Henri Ginoux

1909 - 1994

Informations générales
  • Né le 9 août 1909 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 27 mai 1994 à Montrouge (Hauts-de-Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 2 avril 1973 au 2 avril 1978
Département
Hauts-de-Seine
Groupe
Réformateurs démocrates sociaux
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIe législature
Mandat
Du 19 mars 1978 au 22 mai 1981
Département
Hauts-de-Seine
Groupe
Union pour la démocratie française

Biographies

Biographie de la Ve République

GINOUX (Henri)
Né le 9 août 1909 à Paris
Décédé le 27 mai 1994 à Montrouge (Hauts-de-Seine)
Député des Hauts-de-Seine de 1973 à 1981


Né le 9 août 1909 d'un père avocat, Henri Ginoux provient d'une famille qui a déjà donné deux parlementaires à la IIIe République, César et Charles Ginoux, députés bonapartistes de 1871 à 1889 pour le premier et de 1901 à 1928 pour le second. Après des études secondaires, Henri Ginoux rejoint en 1931 l'entreprise familiale de reliure industrielle installée à Montrouge depuis 1877. Mobilisé en 1939, il est prisonnier de guerre en 1940 et 1941. Ses premières responsabilités politiques sont locales : conseiller municipal de Montrouge à partir de 1953, il est élu maire de la ville en 1958 et le reste jusqu'à sa mort en 1994. En 1959, il est élu conseiller général de la Seine (puis des Hauts-de-Seine lors de la création du département en 1967), fonction qu'il assume jusqu'en 1992. Le maire de Montrouge endosse également des responsabilités régionales : administrateur du district de la région parisienne de 1961 à 1973, il est aussi président de la Société d'aménagement et d'équipement de la région parisienne de 1961 à 1968 et conseiller régional d'Ile-de-France à partir de 1976. De sensibilité gaulliste, Henri Ginoux est déçu par la politique algérienne du général de Gaulle et se tourne vers le Centre national des indépendants (CNI) dont il sera vice-président puis président de la mission économique.

C'est sous cette étiquette qu'en 1962, le maire de Montrouge décide de se présenter pour la première fois aux élections législatives dans la 53e circonscription de la Seine (Antony, Bagneux, Bourg-la-Reine, Montrouge). Au premier tour, les électeurs le placent en troisième position avec 19,3 % des suffrages exprimés contre 34,5 % pour le député sortant de l’Union pour la nouvelle République (UNR) Paul Mainguy, 28 % pour l'ancien député communiste Léopold dit Léo Figuères et 18 % pour le candidat du Parti socialiste unifié (PSU) et maire d'Antony, Georges Suant. Au second tour, Paul Mainguy est élu face à Léopold Figuères.

Malgré cet échec, Henri Ginoux se présente en 1967 dans la treizième circonscription des Hauts-de-Seine nouvellement créée (elle regroupe les mêmes cantons que la 53e circonscription de la Seine précédemment). A l'issue du premier tour, le candidat centriste est à nouveau classé troisième (16,6 % des suffrages exprimés) derrière le député sortant (32 %) et le candidat communiste, Henri Ravera (27 %). Mais il choisit de se désister. Jean-Paul Brunet de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) (10,2 %), Bernard Ravel du PSU (9,6 %) et Georges Suant sous l'étiquette socialiste indépendant (4,5 %) ne sont pas qualifiés pour le second tour. Paul Mainguy, seul à affronter son adversaire communiste, retrouve son siège au Palais-Bourbon après un second tour très serré.

Aux élections législatives anticipées de juin 1968, le maire de Montrouge se maintient au deuxième tour. Il recueille 17,7 % des suffrages exprimés au premier tour, loin derrière le gaulliste Paul Mainguy (38,9 %) et le communiste Henri Ravera (25,6 %). Les autres candidats recueillent 8,1 % pour Bernad Ravenel du PSU, 6 % pour Claude Duval de la FGDS et 3,6 % pour un candidat local. Au second tour, le maire de Montrouge totalise 9 247 suffrages contre 25 776 pour le candidat communiste et 30 807 pour le député sortant de Union pour la défense de la République (UDR), largement réélu.

