Maurice Depaix
1939 - 2025
DEPAIX (Maurice)
Né le 13 août 1939 à Charlieu (Loire)
Décédé le 29 novembre 2025 à Tarare (Rhône)
Député du Rhône de 1995 à 1997
Maurice Depaix naît le 13 août 1939 à Charlieu, une commune rurale située dans le département de la Loire. Son père, Félix Depaix est ouvrier et sa mère Marie-Antoinette Farizy est dévideuse. Il grandit donc, avec ses deux sœurs aînées, dans un milieu modeste à Saint-Denis-de-Cabanne avant d’effectuer sa scolarité à l’école Gerson, à Lyon. Le 16 février 1963, il épouse Marie-Josèphe Thimonier. Le couple aura cinq enfants.
De 1958 à 1966, Maurice Depaix entame une carrière d’instituteur dans l’enseignement privé à Lyon, à l’Ecole Saint-Joseph, puis à l’Ecole Saint-Jean, dont il est directeur en 1965-1966. Il entre ensuite dans l’administration locale, en devenant rédacteur puis chef de service à la mairie de Tarare de 1966 à 1971. Nommé attaché à la mission régionale Rhône-Alpes en 1974, il devient, l’année suivante et après avoir passé avec succès le concours des IRA (Instituts régionaux d’administration) à Lyon, chef de bureau à la préfecture du Rhône, au service des étrangers. De 1981 à 1986, il est directeur de préfecture, chargé de la mission de délégué interrégional pour la formation du personnel des préfectures des régions Rhône-Alpes, Bourgogne, Franche-Comté et Auvergne. En juin 1986, il est enfin nommé conseiller de tribunal administratif et affecté au tribunal administratif de Clermont-Ferrand.
Sur le plan politique, Maurice Depaix, qui est membre du Parti socialiste jusqu’en 1991 tout en se revendiquant gaulliste de gauche, est élu conseiller général, socialiste, du Rhône (dans le canton d’Amplepuis) en octobre 1988 et maire d’Amplepuis – où il s’était établi avec sa femme en 1963 – à l’issue du scrutin municipal de mars 1989. Il est reconduit dans ses mandats de conseiller général en mars 1994 et de maire d’Amplepuis en juin 1995.
Maurice Depaix se présente à la députation, soutenu par le Parti socialiste, au cours d’une élection législative partielle organisée les 3 et 10 décembre 1995 dans la 8e circonscription du Rhône, à la suite de la démission du député Union pour la démocratie française (UDF) Michel Mercier, élu sénateur en septembre précédent. Au premier tour, Maurice Depaix se classe en tête avec 32,54 % des suffrages exprimés (soit 8 822 voix) et devance Maurice Pouilly de l’UDF (30,38 %), le candidat du Front national Maurice Lièvre (14,83 %), le radical Jean-Michel Lacondemine (8,29 %), Jean Lafontaine du Mouvement pour la France (4,70 %), le communiste Bernard Bondon (4,45 %), l’écologiste Jean-Claude Hirsch (2,80 %) et Didier Guthmann de Lutte ouvrière (2 %). Au second tour, Maurice Depaix remporte son duel contre Maurice Pouilly en réunissant sur sa candidature 51,47 % des voix (soit 14 284). Son remplaçant éventuel est Patrick Herrera, responsable comptable et financier, conseiller municipal de Tarare.
A l’Assemblée nationale, Maurice Depaix s’apparente au groupe socialiste et siège à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République. Il participe également aux travaux de la mission d’information commune sur l’ensemble des problèmes posés par le développement de l’épidémie d’encéphalite spongiforme bovine (juin 1996). Son expérience de magistrat administratif lui permet, en février 1997, d’être rapporteur du projet de loi portant dispositions statutaires relatives au corps des tribunaux administratifs et cours administratives d’appel.
