Joseph Vidal

1933 - 2020

Informations générales
  • Né le 5 mars 1933 à Lavalette (Aude - France)
  • Décédé le 9 juillet 2020 à Carcassonne (Aude - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIe législature
Mandat
Du 3 avril 1978 au 22 mai 1981
Département
Aude
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 2 juillet 1981 au 1 avril 1986
Département
Aude
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IXe législature
Mandat
Du 13 juin 1988 au 1 avril 1993
Département
Aude
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie de la Ve République


Député de l'Aude de 1978 à 1986 puis de 1988 à 1993

Joseph Etienne Antoine Vidal naît le 5 mars 1933, au sein d’une famille de viticulteurs de la commune de Lavalette, dans le nord-ouest du département de l'Aude.

Titulaire du certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement technique (CAPET), obtenu à l’Ecole normale supérieure de l’enseignement technique de Cachan, Joseph Vidal exerce comme professeur, après un service militaire de 28 mois, effectué avant 1956 (il sera sergent de réserve). Il enseigne la construction mécanique dans un lycée technique à Toulouse puis à Carcassonne, durant 17 années, et adhère au Syndicat national de l'enseignement technique, de 1956 à 1978. Marié à Gisèle Sacaze, institutrice, il est père de deux enfants.

Joseph Vidal s’engage en politique à la fin des années 1960 sous la bannière socialiste. Il exerce un premier mandat local à compter du 15 mars 1970, comme conseiller général du canton de Montréal, qu’il conserve jusqu’en 2008. Il est ensuite élu conseiller municipal de la commune de Lavalette en mars 1977. Il s’implique parallèlement dans le champ du logement social devenant président de l'Office public HLM de l'Aude, en 1974. À ce titre, il siège au conseil fédéral de l’Union nationale des HLM au début des années 1980 et il préside de l’Union régionale des organismes HLM à la fin de la même décennie.

Lors des élections législatives de mars 1978, Joseph Vidal est investi par le Parti socialiste (PS) dans la 1re circonscription de l’Aude, pour prendre la suite du député socialiste sortant Antoine Gayraud, maire de Carcassonne depuis 1968. Cette élection se présente favorablement au sein d’un département dont les trois circonscriptions sont tenues depuis de longues années par des élus socialistes. Joseph Vidal a pour suppléant Antoine Azeau, contrôleur de la Mutualité sociale agricole, maire de Marseillette et conseiller général du canton audois de Capendu.

Joseph Vidal fait face à six autres candidats. A l’issue du premier tour, le 12 mars, il arrive en tête avec 31,77 % des 55 594 suffrages exprimés, devançant deux autres candidats qualifiés pour le second tour : le communiste Maurice Martin (29,68 %) et le candidat du Rassemblement pour la République (RPR) Raymond Chésa (24,13 %). Le 19 mars, grâce au retrait de Maurice Martin, décidé par le Parti communiste français (PCF), en application de l’accord du désistement réciproque, Joseph Vidal remporte largement le second tour avec 61,05 % des 56 254 suffrages exprimés : il devance Raymond Chésa de plus de 13 000 voix.

A l’Assemblée nationale, Joseph Vidal s’inscrit au groupe socialiste. Il est membre de la commission de la production et des échanges. Il présente une proposition de loi pour le développement du chauffage solaire, en décembre 1980, et trois questions au gouvernement : sur la situation des transports scolaires dans l'Aude (18 avril 1978), sur les difficultés financières des offices publics de HLM (21 mai 1980) mais aussi, à l’image de sa proposition de loi de 1980, sur l’utilisation de l’énergie solaire (19 décembre 1979). Il illustre ses propos en prenant l’exemple du chauffage solaire mis en place par l’office HLM de Carcassonne.

Joseph Vidal intervient aussi lors de l’examen des projets de loi de finances. Ses interventions portent sur la place économique mais aussi sur les difficultés de l’artisanat, qu’il s’agisse de la fiscalité (17 novembre 1978) ou de l’accès aux prêts bancaires (24 octobre 1979). Le 15 octobre et le 6 novembre 1980, au sujet du projet de loi de finances pour 1981, il aborde le soutien aux offices HLM, la fiscalité du vin et des alcools (objets d’augmentation de taxes qu’il juge excessives et qui ne permettent pas à ses yeux de résoudre le problème de l'alcoolisme), ainsi que l’insuffisance de l'accroissement des effectifs des chercheurs et des moyens alloués à l’Institut national de recherche agronomique.

Le 14 décembre 1978, à la suite d’une déclaration du gouvernement sur les orientations de la politique agricole, il prend la parole pour le groupe socialiste, insistant sur la question des revenus agricoles, en stagnation malgré l’accroissement des rendements. Il pointe notamment la nécessité de rendre l'agriculture française plus compétitive sur les marchés extérieurs en favorisant la transformation des produits. Il aborde à nouveau ce sujet le 12 décembre 1979, soulignant la crise de la viticulture méridionale et appelant de ses vœux la création d’offices par produits, tel un office du vin, pour structurer les marchés.

Sur le plan territorial, Joseph Vidal siège au Conseil régional du Languedoc-Roussillon, à compter de 1978. Lors des élections législatives de juin 1981, toujours suppléé par Antoine Azeau, il est réélu député dès le premier tour, le 14 juin. Il obtient 50,19 % des 49 130 suffrages exprimés, loin devant la candidate Nicole Bertrou pour l’Union pour la démocratie française (UDF) qui recueille 25,68 %, le communiste Maurice Martin (22,43 %) et un candidat de Lutte ouvrière, Maurice Poujade (1,70 %).

