Alfred Recours
1945 - 2025
RECOURS (Alfred)
Né le 19 mars 1945 à Mostaganem (Algérie)
Décédé le 1er avril 2025 à Saint-Sébastien-de-Morsent (Eure)
Député de l’Eure de 1988 à 1993 et de 1997 à 2002
Alfred Recours naît à Mostaganem, en Algérie. Il est le fils de Léon Recours, directeur d’école et militant communiste, et d’Andrée Grostefan. Il fréquente successivement les lycées Basset à Mostaganem, puis – alors que sa famille quitte l’Algérie – du général Ferrié à Draguignan, et Marcel Pagnol, à Marseille.
Après avoir été reçu bachelier, il entame des études de lettres à la faculté d’Aix-Marseille et obtient une maîtrise d’allemand. Là-bas, il fait ses premières armes en politique alors que les événements de mai 1968 sont sur le point de se produire et participe à la fondation de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).
Ainsi, Alfred Recours se porte candidat dans la 1ère circonscription de l’Eure sous l’étiquette de la LCR lors des élections législatives de mars 1973. Il est battu dès le premier tour, arrivant en pénultième position avec 1,63 % des suffrages exprimés et 947 voix. C’est le député Union pour la démocratie française (UDF) sortant, Jean de Broglie, qui est réélu au second tour face au communiste Rolland Plaisance, avec 56,66 % des suffrages contre 43,44 %.
Affecté dans l’Eure en 1969, Alfred Recours est d’abord maître auxiliaire aux collèges de Brionne, Verneuil puis Conches-en-Ouche avant de devenir, à compter de 1977, professeur d’allemand. Cinq ans plus tard, il devient inspecteur départemental de l’Education nationale.
Sur le plan politique, Alfred Recours adhère au Parti socialiste (PS) en 1976 et fait son entrée au conseil municipal de Conches-en-Ouche en mars 1977, où il assume les fonctions d’adjoint au maire. En 1979, il devient premier secrétaire de la fédération de l’Eure du Parti socialiste. Reconduit dans ses fonctions municipales à l’issue du scrutin de mars 1983, il intègre, en octobre, le comité directeur du Parti socialiste. En 1984, il devient maire de Conches-en-Ouche, et il est candidat aux élections européennes, sans succès, alors qu’il figure à la 51e au sein de la liste socialiste. Il est alors nommé expert au Conseil économique et social, membre de la section des activités productives, de la recherche et de la technologie. Elu conseiller régional de Haute-Normandie en mars 1986, il quitte le Conseil économique et social en septembre.
A l’occasion des élections législatives de juin 1988, Alfred Recours est choisi par le Parti socialiste pour se présenter devant les suffrages des électeurs de la nouvelle 2e circonscription de l’Eure. Il se classe, de très peu, en tête du premier tour avec 39,67 % des suffrages exprimés (soit 15 622 voix) et devance ainsi le candidat UDF Jean-Jacques Hubert (39,56 %), le communiste Michel Leblanc (10,94 %) et Yves Dupont pour le Front national (FN-9,83 %). Au second tour, Alfred Recours est élu député avec 50,64 % des suffrages (soit 22 366 voix) contre 49,36 % en faveur de son rival centriste.
A l’Assemblée, Alfred Recours s’inscrit au groupe socialiste et siège d’abord au sein de la commission de la production et des échanges avant de rejoindre, à compter de septembre 1989, celle des affaires culturelles, familiales et sociales. Il est membre de la commission d’enquête sur la pollution de l’eau et la politique nationale d’aménagement des ressources hydrauliques (juin 1990) et de celle chargée d’examiner l’état des connaissances scientifiques et les actions à mener à l’égard de la transmission du sida au cours des dix dernières années en France et à l’étranger (novembre 1992). Il est également membre de la commission de contrôle sur le fonctionnement et le devenir des premiers cycles universitaires (mai 1991), de la mission d’information commune sur l’évaluation des lois de décentralisation en matière d’éducation nationale (juin 1991) et rapporteur d’information sur la protection sociale complémentaire (avril 1992).
