certains équipements militaires pour la période 1965-1970. Il y défend notamment la construction de la force de dissuasion, et de ses trois composantes. A chaque fois, il évoque aussi en spécialiste les dossiers complexes des chasseurs et bombardiers Mirage III et IV, des hélicoptères lourds, des missiles Matra, des chars AMX30, de la coopération franco-britannique autour du Jaguar.

Battu au second tour lors des élections législatives de mars 1967 par moins de 300 voix, dans la même circonscription (qui devient la 14e circonscription de Paris) par le communiste Serge Boucheny, Hubert Germain retrouve, dès le 7 avril, son poste de conseiller technique au ministère des Armées toujours tenu par Pierre Messmer et le conserve jusqu’au 10 juin 1968.

Le 30 juin 1968, il est facilement réélu député gaulliste de Paris au second tour des législatives anticipées, avec 18 687 voix et 54,88% des suffrages exprimés. Son suppléant est le directeur de sociétés Jean Turco. Il rejoint le groupe UDR et siège à nouveau à la commission des finances, de l’économie générale et du Plan. En octobre 1968, Hubert Germain fait partie de la délégation française à l’Assemblée de l’Atlantique-Nord. Le même mois il rejoint de nouveau le comité des prix de revient des fabrications d’armement. En novembre 1968, il prend la vice-présidence du groupe parlementaire d’étude de l’Aviation civile. Hubert Germain est également membre de la commission d’enquête sur le fonctionnement des sociétés civiles de placement immobilier et sur leurs rapports avec le pouvoir politique, constituée à la suite de l’affaire de la Garantie foncière.

Durant cette législature et comme sous la précédente, le député parisien est le rapporteur spécial des crédits prévus par la loi de finances de l’année sur les dépenses en capital, c’est-à-dire les crédits d’équipement du ministère de la Défense nationale, de 1968 à 1971. Il est également en octobre 1970 le rapporteur pour avis sur le projet de loi de programme relative aux équipements militaires de la période 1971-1975.

Hubert Germain prend aussi part aux débats sur le projet de loi portant sur le statut général des militaires en mai 1972. Mais les dossiers économiques de Paris ne laissent pas indifférent l’ancien officier FFL. En décembre 1970, Hubert Germain présente par ailleurs une proposition de loi concernant le statut des employés non-salariés des succursales de distribution des produits pétroliers ou d’exploitation des stations-service.

S’étant personnellement engagé dans la campagne référendaire du printemps 1969, ce gaulliste fidèle est profondément affecté par l’échec du général de Gaulle et par son départ. Le député parisien ne cache pas ses réserves à l’égard du nouveau président, Georges Pompidou. Il fait partie de ces gaullistes orthodoxes qui estiment que l’ancien Premier ministre, qui n’a pas participé à l’épopée de la France libre et de la Résistance, manque de légitimité pour incarner la succession. Il considère aussi que l’appel de Rome, en contribuant à entretenir l’ambiguïté sur une possible alternative pompidolienne en cas d’échec référendaire, a favorisé le départ politique de l’Homme du 18 Juin. Avec d’autres gaullistes orthodoxes, Hubert Germain participe au lancement, début juillet 1969, de ce que l’historien Serge Berstein appelle « des comités de vigilance ». Au lendemain du départ du général de Gaulle, Pierre Messmer, Michel Debré et Louis Joxe fondent ainsi l’association Présence du gaullisme. Après l’élection de Georges Pompidou, Hubert Germain et deux autres députés, Jacques Vendroux (beau-frère du général de Gaulle) et Michel de Grailly, lancent l’amicale parlementaire Présence et Action du Gaullisme (PAG), qui, dès l’été 1969, rassemble une quarantaine d’élus. Il en assure le secrétariat général de 1969 à 1971, avant d’en prendre la présidence (jusqu’en juillet 1972).

