Claude Wargnies

1938 - 2024

Informations générales
  • Né le 25 janvier 1938 à Quiévy (Nord - France)
  • Décédé le 7 août 2024 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIe législature
Mandat
Du 19 mars 1978 au 22 mai 1981
Département
Nord
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie de la Ve République


Député du Nord de 1978 à 1981

Jean-Claude Wargnies (également appelé Claude Wargnies dans la presse des années 1970-1980) est né dans le Cambrésis, à Quiévy. Titulaire d’un certificat d’aptitude à la profession de mécanicien, il exerce ce métier tout en s’engageant syndicalement au sein de la Confédération générale du travail (CGT) et politiquement au sein du Parti communiste français (PCF). Il effectue son service militaire en Afrique du Nord.

Il exerce des responsabilités au sein de la fédération nationale de l'agro-alimentaire de la CGT et en 1978, année de son élection au Palais-Bourbon, il est alors permanent politique au PCF et membre du bureau fédéral du Nord.

Lors des élections municipales de mars 1977, Jean-Claude Wargnies débute sa carrière politique. Il est élu conseiller municipal de Caudry (Nord), sur une liste d’union de la gauche, conduite par le socialiste Henri Lefebvre. Il devient l’adjoint au maire de cette commune du Cambrésis.   

Dès l’année suivante, Jean-Claude Wargnies est investi par le PCF pour les élections législatives sur la 17e circonscription du département du Nord (Le Cateau-Cambrésis), prenant la suite du candidat communiste Paul Leloir aux précédentes élections législatives de 1973. Jean-Claude Wargnies a pour suppléant Marc Prévost, instituteur et conseiller municipal de Troisvilles. Huit candidats sont en lice, parmi lesquels le député UDF sortant Jean Durieux, élu à l’Assemblée depuis 1968 et maire de la commune des Rues-des-Vignes.

Au soir du premier tour le 12 mars, trois candidats sont qualifiés. Jean Durieux est en tête avec 36,52 % des 43 163 suffrages exprimés. Jean-Claude Wargnies arrive en deuxième place, avec 31,64 % des voix, suivi par le socialiste Pierre Carlier (26,49 %). Ce dernier se retire entre les deux tours, au profit de Jean-Claude Wargnies. Bénéficiant de ce report de voix, Jean-Claude Wargnies remporte le second tour le 19 mars, avec 22 434 suffrages sur 44 176 suffrages exprimés, soit un taux de 50,78 %.

A l’Assemblée nationale, Jean-Claude Wargnies s’inscrit au groupe communiste. Il est membre de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République d’avril 1978 à octobre 1980, puis de la commission de la défense nationale et des forces armées. Durant ce mandat parlementaire, il est membre du conseil régional Nord-Pas-de-Calais et, au titre de l’Assemblée nationale, membre suppléant de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

A l’Assemblée nationale, il rejoint la commission d'enquête sur la situation de l'emploi et le chômage (mars 1979) et la commission d'enquête sur l'industrie textile (décembre 1980). Il présente une proposition de loi sur l'accès du public aux documents administratifs et l'information des consommateurs en juin 1978. Il pose une question au gouvernement, le 23 mai 1979, au sujet d’un mouvement de grève au sein de l’entreprise métallurgique Vallourec, sur le site de Solesmes dans le Nord (23 mai 1979).

Jean-Claude Wargnies intervient au nom du groupe communiste au cours de débats législatifs, par exemple dès le mois d’avril 1978 lors de la première lecture du projet de la loi du 17 juillet 1978 sur l'amélioration des relations entre l'administration et le public. En octobre 1978, lors de la première lecture de la loi du 18 janvier 1979 relatif aux conseils de prud'hommes, Jean-Claude Wargnies dénonce un projet dont l’objectif, aux yeux du Parti communiste français, aurait été de rompre l'équilibre entre les salariés et les employeurs au profit du seul patronat, tout en remettant en cause la présence syndicale au sein des conseils prud'homaux. Il présente quatre amendements, dont l’un est adopté (abaissement de l'âge d'éligibilité au sein des conseils prud'homaux à 21 ans).

Le 4 octobre 1978, il intervient au nom du groupe communiste, lors de la discussion de la motion de censure déposée par le groupe socialiste contre la politique générale du gouvernement du Premier ministre Raymond Barre. Il dénonce les profits des sociétés multinationales, notamment au sein de l’industrie textile en crise, évoquant une domination par quelques groupes ayant choisi de développer leur production à l'étranger tout en liquidant leurs usines en France. Il tient un discours similaire, le 14 décembre 1978, à la suite d’une déclaration du gouvernement sur les orientations de la politique agricole, pointant une liquidation d'une partie de l'agriculture française au nom d’objectifs définis à Bruxelles. Une semaine plus tard, le 21 décembre 1978, lors de la première lecture du projet de loi du 16 janvier 1979 sur l'aide aux travailleurs privés d'emploi, il fait part de l’hostilité du groupe communiste à l'élargissement du marché commun européen, dénonçant la politique européenne en matière d’industrie sidérurgique et les licenciements en découlant, notamment dans son département d’élection.

