Melvil Bloncourt

1823 - 1880

Informations générales
  • Né le 23 novembre 1823 à Pointe-à-pitre (Guadeloupe - France)
  • Décédé le 9 novembre 1880 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 9 avril 1871 au 9 décembre 1874
Département
Guadeloupe
Groupe
Extrême-gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant en 1871, né à la Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) le 23 novembre 1823, mort à Paris le 9 novembre 1880, il fit ses études au collège Louis-le-Grand à Paris et suivit ensuite les cours de l'Ecole de droit. Etant étudiant, il contribua, avec Ferdinand Gambon et plusieurs autres de ses camarades, à la fondation du Journal des Ecoles, organe radical de la jeunesse démocratique. Il fut aussi un des promoteurs de la conférence Montesquieu (1846), où se discutaient des questions de législation et d'économie sociale.

Après avoir pris une part active, comme représentant des écoles, à la campagne réformiste, il se mêla au mouvement révolutionnaire de 1848, collabora à divers journaux républicains avancés, la Vraie République, le Peuple, la Voix du Peuple, et commença (1859) la publication d'une vaste encyclopédie de la tribune française de 1789 à nos jours sous le titre la France parlementaire. Mais ce recueil fut supprimé par le coup d'Etat de 1851, et son auteur, arrêté, subit quelques jours de détention à la Conciergerie.

Etranger, sous l'Empire, à la politique militante, M. Melvil-Bloncourt se consacra spécialement à l'étude des questions coloniales ; en même temps, il fournissait de nombreux articles à la Biographie générale de Didot, au Dictionnaire universel de M. Lachâtre, au Dictionnaire de Larousse, au Dictionnaire des communes de France de Joanne.

Candidat, le 9 avril 1871, à l'Assemblée nationale, pour la colonie de la Guadeloupe, il en fut élu représentant, le 1er sur 2, par 3 322 voix (5 620 votants, 29 722 inscrits). Mais, au lieu de prendre séance à Bordeaux et à Versailles, M. Melvil-Bloncourt accepta de la Commune de Paris la direction des engagements pour les bataillons de marche et d'artillerie ; il conserva ces fonctions jusqu'au 15 mai. L'insurrection vaincue, il alla siéger à l'extrême gauche de l'Assemblée nationale, et vota :
- contre le pouvoir constituant,
- pour la dissolution,
- contre le gouvernement du 24 mai,
- contre le septennat, etc.

Il pensait avoir échappé aux poursuites exercées contre les auteurs de l'insurrection communaliste, lorsqu'une lettre du général du Barrail, ministre de la Guerre, fit part (5 février 1874) à l'Assemblée nationale du rôle joué en 1871 à Paris par le député de la Guadeloupe. À cette lettre était jointe une demande en autorisation de poursuites formulée par le général de Ladmirault, gouverneur de Paris :

« Je crois devoir appeler votre attention, écrivait le général, sur les faits suivants, desquels il résulte qu'un membre de l'Assemblée nationale est assez sérieusement compromis dans l'insurrection de la Commune pour qu'il puisse être l'objet de poursuites devant un conseil de guerre.... M. Melvil-Bloncourt a prêté son concours à la Commune dans les conditions suivantes : 1° le 5 avril 1871, il fut chargé, par décision du membre de la Commune délégué à la guerre, de la direction des engagements pour les bataillons de marche et d'artillerie; 2e ce même jour, il a pris possession de son poste au ministère de la Guerre, pavillon du ministre, et 23 pièces, - dont 16 revêtues de sa signature, - certifient qu'il a réellement exercé jusqu'au 16 mai 1871 inclus les fonctions de chef du service des enrôlements ; ces pièces portent presque toutes comme en tête : « ordre du citoyen Cluseret, délégué à la guerre... »

L'autorisation de poursuivre fut votée le 27 février 1874, par 532 voix contre 64. M. Melvil-Bloncourt, qui était parti pour Genève quelques jours auparavant, fut condamné par contumace à la peine de mort (5 juin 1874) et déchu de son mandat de représentant le 9 décembre suivant, par un vote de l'Assemblée.

Il vécut dès lors obscurément en Suisse, et revint mourir à Paris après l'amnistie (1880).