Olivier Stirn
1936 - 2025
STIRN (Olivier)
Né le 24 février 1936 à Boulogne-Billancourt (Seine)
Décédé le 15 août 2025 à Paris
Député du Calvados de 1968 à 1973, en 1978 et de 1981 à 1986, puis député de la Manche de 1986 à 1988
Secrétaire d’Etat auprès du ministre chargé des Relations avec le Parlement du 12 avril 1973 au 27 mai 1974
Secrétaire d’Etat aux départements et territoires d’Outre-mer du 8 juin 1974 au 25 août 1976
Secrétaire d’Etat auprès du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur (départements et territoires d’Outre-mer), du 27 août 1976 au 31 mars 1978
Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères du 6 avril 1978 au 13 mai 1981
Ministre délégué, auprès du Premier ministre, chargé des départements et territoires d’Outre-mer du 12 mai au 28 juin1988
Ministre délégué, auprès du ministre de l’Industrie et de l’aménagement du territoire, chargé du Tourisme du 28 juin 1988 au 5 juillet 1990
Olivier Stirn naît le 24 février 1936 à Boulogne-Billancourt dans le département de la Seine devenu en 1968 (après la fusion avec la Seine-et-Oise) celui des Hauts-de-Seine. Il est le fils d’Alexandre Stirn (1911-2000), successivement préfet du Lot, du Calvados, d’Ille-et-Vilaine et de Haute-Garonne, puis conseiller maître à la Cour des comptes, et de Geneviève Dreyfus, petite-nièce d’Alfred Dreyfus.
Scolarisé au Lycée Janson-de-Sailly, Olivier Stirn s’inscrit, après avoir été reçu bachelier, à la Faculté de droit de Paris, où il obtient un diplôme d’études supérieures de droit et de sciences politiques. Egalement diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris (section Service public) en 1958, Olivier Stirn est inscrit le 19 janvier 1961 sur la liste d’aptitude aux fonctions de chef de cabinet de préfet.
Le 1er mars de la même année, il devient chef de cabinet du préfet de la Meuse. En mai 1964, après son service militaire, il est nommé chargé de mission au cabinet du ministre d’Etat, chargé des départements et territoires d’Outre-mer, Louis Jacquinot. L’année suivante, en même temps qu’il est nommé sous-préfet de 2e classe hors cadre, il devient son chef de cabinet. De 1966 à 1967, il assume cette fonction au sein du cabinet de Jean Charbonnel, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, chargé de la coopération, puis de Jacques Chirac alors secrétaire d’Etat aux Affaires sociales, chargé des problèmes de l’emploi.
Lors des élections législatives de juin 1968, Olivier Stirn se présente dans la 5e circonscription du Calvados sous l’étiquette de l’Union pour la défense de la République qui devient Union des démocrates pour la République (UDR). En tête au premier tour avec 46,36 % des suffrages exprimés (soit 18 290 voix), il devance le député sortant du Centre démocrate (CD) Marcel Restout (41,91 %), le communiste André Fabre (5,94 %) et le candidat de la SFIO René Le Roy (5,78 %). Au second tour, Olivier Stirn l’emporte en réunissant sur sa candidature 51,93 % des suffrages exprimés (soit 20 419 voix). Son suppléant est Victor Bertrand, conseiller général du Calvados et maire de Chênedollé.
Au Palais-Bourbon, Olivier Stirn est inscrit au groupe UDR et siège d’abord au sein de la commission de la production et des échanges (juillet 1968-avril 1971) avant de rejoindre la commission des affaires étrangères (avril 1971-septembre 1972) puis celle des affaires culturelles, familiales et sociales jusqu’au terme de la législature. Il participe également aux travaux de trois commissions spéciales respectivement chargées d’examiner le projet de loi tendant à favoriser le développement économique et social de la Nouvelle-Calédonie (décembre 1968), celui relatif au statut du fermage et du métayage, au bail rural à long terme et aux sociétés agricoles d’investissement foncier (juin 1970) et la proposition de loi tendant à créer un office national d’information et d’éducation familiale (juillet 1972). Il dépose une proposition de loi constitutionnelle modifiant l’article 28 de la Constitution relatif à la durée des sessions parlementaires (juin 1971). Il est rapporteur du projet de loi portant création de la prime de mobilité des jeunes (novembre et décembre 1972).