En séance publique, Alfred Recours s’intéresse d’abord au projet de loi d’orientation sur l’éducation (juin 1989), ainsi qu’au recrutement des enseignants lors des discussions budgétaires pour 1990 (novembre 1989). En qualité de rapporteur, il prend part à l’examen du projet de loi portant diverses dispositions relatives à la sécurité sociale (décembre 1989) puis l’examen du projet de loi relatif à l’intéressement et à la participation des salariés aux résultats de l’entreprise et à l’actionnariat des salariés (octobre 1990). Il contribue ensuite aux discussions des crédits du travail, prévus par le projet de loi de finances pour 1991 (octobre 1990) et des projets de loi tendant au développement de l’emploi par la formation dans les entreprises, relatif à la démocratisation du secteur public (novembre 1990) et portant dispositions relatives à la santé publique et aux assurances sociales (décembre 1990). L’année suivante, il s’exprime sur la déclaration du gouvernement sur l’avenir des retraites (mai 1991), les projets de loi portant diverses mesures d’ordre social et diverses dispositions d’ordre économique et financier qu’il vote avec les députés socialistes (juin 1991) ainsi que sur les budgets des affaires sociales et de l’Education nationale (octobre 1991). Il fournit ensuite un important travail législatif en tant que rapporteur du projet de loi relatif à la protection sociale des sapeurs-pompiers volontaires en cas d’accident survenu ou de maladie contractée en service (novembre 1991) et, par intérêt pour la situation des plus défavorisés et la santé publique, lors de l’examen portant diverses dispositions d’ordre social qu’il annonce voter avec le groupe socialiste (décembre 1991). En fin de législature, ses principales interventions portent sur le projet de loi relatif au revenu minimum d’insertion et relatif à la lutte contre le chômage d’exclusion (juin 1992), sur le projet de budget pour 1993 et, surtout, en tant que rapporteur, sur le projet portant diverses mesures d’ordre social (décembre 1992).
Alfred Recours est, lors de son premier mandat parlementaire, l’auteur de 79 questions, dont 75 écrites, deux à un ministre, relatives à l’action sociale et à la solidarité nationale (juin 1900) et à la lutte contre le travail clandestin (avril 1991), mais aussi deux au gouvernement, portant sur le droit à et le financement de la retraite à 60 ans (avril 1991) et la protection des salariés de plus de 55 ans contre les licenciements et plans sociaux (juin 1992).
Sur le plan local, Alfred Recours est réélu maire de Conches-en-Ouche en mars 1989. Il est aussi élu conseiller général de l’Eure dans le canton de Conches au mois de mars 1992 et devient président de la communauté de communes du Pays de Conches en 1993.
A l’issue de son premier mandat de député, Alfred Recours décide de ne pas se porter candidat à sa succession. Tenue par le Parti socialiste depuis 1978, la 2e circonscription de l’Eure est alors gagnée par le Rassemblement pour la République (RPR) après la victoire de Catherine Nicolas en mars 1993. Alfred Recours se concentre alors sur ses mandats locaux, en étant notamment réélu maire de Conches en juin 1995.
Il brigue néanmoins un deuxième mandat de député, dans son ancienne circonscription, au cours des élections législatives anticipées de mai et juin 1997, consécutives à la dissolution prononcée par le président de la République, Jacques Chirac. Alfred Recours arrive en deuxième position au premier tour en recueillant 27,32 % des suffrages exprimés (soit 11 955 voix). Si la députée RPR sortante arrive en tête (27,90 %), le candidat socialiste devance notamment Yves Dupont pour le Front national (17,05 %), le communiste Gréard Grimault (9,47 %), les écologistes Pascal Dionis (3,72 %) et Philippe Bauwens (3,62 %), Rosine Lewi pour Lutte ouvrière (2,99 %) et le candidat du Centre national des indépendants et paysans (CNIP), Arnaud Périnelle (2,54 %). Au second tour, Alfred Recours est élu pour un second mandat en réunissant sur sa candidature 53,25 % des voix (soit 24 504) contre 46,75 % pour Catherine Nicolas.
Au Palais-Bourbon, Alfred Recours retrouve le groupe socialiste et la commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Chaque année, nommé rapporteur des projets de loi de financement de la Sécurité sociale, il assume également cette fonction à l’égard des projets de loi portant création d’une couverture maladie universelle (mars 1999), relatif aux musées de France (avril 2001) et portant diverses dispositions d’ordre social, éducatif et culturel (mai 2001), ainsi qu’au regard des propositions de résolution visant à créer une commission d’enquête sur la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF) et ses filiales (octobre 1998). Il est aussi membre de la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi d’orientation relatif à la lutte contre l’exclusion (mars 1998) et de la mission d’information commune sur la prévention et la lutte contre les exclusions (mars 1998). Il est, en outre, nommé membre titulaire du Conseil d’orientation des retraites (mai 2000), des conseils de surveillance de l’agence centrale des organismes de sécurité sociale (décembre 2001), du Fonds de financement de la réforme des cotisations patronales de sécurité sociale (décembre 2001) et du fonds de réserve pour les retraites (février 2002).
En octobre 1999, il présente au Premier ministre Lionel Jospin son rapport sur la « Politique de santé et fiscalité du tabac », dans lequel il propose d’interdire la vente du tabac aux moins de seize ans, d’augmenter de 20 % le prix des cigarettes en cinq ans et d’affecter à la Sécurité sociale les recettes fiscales, en conclusion d’une mission temporaire.