Les élections de 1973 vont apporter la victoire à Henri Ginoux qui défend les couleurs du Mouvement réformateur-CNI. Se présentant comme un « centriste d'opposition », le maire de Montrouge agite le spectre d'une victoire communiste et estime être le seul candidat en mesure de battre Henri Ravera. Ce discours convainc 23,4 % des électeurs contre 28,1 % pour son adversaire du PCF et 27 % pour le gaulliste Paul Mainguy. Dans le canton de Montrouge, Henri Ginoux fait le plein de voix obtenant un score de 29 %. Les candidats de la gauche socialiste recueillent 14,1 % des voix pour Pierre Raymondaud de l'Union de la gauche démocrate et socialiste (UGSD) et 5,7 % pour le PSU Bernard Ravenel. Au second tour, Henri Ginoux affronte seul son adversaire communiste et est confortablement élu avec 52,8 % des suffrages.

Apparenté puis inscrit au groupe des Réformateurs, des centristes et des démocrates sociaux dont il est le vice-président de 1975 à 1978, Henri Ginoux est un député très actif. Il siège à la commission des finances, de l'économie générale et du plan pendant toute la législature. Le maire de Montrouge est également membre de la commission d'enquête sur les pratiques des sociétés pétrolières en France (28 juin 1974), de la délégation parlementaire pour la radiodiffusion-télévision française (27 avril 1976) et président du groupe parlementaire d'étude des petites et moyennes entreprises (octobre 1976). Il est nommé membre titulaire d'une dizaine de commissions mixtes qui traitent toutes d'économie. Au nom de la commission des finances, comme rapporteur spécial, Henri Ginoux dépose chaque année le rapport sur le budget des « Anciens combattants ». Il est aussi l'auteur d'une proposition de loi sur l'indemnisation des personnes physiques et morales françaises ayant été dépossédées de biens situés dans un territoire antérieurement placé sous la souveraineté, le protectorat ou la tutelle de la France (30 juin 1977), pour améliorer les mécanismes d’indemnisation des rapatriés.

C'est à ce sujet que le député des Hauts-de-Seine consacre une partie de ses interventions, très nombreuses puisqu'elles dépassent la centaine au cours de cette législature (question orale sans débat du 16 mai 1973, intervention du 10 novembre 1973 lors de l'examen du budget pour 1974 ou encore du 20 novembre 1976 à l'occasion de la discussion sur le projet de loi de finances pour 1977). Henri Ginoux demande en particulier une indemnisation complète des personnes spoliées défendant le « caractère inviolable et sacré du droit de propriété » (29 novembre 1977 sur le projet de loi d'indemnisation des Français rapatriés d'outre-mer dépossédés de leurs biens). Par ailleurs, le maire de Montrouge n'a de cesse de défendre le droit des anciens combattants et prisonniers en son nom propre ou lors de la présentation des rapports annuels de la commission des finances sur le sujet (déclaration du ministre des Anciens combattants et victimes de guerre sur la situation du monde combattant le 10 mai 1973, proposition de loi relative à la retraite anticipée pour les anciens prisonniers de guerre le 28 juin 1973, examen du projet de loi de finances le 9 novembre 1973 en tant que rapporteur, projet de loi donnant la qualité de combattants aux personnes ayant participé aux opérations effectuées en Afrique du Nord entre 1952 et 1962, le 11 décembre 1973, examen du budget pour 1975 le 13 novembre 1974, examen du budget pour 1976, le 31 octobre 1975, examen du budget pour 1977, le 2 novembre 1976, ou examen du budget pour 1978, le 28 octobre 1977). Le député des Hauts-de-Seine estime que la France est en retard sur le règlement de la question et souhaite notamment que le 8 mai devienne une journée fériée et chômée pour mieux y associer la population. Il demande également le rétablissement progressif des droits à la carte du combattant de 1939-1945, l'attribution de la carte de combattant aux jeunes combattants d'Afrique du Nord et l'octroi de la retraite anticipée aux anciens prisonniers de guerre.

