Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 2 juillet 1981 au 23 juillet 1981
Département
Nord
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 2 avril 1986 au 14 mai 1988
Département
Nord
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IXe législature
Mandat
Du 13 juin 1988 au 1 avril 1993
Département
Nord
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
XIe législature
Mandat
Du 1 juin 1997 au 18 juin 2002
Département
Nord
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 19 juin 2002 au 19 juin 2007
Département
Nord
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie de la Ve République


Député du Nord de 1981 à 1993 et de 1997 à 2007
Secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre du 22 mai au 22 juin 1981
Secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé de l’extension du secteur public du 23 juin 1981 au 29 juin 1982
Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de l’Emploi du30 juin 1982 au 23 mars 1983
Secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre du 24 mars 1983 au 17 juillet 1984
Secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé de la Fonction publique et des simplifications administratives du 16 juillet 1984 au 20 mars 1986

Jean Le Garrec voit le jour au Palais, une commune située sur Belle-Île-en-Mer, dans le Morbihan, au sein d’une famille de tradition laïque et républicaine. Son père, Marcel Le Garrec, est rédacteur à la préfecture du Lot, à Cahors. Il est surtout élevé par sa mère, sa grand-mère et son arrière-grand-mère, auxquelles il dédiera en 2011 un ouvrage intitulé Trois femmes. Adolescent, il fréquente le lycée de Cahors puis s’inscrit, après avoir été reçu bachelier, à la Faculté de droit de Toulouse. Après l’obtention d’une licence en droit, il entre comme fonctionnaire aux PTT à compter de 1952. Il effectue son service militaire en 1953 et participe à la guerre d’Algérie en 1956. En 1955, il quitte les PTT et devient cadre supérieur chez IBM-France. Adhérent de la Confédération française du travail (CFDT), il assume dans son entreprise la charge de délégué du personnel cadre.

Membre du Parti socialiste unifié (PSU) depuis 1967, il en est aussitôt trésorier, puis devient membre du bureau national en 1971 et secrétaire national en 1972. Comme Michel Rocard dont il est proche, Jean Le Garrec rejoint le Parti socialiste (PS) à l’issue des assises du socialisme qu’il contribue à préparer en 1974. Il se rapproche alors de Pierre Mauroy qui exerce une influence déterminante sur sa carrière politique. Membre du comité directeur du PS en février 1975, Jean Le Garrec est, de 1976 à 1979, délégué national du PS, chargé des problèmes des travailleurs immigrés.

Il se porte candidat aux élections législatives en mars 1978 dans la 16e circonscription du Nord sous l’étiquette du Parti socialiste. La campagne s’annonce difficile car le Rassemblement pour la République est en position de force dans cette circonscription de Cambrai. Jean Le Garrec se classe en troisième position au premier tour avec 22,82 % des suffrages exprimés (soit 13 640 voix) derrière Jacques Legendre pour le Rassemblement pour la République (RPR) (41,18 %) et le communiste Georges Cacheux (29,83 %). Il distance toutefois l’écologiste Irène Pergent (2,41 %), le candidat Divers droite René Herbaut (1,28 %), Jacques Beunèche pour Lutte ouvrière (LO) (1,24), le gaulliste de gauche Jacques Ramon (0,74 %) et le candidat du Front national (FN) Vincent Rzechtalski (0,49 %). Jean Le Garrec se retire avant le second tour afin de favoriser l’élection du candidat du Parti communiste français (PCF) mais le député sortant Jacques Legendre l’emporte de justesse avec 50,09 % des suffrages.

Poursuivant son ascension au sein du Parti socialiste, Jean Le Garrec devient membre suppléant (avril-décembre 1979) puis titulaire (décembre 1979-juillet 1981) du bureau exécutif du parti.
Après l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, la proximité de Jean Le Garrec avec Pierre Mauroy lui vaut d’être nommé au gouvernement en tant que secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre à compter du 22 mai 1981.

