René Galy-Dejean
1932 - 2026
Député de Paris de 1991 à 2007
René Galy-Dejean voit le jour à Mauvezin, dans le département du Gers, au sein d’une famille originaire de l’Ariège. Il est le fils d’Elie Galy et de Sidonie Dejean, agriculteurs.
Après avoir été reçu bachelier, René Galy-Dejean se destine au métier d’ingénieur et suit en conséquence des études à l’Ecole nationale professionnelle de Tarbes. Il rejoint toutefois la capitale où il obtient une licence en droit, préparée à la faculté de droit de Paris. Après sa réussite au concours d’inspecteur des Postes et télécommunications, il officie au ministère des PTT entre 1953 et 1957 tout en poursuivant des études à l’Institut d’études politiques de Paris. Il effectue son service militaire en Algérie durant 23 mois, entre 1958 et 1960.
A son retour, il devient chargé des relations avec la presse au service des relations extérieures du ministère. Il se rapproche ensuite de Jacques Marette, ministre des PTT. Auprès de lui, il officie successivement, entre 1962 et 1967, comme chef du secrétariat particulier, chef adjoint puis chef de cabinet. A ces divers titres, il est notamment chargé de la circonscription du ministre (sénateur puis député de la Seine) et fait le lien entre le membre du gouvernement et les parlementaires.
Entre temps, René Galy-Dejean brigue avec succès ses premiers mandats politiques en étant élu, en 1965, conseiller municipal de Paris et conseiller général de la Seine. Il prend également la présidence de la Société d’économie mixte d’équipement et d’aménagement du 15e arrondissement de Paris.
En mars 1967, il est choisi pour être le candidat de l’Union des démocrates pour la Ve République (UD-V) dans la 2e circonscription de l’Ariège, tenue par le député SFIO René Dejean depuis 1958. Au premier tour, René Galy-Dejean arrive en deuxième position avec 29,39 % des suffrages exprimés (soit 11 025 voix), derrière le député sortant (32,81 %). Suivent le communiste Emile Daraud (25,56 %), Roger Barat pour le Parti socialiste unifié (PSU-4,93 %), Claude Guède du Centre démocrate (3,67 %) et André de Verbizier, un candidat Divers droite (3,64 %). Au second tour, bénéficiant du retrait du candidat du Parti communiste français (PCF), René Dejean est reconduit dans sa fonction de député de l’Ariège pour un troisième mandat consécutif en réunissant sur sa candidature 58,27 % des suffrages contre 41,73 % en faveur de René Galy-Dejean.
Malgré ce revers électoral, c’est durant la campagne électorale que René Galy-Dejean fait la rencontre, capitale dans son parcours politique, de Georges Pompidou. Il entre ainsi au cabinet du Premier ministre en qualité de chargé de mission de 1967 à 1968. Il est chargé des affaires locales intéressant notamment le Cantal et accompagne régulièrement Georges Pompidou dans ses déplacements en province. Après l’élection de celui-ci à la présidence de la République en 1974, René Galy-Dejean demeure un proche collaborateur et devient tour à tour chargé de mission (juin 1969), conseiller technique (mai 1973) puis chef de cabinet au secrétariat général de la présidence de la République (janvier-avril 1974).
Parallèlement, René Galy-Dejean mène une vie politique locale active. Réélu conseiller de Paris en octobre 1967 puis en mars 1971, il devient, le mois suivant, rapporteur général du compte de la Ville de Paris et vice-président du groupe « Paris Majorité ».
En 1974, il démissionne de l’UDR et de son groupe à l’Hôtel de ville de Paris et intègre, l’année suivante, le Mouvement des démocrates – il devient membre de sa direction nationale – fondé par Michel Jobert après la victoire de Valéry Giscard d’Estaing à l’élection présidentielle. Candidat sous l’étiquette de cette formation lors du scrutin municipal à Paris en mars 1977, René Galy-Dejean est battu. Il retrouve son assise locale électorale, une fois revenu dans la mouvance gaulliste, au RPR, au cours des élections municipales de mars 1983. Ainsi, il est tout à la fois réélu conseiller de Paris, élu maire du 15e arrondissement et nommé adjoint au maire de Paris, Jacques Chirac.
