Marcel Ribière

1860 - 1922

Informations générales
  • Né le 19 septembre 1860 à Toucy (Yonne - France)
  • Décédé le 10 octobre 1922 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 20 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Yonne
Groupe
Gauche radicale-socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 24 avril 1910 au 1er février 1913
Département
Yonne
Groupe
Républicains radicaux-socialistes

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 1er janvier 1913 au 1er janvier 1922

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 19 septembre 1860 à Toucy (Yonne), mort le 10 octobre 1922 à Paris (16e).

Député de l'Yonne de 1906 à 1913.

Sénateur de l'Yonne de 1913 à 1922.

Pour Marcel Ribière, les affaires publiques sont des affaires de famille. Son père, Charles, Hippolyte, combat l'Empire au nom des idées républicaines ; puis, préfet de l'Yonne avec l'avènement de la République, il devient, à partir de 1876, l'un des premiers sénateurs du département. Sa sœur épouse Etienne Flandin, fils lui aussi d'un opposant à l'Empire, vice-président du Conseil général, et qui sera député de l'Yonne de 1893 à 1898 et de 1902 à 1909, époque à laquelle il devient sénateur de l'Inde française. Héritier d'une tradition, licencié en droit, avocat, introduit à Paris dans les antichambres du pouvoir (il est alors chef du cabinet du ministre de l'Agriculture), propriétaire foncier dans son terroir, Marcel Ribière est déjà un notable, lorsqu'à 26 ans il sollicite de ses concitoyens son premier mandat électif. Le décès de Paul Bert, qui ouvre une vacance au Conseil général de l'Yonne lui en fournit l'occasion : le 30 janvier 1887, il est élu à l'assemblée départementale. Trente-cinq années durant - jusqu'à sa mort, il y représentera le canton de Toucy. Mandat fécond : il fera notamment adopter dans l'Auxerrois un réseau de communications ferroviaires à traction électrique fort en avance sur le temps. Ses collègues ne s'y trompaient pas qui l'élisent à la commission départementale, puis à leur vice-présidence.

Moins heureux comme édile de la ville d'Auxerre, il éprouvera, à la consultation de 1895, l'amertume de ne pas être reconduit au conseil de la cité qu'il présidait depuis le 1er août 1894. Au demeurant, s'il se retrouve au conseil de la ville, après les élections de 1900, ne sera-ce que pour un mandat sans prolongement.

Paradoxalement, c'est dans les assemblées parlementaires qu'il trouvera compensation à ses déboires municipaux. Il est vrai que, s'il ne se distingue pas par des brillantes interventions à la tribune, son soutien aux gouvernements de ses amis républicains par ses suffrages, quand ce n'est pas par l'initiative de quelque ordre du jour favorable, ne sera jamais marchandé.

Après un premier succès, au scrutin de ballottage du 20 mai 1906, par 6.487 voix contre 4.688 à son concurrent le plus dangereux, le « socialiste révolutionnaire » Camelinat, dans la 2e circonscription d'Auxerre, Marcel Ribière est réélu au premier tour le 24 avril 1910, recueillant plus que le double des voix réunies par son suivant Boullé (6.548 voix contre 2.012 sur 10.363 votants). De même lorsqu'il abandonnera son banc de député pour aller occuper le siège de sénateur laissé vacant par le décès de Félix Besnard, en battant son concurrent Loup, député de la circonscription de Joigny par 441 voix contre 231 sur 816 suffrages exprimés, il aura la satisfaction d'être confirmé dans ce nouveau mandat au renouvellement triennal du 11 janvier 1920. Il est, en effet, réélu dès le premier tour en compagnie de Bienvenu Martin et Lucien Cornet. La mort, qui surviendra le 11 octobre 1922 mettra fin à cette heureuse carrière.

Homme d'une fidélité, député, il appartient au groupe de la gauche radicale socialiste de la Chambre, sénateur, à celui de la gauche démocratique qui réunit les radicaux socialistes du Luxembourg. Mais peut-être est-ce encore sa longue présidence de la fédération des mutualités scolaires de l'Yonne ou celle de la ligue auxerroise des droits de l'homme et du citoyen qui expriment le mieux son attachement au développement de toutes les solidarités sociales et aux principes de la philosophie républicaine.

Marcel Ribière était chevalier de la Légion d'honneur.