Fort de sa participation au gouvernement socialiste, Jean Le Garrec est de nouveau candidat dans la 16e circonscription du Nord lors des élections législatives de juin 1981. Il se classe cette fois en première position au premier tour, recueillant 36,51 % des suffrages exprimés (soit 20 382 voix). Suivent le député RPR (Rassemblement pour la République) sortant Jacques Legendre (35,46 %), le communiste Georges Cacheux (25,59 %), l’écologiste Jacques Duval (2,05 %) et Alain Delbecq pour le Mouvement des démocrates (0,37 %). Au second tour, bénéficiant du retrait du candidat communiste, Jean Le Garrec est élu à l’Assemblée nationale avec 58,25 % des suffrages contre 41,75 % en faveur du député RPR sortant.

Au Palais-Bourbon, le secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre s’inscrit au groupe socialiste et siège au sein de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Nommé secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé de l’extension du secteur public le 23 juin 1981, le président de l’Assemblée nationale prend acte de la cessation de son mandat de député et sa suppléante, Denise Cacheux, le remplace.

Jean Le Garrec a alors l’importante mission de porter le projet de loi de nationalisation, 21e des 101 propositions du candidat Mitterrand au cours de la campagne présidentielle. Il fournit alors un intense travail devant la représentation nationale à compter d’octobre 1981. Ouvert à la discussion, il déploie tous ses talents d’orateur afin de présenter l’intérêt du projet et contrecarrer les attaques de l’opposition de droite. Au terme d’un long travail législatif, un premier texte est adopté par le Parlement le 18 décembre 1981. Un second texte, qui s’avère nécessaire du fait de la censure partielle décidée par le Conseil constitutionnel, est adopté puis promulgué par le président de la République le 11 février 1982. Outre cette loi de première importance pour le premier gouvernement de gauche de la Ve République, Jean Le Garrec défend également, en avril 1982, le projet de loi portant statut des sociétés coopératives de banque.

Le 29 juin 1982, Jean Le Garrec est promu au sein du deuxième gouvernement de Pierre Mauroy, et devient ministre délégué chargé de l’Emploi. Sur le plan local, il est élu conseiller municipal de Cambrai en mars 1983. Il échoue toutefois à ravir la mairie à Jacques Legendre, maire RPR de la ville depuis mars 1977.

Lors du remaniement de mars 1983, Jean Le Garrec est nommé secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé du IXe Plan et des contrats de Plan Etat-Région, dans le troisième gouvernement de Pierre Mauroy. Il contribue alors à porter devant la représentation nationale les projets de loi relatif au développement de certaines activités d’économie sociale (avril 1983), portant modification du statut des agglomérations nouvelles (mai 1983), définissant les choix stratégiques, les objectifs et les grandes actions du développement de la Nation pour le IXe Plan (juin 1983), les crédits de l’aménagement du territoire lors des débats sur la loi de finances pour 1984 (octobre 1983) et, enfin, définissant les moyens d’exécution du IXe Plan de développement économique, social et culturel (novembre 1983).

Le 23 juillet 1984, après la démission de Pierre Mauroy, Jean Le Garrec est nommé secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique et des simplifications administratives au sein du gouvernement de Laurent Fabius. A ce titre, ses principaux dossiers sont le projet de loi relatif à la limite d’âge dans la fonction publique et le secteur public (août 1984), celui portant sur la limite d’âge des magistrats hors hiérarchie de la Cour de cassation (août 1984), le vote des crédits de la fonction publique (octobre 1984 et 1985), le projet relatif à la réglementation du versement destiné au transport en commun (novembre 1984), le taux des cotisations aux centres de gestion et de formation de la fonction publique territoriale (novembre 1985) et la cessation progressive d’activité des agents de l’Etat et des collectivités territoriales (novembre 1985).
Jean Le Garrec quitte définitivement ses fonctions ministérielles le 20 mars 1986, lors de la démission du gouvernement de Laurent Fabius, après la défaite de la gauche aux élections législatives du 16 mars.

