Jean Chassagne
1921 - 1981
CHASSAGNE Jean
Né le 8 décembre 1921 à Montluçon (Allier)
Décédé le 22 juin 1981 à Tours (Indre-et-Loire)
Député de l’Indre-et-Loire de 1973 à 1976
Jean Lucien Paul Chassagne naît à Montluçon. Il achève ses études à l’école primaire supérieure d’Albi (équivalent d’un collège et du début du lycée avant 1941), y obtenant un brevet élémentaire puis un brevet supérieur.
Il intègre ensuite la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) et y fait carrière, exerçant à la fin des années 1950 la fonction de chef de bureau à la division du personnel de la direction régionale de Tours. Par la suite, il continuera à invoquer sa qualité de cheminot, par exemple lors d’une intervention à l’Assemblée nationale le 5 juin 1975. Il a épousé Madeleine Lebrun, née en 1923. De leur union naîtront quatre enfants.
Jean Chassagne entre en politique, en mars 1959, comme membre de la liste conduite aux élections municipales à Tours par Jean Royer. Ce dernier est député de la 1ère circonscription de l’Indre-et-Loire depuis décembre 1958, apparenté à l’Union pour la nouvelle République (UNR) puis à l’Union des démocrates pour la République. Sa liste l’emporte. Jean Chassagne devient alors adjoint au maire chargé de la construction puis, en mars 1965, premier adjoint jusqu’en 1977. Il est parallèlement élu conseiller général du canton de Tours-Sud en juin 1961, un siège qu’il conserve jusqu’à son décès en 1981, étant réélu en 1967, 1973 et 1979. Jean Chassagne est également conseiller de la région Centre de mai 1973 à mai 1976, tout en étant administrateur de deux offices HLM en Touraine et vice-président du groupe des collectivités du bassin de la Loire en décembre 1973.
Jean Chassagne est le suppléant de Jean Royer lors des élections législatives du 18 novembre 1962, à l’occasion desquelles celui-ci est réélu dès le premier tour. Il en va de même lors des scrutins de mars 1967 et juin 1968 et, aux législatives de mars 1973, Jean Royer, avec toujours pour suppléant Jean Chassagne, remporte le premier tour avec 51,21 % des 54 005 suffrages exprimés, continuant de distancer ses opposants communistes et socialistes comme lors des scrutins précédents.
Jean Chassagne rejoint les bancs de l’Assemblée le 6 mai 1973, lorsque Jean Royer est nommé au gouvernement de Pierre Messmer comme ministre du Commerce et de l'artisanat jusqu’au 27 février 1974, puis comme ministre des Postes et télécommunications jusqu’au 11 avril suivant.
Au Palais-Bourbon, Jean Chassagne siège parmi les non-inscrits. Il est membre de la commission de la production et des échanges. Il est aussi désigné représentant au sein de la commission nationale d'urbanisme commercial en juin 1974. Il intervient à plusieurs reprises en séance sur les projets de loi de finances des années 1974 et 1975, au sujet des pensions des anciens combattants, de la fiscalité des entreprises et des crédits du ministère de l'Equipement, souhaitant notamment une refonte du financement public de la construction en faveur des logements sociaux.
Il intervient également lors des débats sur le projet de loi relatif à l’institution par les communes de versements destinés aux transports en commun (la loi du 11 juillet 1973) et à celui réglementant la location du droit de pêche dans certains étangs salés privés du littoral (la loi du 31 décembre 1973). Dans les mêmes temps, il dépose plusieurs amendements au projet de loi d'orientation du commerce et de l'artisanat (la loi du 27 décembre 1973).
A la suite du décès du président de la République Georges Pompidou le 2 avril 1974, Jean Royer démissionne de sa fonction de ministre le 11 avril et se porte candidat à la présidence de la République. Il se présente comme le candidat d’un certain ordre moral et va connaître une campagne particulièrement agitée, plusieurs de ses meetings de campagne étant émaillés de débordements et de chahuts. Jean Chassagne est le seul député à soutenir Jean Royer, aux côtés d’un sénateur, Marcel Fortin également élu de la Touraine. Au premier tour, le 5 mai 1974, Jean Royer recueille 3,17 % des suffrages et appelle ensuite à voter pour le candidat Valéry Giscard d'Estaing.
En novembre 1974, Jean Chassagne intervient en séance à l’Assemblée pour annoncer qu'il votera contre tous les articles du projet de loi relatif à la régulation des naissances adoptée le 21 novembre puis promulguée le 4 décembre. De même, le 20 décembre suivant, il vote contre le projet relatif à l’interruption volontaire de la grossesse (la loi du 17 janvier 1975 dite loi Simone Veil).
En avril 1975, Jean Chassagne est l’auteur d’un rapport fait au nom de la commission de la production et des échanges sur la future loi du 4 juillet 1975, réservant l'emploi du nom « crémant » à certains vins mousseux et pétillants.
Le 14 mai 1975, à la suite de la déclaration du gouvernement sur la politique de l'énergie, il intervient sur la précarité des approvisionnements nationaux, défend les possibilités dans le domaine de l'hydroélectricité (notamment sur la Loire) et encourage le gouvernement à débloquer des crédits pour la recherche sur la géothermie et l’énergie éolienne. Proposant qu’Électricité de France soit renommée Énergie de France, il se positionne en faveur du déploiement de l'énergie nucléaire, en lieu et place d’un pétrole aux réserves finies, mais s’interroge sur la question de la gestion des déchets radioactifs générés par les centrales.
Le 5 juin 1975, lors des débats sur le projet de loi préliminaire au VIIe Plan, il défend une proposition de députés alsaciens d’activer la création d’une liaison fluviale à grand gabarit entre la mer du Nord et la mer Méditerranée (le canal Rhin-Rhône qui sera en débat jusqu’à la fin des années 1990), face à la concurrence d’un canal Rhin—Main—Danube en Allemagne. Soulignant que bien que cheminot il met une « certaine abnégation à défendre la voie d'eau », il en profite pour demander au gouvernement de se préoccuper de l’Allier et du cours amont de la Loire peu navigables, avec la construction de retenues « afin que ces fleuves reçoivent l'eau qui leur manque et que réclament l'agriculture et le refroidissement des centrales nucléaires ».
En 1975, il intervient pour défendre des amendements lors des débats sur plusieurs projets de loi : sur l’institution de la taxe professionnelle (juin 1975), l’éducation (juin 1975, avec un amendement adopté visant à introduire la musique parmi les disciplines de base de l'enseignement primaire), l'organisation interprofessionnelle agricole (juin 1975), le développement de l'éducation physique et du sport (octobre 1975) et la politique foncière (octobre 1975).
Le 5 juin 1975, Jean Chassagne a déposé une proposition de loi relative à la création et la protection de jardins familiaux. Cette proposition donne lieu à la loi promulguée le 10 novembre 1976. Le 2 avril 1976, il démissionne de l’Assemblée. Une élection partielle est organisée. Jean Royer retrouve ainsi son siège de député le 9 mai suivant. Les dernières interventions de Jean Chassagne à l’Assemblée ont eu lieu le 25 novembre 1975 (au sujet de la protection sociale des plasticiens, peintres et sculpteurs) puis le 3 décembre 1975 sur les fonctions de préfet de région.
Conservant ses mandants locaux, Jean Chassagne est à nouveau suppléant de Jean Royer aux élections législatives de mars 1978, que ce dernier remporte, cette fois-ci au second tour. Jean Royer reste député de la 1ère circonscription de l’Indre-et-Loire jusqu’en avril 1997 et maire de Tours jusqu’en 1995.
Jean Chassagne meurt, le 22 juin 1981, à l'âge de 59 ans.