Ouali Azem
1913 - 2002
AZEM (Ouali)
Né le 3 mars 1913 à Agouni Gueghrane (Algérie)
Décédé le 1er septembre 2002 à Montauban (Tarn-et-Garonne)
Député d’Algérie (Tizi-Ouzou) de 1958 à 1962
Sénateur de la Communauté de 1959 à 1961
Ouali Azem naît le 3 mars 1913 à Agouni Gueghrane, en Grande Kabylie, dans une famille de sept enfants. Il est scolarisé à l’école communale de sa ville natale où il obtient le certificat d’études primaires.
Ouali Azem rejoint la métropole en 1936. A Longwy, en Meurthe-et-Moselle, il passe avec succès le certificat d’aptitude professionnelle d’électricien. Soumis au Service du travail obligatoire (STO) avec son frère en 1943, il est contraint de se rendre en Allemagne. Il est libéré par l’armée américaine. Il travaille ensuite à la RATP.
De retour en Algérie, Ouali Azem débute quelques années après une carrière politique. Ainsi fait-il son entrée, en 1953, au conseil municipal d’Agouni Gueghrane. En 1957, il devient à la fois maire de cette commune – jusqu’en 1962 – et conseiller général de Grande Kabylie – jusqu’en 1960. Il est aussi, de 1958 à 1961, président des maires de Kabylie.
D’abord militant du Mouvement national algérien formé en novembre 1954, il rallie ensuite la politique d’intégration. Attaché à l’Algérie française, Ouali Azem est membre, dès le 13 mai 1958, du Comité de salut public d’Algérie et du Sahara dont il devient le co-président à compter du 16 octobre 1958.
Lors des élections législatives de novembre 1958, Ouali Azem figure en deuxième position sur la liste d’Union pour le renouveau d’une plus Grande France, favorable au maintien de l’Algérie française, conduite par Henri Colonna dans la sixième circonscription d’Algérie, Tizi-Ouzou. Le mode de scrutin retenu est celui de liste majoritaire à un tour, sans panachage, la liste en tête se voyant accorder la totalité des sièges. En outre, la liste doit comporter une large proportion de citoyens de statut civil local (les « Français musulmans d’Algérie »), en l’occurrence, s’agissant de la circonscription d’Orléansville, quatre sur cinq, dont Ouali Azem. Au soir du 30 novembre, la seule liste en lice recueille 153 551 voix, soit 97,95 % des suffrages exprimés.
A l’Assemblée nationale, Ouali Azem intègre la Formation administrative des élus d’Algérie et du Sahara (FAEAS) qui devient successivement le groupe Unité de la République (GUR) en 1959, puis le Regroupement national pour l’unité de la République (RNUR) en 1960. Il siège, tout au long de son mandat, au sein de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République. Il est aussi élu, le 8 juillet 1959, membre du Sénat de la Communauté et, en janvier 1959, représentant à l’Assemblée parlementaire européenne.
En séance publique, Ouali Azem se concentre sur les questions algériennes. Il souligne ainsi, à l’occasion des débats sur le projet de loi portant fixation des crédits des services civils en Algérie pour 1960, la situation précaire des harkis et la nécessité de leur donner un statut garantissant leur situation et leur reconversion dans des tâches civiles (décembre 1959). Lors des débats budgétaires pour l’année 1962, il estime primordial de rétablir la sécurité en Algérie et continue de déplorer l’insuffisance du statut des harkis (novembre 1961). Au cours de l’examen du projet modifiant les crédits des services civils en Algérie pour 1961, Ouali Azem intervient pour faire part de son inquiétude quant à la création d’une force locale qui serait l’amorce d’une armée algérienne politisée.
Enfin, il prend part, en mai 1962, au débat sur les questions orales de ses collègues Battesti et Bégué relatives à la politique du gouvernement à l’égard des rapatriés pour évoquer le sort des musulmans qui désirent être rapatriés. Il s’indigne en particulier des conditions matérielles et administratives difficiles que doivent affronter les personnes concernées par un rapatriement en métropole, en particulier ceux dont la sécurité personnelle est menacée par le Front de libération nationale (FLN).
En conséquence du scrutin d’auto-détermination du 1er juillet 1962 et de la proclamation de l’indépendance algérienne, il est mis fin, par l’ordonnance du 3 juillet 1962, à son mandat ainsi qu’à ceux des députés et sénateurs élus dans les circonscriptions algériennes.
Désireux de demeurer en France, Ouali Azem s’installe alors à Montaigu-de-Quercy, dans le département du Tarn-et-Garonne, comme agriculteur. Il est aussi à l’origine d’un comité de défense des agriculteurs rapatriés et préside, un temps, le Cercle algérianiste de Montauban.
Ouali Azem s’éteint le 1er septembre 2002 à Montauban, à l’âge de 89 ans. Marié à Sadia Abchiche, il était père de sept enfants et le frère de Slimane Azem (1918-1983), auteur-compositeur-interprète exilé en France après avoir critiqué le pouvoir algérien après l’Indépendance. Ouali Azem était chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’ordre national du Mérite et titulaire de la croix de la valeur militaire.