Lors de celles-ci, Jean Le Garrec figure en deuxième position sur la liste du Parti socialiste conduite par l’ancien Premier ministre Pierre Mauroy dans le département du Nord, où vingt-quatre députés sont à élire. Au soir du 16 mars 1986, la liste de la « Majorité présidentielle » recueille 30,01 % des suffrages exprimés et se classe en première position, devant celles du RPR (23,18 %), du PCF (13,74 %), de l’Union pour la démocratie française (UDF) (12,83 %) et du FN (11,35 %).

Réélu à l’Assemblée nationale, Jean le Garrec, désormais dans l’opposition, s’inscrit au groupe du socialiste – dont il est vice-président – et siège au sein de la commission des finances, de l’économie générale et du Plan (avril 1986, décembre 1986, avril 1987, mars 1988), puis, par intermittence, au sein de la commission des lois (décembre 1986, janvier 1988). Membre de la délégation de l’Assemblée nationale pour la planification (avril 1986), il participe aussi aux travaux de la commission mixte paritaire constituée pour l’examen du projet de loi portant diverses mesures d’ordre social (juin 1987). D’avril à juin 1988, il assume également la charge de secrétaire de l’Assemblée nationale.

En séance publique, le député du Nord est particulièrement intéressé par les dossiers économiques et sociaux. En réaction à la déclaration du gouvernement sur sa politique générale en avril 1986, il s’inquiète de la faiblesse de l’appareil productif français et estime que l’intervention de la puissance publique est devenue indispensable. Il pose également des conditions de discussion du projet gouvernemental de dénationalisation et souligne le caractère incontestable de l’efficacité du service public. Très investi au cours des débats sur le projet de loi autorisant le gouvernement à prendre des mesures économiques et sociales par ordonnance, il remplit son rôle critique de membre de l’opposition au gouvernement de Jacques Chirac (avril 1986). Il soutient ensuite la motion de censure déposée, en application de l’article 49, alinéa 3 de la Constitution, par son collègue Pierre Joxe et conteste particulièrement la volonté du gouvernement de réformer la législation économique et sociale par ordonnance (mai 1986). Adversaire acharné du projet de loi relatif à la suppression de l’autorisation administrative de licenciement, il dépose ensuite cinq amendements à la proposition de loi portant régime juridique de la presse qui sont tous rejetés ou retirés (juin 1986). Au cours des débats sur le projet de loi de finances pour 1987, Jean Le Garrec prend la parole pour déplorer notamment la baisse du pouvoir d’achat des fonctionnaires de catégories C et D, l’abandon des plans de revalorisation des plus basses rémunérations et les suppressions de postes (octobre 1986).

L’année suivante, il s’exprime contre le projet de loi sur l’épargne en soutenant l’exception d’irrecevabilité soulevée par son collègue Pierre Joxe (avril 1987) et au projet de loi relatif à la durée et à l’aménagement du temps de travail (mai 1987). Il participe brièvement aux débats sur les projets de loi portant diverses mesures d’ordre social et sur le développement du mécénat (juin 1987) avant de s’appesantir plus longuement sur le projet de loi de finances pour 1988 (octobre 1987). Lors des débats budgétaires, il revient sur le pouvoir d’achat des fonctionnaires et loue les effets, selon lui positifs, de la politique de nationalisation menée lors de la précédente législature. Il prend ensuite part aux discussions sur le projet de loi relatif à la mutualisation de la Caisse nationale de crédit agricole (novembre 1987), sur le projet de loi de finances rectificative pour 1987 (décembre 1987) et, de manière très critique, sur le projet de loi relatif à la privatisation de la Régie nationale des usines Renault (décembre 1987). Enfin, ses dernières interventions porten
t en particulier sur la transparence financière de la vie politique (février 1988).
Jean Le Garrec est, au cours de son deuxième mandat, l’auteur de vingt-deux questions, dont dix-huit écrites et quatre orales au gouvernement portant sur les aides économiques à la presse (juin 1986), le remboursement de l’avortement (décembre 1986), la réglementation des licenciements (avril 1987) et les dénationalisations touchant le secteur public (novembre 1987).

