Jean Michel

1949 - 2025

Informations générales
  • Né le 28 janvier 1949 à Lapeyrouse (Puy-de-Dôme - France)
  • Décédé le 18 mars 2025 à Echassières (Allier - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
XIe législature
Mandat
Du 1 juin 1997 au 18 juin 2002
Département
Puy-de-Dôme
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 19 juin 2002 au 19 juin 2007
Département
Puy-de-Dôme
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 20 juin 2007 au 19 juin 2012
Département
Puy-de-Dôme
Groupe
Socialiste, radical et citoyen et divers gauche

Biographies

Biographie de la Ve République

MICHEL Jean
Né le 28 janvier 1949 à Lapeyrouse (Puy-de-Dôme)
Décédé le 18 mars 2025 à Echassières (Allier)

Député du Puy-de-Dôme de 1997 à 2012

Jean Michel est né à Lapeyrouse, une commune rurale des Combrailles, au nord du Puy-de-Dôme, au voisinage de Saint-Eloy-les-Mines.

Avocat, il se spécialise dans le droit public et exerce à Clermont-Ferrand à compter de 1978.

Il débute sa carrière politique à l’âge de 28 ans, lorsqu’il devient maire de sa commune natale le 20 mars 1977, sous l’étiquette socialiste. Il conserve cette fonction durant 43 ans, jusqu’en mai 2021, réélu à six reprises. Au cours de ses sept mandats de maire, il engage un remembrement, le réaménagement du bourg, la création d’un plan d’eau et d’un camping aussi bien que la création d’un stade. Cela n’empêche toutefois pas la commune d’enregistrer un déclin démographique : entre 1975 et 2023, sa population passe de 770 à 521 habitants.

Le parcours politique de Jean Michel se construit d’abord aux niveaux local et régional. Il fonde et préside à compter de 1985 le Syndicat mixte d’aménagement et de développement des Combrailles. Il y impulse entre autres la création d’un service informatique en 1987, la mise en place d’un plan « Propreté Combrailles » en 1991, la création en 1994 du parc industriel de l’Aize à Combronde et la création d’un service de soins infirmiers à domicile en 1995. Il siège au Conseil régional d'Auvergne à compter de mars 1979. Il y est élu le 16 mars 1986, date des premières élections régionales, et y demeure jusqu’en 1992.

Jean Michel est candidat une première fois aux élections législatives en juin 1988, dans la 6e circonscription du Puy-de-Dôme, comme suppléant du candidat socialiste Edmond Vacant, maire de Mozac et conseiller général. Celui-ci est en tête du premier tour le 5 juin, avec 44,77 % des 54 476 suffrages exprimés, puis remporte nettement le second tour du 12 juin, avec 55,06 % des 59 613 suffrages, face à Gérard Boche, candidat de l’Union pour la démocratie française (UDF). Edmond Vacant sera à nouveau candidat en avril 1993, avec pour suppléant Maurice Battut. Il perd alors son siège, battu par Gérard Boche (UDF).

Jean Michel siège brièvement au conseil général du Puy-de-Dôme, du 2 avril 1989 au 29 mars 1992, élu dans le canton de Montaigut-en-Combraille. En 1995, il est par ailleurs nommé président-directeur général de la Semerap, une société publique locale basée à Riom, opératrice de la gestion de l'eau et de l'assainissement auprès de 155 communes du département du Puy-de-Dôme. Il restera en fonction jusqu’en avril 2018.

En 1997, Jean Michel est investi par le Parti socialiste (PS) candidat aux législatives anticipées dans la 6e circonscription du Puy-de-Dôme (Riom), avec pour suppléant Claude Lesme, journaliste et maire-adjoint de la commune de Volvic. Il fait face à huit autres candidats, dont le député sortant Gérard Boche. Au soir du premier tour, celui-ci est en tête, avec 32,04 % des 53 418 suffrages exprimés. Il est néanmoins talonné par Jean Michel (30,37 %), loin devant le candidat communiste Guy Brunet (14,67 %) et le candidat du Front national (FN) Michel Dufresne (10,05 %). Au second tour, Jean Michel s’impose face à Gérard Boche, avec 54,24 % des 58 504 suffrages exprimés.

A l’Assemblée nationale, il s’inscrit au groupe socialiste. Il est membre de la commission de la Défense nationale et des forces armées. Il est aussi membre des commissions d'enquête sur l'utilisation des fonds publics en Corse (1998), sur le fonctionnement des forces de sécurité en Corse (1999) et sur la sécurité sanitaire de la filière alimentaire (1999-2000). Il est vice-président de la commission permanente chargée de l'application de l'article 26 de la Constitution, d’octobre 1999 à juin 2002. Membre titulaire du Haut conseil du secteur public de septembre 1997 à juin 2002, il est également désigné juge suppléant de la Haute Cour en juin 1997.

Durant ce premier mandat, Jean Michel est membre des groupes d'amitié parlementaires établis avec le Québec, la République arabe d'Egypte, le Portugal, la Côte d'Ivoire, la Principauté d'Andorre, l'Autriche, la République fédérative du Brésil, le Canada, la République de Cuba et la République des Seychelles. Il prend part aux groupes d'études sur la chasse (1997-2002), sur l'élevage bovin (1998-2000) et sur le Tibet (1998-2002).