Les relations avec le nouvel hôte de l’Elysée s’améliorent dans un deuxième temps, lorsque les pompidoliens s’allient avec les gaullistes orthodoxes (et souvent conservateurs) contre le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas, réformiste, et ses mesures libérales jugées trop permissives (réformes de l’ORTF et des syndicats). En juillet 1971 ainsi, cinq présidents de l’Union des démocrates pour la République (UDR) de commissions de l’Assemblée (Jean Charbonnel, Jean Foyer, Maurice Lemaire, Alain Peyrefitte, Alexandre Sanguinetti) auxquels s’est joint Hubert Germain au nom de l’amicale Présence et Action du Gaullisme, adressent aux députés et au Premier ministre un texte critiquant vivement la politique gouvernementale. On y déplore tant la manière dont le Parlement est tenu à l’écart des décisions que la pratique chabaniste de la concertation sociale qui fait des dirigeants d’associations socioprofessionnelles des interlocuteurs privilégiés du gouvernement au détriment des élus. Le texte vise directement l’entourage de gauche de Jacques Chaban-Delmas et en particulier les conseillers Jacques Delors et Simon Nora. En mai 1972, Hubert Germain prend part au débat sur la déclaration du gouvernement relative à sa politique générale. Adoptant un ton critique, le responsable de PAG évoque la « position des gaullistes » qui exigent plus de « rigueur dans le choix des alliances » avant d’émettre des réserves sur « la politique d’élargissement de la majorité ». Durant cette législature, il approuve en 1972 le projet de loi portant création et organisation des régions (la loi du 5 janvier 1972).

De nouveau battu lors des municipales de mars 1971 dans le 7e secteur de Paris, Hubert Germain profite de l’arrivée à Matignon à l’été 1972 de son parrain politique, Pierre Messmer, pour entrer pour la première fois au gouvernement. Le 6 juillet 1972, il est nommé ministre des Postes et télécommunications. Il côtoie au gouvernement d’autres protégés du président de la République, comme Jacques Chirac à l’Agriculture et André Bettencourt, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères. Deux autres signataires de la motion des présidents de commissions de juillet 1971 ont aussi été promus : Jean Charbonnel et Jean Foyer. Le député de Paris doit renoncer à son mandat parlementaire pour pouvoir exercer ses nouvelles fonctions ministérielles. Le 7 août 1972, il est remplacé au Palais-Bourbon par son suppléant, Jean Turco. Comme ministre des PTT, il prolonge efficacement l’action de modernisation entreprise par ses prédécesseurs (Jacques Marette, Yves Guéna, André Bettencourt et Robert Galley) depuis le début des années 1960. Ainsi qu’il s’en explique en novembre 1972 devant les députés lors de la discussion du budget annexe des PTT (projet de loi de finances pour 1973), il a accéléré la mécanisation du tri, l’automatisation des centres de chèques postaux, la normalisation du courrier, l’amélioration des moyens de transports routiers, ferroviaires et aériens du courrier. Il a aussi favorisé la construction de nouveaux bureaux de postes, lutté contre le retard pris par la France en matière de téléphonie, accéléré le passage en automatique des réseaux, amélioré le raccordement en zone rurale, assuré la promotion de l’important personnel féminin au sein des PTT.

Le 11 mars 1973, Hubert Germain est réélu de justesse député UDR de la 14e circonscription de Paris au second tour des législatives. Au second tour, il obtient 49,6 % des suffrages exprimés dans le cadre d’une triangulaire, et 18 146 voix contre 18 132 à son adversaire communiste André Réau. Il rejoint le groupe gaulliste et choisit la commission de la Défense nationale et des forces armées. Toutefois, la fonction ministérielle étant toujours incompatible avec un mandat parlementaire, il renonce le 5 avril 1973 à ce dernier et son suppléant, Jean Turco, le remplace à nouveau au Palais-Bourbon. Hubert Germain reste donc ministre des Postes et télécommunications dans le deuxième cabinet Messmer. En novembre 1973, le débat à l’Assemblée sur le budget des PTT dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances pour 1974 permet au ministre de faire le point sur son action depuis un an et de répondre aux critiques de certains élus sur le décalage, jugé « explosif », entre l’offre et la demande en matière d’accès au téléphone. Il rappelle que les PTT constituent le premier investisseur en France, que les liaisons interurbaines se sont améliorées et que les délais d’attente pour le raccordement ont diminué. Le rythme d’équipement s’est accéléré par rapport aux prévisions du VIe Plan. Grâce à un meilleur encadrement, le personnel des postes a su intégrer de nouveaux équipements et développer les services financiers.