A l’occasion des élections législatives de 1986, René Galy-Dejean figure en quinzième position sur la liste du RPR conduite par Jacques Toubon à Paris, où 21 députés sont à élire. Au soir du 16 mars 1986, la liste de droite, recueillant 46,85 % des voix, obtient huit sièges à l’Assemblée nationale.
Deux ans plus tard, pour les élections législatives de juin 1988, René Galy-Dejean est le suppléant d’Edouard Balladur dans la 12e circonscription de Paris. Celui-ci est réélu député au premier tour avec 57,25 % des suffrages exprimés. René Galy-Dejean ne siège toutefois pas au Palais-Bourbon durant la IXe législature. En mars 1989, il est réélu conseiller de Paris et maire du 15e arrondissement.
René Galy-Dejean se présente pour la deuxième fois aux élections législatives, en tant que candidat principal, en janvier et février 1991, dans la 13e circonscription de Paris, à l’occasion d’un scrutin partiel organisé après la démission de la députée RPR Michèle Barzach, évincée du parti en décembre 1990. Au premier tour, sous l’étiquette du RPR, René Galy-Dejean arrive nettement en tête avec 41,17 % des suffrages exprimés (soit 10 885 voix) et devance Michèle Barzach qui présente une candidature dissidente à droite (26,56 %), le socialiste Alain Hubert (10,25 %), Serge Martinez pour le Front national (FN - 9,02 %), la candidate des Verts Laure Schneiter (4,31 %), le communiste Roger Gauvrit (2,67 %), Louis Girard, un concurrent d’extrême droite (2,66 %) et Agnès Caradec pour Génération Ecologie (1,67 %). Au second tour, après le retrait de la députée sortante Michèle Barzach, René Galy-Dejean est élu avec 100 % des suffrages exprimés (12 217 voix). Son suppléant est Alain Destrem, conseiller de Paris et directeur de publicité de profession. Son élection est contestée en mars 1991 mais le Conseil constitutionnel rejette la requête dans une décision rendue début août de la même année.
A l’Assemblée nationale, René Galy-Dejean s’inscrit au groupe du RPR et rejoint la commission de la Défense nationale. Il participe également aux travaux de la commission mixte paritaire chargée de proposer un texte de compromis sur la modification du code du service national relative à la réserve du service militaire (décembre 1992). Discret lors de ses premières années à l’Assemblée nationale, le député Galy-Dejean ne dépose pas de propositions de loi, ni ne participe aux débats en séance publique.
Candidat à sa réélection dans la 13e circonscription de Paris sous l’étiquette du RPR en mars 1993, René Galy-Dejean est réélu, dès le premier tour, avec 54,04 % des suffrages exprimés (soit 24 066 voix). Il bat ainsi d’emblée le radical de gauche Marc Mossé (16,65 %), Laure Schneiter pour Les Verts (10,81 %), le candidat du Front national Georges Péan (9,97%), le communiste Roger Gauvrit (4,91 %), Michel Mayer des Nouveaux écologistes (2,05 %) et le candidat du Mouvement des réformateurs, Herbert Axelrad (1,10 %). Son suppléant est de nouveau Alain Destrem.
Au Palais-Bourbon, René Galy-Dejean retrouve le groupe Rassemblement pour la République (RPR) et la commission de la Défense nationale et des forces armées. Il siège en outre au sein de la commission des immunités à compter d’avril 1994, devenue la commission chargée de l’application des dispositions de l’article 26 de la Constitution à partir de 1996.
Il est également nommé, au cours de cette législature, rapporteur pour avis des projets de loi de finances rectificative pour 1993, 1994 et 1995 (mai et novembre 1993, novembre 1994, juin 1995), du projet de loi de privatisation adopté par le Sénat (juin 1993) et de la proposition de résolution présentée par Pierre Lellouche sur la politique étrangère et de sécurité commune (juin 1994). Il participe aussi aux travaux de la commission spéciale chargée d’examiner la proposition de loi tendant à élargir les pouvoirs d’information du Parlement et à créer un Office parlementaire d’évaluation des politiques publiques (juillet 1995) et de la mission d’information commune sur le service national (mars 1996).
