Paul Rassinier

1906 - 1967

Informations générales
  • Né le 18 mars 1906 à Bermont (Territoire-de-Belfort - France)
  • Décédé le 28 juillet 1967 à Asnières (Hauts-de-Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 12 septembre 1946 au 27 novembre 1946
Département
Territoire-de-Belfort
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie de la IVe République

RASSINIER (Paul, Emile)
Né le 18 mars 1906 à Bermont (Territoire de Belfort)
Décédé le 28 juillet 1967 à Asnières (Seine)

Membre de la seconde Assemblée nationale constituante (Territoire-de-Belfort)

Paul Rassinier est issu d’un milieu rural et conservateur. Sa mère, héritière d’une famille de meuniers, est une catholique pratiquante ; son père, Joseph, est un fermier, qui devient socialiste après son élection au Conseil général de Belfort, dont il est le vice-président de 1922 à 1942. En octobre 1919, Paul Rassinier est admis à l’école primaire supérieure de Luxeuil-les-Bains, dans la Haute-Saône, où il est pensionnaire pendant trois ans. En octobre 1923, il est reçu à l’école normale de Belfort et, rompant avec ses parents, adhère quelques mois plus tard au parti communiste, au moment même où son secrétaire général, Ludovic-Oscar Frossard, vient de le quitter. En 1926, il part pour quinze mois de service militaire au Maroc. A son retour, il se marie une première fois, divorce, et se remarie avec une institutrice, Jeanne, en 1934. Professeur à l’école des garçons du faubourg Montbéliard à Belfort à partir de 1929, il milite au sein du syndicalisme enseignant, à la Fédération unitaire, et appartient dès lors au réseau des instituteurs pacifistes de L’Ecole émancipée. En 1931, il est trésorier de l’Union régionale des syndicats CGTU de Belfort et collabore régulièrement au journal communiste, Le Semeur.
Mais en avril 1932, il est exclu du PCF pour avoir proposé aux socialistes, aux radicaux et à la Ligue des Droits de l’Homme de sa région de former un comité de défense commun en faveur du secrétaire des Jeunesses communistes de Belfort, Lucien Carré, emprisonné en Tunisie pour propagande antimilitariste. Il rejoint alors Boris Souvarine à la Fédération communiste indépendante de l’Est, créée en novembre 1932, et anime son organe Le Travailleur. Peu après le 6 février 1934, au mois de décembre de la même année, dans l’élan du rassemblement antifasciste mais un peu à contrecœur, il finit par adhérer à la SFIO qu’il avait tant vilipendée dans ses articles. Rapidement, il est chargé de remettre sur pied l’hebdomadaire socialiste Germinal et devient l’adjoint du secrétaire fédéral, René Naegelen. Aux législatives de juin 1936, il est le candidat de la SFIO dans la deuxième circonscription de Belfort, mais il est battu par la droite.
Pendant la guerre d’Espagne, par pacifisme, il approuve la non-intervention décidée par le président du conseil socialiste, Léon Blum, et se rapproche du secrétaire général du parti socialiste, Paul Faure. Munichois, il multiplie les appels à la négociation avec Hitler et Mussolini et réclame la révision des traités, dans la revue socialiste Le Territoire, jusqu’à la déclaration de guerre. Dès sa démobilisation, il réintègre son poste d’instituteur dans le Territoire de Belfort, en zone interdite, ce qui lui vaut la clémence du préfet nommé par Vichy qui le maintient à son poste à la rentrée 1940, en dépit de ses activités politiques passées. Mais progressivement, Paul Rassinier entre en résistance et diffuse l’organe clandestin du groupe des Volontaires de la Liberté, La IVème République. A l’automne 1942, il devient le responsable du mouvement Libération-Nord dans sa région. Le 30 novembre 1943, il est arrêté par la Gestapo, et déporté à Buchenwald, puis à Dora.
Paul Rassinier ne rentre que le 18 juin 1945 à Belfort, bien après les premiers combats politiques de la Libération et dans un état de santé très précaire. A trente-neuf ans, il ne peut plus travailler, se sait en sursis et tente de revenir sur la scène politique. Aux élections municipales de Belfort, en août 1945, il mène en vain une violente campagne dans La IVème République contre le maire radical, Pierre Dreyfus-Schmidt, qui est soutenu par les communistes. En octobre, il se représente contre lui pour le siège de député à l’Assemblée nationale constituante, mais est de nouveau battu. Très affaibli, il accepte d’être le second de René Naegelen lors des élections de juin 1946 à la seconde Assemblée nationale constituante. Ce dernier est élu mais démissionne, ce qui permet à Paul Rassinier de lui succéder, le 12 septembre 1946. Il est alors nommé membre de la commission de la presse, de la radio et du cinéma. Mais après une campagne très dure, où ses arguments se teintent d’antisémitisme, il est battu aux législatives de novembre 1946. Il ne recueille que 8 052 voix contre 11 842 pour le MRP Pierre Beauquier, et 11 588 pour son éternel adversaire Pierre Dreyfus-Schmidt, alors à la tête d’une alliance radicale et communiste. Il est encore candidat malheureux au Conseil de la République, le mois suivant. Il quitte alors le Territoire de Belfort avec sa femme et son fils de six ans.
A Mâcon, il participe aux réunions de Citoyens du monde et adhère en 1954 à la nouvelle Fédération anarchiste. Mais il se consacre surtout à l’écriture et aux procès que certains de ses livres suscitent. Ainsi Le mensonge d’Ulysse (1950), préfacé par Albert Paraz, rédacteur de l’hebdomadaire d’extrême-droite Rivarol, accuse les déportés communistes d’avoir commis plus de crimes que les nazis dans les camps et, pour la première fois, met en doute l’existence des chambres à gaz. Cette affaire lui vaut d’être exclu de la SFIO et condamné en justice. A partir de 1961, il publie la plupart de ses ouvrages chez des éditeurs d’extrême droite. Il y développe la thèse que le génocide n’aurait été qu’une escroquerie politico-financière inventée de toutes pièces par les juifs après 1945. Après sa mort survenue le 28 juillet 1967, il est qualifié de père-fondateur du « négationnisme ».