En séance publique, Olivier Stirn montre d’abord son intérêt pour l’agriculture à laquelle il consacre des interventions au cours des débats budgétaires de novembre 1970 et dès avril 1970 lors des débats suivant les questions orales. Il s’intéresse également à l’artisanat et au commerce lors des débats qui suivent les questions orales en novembre 1968 – lors desquels il souligne l’intérêt économique présenté par l’artisanat et les conséquences fâcheuses du « travail au noir » – et lors de ceux d’avril 1970 sur les problèmes des commerçants et artisans. En outre, Olivier Stirn défend la réforme de la région et du Sénat envisagée par le général de Gaulle (décembre 1968), intervient sur le projet de loi instituant un taux légal d’alcoolémie et généralisant son dépistage (avril 1970), ainsi que sur la préparation du VIe Plan (juin 1970) puis son approbation (juin 1971). Enfin, il se montre attentif à la politique intérieure et notamment aux questions de sécurité et de maintien de l’ordre au cours des débats budgétaires de novembre 1970, ainsi qu’à la politique étrangère, en particulier européenne, en juin 1971, et à la politique sociale lors de la discussion du projet de loi de finances pour 1973. A ce dernier titre, il salue la politique sociale de la Ve République.
Sur le plan partisan, membre du bureau politique du groupe UDR d’avril 1969 à avril 1971, président-fondateur de l’association parlementaire Normandie-Bretagne-Angleterre en janvier 1970, Olivier Stirn devient, en mars de la même année, conseiller général du Calvados puis maire de Vire, à l’occasion des municipales de mars 1971.
De nouveau candidat à sa réélection dans la 5e circonscription du Calvados sous l’étiquette UDR lors du scrutin législatif de mars 1973, Olivier Stirn est largement réélu dès le premier tour, avec 67,28 % des suffrages exprimés (soit 28 106 voix), loin devant André Ledran pour le Parti socialiste (13,62 %), le candidat du Mouvement réformateur (MR) Jean-Claude Mahias (11,41 %) et le communiste André Fabre (7,70 %).
A l’Assemblée nationale, Olivier Stirn retrouve le groupe UDR et ainsi que la commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Sa présence en tant que député est toutefois de courte durée puisqu’il est nommé secrétaire d’Etat auprès du ministre chargé des Relations avec le Parlement dans le deuxième gouvernement Messmer, le 12 avril 1973, et reconduit dans cette fonction du 1er mars au 27 mai 1974. Son suppléant, Charles Malouin, maire de Lassy, lui succède à l’Assemblée.
Olivier Stirn figure parmi les quatre ministres – aux côtés de Jacques Chirac, Jean-Philippe Lecat et Jean Taittinger – et trente-neuf députés signataires de « l’Appel des 43 » du 13 avril 1974 en faveur de Valéry Giscard d’Estaing et participe ainsi à l’échec de la candidature de Jacques Chaban-Delmas à l’élection présidentielle de mai 1974.
Après la victoire de Valéry Giscard d’Estaing, Olivier Stirn est nommé secrétaire d’Etat aux départements et territoires d’Outre-mer dans le gouvernement de Jacques Chirac, fonction qu’il conserve jusqu’au 31 mars 1978 au sein des premier et deuxième gouvernements de Raymond Barre. A ce titre, il est chargé de négocier l’indépendance des Comores en 1975 et de Djibouti en 1977.
Partisan de la départementalisation des territoires d’Outre-mer, ce qu’il obtient concernant Saint-Pierre-et-Miquelon en 1976, Olivier Stirn doit concéder des statuts plus autonomes à la Nouvelle-Calédonie la même année, et à la Polynésie française en 1977, afin d’apaiser les revendications indépendantistes. Il met par ailleurs en place une politique d’amélioration du niveau de vie dans les départements d’Outre-mer.
Cette période marque également une première rupture partisane pour Olivier Stirn. Membre du comité central de l’UDR – devenu le Rassemblement pour la République (RPR) – entre novembre 1973 et décembre 1976, il annonce, le 20 janvier 1977, sa rupture avec le parti de Jacques Chirac après que celui-ci a exprimé sa volonté de se présenter aux élections municipales à Paris en mars 1977. Le 10 février 1977, Olivier Stirn fonde le Mouvement des sociaux-libéraux et cofonde, en juillet de la même année, le Carrefour social-démocrate avec le secrétaire d’Etat Lionel Stoléru et le haut fonctionnaire René Lenoir. Alors que le Mouvement des sociaux-libéraux se fond dans le Parti radical valoisien en juillet 1977, Olivier Stirn devient vice-président de ce dernier.