Chef d'entreprise, Henri Ginoux s'impose également comme un défenseur constant des petites et moyennes entreprises. La plupart de ses prises de parole sont consacrées à lutte contre le dirigisme et l'intervention étatique dans le commerce. Il dénonce le coût de la main-d'œuvre, la fiscalité (notamment les charges sociales et l'impôt sur les plus-values) pesant sur les sociétés françaises. Son intervention à l'occasion de l'examen du budget pour 1974, le 25 octobre 1973, résume bien ses grandes orientations en la matière. Membre de la commission d'enquête sur les pratiques des sociétés pétrolières en France, le député des Hauts-de-Seine s'intéresse aussi à la hausse du prix du pétrole, au moyen de lutter contre l'inflation qui en découle notamment par la diversification des sources d'approvisionnement (question orale sans débat le 13 novembre 1974 ou le 4 décembre 1974 après la déclaration concernant l'institution d'un prélèvement conjoncturel pour faire face à la crise). Plus généralement, inquiet face à la dette, à l'inflation, au déficit de la sécurité sociale ou aux abus liés à l'attribution de l'indemnité de chômage, Henri Ginoux intervient de nombreuses fois pour demander davantage de rigueur et de contrôle dans la gestion des deniers publics (question au gouvernement du 26 novembre 1975, examen du budget le 4 novembre 1974, projet de loi de finances rectificative pour 1976, le 8 juin 1977 par exemple). A plusieurs reprises, le député des Hauts-de-Seine s'élève contre les grèves qui touchent en particulier les PTT et la presse (questions au gouvernement du 30 octobre 1974 et du 18 mai 1975, examen le 20 novembre 1974 du budget pour 1975). Enfin, le maire de Montrouge se montre insatisfait des efforts faits par le gouvernement pour lutter contre l'insécurité, phénomène qu'il juge grandissant en France - ce qui serait dû au manque de moyens policiers et à la trop grande indulgence de la justice à l'égard des délinquants (2 novembre 1977, examen des crédits correspondants prévus par le projet de loi de finances).

Député des Hauts-de-Seine, le maire de Montrouge intervient également en faveur de ses administrés comme le 17 décembre 1976 pour défendre, au cours d'une question orale sans débat, l'entreprise Huré à Bagneux en difficulté. Il dénonce les problèmes de logements et de transports dans la région parisienne (déclaration du gouvernement sur les orientations de la politique urbaine, 18 mai 1973, projet de loi de finances rectificative pour 1974, le 10 décembre de la même année).

Lors des grands scrutins nationaux, Henri Ginoux soutient les orientations générales défendues par le Gouvernement. Il approuve la déclaration de politique générale du Premier ministre Jacques Chirac (6 juin 1974) et le programme du gouvernement de Raymond Barre (28 avril 1977). Le 10 octobre 1974, le député des Hauts-de-Seine se prononce en faveur de l'extension de la saisine du Conseil constitutionnel et, le 21 juin 1977, en faveur de l'élection des membres de l'Assemblée des communautés européennes au suffrage universel. Il soutient également les réformes voulues par le nouveau chef de l'Etat en matière de mœurs votant le projet de loi relatif à l'interruption volontaire de grossesse ou IVG (28 novembre 1974) et la réforme du divorce le 4 juin 1975 introduisant le divorce par consentement mutuel. En revanche, à l'image de Maurice Couve de Murville, il juge la réforme du quinquennat peu conforme à l'orthodoxie gaulliste et la rejette le 16 octobre 1973.

Fort de son intense activité parlementaire qui est reconnue (l'hebdomadaire Le Point le consacre comme l'un des parlementaires les plus dynamiques) et fort de son implantation locale, Henri Ginoux sollicite le renouvellement de son mandat aux élections législatives de mars 1978. Treize candidats se disputent le siège de député des Hauts-de-Seine. Au premier tour, le communiste Henri Ravera obtient le meilleur score avec 26,3 % des suffrages exprimés. Henri Ginoux, toujours CNI, recueille 22,9 % des voix (et même 30 % à Montrouge) devant le socialiste Jean-Marie Lebaron (17,3 %), le candidat du Rassemblement pour la République (RPR) Patrick Devedjian (19,6 %) et l'écologiste Stéphane Mathon (5,9 %). Les autres candidats réalisent des scores inférieurs à 2 %. Au second tour, Henri Ginoux retrouve son adversaire communiste, les candidats RPR et PS s'étant désistés. Dans l'entre-deux-tours, le maire de Montrouge tente de dresser les socialistes, les écologistes et les abstentionnistes contre le PCF. Les résultats sont tout de même serrés : le député sortant retrouve son siège grâce 50,9 % des suffrages exprimés.