A la suite de la dissolution prononcée par le président réélu François Mitterrand au printemps 1988, Jean Le Garrec se porte à nouveau candidat aux élections législatives de juin dans la nouvelle 18e circonscription du Nord, issue du redécoupage de fin 1986, autour de Cambrai. En deuxième position au premier tour avec 36,98 % des suffrages (soit 20 280 voix), derrière le député RPR sortant, Jacques Legendre (39,85 %), il devance Edouard Tricquet pour le PCF (14,77 %) et le candidat du FN Jacques Disdier (8,4 %). Au second tour, Jean Le Garrec l’emporte en réunissant sur sa candidature 52,4 % des voix contre 47,6 % pour son concurrent de droite. Le suppléant de Jean Le Garrec au cours de la IXe législature est Jacques Warin, adjoint au maire de Caudry.

Membre du groupe socialiste – dont il est le porte-parole jusqu’en avril 1992 –, Jean Le Garrec siège au sein de la commission des finances, de l’économie générale et du Plan et en devient le président à compter du 7 avril 1992 en remplacement de Henri Emmanuelli, qui a été élu président de l’Assemblée nationale. Il est également membre de la délégation de l’Assemblée nationale pour la planification (octobre 1988), du Haut conseil du secteur public (novembre 1988 et novembre 1991), de la commission de contrôle de la gestion du Fonds d’action sociale (juin 1990) et vice-président de la délégation de l’Assemblée nationale pour les problèmes démographiques (novembre 1991). Rapporteur spécial des crédits du secteur public chaque année, jusqu’en 1981, il est aussi rapporteur pour avis du projet de loi relatif au revenu minimum d’insertion (octobre 1988) et de celui relatif aux modalités d’application des privatisations (avril 1989).

Jean Le Garrec est l’auteur, sous la IXe législature, d’une proposition de loi organique tendant à instituer un contrôle du Parlement sur le prélèvement opéré sur les recettes de l’Etat au profit des Communautés européennes (mai 1992) et d’une proposition de loi ordinaire tendant à reconnaître le 16 juillet journée nationale de commémoration des persécutions et des crimes racistes, antisémites et xénophobes perpétrés par le régime de Vichy (novembre 1992).
En séance publique, il s’intéresse d’abord, en qualité de rapporteur ou rapporteur pour avis, au projet de loi relatif au revenu minimum d’insertion (RMI) qu’il défend, le considérant comme une exigence de solidarité, ainsi qu’à la fonction publique et aux réformes administratives durant les débats budgétaires pour 1989 (octobre 1988). Il dépose ensuite trois amendements, adoptés, au projet de loi portant diverses mesures d’ordre social (décembre 1988). L’année suivante, l’économie et l’emploi continuent de compter parmi les principaux dossiers du député Le Garrec. Ainsi est-il partie prenante des débats sur les projets de loi relatifs aux modalités d’application des privatisations, à la sécurité et à la transparence du marché financier, approuvant le Xe Plan (avril 1989), modifiant le code du travail et relatif à la prévention du licenciement économique (mai 1989), favorisant le retour à l’emploi (octobre 1989) et portant diverses dispositions relatives au temps de travail et à la mise en œuvre du droit à la conversion dans les entreprises en redressement ou en liquidation judiciaire (décembre 1989). Il s’intéresse également au projet de loi d’orientation sur l’éducation et à celui relatif à la liberté de communication en juin 1989. Député ouvert à toutes les problématiques intéressant la vie de la Nation, il réagit positivement aux conclusions de la commission des lois sur la proposition tendant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe et à la déclaration du gouvernement sur l’immigration et l’intégration, la future loi « Gayssot » (mai 1990). Auteur d’un amendement adopté au projet de loi relatif à l’organisation du service public de la poste et des télécommunications (mai 1990), il défend ensuite le projet de loi portant dispositions relatives à la santé publique et aux assurances sociales (décembre 1990). Par la suite, il prend part au débat consécutif à la déclaration du gouvernement sur l’avenir des retraites (mai 1991) et se trouve chargé d’expliquer le vote favorable du groupe socialiste sur le projet de loi renforçant la lutte contre le travail clandestin et la lutte contre l’organisation de l’entrée et du séjour irréguliers d’étrangers en France (octobre 1991) avant de soutenir le projet de loi portant diverses dispositions d’ordre social (décembre 1991). En fin de législature, outre sa participation active et continuelle aux débats budgétaires (octobre et décembre 1992), il prend part à l’examen du projet de loi constitutionnelle ajoutant à la Constitution un titre consacré à l’Union européenne (mai 1992), du projet relatif au plan d’épargne en actions (juin 1992) et du projet portant adaptation de la législation relative au revenu minimum d’insertion et à la lutte contre le chômage d’exclusion (juin 1992).