Réélu conseiller général du Calvados dans le canton de Vire en mars 1976 et maire de Vire en mars 1977, Olivier Stirn se porte à nouveau candidat dans la 5e circonscription du Calvados sous l’étiquette de l’Union pour la démocratie française (UDF). Il est aisément réélu au premier tour avec 61,07 % des suffrages exprimés (soit 29 927 voix) et domine ainsi à nouveau André Ledran pour le Parti socialiste (16,85 %) ainsi que le communiste Claude Letellier (8,48 %), le RPR Bertrand de Féral (7,57 %), l’écologiste Marie-Paule Labéy (3,69 %), Brigitte Arricau pour Lutte ouvrière (1,82 %) et le candidat du Front national (FN), Denis Lelièvre (0,53 %).
Membre du groupe de l’UDF, Olivier Stirn ne siège pas à l’Assemblée nationale. Il est nommé secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères dans le troisième gouvernement de Raymond Barre, le 6 avril 1978, et mis à disposition du ministre de la Défense et de la coopération, Robert Galley, à compter du 22 décembre 1980. Il est remplacé au Palais-Bourbon par son suppléant, Antoine Lepeltier, maire d’Esquay-Notre-Dame. En qualité de secrétaire d’Etat, Olivier Stirn est fréquemment amené à répondre aux questions au gouvernement des députés de la majorité, devant la représentation nationale quinze projets de loi autorisant l’approbation ou la ratification de conventions et accords relatifs à la protection contre la pollution (mai 1978), à la coopération militaire, administrative ou économique, financière et fiscale avec le Togo (juin 1978), le Zaïre (novembre 1978), Djibouti (décembre 1978), la Corée (décembre 1978 et juin 1980), la Suisse (décembre 1978), le Chili (mai 1980), le Canada (juin 1980), les Comores (décembre 1980), ainsi qu’à l’adhésion de la France aux protocoles prorogeant la convention sur le commerce du blé et celle relative à l’aide alimentaire (juin 1978), à la participation de la Communauté européenne au développement (novembre 1978), à la société Eurodif (octobre 1980), à la discrimination en matière d’emploi et de profession et autorisant l’adhésion de la France à la Banque africaine de développement (décembre 1980).
En vue de l’élection présidentielle du printemps 1981, Olivier Stirn soutient, avec l’UDF, une candidature de Valéry Giscard d’Estaing.
Après la dissolution de l’Assemblée nationale qui suit la victoire de François Mitterrand à l’élection présidentielle, Olivier Stirn se présente pour la quatrième fois consécutive aux élections législatives dans la 5e circonscription du Calvados sous l’étiquette UDF. A nouveau réélu au premier tour, il recueille sur sa candidature 62,40 % des suffrages exprimés (soit 28 400 voix), battant André Ledran pour le Parti socialiste (30,38 %), le communiste Raymond Prosper-Paul (4,19 %) et l’écologiste Marie-Paule Labéy (3,03 %). Contestée, son élection est validée par le Conseil constitutionnel par une décision du 15 juillet 1981.
Redevenu député, désormais dans l’opposition, Olivier Stirn s’inscrit d’abord au sein du groupe de l’UDF avant de siéger parmi les non-inscrits à compter du 29 mars 1984. En effet, ayant échoué, en novembre 1983, à prendre la présidence du Parti radical, devenu une composante de l’UDF, Olivier Stirn quitte sa formation politique pour créer, en mars 1984, une nouvelle force au centre : l’Union centriste et radicale (UCR). Membre de la commission des affaires étrangères, il est l’auteur de trois propositions de loi tendant à instituer pour l’élection des députés un scrutin uninominal à deux tours, combiné à un scrutin proportionnel, dans le cadre de la région (octobre 1984), à promouvoir l’utilisation familiale et artisanale des fruits (novembre 1984) et à la réduction du nombre des régions et à la création de grandes régions (avril 1985).
