Michel Colinet

1922 - 1983

Informations générales
  • Né le 15 avril 1922 à Boulzicourt (Ardennes - France)
  • Décédé le 31 juillet 1983 à Reims (Marne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Ardennes
Groupe
Indépendants et paysans d'action sociale

Biographies

Biographie de la Ve République

COLINET (Michel)

Né le 15 avril 1922 à Boulzicourt (Ardennes)
Décédé le 31 juillet 1983 à Reims (Marne)

Député des Ardennes de 1958 à 1962

Michel Colinet naît le 15 avril 1922 à Boulzicourt, dans les Ardennes. Il est le fils de Jules Colinet et d’Amélie Drouet, agriculteurs. Inscrit au pensionnat des Frères à Reims-Momignies, il suit plus tard des études à l’école vétérinaire de Maisons-Alfort. Il épouse, le 2 mars 1943, Raymonde Priouzeau. De cette union naîtront trois enfants. Docteur en médecine vétérinaire, Michel Colinet est, à compter de 1953, directeur-adjoint des services vétérinaires des Ardennes. La même année, il entre en politique et devient conseiller municipal de son village de natal.

Au début de la Ve République, Michel Colinet se présente aux élections législatives de novembre 1958, dans la première circonscription des Ardennes, sous l’étiquette du Centre national des indépendants et paysans (CNIP). Il se classe en troisième position au premier tour avec 18,02 % des suffrages exprimés (soit 7 395 voix), derrière le communiste Roger Villemaux (20,61 %) et le candidat du Mouvement républicain populaire (MRP) René Penoy (19,05 %). Il devance toutefois Camille Lassaux pour la SFIO (17,27 %), le candidat gaulliste Lucien Meunier (15,60 %), le radical-socialiste Pierre Touffin (6,42 %) et Daniel Boule pour l’Union de la gauche socialiste (3,03 %). Au second tour, dans le cadre d’une quadrangulaire, Michel Colinet s’impose avec 32,06 %, ses concurrents du Parti communiste français (PCF), du MRP et de la SFIO recueillant respectivement 24,47 %, 24,56 % et 18,91 % des suffrages exprimés. Le suppléant de Michel Colinet est Pierre Caniart, représentant de commerce à Mézières.

Au Palais-Bourbon, Michel Colinet siège au sein du groupe des indépendants et paysans d’action sociale (IPAS) et de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République du 27 janvier au 8 octobre 1959, avant de rejoindre la commission de la défense nationale et des forces armées.

En séance publique, il intervient d’abord, le 17 mai 1959, à propos du projet de loi d’orientation agricole en présentant un amendement invitant le gouvernement à déposer, dans le délai d’un an, un projet de loi relatif à la réorganisation du contrôle sanitaire et qualitatif des denrées alimentaires d’origine animale et souligne la nécessité d’organiser une inspection convenable pour éviter les objections d’ordre sanitaire opposées par les acheteurs étrangers. Le lendemain, il plaide pour que soient favorisées les ventes aux enchères publiques permettant d’établir des cours sans équivoque pour la viande de bétail. Le 12 novembre 1961, il combat l’amendement du député Union pour la nouvelle République (UNR) Albert Catalifaud tendant à supprimer le prélèvement effectué sur les crédits du fonds routier destinés à l’entretien des routes au profit de la reconstruction des ponts détruits par faits de guerre. Il présente également ses observations sur la nécessité urgente de réparer les dégâts causés à la voirie par les hostilités de 1940, et qui ne l’ont pas encore été.

Opposé à l’élection du président au suffrage universel direct, Michel Colinet fait partie, lors de la deuxième séance du 4 octobre 1962, des 280 députés qui votent la motion de censure, et dont l’adoption entraîne la démission du gouvernement de Georges Pompidou.

Sur le plan local, il est réélu conseiller municipal de Boulzicourt en 1959. Il est également élu, au titre de son mandat à l’Assemblée nationale, membre du Sénat de la Communauté le 8 juillet 1959. Michel Colinet y siège jusqu’à la cessation des activités du Sénat de la Communauté, en 1961.

Son mandat ayant été écourté par la dissolution de l’Assemblée nationale, décidée par le général de Gaulle le 9 octobre 1962, Michel Colinet décide de se représenter aux élections législatives dans la première circonscription des Ardennes, toujours sous l’étiquette du CNIP. En difficulté au premier tour, il recueille 19,88  % des suffrages exprimés (soit 7 139 voix). S’il distance André Rouche pour la SFIO (11,35 %) et Lucien Pierquin pour le MRP (10,70 %), il est en ballottage défavorable face aux candidats de l’UNR-Union démocratique du travail (UDT) Lucien Meunier (33,10 %) et du PCF Roger Villemaux (24,98 %). Dans la triangulaire du second tour, Lucien Meunier l’emporte avec 44,35 % des voix contre 33,82 % pour Roger Villemaux et 21,83 % pour Michel Colinet, qui s’est maintenu.

Battu aux élections législatives, Michel Colinet s’investit davantage dans la politique locale en devenant maire de Boulzicourt à l’issue des élections municipales de mars 1965.

Candidat sous la double étiquette du CNIP et du Centre démocrate aux élections législatives de mars 1967 dans la première circonscription des Ardennes, Michel Colinet se classe en quatrième position au premier tour avec 15,90 % des suffrages exprimés (soit 6 626 voix) derrière le député gaulliste sortant Lucien Meunier (37,52 %), le communiste Roger Villemaux (26,24 %) et le candidat de la SFIO René Miquel (16,85 %) ; il devance toutefois le modéré Pierre Vassal (3,48 %). Michel Colinet se retire entre les deux tours et Lucien Meunier est réélu député avec 55,13 %, dans le duel qui l’oppose à son concurrent communiste.

L’année suivante, après la dissolution de l’Assemblée nationale prononcée par le président de Gaulle à la suite des événements de mai 1968, Michel Colinet se porte une ultime fois candidat aux élections législatives dans la première circonscription des Ardennes. En dernière position au premier tour avec 15,29 % des suffrages exprimés (soit 6 481voix), il est distancé par le député sortant Lucien Meunier (46,02 %), Raymond Deparpe pour le PCF (22,59 %) et Roger Mas pour la SFIO (16,11 %). Au second tour, Lucien Meunier est largement réélu pour un troisième mandat consécutif en réunissant sur sa candidature 61,49 % des voix contre 38,52 % pour son rival communiste.

Dès lors, Michel Colinet ne briguera plus de mandat parlementaire. Promu directeur des services vétérinaires des Ardennes en 1969, il devient, en 1975, vice-président du syndicat national des vétérinaires français. Sur le plan politique, il est reconduit dans ses fonctions de maire de Boulzicourt en mars 1971 et mars 1977 et devient, à cette dernière occasion, président de l’Association des maires des Ardennes. Il quitte son mandat en mars 1983.
Michel Colinet décède le 31 juillet 1983 à Reims, à l’âge de 61 ans. Il était chevalier dans l’ordre du Mérite agricole.