Jean Le Garrec est, entre 1988 à 1993, l’auteur de huit questions dont une écrite et sept orales au gouvernement relatives à la fonction publique (novembre 1988), au revenu minimum d’insertion (décembre 1988), à la politique extérieure de la France vis-à-vis de la Chine (juin 1989), à la grève dans le secteur public (octobre 1989), à la réglementation relative aux élections et referendums (novembre 1990), à l’emploi dans le secteur du textile et de l’habillement (mai 1991) et au fonctionnement des partis et mouvements politiques (décembre 1991).

Parallèlement à son mandat parlementaire, Jean Le Garrec est délégué du Parti socialiste, chargé de la fonction publique de 1988 à 1992 et membre du Conseil national du parti depuis 1993. Sur le plan local, il est réélu conseiller municipal de Cambrai en mars 1989 et entre au conseil régional du Nord-Pas-de-Calais en mars 1992. La même année, il devient administrateur de la Fondation Jean Jaurès, créée par Pierre Mauroy.

Au terme de son troisième mandat, Jean Le Garrec se présente aux élections législatives de mars 1993, dans la 14e circonscription du Nord, autour de Cassel et Bergues, où le départ du député sortant RPR Charles Paccou semble lui ouvrir davantage d’espoir qu’à Cambrai. En deuxième position au premier tour avec 17,9 % des suffrages (soit 8 429 voix), il est largement devancé par le candidat du RPR, Gabriel Deblock (34,94 %). Suivent notamment Claude Gosset (UDF – 10,91 %), Yannick Le Floch (FN – 9,96 %), René Patoor (Les Verts – 7,2 %), Bernard Fiolet (Divers droite – 6,56 %) et Alain Lenglet (PCF – 4,47 %). Au second tour, Gabriel Deblock l’emporte nettement, réunissant sur sa candidature 62,89 % des suffrages. Battu, Jean Le Garrec se concentre alors sur son mandat de conseiller régional et sur ses activités au sein du Parti socialiste. Membre suppléant (avril 1993) puis titulaire (octobre 1993) du conseil national du PS, il devient secrétaire national du parti, chargé des entreprises entre novembre 1993 et juin 1994, puis des affaires sociales jusqu’en 1997.
Jean Le Garrec se porte candidat aux élections législatives de 1997 dans la 12e circonscription du Nord autour de Dunkerque et Gravelines, et contre le député sortant en difficulté Régis Fauchoit (Divers gauche) élu en 1993 contre Michel Delebarre. Pour son retour devant les électeurs, il se classe en tête au premier tour avec 23,75 % des suffrages exprimés (soit 10 782 voix) devant notamment Patrick Lorant (FN – 22,78 %), Christian Hutin (Divers droite – 18,05%), Régis Fauchoit, député sortant (Divers gauche – 13,32 %) et Didier Liennart (PCF – 8,24 %). Au second tour, Jean Le Garrec est aisément élu, réunissant sur sa candidature 64,25% des voix, contre 35,75 % en faveur du candidat du Front national. Son suppléant est Jean-Claude Delalonde, maire de Loon-Plage.

