Tony Larue

1904 - 1995

Informations générales
  • Né le 18 août 1904 à Rouen (Seine-Inférieure - France)
  • Décédé le 5 juillet 1995 à Grand-quevilly (Seine-Maritime - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Seine-Maritime
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Seine-Maritime
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Seine-Maritime
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Seine-Maritime
Groupe
Fédération de la gauche démocrate et socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 30 juin 1968 au 1er avril 1973
Département
Seine-Maritime
Groupe
Fédération de la gauche démocrate et socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 2 avril 1973 au 2 avril 1978
Département
Seine-Maritime
Groupe
Parti socialiste et radicaux de gauche

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 3 octobre 1977 au 28 septembre 1986
Sénateur
du 2 octobre 1986 au 5 juillet 1995

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 18 août 1904 à Rouen (Seine-Inférieure)
Décédé le 5 juillet 1995 au Grand-Quevilly (Seine-Maritime)

Député de la Seine-Maritime de 1956 à 1958

Né à Rouen le 18 août 1904 de Maurice Larue et de son épouse, née Louise Seurin, Tony Larue, après ses études secondaires à l'école primaire supérieure de Rouen, devient auditeur à l'école des sciences et lettres de cette ville (mathématiques générales) rattachée à la Faculté de Caen. Puis il poursuit ses études supérieures en techniques financières et comptables par correspondance de 1924 à 1926, et décroche son brevet d'expert-comptable délivré par l'Etat. Exempté de service militaire actif, il ouvre un cabinet d'expertise-comptable au Grand-Quevilly en janvier 1927, et en dépit de tous ses mandats électifs, n'y cessera son activité qu'en 1970.

Tony Larue entre dès le mois d'octobre 1922 au parti socialiste, dans la section des jeunesses à Rouen. En 1933 cependant, Tony Larue quitte la SFIO avec trente membres sur trente-trois de sa section, lors de la scission néo-socialiste, dans la mouvance de Marquet, Renaudel et Déat : il adhère peu après au Parti socialiste de France. Mais, s'opposant aux évolutions de ce parti, il demande sa réintégration dans la SFIO en 1936 et l'obtient en 1937 ; il devient alors secrétaire fédéral de la Seine-Inférieure pour deux ans. Entre-temps, il est élu maire du Grand-Quevilly en 1935, fonction dont il est destitué par le gouvernement de Vichy le 4 mars 1941.

En février 1942, il reconstitue la section départementale du Parti socialiste dans la clandestinité, et participe en 1943 à l'implantation du réseau Libération-Nord en Seine-Inférieure ; réfractaire au STO, il mène tout au long de la guerre une résistance courageuse et active. De nombreuses distinctions ont honoré l'action de Tony Larue pendant l'Occupation : la croix du combattant, la médaille du combattant volontaire de la résistance, la médaille de Libération-Nord, la médaille de la France libérée, celle des réfractaires et maquisards ; Tony Larue est aussi fait officier de la Légion d'honneur.

A la libération, Tony Larue est nommé maire provisoire du Grand-Quevilly, fonction qu'il doit rapidement quitter, le Parti communiste ayant conquis cette municipalité en avril 1945. Peu après, le 21 octobre, il se présente aux suffrages de ses concitoyens pour l'élection de l'Assemblée nationale constituante, en troisième position sur la liste SFIO, de même qu'aux élections de novembre 1946 et juin 1951 (première et deuxième législature). Cette position ne lui permet pas d'être élu. En revanche, en septembre 1945, Tony Larue est élu conseiller général du canton de Grand-Couronne. Il le restera jusqu'en 1951 et deviendra vice président du conseil général, président de sa commission des finances et rapporteur du budget départemental. Surtout, en octobre 1947, il parvient, grâce aux voix des conseillers « indépendants », à reconquérir la mairie du Grand-Quevilly et, d'élection en élection, il conserve sa fonction de maire sans discontinuer jusqu'à sa disparition en 1995.

