Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 2 avril 1973 au 2 avril 1978
Département
Allier
Groupe
Non inscrit

Biographies

Biographie de la Ve République

BRUN (Maurice)
Né le 2 juillet 1925 à Montluçon (Allier)
Décédé le 5 août 2021 à Désertines (Allier)

Député de l’Allier de 1973 à 1978

Maurice Brun est membre d’une famille originaire de l’Allier, de Montluçon et de Commentry. Son père, Paul Brun, est d’abord avocat puis s’installe en tant qu’avoué à Montluçon entre les deux guerres mondiales. Maurice Brun est scolarisé au lycée de Montluçon et obtient son baccalauréat en 1943. Dans son lycée, il côtoie Pierre Kaan, professeur de philosophie, résistant décédé à la suite de sa déportation au camp de Buchenwald. Chrétien pratiquant, Maurice Brun s’engage, de 1941 à 1957, dans la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC), puis la Jeunesse indépendante chrétienne (JIC). Il y est respectivement responsable de section puis responsable fédéral. Il y rencontre notamment un homme qui l’influence fortement, le père Dillard, déporté au camp de Dachau où il décèdera. Maurice Brun suit, dans l’enseignement supérieur, des études de droit à Clermont-Ferrand, puis à Paris. Après l’obtention de sa licence et du certificat d’aptitude à la profession d’avocat, il exerce au barreau de Montluçon entre 1945 à 1951 avant de reprendre l’étude d’avoué de son père. Il redevient avocat en 1972 après la fusion des professions d’avoués et d’avocats. Au titre de ces diverses fonctions, il est successivement délégué local au sein de la Fédération des avoués, puis de la Confédération syndicale des avocats et bâtonnier de l’Ordre des avocats à Montluçon.

Sur le plan politique, Maurice Brun s’investit jeune dans la vie locale en étant élu conseiller municipal de la ville de Montluçon en 1950, sur une liste conduite par André Guy, un magistrat proche des idées chrétiennes. Il devient adjoint au maire en 1953 et le demeure jusqu’en 1959. Cette même année, il se retire de la vie politique locale à la suite de différends avec certains cadres socialistes de la ville, avant de retrouver un siège en 1971, élu sur la liste de Jean Nègre, dont il devient le deuxième adjoint. Entre-temps, il est administrateur de la Caisse d’allocation familiale de son département, de 1967 à 1971. Il préside l’Office public d’HLM de Montluçon dès 1971 et est élu maire de la ville en 1972, après le décès de son prédécesseur. La même année, il est élu au conseil général de l’Allier et en devient vice-président. Concomitamment, il devient président du conseil d’administration du Centre hospitalier général de l’Allier et président du conseil d’administration de l’Ecole départementale d’infirmière ; en 1973, il préside le Syndicat intercommunal d’industrialisation Montluçon-Domérat.

Lors des élections législatives de 1973, Maurice Brun se porte candidat, sous l’étiquette de Socialiste indépendant, dans la deuxième circonscription de l’Allier, dont le député sortant est Henri Védrines, candidat du Parti communiste français (PCF). Il a pour suppléant André Godard, maire de Treignat et conseiller général. Il est deuxième au premier tour, devançant Marie-Thérèse Eyquem du Parti socialiste (PS), et André Bodeaux, candidat Républicain indépendant (RI). Ainsi qualifié pour le second tour, Maurice Brun s’impose avec 50,84 % des suffrages exprimés et 900 voix d’avance sur le député sortant. A l’Assemblée nationale, il siège au sein de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République. Il n’intègre cependant aucun groupe parlementaire, demeurant non inscrit durant toute la législature. Lors du scrutin du 20 décembre 1974, Maurice Brun vote le projet de loi « Veil » relatif à l’interruption volontaire de grossesse. Du reste, son activité législative s’oriente essentiellement autour des questions relatives au fonctionnement du service public de la justice ainsi qu’en témoigne sa participation aux travaux de dix commissions mixtes paritaires instituées à propos de réformes juridiques et juridictionnelles (modernisation de la fiscalité, loi d’amnistie, indemnisation des préjudices, aménagement des délais de forclusion en matière procédurale, réforme du divorce, gratuité des actes de la justice, protection des consommateurs, loi informatique et liberté, responsabilité civile et assurance en matière de construction). Toujours sur ce thème, Maurice Brun intervient régulièrement en séance publique, insistant sur le « visage humain de la justice » et plaidant pour des moyens humains et techniques supplémentaires. Outre ce domaine de prédilection à propos duquel son expertise est appréciée, Maurice Brun s’intéresse également à la solidarité (développement des allocations destinées aux personnes atteintes de handicap, mise en avant des difficultés économiques et sociales à Montluçon) et à l’aménagement du territoire (tracé de l’autoroute A 71).

Au titre de ce mandat parlementaire, Maurice Brun siège au conseil régional d’Auvergne, dont il est vice-président en 1974. Parallèlement, il est aussi membre du comité directeur de la Fédération des socialistes démocrates (FSD).

En 1977, Maurice Brun connaît un premier revers aux élections municipales : sa liste (FSD) est nettement battue par celle de l’Union de la Gauche qui porte le communiste Pierre Goldberg à la mairie de Montluçon. L’année suivante, Maurice Brun se porte candidat à sa succession aux élections législatives sous l’étiquette Divers droite. Le Rassemblement pour la République (RPR) présente un candidat, Jean-Pierre Goulemot. S’il se qualifie pour le second tour avec 26,62 % des suffrages exprimés, Maurice Brun s’incline dans un duel contre Pierre Goldberg (PCF), ne recueillant que 44,88 % des voix. Maurice Brun poursuit cependant sa carrière politique au plan local : constamment réélu aux élections cantonales, il continue de siéger au conseil général de l’Allier (étant notamment rapporteur général du budget pour l’année 1982). Il se retire de la vie politique en 1994 et met son temps libre au service de la collectivité en devenant conciliateur de justice à titre bénévole. Fidèle à ses engagements humanistes, il accueille à son domicile de Montluçon en 2016, peu de temps après le décès de son épouse, un couple de réfugiés syriens.

Maurice Brun décède, à l’âge de 96 ans, le 5 août 2021 à Désertines dans l’Allier. Veuf depuis 2016, il avait été marié à Ginette Cotte, professeur de philosophie au lycée Madame de Staël à Montluçon. Il était père de trois enfants.