En séance publique, Maurice Depaix est d’abord actif dans les débats entourant les projets de loi relatif à la lutte contre le blanchiment, le trafic des stupéfiants et à la coopération internationale en matière de saisie et de confiscation des produits du crime (février 1996) et sur la loyauté et l’équilibre des relations commerciales qu’il s’abstient de voter (mars et mai 1996). Lors de la session suivante, il s’intéresse à la proposition de loi tendant, dans l’attente du vote de la loi instituant une prestation d’autonomie pour les personnes âgées dépendantes, à mieux répondre aux besoins des personnes âgées par l’institution d’une prestation spécifique (novembre 1996), au projet de loi portant diverses dispositions relatives à l’immigration et à la proposition de loi modifiant la législation relative à certaines professions judiciaires et juridiques puis combat, de concert avec ses collègues du groupe socialiste, le projet de loi relatif à la détention provisoire (décembre 1996). Dans les derniers mois de la législature, il soutient sans succès dix amendements de Jean-Jacques Filleul au projet de loi portant création de l’établissement public « Réseau ferré de France » en vue du renouveau du transport ferroviaire (février 1997) avant de défendre et voter les propositions de loi relatives à la responsabilité du fait des produits défectueux, aux conditions d’éligibilité pour les élections aux caisses d’assurance vieillesse des professions artisanales, industrielles et commerciales et tendant à instituer quatre impôts cédulaires afin de financer le régime de protection sociale généralisée en Polynésie française (mars 1997).
Maurice Depaix présente, entre décembre 1995 et avril 1997, 153 questions, dont 122 questions écrites et douze questions au gouvernement relatives au remboursement de la dette sociale (janvier 1996), aux mesures en faveur du logement social (janvier et mai 1996), aux difficultés éprouvées par le secteur du textile (février et novembre 1996), aux prélèvements sociaux (mars 1996), au taux de croissance (mars 1996), aux effets de la maladie dite « de la vache folle » sur le commerce international (mai 1996), à la réforme de l’impôt sur la fortune et son plafonnement (décembre 1996), à l’évolution du taux de la TVA (février 1997), aux conséquences sur l’élevage bovin de la prime à l’abattage et aux quotas laitiers (mars 1997) et à l’attitude de la France à l’égard des droits de l’homme en Chine (avril 1997). Il dépose, en outre, dix-neuf questions orales sans débat.
A l’occasion des élections législatives de mai et juin 1997, Maurice Depaix se représente, soutenu par le Parti socialiste, dans la 8e circonscription du Rhône. Il arrive en deuxième position au premier tour avec 30,21 % des suffrages exprimés (soit 14 127 voix) derrière le candidat du Rassemblement pour la République (RPR), Robert Lamy (33,04 %). Suivent notamment le candidat du Front national, Maurice Lièvre (17,34 %), Antoine Duperray du Mouvement pour la France (4,8 %), le communiste Bernard Bondon (4,04 %), l’écologiste Marc Kedliczka (2,83 %) et Janine Laloy pour Lutte ouvrière (2,52 %). Au second tour, le député sortant s’incline avec 46,01 % (soit 22 433) contre 53,99 % en faveur de son rival de la droite. Il ne brigue dès lors plus de mandat électif national. Il siège toutefois au Conseil économique et social en qualité de personnalité qualifiée, nommé par un décret présidentiel du 21 juillet 1997.
Admis à prendre sa retraite de la fonction publique, à sa demande, le 2 juillet 1998, Maurice Depaix achève ensuite ses mandats locaux, de conseiller général et de maire, en mars 2001, désireux de passer la main à la génération future. Evoquant ses mandats de maire, il confie : « L’un pour faire des projets, le deuxième pour les réaliser, trois c’est nuisible ». Retiré de la vie politique élective, il conserve toutefois un regard sur celle-ci, à l’échelon local, comme en témoignent ses interventions régulières dans la presse rhodanienne.
Passionné de marche et de philatélie, Maurice Depaix décède le 29 novembre 2025, à Tarare, à l’âge de 86 ans. Il était chevalier des Palmes académiques et chevalier de la Légion d’honneur.