Outre ces mandats politiques, son activité d'après-guerre est très fournie. Membre du conseil régional de l'ordre des experts-comptables élu en 1945 et réélu régulièrement par la suite, il préside ce conseil régional de 1954 à 1957. Il est aussi expert judiciaire près les tribunaux et la cour d'appel de 1937 à 1974, et commissaire aux comptes dès 1937. Administrateur élu de la compagnie nationale des experts comptables de 1937 à 1964, il est très fréquemment membre du jury des examens (brevet professionnel de comptable, diplôme d'expert-comptable) ; il est enfin membre de l'Institut français des experts-comptables. Au sein du parti socialiste, il est membre suppléant de la commission de contrôle en 1949, titulaire en 1950 et 1951.

Pour les élections législatives du 2 janvier 1956, Tony Larue est cette fois tête de la liste SFIO, qui a conclu un apparentement avec la liste Jeune République. Avec 13,7 % des voix, Tony Larue devient député de la première circonscription de Seine-Maritime, et va conserver longtemps ce mandat. Il est cependant devancé par la liste du parti communiste qui, avec 30,5 % des voix, obtient deux élus.

A peine élu, Tony Larue se voit proposer par Guy Mollet le secrétariat d'Etat aux PTT ; mais, désireux de se consacrer à son premier mandat de député, il décline cette offre. A l'Assemblée nationale, il est nommé membre de la commission des affaires économiques, membre suppléant puis titulaire de la commission des finances (à partir de juillet 1957) ; membre de la commission de la marine marchande et des pêches, de la commission supérieure du crédit maritime mutuel, enfin membre du comité de gestion du fonds de soutien des hydrocarbures ou assimilés.

Il dépose, au cours de cette législature, deux propositions de loi, l'une tendant à la création d'une école nationale de comptabilité (20 décembre 1956), l'autre à la création d'un corps permanent de surveillants des ponts et chaussées (22 janvier 1957). Il dépose aussi un avis au nom de la commission des finances sur la proposition de loi tendant à l'assainissement des conditions d'exploitation des exploitations gazières non nationalisées (25 juillet 1957). Il n'intervient que peu à la tribune, sur des questions fiscales et budgétaires pour l'essentiel ; le 10 mars 1958, il est rapporteur spécial du projet de loi de finances et s'exprime sur les crédits d'investissement pour l'industrie et le commerce, concernant notamment le financement de la recherche de pétrole en France.

Tony Larue accorde sa confiance au gouvernement Guy Mollet (31 janvier 1956), ainsi qu'à Maurice Bourgès-Maunoury (12 juin 1957). Il vote pour la ratification des traités instituant la Communauté économique européenne et la Communauté européenne de l'énergie atomique (9 juillet 1957) ; il accorde au gouvernement les pouvoirs spéciaux en Algérie le 12 novembre 1957. Lors de la crise qui emporte la IVe République, il vote pour l'investiture de Pierre Pflimlin (13 mai 1958), pour la révision de la Constitution (27 mai 1958) puis soutient l'investiture du général de Gaulle (1er juin 1958), de même qu'il accorde, les pleins pouvoirs au gouvernement et vote la révision constitutionnelle le 2 juin 1958.

Au cours de la Ve République, Tony Larue conserve son mandat de député sans discontinuer jusqu'en 1977, date à laquelle il devient sénateur, réélu à cette fonction en 1986. Aux élections législatives de 1978, Laurent Fabius lui succèdera.

Tony Larue disparaît le 5 juillet 1995 dans sa commune ; veuf de Linette Rubier qu'il avait épousée en 1927, il s'était remarié en 1937 avec Francine Alexandre et avait trois enfants. Outre les nombreuses distinctions que lui avait valu son courage pendant la guerre, Tony Larue était chevalier des palmes académiques et du mérite social, chevalier dans l'ordre national de la République du Sénégal, et commandeur de l'Etoile de la Grande Comore.