Au Palais-Bourbon, ce membre éminent du groupe socialiste voit ses responsabilités s’accroître considérablement. Membre de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales, il en devient le président à compter du 8 avril 1998, succédant à Claude Bartolone, alors nommé ministre délégué à la Ville. Il est également membre titulaire du conseil national des fondations (septembre 1997), de l’office parlementaire d’évaluation des politiques publiques (octobre 1997) ainsi que du Haut comité du loisir social et du Conseil pour la transparence des statistiques de l’assurance maladie en sa qualité de président de sa commission d’appartenance. Il est aussi l’animateur du groupe de travail interne sur les retraites au sein du groupe PS à l’Assemblée nationale depuis juin 1999. Il est régulièrement rapporteur, en particulier sur les projets de loi d’orientation et d’incitation relatif à la réduction du temps de travail (décembre 1997), relatif à la lutte contre les exclusions (avril 1998), les propositions de loi relatives à l’assurance chômage des artistes et techniciens du spectacle vivant du cinéma et de l’audio-visuel et des intermittents du spectacle (novembre 2001) et autorisant la restitution par la France de la dépouille mortelle de Saartjie Baartman, dite « Vénus hottentote », à l’Afrique du Sud (janvier 2002).
Il dépose, en outre, cinq propositions de loi relative à la création d’un Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale (mars 1999), instaurant une journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux Justes de France (juin 1999), relatives à la lutte contre les discriminations (septembre 2000), au régime d’assurance chômage des intermittents du spectacle (novembre 2001) et portant rénovation des rapports conventionnels entre les professions de santé libérales et les organismes d’assurance maladie (décembre 2001).

En séance publique, Jean Le Garrec s’investit d’abord dans la lutte contre le chômage à travers trois textes représentatifs du programme du Premier ministre Lionel Jospin. Il s’agit tout d’abord du projet de loi relatif au développement d’activités pour l’emploi des jeunes (septembre 1997). Ensuite, c’est sur le projet de loi sur les 35 heures (dit d’orientation et d’incitation relatif à la réduction du temps de travail) qu’il se concentre. Nommé rapporteur de ce texte, ce proche de Martine Aubry assure un travail parlementaire fourni afin de porter le texte devant la représentation nationale et participe activement à l’examen du projet des trois mille amendements suscités par le projet (janvier-mai 1998). C’est, enfin, le projet de loi d’orientation relatif à la lutte contre les exclusions auquel se consacre Jean Le Garrec, rapporteur de la commission spéciale instituée sur ce texte, au cours de la première session de la législature (mai-juin 1998). Le vote de ces trois textes est d’une importance capitale pour Jean Le Garrec qui y voit « un dispositif qui puisse accompagner la croissance sans que certains soient abandonnés sur le bord du chemin ». Lors de la session suivante, dorénavant président de commission, il s’intéresse en particulier au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 1999 (octobre-décembre 1998) et – lui qui est un grand amateur de sport – au projet de loi relatif à la protection de la santé des sportifs et à la lutte contre le dopage (novembre 1998-mars 1999). Il porte ensuite son attention sur diverses propositions de loi : tendant à limiter les licenciements et à améliorer la situation au regard de la retraite des salariés de plus de cinquante ans (décembre 1998-mars 1999), à renforcer le contrôle de l’obligation scolaire (décembre 1998), visant à protéger les droits des usagers, à améliorer le dialogue social et à assurer la continuité des services publics (mars 1999) et relative à la délivrance des grades dans les disciplines relevant des arts martiaux (mars 1999). Il défend plus tard le projet de loi modifiant la législation sur les chèques-vacances (mars-mai 1999) et celui portant création d’une couverture maladie universelle (avril-juin 1999). De nouveau très présent lors des discussions autour du projet de loi relatif à la réduction négociée du temps de travail (octobre-décembre 1999) et des projets de lois de financement de la sécurité sociale et de finances pour 2000 (octobre-décembre 1999), Jean Le Garrec soutient ultérieurement le projet modifiant la législation sur l’organisation et la promotion des activités physiques et sportives (février-juin 2000). De manière plus ponctuelle mais avec attention, il prend part à l’examen de textes sur la croissance et l’archéologie préventive (février 2000) ainsi que sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (mars 2000), la création d’une agence française de sécurité sanitaire environnementale (avril 2000) et l’épargne salariale (mai 2000). Jean Le Garrec se montre aussi attentif à la proposition de loi sur la contraception d’urgence (octobre 2000) et au projet relatif à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception (novembre 2000). Il prend encore longuement la parole au cours des débats sur les projets de loi rectifié de modernisation sociale (janvier-juin 2001) et portant diverses dispositions d’ordre social, éducatif et culturel (mai 2001). En fin de législature, Jean Le Garrec s’intéresse au projet relatif aux droits des malades et à la qualité du système de santé (octobre 2001-février 2002), à la proposition relative à la lutte contre les discriminations (octobre 2001) et aux projets de financement de la sécurité sociale et de loi de finances pour 2002 (octobre et novembre 2001). Enfin, ce sont les propositions relatives au régime d’assurance chômage des intermittents du spectacle (décembre 2001-février 2002) et à la solidarité nationale et à l’indemnisation des handicaps congénitaux (décembre 2001-janvier 2002) qui retiennent son attention.