Il dépose par ailleurs deux rapports d’information sur la crise des industries de défense (octobre 1993) et sur la simulation des essais nucléaires (décembre 1993).
En séance publique, le principal centre d’intérêt du député Galy-Dejean est la défense. Il soutient en ce sens devant la représentation nationale, en qualité de rapporteur pour avis de la commission de la défense, les projets de loi de finances rectificatives présentés par le gouvernement entre 1993 et 1995 (mai et décembre 1993, décembre 1994 et juillet 1995) ainsi que le projet de loi de privatisation qu’il juge bénéfique pour l’industrie française (juin 1993). Il prend en outre une part active à l’examen du projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 1995 à 2000 à l’égard duquel, de concert avec ses collègues du groupe RPR, il se montre favorable (mai 1994 et juin 1996). En fin de législature, il est partie prenante des débats entourant le projet de loi de finances pour 1997 en ce qui concerne les services du Premier ministre et la défense (octobre 1996) et, surtout, le projet de loi portant réforme du service national qu’il annonce voter, avec l’ensemble du groupe RPR (janvier à mars 1997).
En vue des élections présidentielles de 1995, René Galy-Dejean apporte son soutien à Edouard Balladur et devient, de janvier à mai 1995, trésorier de l’Association pour le financement de sa campagne présidentielle. En juin, après les élections présidentielles, et l’échec du candidat qu’il soutenait, il est réélu au premier tour conseiller RPR de Paris et, en juillet suivant, maire du 15e arrondissement.
René Galy-Dejean brigue un troisième mandat parlementaire de rang à l’occasion des élections législatives de mai et juin 1997, consécutives à la dissolution décidée par le président de la République Jacques Chirac. Candidat dans la 13e circonscription de Paris, il domine le premier tour en réunissant sur sa candidature 45,33 % des suffrages exprimés (soit 18 452 voix). Suivent notamment Gilles Alayrac du Parti radical-socialiste (20,18 %), le frontiste Georges Péan (10,09 %), Antoine Leborgne pour le Parti communiste français (4,33 %), les écologistes Joël Chenais (3,48 %) et Laure Schneiter (3,19 %), et le candidat du Centre national des indépendants et paysans, Nicolas Gandy (3 %). En ballottage très favorable, le député RPR sortant est réélu avec 61,74 % des suffrages (soit 25 588) contre 38,26 % en faveur de son rival radical-socialiste. Alain Destrem, devenu adjoint au maire de Paris, demeure son suppléant.
Membre du groupe RPR et de l’opposition au gouvernement de Lionel Jospin, René Galy-Dejean siège de nouveau au sein de la commission de la défense nationale et des forces armées et de la commission chargée de l’application de l’article 26 de la Constitution. Il est par ailleurs élu membre représentant la commission de la défense de l’Office parlementaire d’évaluation de la législation (octobre 1997). Il participe en outre aux travaux de la commission mixte paritaire chargée d’étudier le projet de loi portant réforme du service national (octobre 1977). Il est également rapporteur pour avis, à propos cette fois des crédits de la dissuasion nucléaire (octobre 1998, 1999, 2000 et 2001). Membre de la mission d’information commune sur les événements de Srebrenica (novembre 2000), il présente aussi le rapport d’information déposé au nom de sa commission d’appartenance en conclusion de la mission d’information sur les conséquences pour la France des attentats du 11 septembre 2001 (décembre 2001).
Au cours de cette législature, les principales interventions du député Galy-Dejean portent sur les questions de défense. Outre sur le vote des crédits de la dissuasion nucléaire en qualité de rapporteur, il s’investit pleinement dans l’examen du projet de loi portant réforme du service national, qu’il combat en septembre 1997. Après avoir soutenu la question préalable opposée par Philippe Séguin, il dépose de très nombreux amendements au texte – donc cinq adoptés. Il annonce finalement le vote défavorable du groupe du RPR en octobre 1997. Plus tard, il s’exprime également sur le projet de loi relatif à la démocratie de proximité, quant à son application à Paris, Marseille et Lyon (juin 2001).
