Amédée Lefèvre-Pontalis

1833 - 1901

Informations générales
  • Né le 20 juin 1833 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 28 avril 1901 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 8 février 1871 au 7 mars 1876
Département
Eure-et-Loir
Groupe
Union des Droites

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant en 1871, né à Paris le 20 juin 1833, et décédé dans cette même ville le 28 avril 1901, frère de Germain Antonin Lefèvre-Pontalis qui fut député au Corps législatif, représentant en 1871 et député de 1885 à 1889, il fit de brillantes études classiques et suivit les cours de la faculté de droit de Paris.

En 1855, l'année même où il fut reçu avocat, il débuta dans les lettres par un discours sur les écrits du duc de Saint-Simon, qui obtint le prix d'éloquence à l'Académie française. L'Académie avait proposé ce sujet dès 1854, mais elle n'avait pas cru devoir décerner de récompense cette année-là, et M. Villemain, secrétaire perpétuel, écrivit à ce propos, dans son rapport : « Il faut un grand travail pour répondre à son appel et pour la justifier de l'avoir fait; il faut ce sérieux précoce qui vient par l'ardeur de l'étude et qui colore de la vérité même des faits la réflexion et le style d'un jeune écrivain. » M. Amédée Lefèvre-Pontalis concourut et partagea le prix avec M. Eugène Poitou, conseiller à la cour d'appel d'Angers. « L'auteur, écrivit encore M. Villemain, a su bien louer à la fois Saint-Simon et Louis XIV ; et il réunit quelques vues saines et nouvelles en histoire à l'admiration finement instructive d'une des œuvres de notre grande prose française du XVIIIe siècle. » Ces succès académiques ouvrirent à M. Amédée Lefèvre-Pontalis l'accès de la Revue des Deux-mondes où il publia quelques études sur Chateaubriand, etc ..., il collabora aussi au Correspondant. Il avait donné en librairie un ouvrage intitulé la Liberté de l'histoire (1860), et s'était acquis, dans les cercles légitimistes, une certaine notoriété, lorsqu'il fut désigné, après la chute de l'Empire, par les conservateurs d'Eure-et-Loir, comme candidat à l'Assemblée nationale.

Elu, le 8 février 1871, le 3e sur 6, par 27,964 voix (54,301 votants, 85,164 inscrits), il prit place à droite, fit partie du bureau de la réunion des Réservoirs, prit une part active aux tentatives de restauration monarchique (1873), réclama une indemnité exceptionnelle pour la ville de Châteaudun, fit partie des commissions de décentralisation, d'enquête sur les établissements pénitentiaires, de la commission des Trente, des commissions de l'organisation municipale de Paris, des délits politiques, du jury en matière de presse, de la restitution des biens de la famille d'Orléans, etc. Rapporteur du projet Raudot portant suppression des conseils de préfecture (1872), du projet de prorogation de l'Assemblée (1875), il parla dans les discussions sur les conseils généraux (juillet 1871), sur la nomination des maires (janvier 1874), sur les conseils municipaux (juin-juillet), sur le mode d'élection des sénateurs (21 juillet 1875), combattit la proposition Rivet (août 1871), et, dans un discours qui fut très remarqué, demanda (10 mars 1873), lors de la discussion sur les attributions des pouvoirs publics, qu'on sortît du provisoire et qu'on se prononçât résolument entre la monarchie et la république. Il vota :

- pour la paix,
- pour les prières publiques,
- pour l'abrogation des lois d'exil,
- pour le pouvoir constituant de l'Assemblée,
- contre la dissolution,
- pour la chute de Thiers au 24 mai,
- pour le septennat,
- pour l'état de siège,
- pour la loi des maires,
- pour le ministère de Broglie,
- contre les amendements Wallon et Pascal Duprat
- et contre l'ensemble des lois constitutionnelles.

M. Amédée Lefèvre-Pontalis déposa une proposition tendant à ordonner la révision de tous les décrets législatifs du gouvernement de la Défense nationale. Après la dissolution de l'Assemblée, il se représenta, le 20 février 1876, comme candidat monarchiste, dans l'arrondissement de Châteaudun, où il n'obtint que 3,907 voix contre 10,510 à M. Dreux, républicain, élu. Devenu, aux élections du 14 octobre 1877, le candidat officiel du maréchal de Mac-Mahon, il réunit en cette qualité 4,226 voix contre 11,074 au même concurrent, M. Dreux, des 363, réélu. Porté, le 4 octobre 1885, sur la liste conservatrice d'Eure-et-Loir, il échoua avec 25,146 suffrages sur 63,940 votants.

Président du comité conservateur de Châteaudun, vice-président de la Société d'agriculture, président du comité des écoles libres d'Eure-et-Loir, il s'est retiré du barreau en 1876, et a accepté les fonctions de président du conseil d'administration des mines de la Loire, d'administrateur des Messageries maritimes, des Messageries nationales, de la Société générale, et de censeur de la Société de Crédit industriel et commercial.