Il est aussi, entre 1997 et 2002, l’auteur de huit questions au gouvernement relatives à la création d’emplois (juin 1997 et octobre 2001), à la lutte contre l’exclusion (décembre 1998), à la politique à l’égard des retraités (mai 1999), aux retraites complémentaires (janvier 2001), à la médecine libérale (février 2001), aux licenciements collectifs (avril 2001) et à la santé de l’industrie française du cinéma (décembre 2001).

Hors de l’Assemblée nationale, Jean Le Garrec est réélu conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais en mars 1998 et y préside le groupe Socialiste et apparentés.

En juin 2002, Jean Le Garrec est à nouveau candidat dans la 12e circonscription du Nord. En tête au premier tour avec 30,45 % des suffrages exprimés (soit 12 162 voix), il devance notamment Marion Auffray (FN – 17,89 %), Christian Hutin (Pôle républicain – 17,13 %), Hélène Surgers (11,36 %), Patrick Lorant (Mouvement national républicain – 4,45 %), Michel Szalkiewicz (CPNT – 3,64%) et Laure Bourel (LO – 2,68 %). Au second tour, Jean Le Garrec est facilement réélu avec 64,19 % des voix. Son suppléant est Roméo Ragazzo, conseiller général du Nord et maire de Fort-Mardyck.
De retour dans l’opposition, adhérent au groupe socialiste et brièvement membre de la commission de la production et des échanges du 27 juin au 18 juillet 2002 avant de retrouver la commission des affaires culturelles, familiales et sociales, Jean Le Garrec est, de 2002 à 2005, vice-président de l’Assemblée nationale. Il est également membre de la mission d’évaluation des conséquences économiques et sociales de la législation sur le temps de travail (octobre 2003), de la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi relatif à l’assurance maladie (juin 2004), de la mission d’information sur les risques et les conséquences de l’exposition à l’amiante (mai 2005), titulaire du Conseil d’orientation pour l’emploi (juin 2005) et du conseil d’orientation des retraites (mai 2006).

Il est l’auteur, en janvier 2007, d’une proposition de loi visant à abroger le contrat de travail spécifique aux nouvelles embauches, qui a été à l’origine d’une vive contestation de la jeunesse et de manifestations importantes
Membre de l’opposition, Jean Le Garrec contribue, de manière critique, aux travaux sur les thèmes qui lui sont chers, à commencer par le travail et l’emploi. En ce sens, il soutient les exceptions d’irrecevabilité soulevées par son collègue Jean-Marc Ayrault en ce qui concerne les projets de loi relatifs aux salaires, au temps de travail et au développement de l’emploi (octobre 2002) et à la négociation collective sur les restructurations ayant des incidences sur l’emploi, à propos duquel il dépose de nombreux amendements qui ne prospèrent pas (décembre 2002). Il s’intéresse ensuite au projet de loi relatif à la formation professionnelle tout au long de la vie et au dialogue social (décembre 2003) puis se montre très actif à propos de la proposition de loi portant réforme de l’organisation du temps de travail dans l’entreprise, qu’il combat en soutenant l’exception d’irrecevabilité et la motion de renvoi en commission soulevées par ses collègues socialistes et en déposant de nombreux amendements qui seront rejetés. Il prend également part aux discussions entourant les projets de lois de sauvegarde des entreprises (mars 2005) et de finances pour 2006 sur le thème du travail et de l’emploi (novembre 2005), puis se prononce contre le projet de loi pour le développement de la participation et de l’actionnariat salarié, en votant notamment l’exception d’irrecevabilité soulevée par Jean-Marc Ayrault qui est toutefois rejetée (octobre 2006). Enfin, il est surtout investi, en qualité de rapporteur de sa proposition de loi visant à abroger le contrat de travail « nouvelles embauches », dans la lutte contre la politique de flexibilité de l’emploi du gouvernement de Dominique de Villepin (février 2007).