La crise de la sidérurgie et du textile est aussi l’un des thèmes de ses interventions lors des débats sur les projets de loi de finances pour les années 1979 et 1981, parallèlement à la dénonciation de l’inflation des prix et de la perte du pouvoir d'achat des salariés. Celles-ci portent également sur la défense de l’exercice du droit de grève, en lien avec les manifestations des ouvriers sidérurgistes du Nord (15 mars 1979) ou, en avril 1979, lors des débats sur le projet de loi du 26 juillet 1979 sur le droit de grève au sein du service public de la radiodiffusion télévision.

Lors de la première lecture du projet de loi du 10 janvier 1980 sur les conditions d'entrée et de séjour en France des étrangers, il pointe, le 29 mai 1979, au nom du groupe communiste un texte gouvernemental anti-immigrés, en particulier les dispositions sur l'internement administratif. Son amendement sur l’interdiction des internements administratifs est notamment rejeté.

Jean-Claude Wargnies se représente aux élections législatives de juin 1981, qui suivent l’accès de François Mitterrand à la présidence de la République. Avec à nouveau comme suppléant Marc Prévost, il est confronté à deux autres candidats : l’ancien député Jean Durieux, investi par l’Union pour la démocratie française (UDF), et le socialiste Paul Moreau, également élu municipal à Caudry. Le 14 juin, Jean Durieux termine en tête du premier tour avec 37,42 % des 40 219 suffrages exprimés. Jean-Claude Wargnies est en troisième et dernière position (29,24 %), sensiblement devancé par Paul Moreau (33,33 %). Sur décision du comité central du PCF, il fait partie des députés communistes sortants qui se retirent au profit de candidats socialistes ou radicaux mieux placés. Paul Moreau remporte ensuite le second tour, le 21 juin, avec 56,23 % des 41 850 suffrages exprimés.

Dans la foulée, Paul Moreau devient maire de Caudry, lors des élections municipales de mars 1983. Jean-Claude Wargnies, resté conseiller municipal, ne figure pas sur la liste communiste aux législatives à la proportionnelle du 16 mars 1986. Il est cependant investi par la PCF aux élections législatives suivantes de juin 1988, sur la nouvelle 22e circonscription du département du Nord (Le Quesnoy), qui couvre le Cambrésis. Il a pour suppléant Pierre Briatte, maire d’Aulnoye-Aymeries et vice-président du conseil général du Nord. Trois autres candidats sont en lice pour le premier tour du 5 juin 1988 : le socialiste Christian Bataille, maire de Rieux-en-Cambrésis, Jean-Pierre Delmotte pour le Rassemblement pour la République (RPR) et Michel Locoche pour le Front national (FN). Christian Bataille arrive nettement en tête avec 38,47 % des 53 074 suffrages exprimés, suivi par Jean-Claude Wargnies (27,25 %) puis Jean-Pierre Delmotte (24,56 %). Jean-Claude Wargnies se retire, ce qui permet à Christian Bataille de gagner le second tour du 12 juin, avec 64,29 % des 55 174 suffrages exprimés.

Un scénario voisin se produit lors des élections législatives de mars 1993. En présence de candidats plus nombreux (neuf au total), Christian Bataille arrive en tête du premier tour le 21 mars 1993, avec 21,42 % des 51 614 suffrages exprimés et une faible avance sur Jean-Claude Wargnies (19,15%), lui-même suivi de près par deux candidats du centre et de la droite (Serge Machepy avec 18,78 % des voix et Jean-Marie Lemaire avec 17,72%). Jean-Claude Wargnies, qui a pour suppléant Bernard Baudoux, conseiller municipal d’Aulnoye-Aymeries, se retire, ce qui permet à Christian Bataille de conserver son siège de député, avec une avance de moins de 700 voix sur Serge Machepy au second tour, le 28 mars.

Jean-Claude Wargnies n’est pas candidat aux élections législatives de mai et juin 1997.

Il s’éteint le 7 août 2024 à Paris, à l'âge de 86 ans. Marié à deux reprises, il était père de trois enfants. Il était le président fondateur et d'honneur du comité de Caudry de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie.