Albert Catalifaud

1915 - 2000

Informations générales
  • Né le 1 avril 1915 à Le vigen (Haute-Vienne - France)
  • Décédé le 11 avril 2000 à La fère (Aisne - )

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Aisne
Groupe
Union pour la nouvelle République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Aisne
Groupe
Union pour la nouvelle République-UDT
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Aisne
Groupe
Union démocratique pour la V° République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 23 juin 1968 au 1 avril 1973
Département
Aisne
Groupe
Union des démocrates pour la République

Biographies

Biographie de la Ve République

CATALIFAUD (Albert)
Né le 1er avril 1915 à Le Vigen (Haute-Vienne)
Décédé le 11 avril 2000 à La Fère (Aisne)
Député de l’Aisne de 1958 à 1973

Albert Catalifaud nait au Vigen, petite commune de la Haute-Vienne, située à onze kilomètres au sud de Limoges, sur la Briance. Il est originaire d’une famille enracinée dans la paysannerie limousine sur plusieurs générations. Ses parents sont instituteurs. Après une école professionnelle à Limoges, il est admis au concours des Arts et métiers à Angers mais entre à l’Ecole des travaux publics à Paris. Il est nommé adjoint technique des Ponts et Chaussées en juillet 1932. Il effectue son service militaire d’avril 1938 à juillet 1940, avant d’être nommé en septembre de la même année ingénieur en travaux publics et ponts et chaussées. Affecté dans l’Aisne, Albert Catalifaud s’établit dans la bourgade de La Fère, à trente kilomètres au sud de Saint-Quentin, célèbre pour avoir abrité l’ancien siège de l’Ecole royale d’artillerie. N’acceptant pas l’Occupation, ce patriote entre dans la Résistance dès 1941. Il rejoint par la suite les Forces françaises libres et les Forces françaises combattantes (FFL-FFC). Après-guerre, il recevra la Croix de guerre 1939-1945 et la Médaille des Combattants volontaires de la Résistance.

Ingénieur subdivisionnaire des Ponts et Chaussées à la Libération, il est nommé en 1949 chef du service construction du département de l’Aisne au sein de la Direction départementale de l’équipement (DDE) et conserve cette fonction jusqu’en 1958. Il s’établit définitivement dans ce département où il assure le contrôle des distributions d’énergie électrique et, de 1956 à 1958, siège comme ingénieur conseil au Comité d’expansion économique et de progrès social. Il préside par ailleurs l’Union sportive laféroise football de 1947 à 1952. Sur le plan politique, Albert Catalifaud est gaulliste depuis la guerre et milite dans les rangs du Rassemblement pour la France (RPF) dès la fondation du mouvement en 1947. Après le retour au pouvoir du général de Gaulle début juin 1958, Abert Catalifaud obtient l’investiture du nouveau parti gaulliste, l’Union pour la nouvelle République-Union démocratique du travail (UNR-UDT) lors des législatives de l’automne 1958, dans la 4e circonscription de l’Aisne (partie ouest de l’arrondissement de Laon et canton de Saint-Simon). Avec l’aide de son suppléant, Lucien Trannoy, huissier de justice, conseiller général du canton de Chauny, il arrive en tête du premier tour avec 28,3 % des voix, devant le communiste Etienne Mansart (25 %). Le report des voix des deux candidats Divers droite (DVD), ayant obtenu au premier tour 19,3 % et 6,6 %, permet au candidat gaulliste de s’imposer nettement au second tour avec 65,9 % des suffrages exprimés. Au Palais-Bourbon, il rejoint le groupe UNR et la commission de la production et des échanges. Il dépose en décembre 1960 une proposition de loi tendant à créer un service technique du génie civil de l'Etat. Chaque année, il intervient lors de l’examen du projet de loi de finances lorsqu’il est question de travaux publics et de transports. Il prend également part aux débats sur des textes de loi relatifs à l’équipement économique général (juin 1959), à l’équipement sportif et socio-éducatif (mai 1961), à l’exécution du IVe Plan (juin 1962) et aux HLM (juin 1962). Il interroge le gouvernement à propos des problèmes agricoles (septembre 1961) et des constructions scolaires (juin 1960). Il vote en faveur du projet de loi autorisant le gouvernement à prendre, par application de l’article 38 de la Constitution (la loi du 4 février 1960), certaines mesures relatives au maintien de l’ordre, à la sauvegarde de l’Etat, à la pacification et à l’administration de l’Algérie. Il ne vote pas la motion de censure du 4 octobre 1962.

Lors des municipales du printemps 1959, Albert Catalifaud est élu maire de La Fère. Il est constamment réélu jusqu’en mars 1989, gérant efficacement cette petite ville de garnison marquée par la présence du 41e régiment d’artillerie de marine. Le général de Gaulle ayant dissout l’Assemblée nationale le 9 octobre 1962, des législatives anticipées sont organisées. Albert Catalifaud se représente sous l’étiquette gaulliste dans la 4e circonscription de l’Aisne. Epaulé par un nouveau suppléant, Paul Bernadet, chef de service, le député sortant se détache facilement au premier tour avec 42,2 % des voix devant son rival communiste de 1958, Etienne Mansart (23,4 %). Trois candidats se retirent du scrutin, un socialiste (16,6 %), un candidat du Mouvement républicain populaire (MRP-6,9 %) et un candidat du Centre national des indépendants et paysans (CNIP-6,3 %). Sa forte avance du premier tour et un réservoir de voix à droite permettent à Albert Catalifaud d’emporter le second tour avec 58,2 % des suffrages exprimés. Il reste fidèle au groupe gaulliste et à la commission de la production et des échanges dont il devient vice-président en décembre 1962. Il est membre de la commission de gestion du Fonds spécial d'investissement routier (dès février 1963) et du Conseil supérieur de l’électricité et du gaz (à partir de mars 1966). Il redépose en juin 1963 sa proposition de loi tendant à créer un service technique du génie civil de l'Etat et présente, en décembre 1964, un rapport sur le tunnel sous la Manche. Chaque automne, il s’implique dans l’examen du projet de loi de finances sur les questions de construction, de travaux publics, de transports, de comptes spéciaux du Trésor et d’agriculture. Il participe aux débats sur des textes de loi relevant de sujets divers : droits de douane d’importation, code des pensions civiles et militaires de retraite, protection des appellations d’origine s’appliquant aux produits industriels…

Lors des législatives du printemps 1967, Albert Catalifaud, secrétaire fédéral départemental et membre du comité central du nouveau parti gaulliste, l’UD-Ve, est investi par cette formation dans la 4e circonscription de l’Aisne. Aidé par son suppléant François Le Blanc, commerçant, adjoint au maire de Chauny, il frôle la réélection dès le premier tour avec 48,3 % des voix, profitant de l’absence d’autres candidats de droite contrairement aux deux scrutions précédents. Mais un contexte politique national compliqué pour la majorité et le retrait du socialiste Charles Marguerite (22,1 %) en faveur du candidat communiste Roland Renard donnent des espoirs à ce dernier. De fait, Albert Catalifaud remporte le second tour mais avec seulement 52,7 % des suffrages exprimés, soit un niveau sensiblement inférieur aux deux éditions précédentes. Il retrouve le groupe gaulliste et la commission de la production et des échanges. Comme lors des législatures précédentes, il participe à l’examen des projets de loi de finances sur les questions d’équipement, d’aménagement du territoire et d’agriculture. En juin 1967, il est rapporteur du projet de loi autorisant la ratification de la convention additionnelle à la Convention internationale concernant le transport des voyageurs et des bagages par chemins de fer relative à la responsabilité du chemin de fer pour la mort et les blessures des voyageurs.