La solidarité nationale et la lutte pour l’égalité continuent d’être les sujets de prédilection de Jean Le Garrec. Il combat en ce sens le projet de loi portant réforme des retraites (juin et juillet 2003) ainsi que le projet portant décentralisation en matière de revenu minimum d’insertion et créant un revenu minimum d’activité (novembre 2003). Il participe également aux débats sur les perspectives de l’intégration et de l’égalité des chances (février 2004), sur le projet de loi relatif à la solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées (mai 2004), sur celui pour l’égalité des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, puis soutient la question préalable soulevée par Jean-Marc Ayrault au regard du projet de loi relatif à l’assurance maladie (juin 2004). Le préoccupent ensuite le projet de loi de programmation pour la cohésion sociale (novembre 2004), ainsi que celui relatif à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes à propos duquel il défend la question préalable opposée par Jean-Marc Ayrault (décembre 2005). En fin de législature, il soutient une proposition de loi de son collègue communiste Daniel Paul, relative à la revalorisation des pensions pour les personnes invalides (janvier 2007).

Outre ces thèmes qui l’ont mobilisé tout au long de ses mandats à l’Assemblée, Jean Le Garrec ne néglige pas d’autres questions comme en témoignent le projet de loi relatif aux assistants d’éducation (mars 2003), la proposition relative à la création du registre international français (mars 2005) et le texte autorisant la ratification de la convention internationale contre le dopage dans le sport (janvier 2007).

Entre 2002 et 2007, Jean Le Garrec pose vingt-deux questions, dont quatorze écrites et huit orales au gouvernement qui portent sur la politique de lutte contre l’exclusion (novembre 2002 et décembre 2003), le budget (février 2003), la réforme des retraites (mai 2003), la politique de l’emploi (décembre 2003 et novembre 2004), l’accueil des réfugiés (décembre 2005) et la prise en compte de la pénibilité au travail (janvier 2007).

Sur le plan local, Jean Le Garrec quitte sa charge de conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais en mars 2004. Il est aussi, président de l’Alliance Ville Emploi et du Cercle Ramadier à partir de 2006.

Après une longue et intense carrière parlementaire, Jean Le Garrec ne souhaite pas se représenter aux élections de 2007 mais annonce vouloir être le suppléant de Marie Simati, élue du Conseil régional du culte musulman du Nord-Pas-de-Calais et militante au sein du PS depuis 1995, une candidature qui ne prospère toutefois pas. Après son retrait de la vie politique, Jean Le Garrec continue de nourrir le débat d’idées en contribuant activement aux travaux de la Fondation Jean Jaurès.

Il décède le 19 février 2023 dans le onzième arrondissement de Paris. Il était marié à Evelyne David et père d’un fils. Ministre cinq ans durant, membre incontournable du Parti socialiste dans le Nord comme au Palais-Bourbon, Jean Le Garrec laisse le souvenir d’une grande figure morale, d’un parlementaire travailleur, constamment soucieux d’améliorer les conditions de vie et de travail des Français, en particulier des plus fragiles.

Il est l’auteur de trois ouvrages : Une vie à gauche (éd. de l’Aube, 2006) qui retrace son engagement au sein du Parti socialiste, Trois femmes (éd. Bruno Prince, 2011) un roman en partie autobiographique, et L’Idée socialiste. Il faut retrouver Proudhon (éd. Bruno Prince, 2011). Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur le 14 juillet 2011.