René Galy-Dejean est l’auteur de trois questions au cours de son troisième mandat : deux écrites relatives aux cotisations de sécurité sociale (mai 1999) et à la protection du patrimoine culturel, et une au gouvernement portant sur le budget de la défense (mai 2000).
Sur le plan local, il est une nouvelle fois réélu maire du 15e arrondissement de Paris à l’issue des élections municipales de mars 2001. René Galy-Dejean s’y présentait comme candidat dissident du RPR sur la liste de Jean Tiberi. En vue du second tour, les listes Séguin et Tiberi fusionnent, ce qui permet à René Galy-Dejean de s’imposer face à Anne Hidalgo avec 58,88 % des suffrages.
Candidat de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) dans la 13e circonscription de Paris lors des élections législatives de juin 2002, René Galy-Dejean est de nouveau reconduit dans sa fonction de député, dès le premier tour, alors qu’il réunit sur sa candidature 53,26 % des suffrages exprimés (soit 23 830 voix). Sont ainsi effacées les candidatures de Gilles Alayrac pour le Parti radical de gauche (27,29 %), d’Elisabeth Baston pour le Front national (6,22 %), de la candidate des Verts, Paulette Frantz-Janey (2,66 %), de Diane Le Béguec du Pôle Républicain (1,77 %) et de la communiste Véronique Sandoval (1,61 %). Sa suppléante est Jeanne Chabaud, professeure,
conseillère municipale du 15e arrondissement de Paris et conseillère de Paris.
Au Palais-Bourbon, René Galy-Dejean s’inscrit au groupe de l’Union pour la majorité présidentielle devenu, en mars 2003, le groupe de l’Union pour un mouvement populaire. Il continue en outre de siéger au sein de la commission de la défense nationale et des forces armées et est élu, en septembre 2002, président de la commission de vérification des fonds spéciaux. Il est par ailleurs membre de la mission d’information sur la famille et les droits des enfants (décembre 2004).
Durant son quatrième mandat, René Galy-Dejean prend la parole à deux reprises en séance publique pour deux questions au gouvernement : l’une sur les perspectives des marchés d’armement militaire dans l’Union européenne (mai 2003), et l’autre sur les politiques communautaires de défense (avril 2005). Il est également l’auteur de 20 questions écrites intéressant les domaines les plus divers de la vie publique.
Désireux de se présenter à nouveau aux élections législatives de juin 2007, René Galy-Dejean se heurte à la volonté de l’UMP de renouveler ses candidats en investissant, dans la 13e circonscription de Paris, Jean-François Lamour, ancien champion olympique de sabre et ministre des Sports puis de la Jeunesse, des sports et de la vie associative entre mai 2002 et mai 2007. Exclu de l’UMP, René Galy-Dejean maintient une candidature dissidente et se classe en troisième position au premier tour avec 11,44 % des voix (soit 5 275), échouant ainsi à se qualifier pour le second tour, cependant que Jean-François Lamour pour l’UMP et Anne Hidalgo pour le PS recueillent respectivement 36,59 % et 28,21 % des suffrages. Finalement, l’ancien ministre s’impose avec 56,74 % des voix au soir du 17 juin 2007.
René Galy-Dejean crée alors un nouveau groupe au Conseil de Paris appelé « Paris Libre » composé d’anciens membres de l’UMP. Au terme de son dernier mandat local, en mars 2008, René Galy-Dejean prend sa retraite de la vie politique.
Il s’éteint le 29 janvier 2026 à Paris, à l’âge de 93 ans. Il était marié à Sophie Durand-Gasselin, petite-nièce de Michel Debré, et père de quatre enfants. I était chevalier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite, croix de la valeur miliaire et chevalier des Palmes académiques.