En séance publique, les principales interventions d’Alfred Recours ont lieu lors des débats annuels entourant le vote des lois de financement de la Sécurité sociale, en qualité de rapporteur de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales (octobre à décembre 1997, 1998, 1999, 2000 et 2001). Il s’intéresse aussi au projet de loi relatif au développement d’activités pour l’emploi des jeunes (septembre 1997) avant de défendre et voter les projets de loi d’orientation et d’incitation relatif à la réduction du temps de travail (janvier 1998) et d’orientation relatif à la lutte contre les exclusions (mai, juin et juillet 1998). Lors de la session suivante, il intervient ponctuellement sur la proposition de loi relative au pacte civil de solidarité (décembre 1998), le projet de loi d’orientation pour l’aménagement et la développement durable du territoire (janvier 1999) et la proposition de résolution visant à créer une commission d’enquête sur la Mutuelle nationale des étudiants de France (mars 1999). Il est ensuite très actif durant l’examen du projet de loi portant création d’une couverture maladie universelle qu’il défend activement (avril à juin 1999). Au cours de la session 1999-2000, il prend part à l’étude du projet de loi rectifié relatif à la réduction négociée du temps de travail (octobre 1999), de la proposition de loi relative à la participation et à la croissance pour tous qu’il refuse de voter, comme l’ensemble du groupe socialiste (février 2000), du projet relatif à l’archéologie préventive (février 2000) et de la proposition relative à la protection des trésors nationaux (mars 2000). En fin de législature, retiennent aussi son attention les projets de loi sur l’épargne salariale (octobre 2000), de modernisation sociale (janvier 2001), portant diverses dispositions d’ordre social, éducatif et culturel (mai et juin 2001), relatifs aux musées de France qu’il défend et enrichit en séance publique en qualité de rapporteur (mai et novembre 2001), aux droits des malades et à la qualité du système de santé (octobre 2001), portant réforme de la politique de l’eau et, enfin, la proposition de loi relative à la solidarité nationale et à l’indemnisation des handicaps congénitaux (janvier 2002) .
Alfred Recours est l’auteur, sous la XIe législature, de 111 questions, dont 104 écrites et six au gouvernement portant sur les taux d’intérêt des livrets d’épargne (juin 1998), l’équilibre financier (juin et octobre 1999) et l’utilisation des excédents des comptes de la Sécurité sociale (mai 2000), l’évolution du SMIC (juin 2001) et les allocations chômage (février 2002), et une question orale sans débat sur la pollution de l’air (juin 2001).
Sur le plan local, il est réélu maire de Conches en mars 2001.
Au terme de son deuxième mandat de député, Alfred Recours se présente à nouveau dans la 2e circonscription de l’Eure à l’occasion des élections législatives de juin 2002. Au premier tour, il se place en deuxième position avec 32,21 % des suffrages exprimés (soit 14 231 voix), derrière le candidat de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) Jean-Pierre Nicolas (37,21 %). Suivent notamment Madeleine Masne pour le Front national (11,93 %), le communiste Michel Leblanc (3,26 %) et le candidat des Verts Jean-Marc Férey (2,96 %). Au second tour, Alfred Recours s’incline en réunissant sur sa candidature 49,24 % des suffrages (soit 20 666 voix) contre 50,76 % en faveur de son rival de droite.
En juin 2007, Alfred Recours se présente une ultime fois aux élections législatives dans la 2e circonscription de l’Eure. A l’instar du scrutin précédent, il arrive en deuxième position au premier tour en recueillant 26,99 % des suffrages exprimés (soit 12 254 voix), loin derrière le député sortant UMP (devenu Union pour un mouvement populaire) Jean-Pierre Nicolas (43,75 %). Au second tour, celui-ci est réélu avec 52,97 % des suffrages, cependant qu’Alfred Recours obtient le score de 47,03 % (soit 20 371 voix).
Sa vie politique locale connaît plus de succès. Réélu maire de Conches en mars 2008 et mars 2014, il retrouve aussi l’assemblée départementale de l’Eure à l’issue des élections cantonales de mars 2011 et départementales de mars 2015.
A l’approche des élections présidentielles du printemps 2017, Alfred Recours annonce son soutien au candidat Emmanuel Macron.
En mai 2020, il quitte la fonction de maire de Conches-en-Ouche, ne se représentant pas aux municipales, et se retire de la vie politique.
Alfred Recours s’éteint le 1er avril 2025 à Saint-Sébastien-de-Morsent, à l’âge de 80 ans. Il était marié et père de deux enfants. Il était chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’ordre national du Mérite et des Palmes académiques.