Durant la 6e législature, le député des Hauts-de-Seine reste un parlementaire très actif. Inscrit au groupe de l'Union pour la démocratie française (UDF), il retrouve les rangs de la commission à laquelle il siège, de 1978 à 1981, et dont il est le vice-président. Il siège à une dizaine de commissions, souvent en lien avec la fiscalité et les entreprises. En tant que rapport spécial du budget des Anciens combattants, il est l'auteur des trois rapports faits au nom de la commission des finances à ce sujet à l'occasion des projets de loi de finances de la législature. Par ailleurs, Henri Ginoux a déposé une loi tendant à instituer une indemnité mensuelle pour les mères de famille (7 novembre 1979).

Ses interventions, au nombre d'une quarantaine, portent toujours principalement sur les charges supportées par les entreprises (24 mai 1978 à l'occasion de la déclaration du gouvernement sur les problèmes de la sécurité sociale, examen du budget le 11 octobre 1978, projet de loi portant aménagement de la fiscalité directe locale, le 3 octobre 1979). Il déplore en particulier la hausse de la taxe professionnelle (projet de loi de finances rectificative pour 1979, 3 décembre de la même année). A la tribune, le maire de Montrouge défend à nouveau la nécessité d'un contrôle rigoureux sur l'emploi des fonds publics (projet de loi relatif à l'orientation de l'épargne vers le financement des entreprises le 22 juin 1978) et celle de réduire les dépenses de l'Etat (examen du budget, 11 octobre 1978 et 16 octobre 1979 ; projet de loi sur le financement de la sécurité sociale, le 4 décembre 1979). S'il intervient en faveur du traitement des anciens combattants et reprend ses anciennes revendications, la question l'accapare moins : il ne s'exprime plus en son nom propre mais à chaque fois comme rapporteur spécial de la commission des finances (examen du budget, les 24 octobre 1978, 14 novembre 1979 et 14 novembre 1980).

Lors de cette 6e législature, Henri Ginoux soutient le gouvernement dans les scrutins d'importance nationale. Il vote ainsi en faveur de l'augmentation de la quote-part de la France au FMI (18 avril 1978), de la déclaration de politique générale du gouvernement (20 avril 1978), de l'aide aux travailleurs privés d'emploi (5 janvier 1979), de l'aménagement de la fiscalité directe locale sur lequel la responsabilité du gouvernement est engagée (18 décembre 1979), du projet de loi sur la définition et la répression du viol (11 avril 1980), de la modification du code électoral en vue de favoriser la participation des femmes aux élections municipales (20 novembre 1980) ou encore du projet de loi renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes (18 décembre 1980). Seul écart à l'adhésion à la politique menée par l'exécutif, Henri Ginoux s'abstient volontairement lors du projet de loi sur la pérennisation de l'IVG (la loi du 20 novembre 1979).

En 1981, le député CNI se présente pour la sixième et dernière fois aux élections législatives. S'il est placé en tête du premier tour avec 37,9 % des voix devant le socialiste Philippe Bassinet (28,9 %) et le communiste Henri Ravera (23,6 %), le maire de Montrouge est emporté par la « vague rose ». En conformité avec les directives nationales, Henri Ravera se retire au profit de Philippe Bassinet qui gagne l'élection avec 55,5 % des suffrages exprimés au second tour.

En 1986, Henri Ginoux ne se représente pas pour se consacrer à ses mandats de conseiller général et surtout de maire de Montrouge, jusqu'à son décès en 1994. En 1996, la rue de Bagneux à Montrouge est rebaptisée, en l’honneur de l’élu disparu, avenue Henri-Ginoux.