Antonin, Germain Lefèvre-Pontalis

1830 - 1903

Informations générales
  • Né le 19 août 1830 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 19 avril 1903 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Second Empire - Corps législatif
Législature
IVe législature
Mandat
Du 23 mai 1869 au 4 septembre 1870
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Gauche
Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 8 février 1871 au 7 mars 1876
Département
Seine-et-Oise
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 octobre 1885 au 14 octobre 1889
Département
Nord
Groupe
Union des Droites

Biographies

Député au Corps législatif de 1869 à 1870, représentant en 1871, député de 1885 à 1889, né à Paris le 19 août 1830, fils d'un ancien notaire de cette ville, descendant par sa mère du célèbre architecte Soufflot, et dont le grand-père maternel siégea au Corps législatif du Premier Empire, il fit de très brillantes études classiques au collège Bourbon, prit sa licence ès-lettres (août 1852) et fut reçu docteur en droit en 1855, avec une thèse remarquée sur la Condition légale de la femme mariée.

Déjà auditeur au conseil d'Etat (1852), il devint auditeur de première classe en 1857, et collabora à la Revue des Deux-mondes, au Journal des Débats, où il fit alors, dans les rangs du parti conservateur libéral, une opposition modérée à l'Empire. Il quitta le conseil d'Etat pour se présenter, le 31 mai 1863, comme candidat indépendant au Corps législatif, dans la 3e circonscription de Seine-et-Oise, où il réunit 13 412 voix contre 16 657 à l'élu, M. Dambry, candidat officiel, député sortant.

Diverses publications importantes, comme la Hollande au XVIIe siècle, Les lois et les mœurs électorales en France et en Angleterre (1864), La liberté individuelle, achevèrent de le mettre en évidence.

Il se présenta aux élections législatives du 24 mai 1869, dans la même circonscription, avec un très grand nombre de concurrents : MM. Eugène Rendu, Léon Say, Grégory Ganesco, le duc d'Ayen, etc. ; mais, ayant obtenu au premier tour 11 493 voix contre 11 526 à M. Eugène Rendu, candidat officiel, il engagea avec succès la lutte au scrutin de ballottage : 15 593 voix sur 30 307 votants et 34 867 inscrits, contre 14 505 à M. Eugène Rendu, l'envoyèrent siéger au Corps législatif.

Il prit place au centre, dans le tiers-parti, fut un des premiers signataires de la demande d'interpellation des 116 (juillet 1869), parla, dans la session de 1870, sur l'enquête agricole, sur le budget de l'instruction publique, sur l'amélioration du traitement des instituteurs, sur l'élection des maires par les conseils municipaux, et, après la chute de l'Empire, se prononça pour la prompte convocation d'une Assemblée nationale.

Elu, le 8 février 1871, représentant de Seine-et-Oise à l'Assemblée nationale, le 3e sur 11, par 25 472 voix (53 390 votants, 123 875 inscrits), il se fit inscrire à la réunion présidée par M. Feray, demanda (février 1872) la nomination d'une commission chargée d'examiner les projets de libération du territoire, et soutint jusqu'au 24 mai le gouvernement de Thiers ; sous le ministère de Broglie, il se rapprocha de la droite, avec laquelle il vota pour le septennat, et se rallia à l'amendement Wallon, ainsi qu'à l'ensemble des lois constitutionnelles. À deux reprises, il fut chargé des rapports sur l'organisation et les attributions du Sénat. Membre de plusieurs commissions importantes, notamment de celle des finances et des lois constitutionnelles, il fut rapporteur du projet de loi Savary sur les conditions d'éligibilité, et prit la parole dans plusieurs discussions, sur les lois concernant les conseils municipaux, les conseils généraux, le Conseil d'Etat, l'organisation de la magistrature, la suppression de la mairie centrale de Lyon, la loi électorale, etc.

Il fut porté, en décembre 1875, sur la liste des sénateurs inamovibles qui fut battue par la liste de gauche, et fit partie du conseil supérieur de commerce, de l'agriculture et de l'industrie.

Aux élections législatives du 20 février 1876, il fut le candidat du parti conservateur dans la 1re circonscription d'Avesnes (Nord), où il réunit 7 633 voix contre 8,484 à l'élu républicain, M. Guillemin.

De nouveau candidat, avec l'appui du maréchal de Mac-Mahon, le 14 octobre 1877, dans le même collège, il échoua avec 8 791 voix contre 9 279 au député sortant, un des 363, M. Guillemin.

Mais, les élections du 4 octobre 1885 ramenèrent M. Lefèvre-Pontalis au Parlement : inscrit sur la liste conservatrice du Nord, il passa, au premier tour de scrutin, le 12e sur 20, avec 161 653 voix (292 696 votants, 348,224 inscrits). Il prit place au centre droit, parut plusieurs fois à la tribune, proposa sans succès (20 février) avec M. Lockroy que les élections au scrutin de liste n'eussent lieu que lorsque plusieurs sièges seraient vacants, demanda vainement la réduction de l'indemnité parlementaire, combattit (mars 1886) la proposition relative à l'expulsion des princes, ainsi que l'indemnité demandée pour les victimes du 24 février 1848, réclama l'intervention des conseils municipaux dans le choix des instituteurs et des institutrices laïques ou congréganistes, présenta et défendit (29 novembre 1888 et 19 janvier 1889) deux amendements à la loi militaire, l'une en faveur des dispenses intéressant les écoles françaises d'Orient ou d'Afrique et les œuvres des missions, l'autre tendant à verser les étudiants en médecine et les ecclésiastiques dans le service de santé en cas de mobilisation (rejeté par 329 voix contre 227). Il proposa et fit voter la loi contre les cris publics, préconisa le vote sous enveloppe, parla dans la discussion sur le transfert au Panthéon des cendres de Carnot et de Baudin, intervint dans les débats relatifs au rétablissement du scrutin d'arrondissement et à l'organisation de la Haute Cour de justice, et fut chargé (1888) du rapport sur le budget de la Chambre, où il proposa d'importantes économies, et du rapport qui concluait contre le mandat impératif qu'il représenta comme contraire au régime parlementaire. M. Lefévre-Pontalis a voté :
- contre la politique coloniale et scolaire des ministères républicains,

et, en dernier lieu,

- contre le rétablissement du scrutin d'arrondissement (11 février 1889),
- pour l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution,
- contre les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes,
- contre le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse,
- contre les poursuites contre le général Boulanger.

M. Lefèvre-Pontalis a fait paraître, en 2 volumes (1885), un ouvrage sur le grand pensionnaire Jean de Witt, couronné par l'Académie française, et a été élu, au premier tour, le 2 juin 1888, membre de l'Académie des sciences morales et politiques.


Né le 19 août 1830 à Paris, mort le 19 avril 1903 à Paris.

Député au Corps législatif de 1869 à 1870. Représentant du Nord de 1871 à 1876. Député du Nord de 1885 à 1889. (Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. IV, p. 54.)

Antonin Lefèvre-Pontalis, qui s'était montré hostile au rétablissement du scrutin d'arrondissement fut battu aux élections générales de l'automne 1889 dans la 1re circonscription d'Avesnes : en tête au premier tour, il fut distancé au scrutin de ballottage par Hiroux, élu avec 7.135 voix sur 13.786 votants contre 6.558. Arguant de violences exercées contre lui et ses partisans et de pressions sur certains électeurs ouvriers, il tenta sans succès de faire invalider l'élection de Jules Hiroux.

Il abandonna dès lors la scène politique pour se consacrer à ses travaux historiques et académiques.

Il mourut le 19 avril 1903 à Paris, à l'âge de 73 ans.