En décembre 1973, le renouvellement du comité central de l’UDR le voit écarté de cette instance dirigeante comme d’autres fidèles du président (Jacques Chirac et Jean-Philippe Lecat), signe de la montée en puissance des chabanistes dans la perspective de l’après-Pompidou. La disparition prématurée du chef de l’Etat, le 2 avril 1974, et l’alliance pragmatique entre Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing durant la campagne de la présidentielle, redistribuent les cartes au détriment des chabanistes et des barons. Le 26 avril, Hubert Germain ajoute son nom (ainsi que deux autres membres du gouvernement, Henri Torre et André Bord, et des parlementaires de renom comme Lucien Neuwirth et Marcel Dassault) à « l’Appel des 43 », cette opération politique par laquelle Jacques Chirac cherche à affaiblir la candidature chabaniste au sein de la famille gaulliste. Du 5 mars au 27 mai 1974, Hubert Germain est ministre chargé des Relations avec le Parlement dans le troisième cabinet Messmer. Du 13 avril au 27 mai 1974, il assure également l’intérim au ministère des PTT après la démission de Jean Royer, candidat à la présidentielle.

L’arrivée à l’Elysée, au printemps 1974, de Valéry Giscard d’Estaing, représentant d’une droite non gaulliste et homme du « non » au référendum de 1969, incite Hubert Germain à prendre quelques distances avec la vie politique. En 1975, sans abandonner ses responsabilités militantes dans les instances dirigeantes du parti gaulliste (président du comité de la fédération de Paris, chargé de mission pour l’Alsace/Lorraine/Franche-Comté à partir de décembre 1974), Hubert Germain se tourne vers le monde de l’entreprise. Il préside de 1975 à 1982 la Société française de télédistribution (une filiale de l’ORTF et des PTT qui promeut la télévision par câble) avant d’assurer les fonctions d’ingénieur conseil pour la Compagnie Radio Maritime (société française spécialisée dans les communications radioélectriques entre les navires en mer et la côte).

A partir de décembre 2010, Hubert Germain siège au conseil de l’Ordre de la Libération. Après le décès de Fred Moore en septembre 2017, puis de Jacques Hébert en janvier 2018, il reste le dernier ancien député compagnon de la Libération encore en vie, 78 ans après l’Appel du 18 Juin lancé par de Gaulle. Le 11 juin 2018, il est élevé au grade de Grand-Croix de la Légion d’honneur par le président de la République, Emmanuel Macron, lors d’une prise d’armes aux Invalides.

Il est nommé membre honoraire de l’Ordre de l’Empire britannique en juin 2020, à l’occasion du quatre-vingtième anniversaire de l’Appel du 18 juin. Dernier compagnon de la Libération à la suite du décès de Daniel Cordier, le 20 novembre 2020, il est nommé le 25 novembre suivant chancelier d’honneur de l’Ordre de la Libération. Une cérémonie en son honneur a lieu aux Invalides le 11 juin 2021, jour anniversaire de la bataille de Bir-Hakeim. Il décède à Paris le 12 octobre 2021. Une cérémonie présidée par le Président de la République, Emmanuel Macron, est organisée en son hommage le 15 octobre suivant. Ultime survivant des Compagnons de la Libération, il est inhumé le 11 novembre 2021 au Mont-Valérien, après un dernier hommage à l'Arc de Triomphe.

Hubert Germain, grande figure des combats héroïques des Français libres au Proche-Orient, en Afrique du nord et en Europe, gaulliste parmi les plus fidèles, était aussi un spécialiste reconnu des questions militaires et des dossiers relatifs aux postes et télécommunications. Ministre des PTT de 1972 à 1974, il contribua à moderniser ce secteur où la France avait accumulé tant de retard depuis les années 1950 et 1960. Marié à Simone Millon, il était le père de trois enfants. Il était décoré de la Croix de guerre 1939-1945 avec palmes et portait la médaille de la Résistance avec rosette. Il était également titulaire de plusieurs décorations étrangères (Grand-Croix de l’Ordre du Mérite de Malte, Grand-Croix de l’Ordre national tunisien, Grand-Croix de l’Ordre national de Malaisie, Grand officier de l’Ordre national de Côte d’Ivoire).