En séance publique, Olivier Stirn critique d’abord la politique étrangère de l’Exécutif et notamment le « lyrisme tiers mondiste » et « la fascination révolutionnaire du gouvernement » ainsi que la « soumission du Parti communiste français à l’influence soviétique » au cours des débats sur le projet de loi de finances pour 1982 (novembre 1981). Il retrouve également son thème de spécialisation, l’Outre-mer, lors des discussions sur le projet de loi autorisant le gouvernement à promouvoir par ordonnances les réformes nécessaires en Nouvelle-Calédonie (janvier 1982) et en proposant un amendement, rejeté, tendant à la création d’une région Antilles-Guyane au cours de l’examen du projet de loi adaptant la législation relative aux droits et libertés des communes, départements et régions à la Guadeloupe, à la Guyane, à la Martinique et à la Réunion (septembre 1982). En avril 1982, il vote la suppression des tribunaux permanents des forces armées en temps de paix, soulignant l’intégration de l’armée dans la Nation et son lien familial avec Alfred Dreyfus. De même, il vote, en mai 1983, le projet de loi portant droits et obligations des fonctionnaires et regrette l’absence d’unanimité sur ce texte gouvernemental. De plus en plus attentif au renouvellement du dialogue entre la majorité et l’opposition, après son départ de l’UDF, et celui des communistes du gouvernement – ce qu’il relève lors des débats sur la politique générale du gouvernement (avril et juillet 1984) – Olivier Stirn défend notamment le projet de loi constitutionnelle, alors rejetée par le Sénat, révisant l’article 11 de la Constitution afin de permettre au corps électoral de se prononcer par référendum sur les garanties fondamentales en matière de libertés publiques (août 1984). De même, il approuve le projet de loi de finances pour 1985, saluant l’esprit de dialogue et de rassemblement du gouvernement lors de la discussion du budget, à propos duquel il fait adopter un amendement sur la fiscalité applicable à la formation et à l’enregistrement des sociétés commerciales (octobre et novembre 1984). En fin de législature, son attention se porte à nouveau sur l’Outre-mer à travers l’examen des projets relatifs à l’état d’urgence en Nouvelle-Calédonie (janvier 1985) et à l’évolution de ce territoire (mai 1985). Il participe enfin aux débats relatifs à la déclaration du gouvernement sur l’immigration pour défendre la participation des étrangers aux élections municipales sous certaines conditions de résidence (juin 1985).
Olivier Stirn est l’auteur, au cours de son quatrième mandat, de cinquante-neuf questions dont cinquante-deux questions écrites, une question orale sans débat relative à la politique européenne et six questions au gouvernement portant sur la politique extérieure de la France en Pologne (décembre 1981), la politique européenne (mai et novembre 1984, mai 1985), la situation délicate des juifs en Syrie (novembre 1984) et la situation de l’emploi (octobre 1985).
Hors de l’Assemblée, Olivier Stirn est réélu conseiller général du Calvados en mars 1982 et maire de Vire en mars 1983. Il est aussi candidat aux élections européennes de juin 1984, tête de liste de « l’Entente radicale écologiste pour les Etats-Unis d’Europe » qui allie l’UCR, le Mouvement des radicaux de gauche (MRG) avec François Doubin et des écologistes aux côtés de Brice Lalonde. Avec 3,32 % des suffrages, sa liste n’obtient aucun député au Parlement européen.
Sur le plan partisan, Olivier Stirn, qui était favorable à un rapprochement avec le MRG lors du Congrès du Parti radical de novembre 1983, confirme sa transition vers la gauche de l’échiquier politique en réformant le nom de son mouvement lors d’un Congrès à Lyon – qui devient l’Union centriste républicaine – puis en s’alliant au Parti socialiste (PS) en vue des élections législatives de mars 1986. En effet, le président de l’UCR déclare que « dans la France en crise, aucune majorité ne pourra gouverner demain sans les socialistes. (…) Ils sont indispensables pour faciliter le dialogue social, expliquer les sacrifices nécessaires, comme la non-indexation des salaires sur les prix et l’assainissement nécessaire de certaines entreprises ».
A cette occasion, Olivier Stirn conduit une liste d’alliance entre le PS et l’UCR dans la Manche où cinq députés sont à élire et ce, malgré l’avis contraire de la fédération départementale du Parti socialiste. Le pari est toutefois réussi pour Olivier Stirn, sa liste recueillant 27,84 % des suffrages exprimés et obtenant deux députés à l’Assemblée nationale. Bien que la liste du RPR arrive en première position avec 45,19 % des voix et trois députés élus, il s’agit d’un score sans précédent pour la gauche dans la Manche qui y obtient pour la première fois deux sièges à l’Assemblée.