L’Assemblée nationale ayant été dissoute par le général de Gaulle le 30 mai 1968, des législatives anticipées sont organisées en juin. Dans un contexte politique national très favorable au pouvoir gaulliste, Albert Catalifaud, épaulé par son suppléant Michel Deruy, conseiller municipal de Chauny, s’impose dès le premier tour avec 50,7% des suffrages exprimés, loin devant ses trois rivaux communiste, socialiste et PSU. Au Palais-Bourbon, il s’inscrit à nouveau au groupe Union des démocrates pour la République (UDR) et siège à la commission de la production et des échanges. Il est membre de la commission de gestion du Fonds spécial d'investissement routier (dès mai 1970) et de la commission spéciale chargée de vérifier et d'apurer les comptes (à partir d’avril 1972). Chaque année, il participe à l’examen du projet de loi de finances lorsque sont examinés les crédits concernant l’énergie, l’équipement et l’urbanisme, l’aménagement du territoire, le logement, le transport, le sport et les loisirs. Il intervient dans les débats concernant plusieurs textes de loi relatifs aux voies rapides (novembre 1968) et aux principales options commandant la préparation du VIe Plan (juin 1970). Il prend part en octobre 1969 au débat sur la déclaration du gouvernement sur la réforme de la Société nationale des chemins de fer français. Il s’abstient volontairement lors du vote du projet de loi portant création et organisation des régions (la loi du 5 juillet 1972). Président de missions parlementaires sur des questions économiques, le député de l’Aisne multiplie les séjours d’études à l’étranger (Etats-Unis, Caraïbes, Turquie). Il accompagne Alain Peyrefitte lors d’une autre mission en Chine, en juillet 1971, et se rend dans le même cadre au Japon en juillet 1972.

Les législatives du printemps 1973 se présentent sous un jour plus défavorable pour Albert Catalifaud qui doit composer avec une volonté d’alternance dans cette circonscription qu’il représente depuis 1958 et avec l’opposition de gauche alliée au sein du Programme commun. Même s’il se classe en tête du premier tour avec 30,9 % des voix, le candidat UDR se trouve en mauvaise posture face à son rival, le conseiller général communiste de Saint-Simon, Roland Renard, qui le talonne avec 28,7 % des voix et qui peut compter sur une forte réserve de voix à gauche avec le socialiste Yves Brinon (21,9 %). Le report des voix qui s’étaient portées sur le candidat du Mouvement réformateur (12,9 %) est plus incertain. Le 11 mars, le député sortant est battu au second tour avec seulement 48,8 % des suffrages exprimés.

Loin d’abandonner la vie politique après cet échec, Albert Catalifaud, toujours secrétaire fédéral départemental de l’UDR - qui devient le Rassemblement pour la République (RPR) fin 1976 -, se maintient à l’échelon territorial. Il améliore son implantation locale en étant élu, en octobre 1973, conseiller général du canton de La Fère. Il représente ce canton pendant vingt ans, jusqu’en mars 1994. Toujours maire de La Fère, il préside, depuis 1962, le syndicat de communes à vocation multiple (SIVOM) de Chauny-Tergnier-La Fère (il le reste jusqu’en 1994). Il entre enfin au conseil régional de Picardie en 1976. Fort de ses multiples légitimités, Albert Catlifaud se représente aux législatives du printemps 1978 dans la 4e circonscription de l’Aisne. Il essuie toutefois un nouvel échec. Arrivé deuxième du premier tour avec 28,6 % des voix derrière le député sortant, Roland Renard (35 %), il s’incline devant le communiste au second tour en ne rassemblant que 44,5 % des suffrages exprimés, victime indirecte du retrait de la candidate socialiste Catherine Kintzler. Cette nouvelle déconvenue électorale ne sonne pas la fin de la carrière politique d’Albert Catalifaud même s’il renonce définitivement au Palais-Bourbon. Membre du comité central du RPR, le maire de La Fère siège encore au conseil régional de Picardie de 1986 à 1992.

Albert Catalifaud s’éteint le 11 avril 2000 dans la ville dont il a été le maire pendant 31 ans. Marié, père d’un enfant, il était chevalier de la Légion d’honneur.