Durant ce nouveau mandat, Joseph Vidal reste inscrit au groupe socialiste et retrouve la commission de la production et des échanges. Il est nommé membre du comité national interprofessionnel pour les économies d'énergie (octobre 1981). Il prend la parole en séance publique lors de l’examen des projets de lois de finances pour 1982 et 1983, sur le thème du financement du logement social (12 novembre 1981) et de l’amélioration de l’habitat (4 novembre 1982. Il pose aussi une question au gouvernement, sur la crise de la viticulture méridionale (18 avril 1984).

Sur le plan local, Joseph Vidal devient vice-président du conseil général de l’Aude, le 14 mars 1982. Au conseil régional du Languedoc-Roussillon, où il côtoie Georges Frêche, il préside la commission des affaires économiques.

A l’approche des élections municipales de mars 1983, Joseph Vidal, jusqu’alors conseiller municipal de Lavalette, se porte candidat pour la mairie de Carcassonne. Celle-ci était dirigée par le socialiste Fernand Ancely, élu maire après le décès du maire Antoine Gayraud, prédécesseur de Joseph Vidal à l’Assemblée nationale, survenu le 18 mars 1981. Le bureau national du Parti socialiste valide la candidature de Joseph Vidal, sous la bannière de l’Union de la gauche avec les communistes. Fernand Ancely monte toutefois une liste dissidente, sur fond de dissensions au sein de la section socialiste locale. Au soir du premier tour, le 6 mars, l’ensemble des voix de gauche représente près de 60 % des suffrages. Arrivé derrière Joseph Vidal (34,18 %), Fernand Ancely (15,51 %) ne se maintient pas au second tour mais ne donne pas de consignes de vote. La liste d’union de la droite menée par Raymond Chésa, candidat RPR malheureux face à Joseph Vidal aux législatives de 1978, crée la surprise le 13 mars en remportant le second tour. Joseph Vidal ne sera que simple conseiller municipal.

Lors des élections législatives du 16 mars 1986, au scrutin proportionnel départemental, Joseph Vidal arrive en troisième position sur la liste socialiste conduite par le député sortant et maire de Durban-Corbières, Régis Barailla. La liste socialiste arrive en tête, avec 41,23 % des 171 635 suffrages exprimés, mais n’obtient que deux des trois sièges à pourvoir. Le troisième siège revient à Jean-Pierre Cassabel, maire de Castelnaudary et tête de liste du RPR. Jean-Pierre Cassabel décède le 29 octobre 1987 et est alors remplacé par son suppléant, Gérard Larrat.

Joseph Vidal se porte une nouvelle fois candidat lors des élections législatives de juin 1988, à nouveau au scrutin majoritaire, dans la première circonscription de l’Aude. Suppléé par Marcel Rainaud, maire de Talairan, il est opposé à trois autres candidats : le député sortant Gérard Larrat pour l’UDF, le communiste Henry Garino et le candidat du Front national (FN) Henri Escortell. Au soir du premier tour, le 5 juin, Joseph Vidal est largement en tête, avec 45,85 % des 43 397 suffrages exprimés, malgré une forte abstention. Le 12 juin, au second tour, il distance Gérard Larrat de plus de 10 000 voix, obtenant 61,55 % des 45 078 suffrages exprimés.

De retour à l’Assemblée nationale, Joseph Vidal retrouve le groupe socialiste, ainsi que la commission de la production et des échanges. Il pose trois questions au gouvernement : sur la crise viticole (4 avril 1991), sur la situation de la Société des mines et des produits chimiques de Salsigne gérant le site d’extraction d’or du même nom dans l’Aude et qui est mise en liquidation en 1992 (18 avril 1990 et 10 octobre 1991).

Joseph Vidal se représente une nouvelle fois, lors des élections législatives de mars 1993, avec toujours pour suppléant Marcel Rainaud, devenu conseiller général. Outre cinq candidats écologistes, sans étiquette ou Divers droite, Joseph Vidal retrouve Gérard Larrat pour l’UDF, le communiste Henry Garino et le candidat du Front national Henri Escortell. Le 21 mars, Gérard Larrat prend cette fois-ci l’avantage, obtenant 31,48 % des 43 074 suffrages exprimés, devançant nettement Joseph Vidal (26,49 %). Cette tendance se confirme le 28 mars : Gérard Larrat bat Joseph Vidal avec 51,35 % des 48 158 suffrages exprimés.

Joseph Vidal ne brigue plus ensuite de mandat parlementaire. Il siège au conseil général de l’Aude jusqu’en mars 2008, tout en continuant d’occuper des fonctions dans les organismes de logements sociaux locaux et régionaux.

Il décède dans la nuit du 8 au 9 juillet 2020 à l’âge de 87 ans. Ses obsèques ont lieu à la cathédrale Saint-Michel de Carcassonne, le 13 juillet. S’y retrouvent pour un hommage républicain à l’ancien élu socialiste, l’ancien député UDF et rival Gérard Larrat, et ses deux successeurs au Palais-Bourbon, le socialiste Jean-Claude Pérez et, enfin, Danièle Hérin, la députée La République en marche élue en 2017.
Joseph Vidal repose au cimetière de Lavalette, son village de naissance. Il a été nommé chevalier de la Légion d'honneur en 2002.