Au Palais-Bourbon, Olivier Stirn s’apparente d’abord, avec les radicaux de gauche, au groupe socialiste puis s’y intègre, après avoir adhéré personnellement au PS en mai 1986 et être devenu délégué national de ce parti, chargé de l’ouverture au centre, auprès de son premier secrétaire d’alors, Lionel Jospin. Membre de la commission des affaires étrangères dans l’opposition au gouvernement de Jacques Chirac, il critique la « droitisation » de sa politique notamment au regard de l’entente conclue avec le Front national (FN) lors des élections régionales et de la volonté du gouvernement de revenir sur « les nationalisations prévues par le général de Gaulle » (avril 1986). L’année suivante, il combat le projet de loi organisant la consultation des populations intéressées de la Nouvelle-Calédonie (avril 1987) et prend part aux discussions budgétaires sur les thèmes des droits de l’homme et de la francophonie (novembre 1987). Il est aussi l’auteur, entre 1986 et 1988, de treize questions dont douze questions écrites et une question orale sans débat relative au redressement des chantiers navals Amiot à Cherbourg (octobre 1986).
Après la réélection de François Mitterrand à la présidence de la République, Olivier Stirn fait son retour au gouvernement, le 12 mai 1988, comme ministre délégué auprès du Premier ministre Michel Rocard, chargé des départements et territoires d’Outre-mer.
Candidat du Parti socialiste dans la nouvelle 5e circonscription de la Manche (Bayeux), issue du redécoupage électoral de 1986, lors des élections législatives anticipées de juin 1988, Olivier Stirn se présente en situation très favorable après la réélection de François Mitterrand à la présidence de la République. Il arrive en première position au premier tour avec 40,60 % des suffrages exprimés (soit 16 191 voix), devant Jean Tissot pour le RPR (25,67 %), le candidat Divers droite Jean-Marie Lejeune (10,42 %), l’écologiste Daniel Bosquet (8,33 %), le communiste Jean-Claude Forafo (7,82 %) et le candidat du Front national Bernard Fiat (7,16 %). Au second tour, il l’emporte avec 56,31 % contre 43,69 % pour son rival de la droite.
Nommé ministre délégué chargé du Tourisme auprès de Roger Fauroux, ministre de l’Industrie et de l’aménagement du territoire, le 28 juin 1988, Olivier Stirn renonce à son mandat de député et cède sa place à son suppléant, Bernard Cauvin. En tant que ministre du Tourisme, il porte devant la représentation nationale le projet de loi portant approbation de la convention fiscale entre l’Etat et la collectivité territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon en juin et juillet 1988 et défend les crédits alloués au tourisme lors des débats budgétaires d’octobre 1988 et d’octobre 1989. Il fait aussi du tourisme associatif et social l’un de ses principaux dossiers.
Sur le plan local, il est élu, en mars 1989, conseiller municipal de Cherbourg et, en mai de la même année, président de la communauté urbaine de Cherbourg.
Toutefois, il renonce à l’ensemble de ses mandats politiques locaux et à ses fonctions ministérielles le 5 juillet 1990, essuyant de vives critiques à droite comme à gauche pour avoir, à l’occasion d’un colloque sur l’avenir de la gauche organisé par son association Dialogues 2000, rémunéré des figurants afin de combler l’espace réservé aux auditeurs. Michel Rocard, appuyé par le Parti socialiste, réclame alors la démission d’Olivier Stirn, qui est remplacé par Jean-Marie Rausch.
Brièvement président du département du conseil en stratégie des entreprises chez Louis Harris Conseil après son retrait du gouvernement, Olivier Stirn est ensuite nommé ambassadeur, représentant permanent de la France auprès du Conseil de l’Europe à Strasbourg, en septembre 1991. Il démissionne toutefois de cette fonction afin de préparer son retour en politique. En effet, il se porte candidat sous l’étiquette Divers gauche, soutenu par l’Alliance des Français pour le progrès, dans la 6e circonscription du Calvados (Vire), lors des élections législatives de mars 1993. Au premier tour, Olivier Stirn se classe en deuxième position avec 31,48 % des suffrages exprimés (soit 17 200 voix) derrière le député UDF sortant René Garrec (45,46 %) mais devant Christian Guéret pour le Front national (7,4 %), le candidat des Verts Jacques Leblanc (7 %), le communiste Raymond Prosper-Paul (4,62 %) et l’écologiste Xavier Jeanne (4 %). Au second tour, Olivier Stirn s’incline, ne recueillant sur sa candidature que 44,75 % des voix.
Réélu conseiller général du Calvados, dans le canton de Vire, en mars 1994, Olivier Stirn rallie le Mouvement des réformateurs, formation centriste fondée en 1992 réunissant les personnalités non socialistes mais compatibles avec le projet politique du président de la République François Mitterrand. Néanmoins, Olivier Stirn annonce soutenir la candidature de Jacques Chirac pour l’élection présidentielle de 1995. Lors des élections régionales de mars 1998, il se présente, sans succès, sur une liste dissidente à droite menée par Corinne Lepage, alors adjointe au maire de Cabourg et ancienne ministre de l’Environnement dans le gouvernement d’Alain Juppé.
En parallèle, Olivier Stirn conduit, depuis 1993, une carrière de consultant international et devient président de EOS Conseil international et conseiller de Rothschild & Company entre 1998 et 2001.
En mai 1999, Olivier Stirn annonce rejoindre Démocratie libérale, parti fondé en 1997 par les proches d’Alain Madelin et fusionné en 2002 dans l’Union pour la majorité présidentielle qui devient peu après l’Union pour un mouvement populaire (UMP). Il indique ainsi qu’il « s’agit de rassembler tous les libéraux, y compris ceux de sensibilité de gauche ou de centre-gauche dans une même formation qui soutient clairement l’action de M. Jacques Chirac » et ajoute que « l’humanisme, la tolérance, la laïcité mais aussi le libéralisme peuvent se reconnaître dans la formation d’Alain Madelin ».
Membre de l’UMP dès sa création, Olivier Stirn devient, entre 2005 et 2007, conseiller de son président, Nicolas Sarkozy. Après la victoire de celui-ci à l’élection présidentielle de 2007, il demeure son conseiller à l’Elysée, en particulier pour les relations entre l’Union pour la Méditerranée et l’Union africaine de 2009 à 2012. Secrétaire national de l’UMP chargé de la diversité en 2010, il devient par ailleurs, l’année suivante, président du Conseil national des Français pour la diversité.
En 2014, Olivier Stirn annonce sa volonté de se porter candidat dans la 6e circonscription du Calvados afin de raviver le bassin économique départemental. C’est finalement sa femme, Evelyne Stirn qui est soutenue par Les Républicains (LR) dans cette perspective. Elle réunit sur sa candidature 3,90 % des suffrages exprimés, au soir du 11 juin 2017.
En 2018, Olivier Stirn adhère à La République en marche (LREM), la formation politique du président de la République Emmanuel Macron.
Nommé maire honoraire de Vire (titre purement symbolique attribué aux personnes ayant exercé des fonctions municipales pendant au moins 18 ans) mais retiré de la vie politique, Olivier Stirn s’éteint le 28 août 2025, à Paris, à l’âge de 89 ans. Il était marié, en secondes noces, à Evelyne Toledano et était père de quatre enfants. Il était notamment le frère de Bernard Stirn, né en 1952, haut fonctionnaire, secrétaire général du Conseil d’Etat de 1991 à 1995, président de la Section du contentieux entre 2006 et 2018, membre de l’Académie des sciences morales et politiques depuis 2019 et devenu son secrétaire perpétuel en janvier 2023. Olivier Stirn était chevalier de la Légion d’honneur, du Mérite agricole et du Mérite sportif, commandeur de l’ordre national de la République de Djibouti et siégeait comme membre libre à l’Académie des sciences d’Outre-mer.
Il a publié cinq ouvrages, témoins de la richesse de sa pensée et de son expérience politique : Le Piège : comment lire le Programme commun (1973) ; Une certaine idée du centre (1985) ; Mes présidents : 50 ans au service de la Ve République (2004) ; Tourisme : chance pour l’économie, risque pour les sociétés ? (2004) ; L’Eveil décisif de l’Afrique : il n’y a pas d’autre choix que l’espérance (2019).
La vie politique dense et variée d’Olivier Stirn, gaulliste, giscardien, puis mitterrandien, revenu à droite avec, notamment, son engagement auprès du président Sarkozy et de l’UMP et ensuite des Républicains, demeure marquée par un attachement indéfectible à ce qu’il appelait lui-même « l’extrême centre » et à ses valeurs républicaines, humanistes, laïques et pro-européennes.