Les interventions en séance publique de Jean Michel se concentrent sur les sujets militaires. Il intervient comme rapporteur, au nom de la commission de la Défense nationale, sur la réforme du code de justice militaire (juin 1998 et juin 1999, un texte ensuite intégré dans la loi du 10 novembre 1999 portant réforme du code de justice militaire et du code de procédure pénale), puis comme rapporteur pour avis sur les crédits d’équipement du budget de la Défense pour les projets de loi de finances successifs de 1999 à 2002. Il dépose parallèlement 54 questions écrites et pose une question orale, le 12 mai 1998, sur les carences répétées de la liaison aérienne Orly-Clermont-Ferrand.

Sur le plan local, Jean Michel poursuit son engagement municipal. Au mitan des années 1990, il se mobilise notamment sur le dossier de l’autoroute A89 devant traverser les Combrailles sur toute leur longueur, obtenant l’implantation de sorties sur ce territoire rural mais proche de Clermont-Ferrand. En 1998, il quitte la présidence du Syndicat mixte d’aménagement et de développement des Combrailles mais en reste vice-président. Au titre du syndicat, il impulse la réhabilitation du manoir de Veygoux, à Charbonnières-les-Varennes, en 2002-2003, en un espace touristique et muséographique.

Jean Michel se porte à nouveau candidat aux élections législatives de 2002, en situation plus difficile après la défaite de Lionnel Jospin, dès le premier tour, à l’élection présidentielle. Le 9 juin, il arrive en tête du premier tour avec 34,57 % des 56 497 suffrages exprimés, suivi par le candidat de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) Claude Liebermann (30,38 %), loin devant les dix autres candidats et candidates. Le 16 juin suivant, il conserve son siège, remportant le second tour avec 51,34 % des 54 565 suffrages exprimés.

Toujours inscrit au groupe socialiste, il retrouve la commission de la Défense nationale et des forces armées, presque tout au long du mandat, intégrant brièvement la commission des affaires culturelles, familiales et sociales de février à avril 2003. A nouveau membre titulaire du Haut conseil du secteur public, il est aussi juge titulaire de la Haute Cour en novembre 2002. Il siège également comme membre titulaire au sein de la délégation française à l'Assemblée parlementaire de l'OTAN de juillet 2002 à juin 2007. Il est membre des groupes d'amitié parlementaires établis avec le Québec et la République populaire de Mongolie. Il prend part aux groupes d'études sur la chasse, l'élevage bovin, le climatisme, le thermalisme et l'industrie aéronautique et spatiale. Il participe aussi aux groupes d’études sur les professions libérales, sur l’eau, sur l'industrie de l'armement et sur l'amiante.

Durant ce mandat, Jean Michel est l’auteur de plusieurs propositions de loi sur : l'abaissement de la limite d'âge dans la magistrature et dans la fonction publique (septembre 2002), la publicité et à la mise en concurrence pour la passation de conventions de prestations de services entre l’Etat et les collectivités territoriales (septembre 2002), le jumelage de chaque école française avec une école de l'Union européenne (janvier 2003, un texte déposé avec Jean-Marc Ayrault, député de la Loire-Atlantique) et les retraites agricoles (février 2003). Il dépose deux rapports d'information au nom de la commission de la Défense nationale et des forces armées, sur la participation de capitaux étrangers aux industries européennes d'armement (mars 2005), puis sur la construction de l'Europe de la Défense (septembre 2005). Il est l’auteur de quelque 157 questions écrites mais ne dépose pas de question orale.

A l’instar de son premier mandat, ses interventions en séance restent centrées sur les sujets militaires, notamment lors de l’examen des lois de finances (octobre 2002, novembre 2003, 2004 puis 2005, octobre 2006). Le 2 avril 2003, il assure l’explication de vote du groupe socialiste à l’issue de l’examen du projet de la loi du 14 avril 2003 sur le code de l'éducation. Le même jour, il défend sa proposition de loi visant à jumeler chaque école française avec une école de l'Union européenne, un texte adopté en première lecture mais qui ne connaîtra pas de suite au Sénat.

Lors des élections législatives de juin 2007, Jean Michel se présente à nouveau, mais il est confronté à onze autres candidats. Le 10 juin, au soir du premier tour, il n’arrive qu’en seconde position, avec 33,01 % des 54 869 suffrages exprimés, derrière la candidate de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) Marie-Thérèse Sikora (34,23%). La tendance s’inverse toutefois le 17 juin : Jean Michel conserve son siège de député avec 54,24 % des 57 174 suffrages exprimés.

Inscrit au groupe socialiste, radical et citoyen, il siège à nouveau au sein de la commission de la Défense nationale et des forces armées, dont il est vice-président. Il retrouve aussi le Haut conseil du secteur public jusqu’en octobre 2008, ainsi que la délégation française à l'Assemblée parlementaire de l'OTAN de juillet 2007 à juin 2012. Il est également membre de la section française de l'Assemblée parlementaire de la francophonie de novembre 2007 à juin 2012.

Durant ce mandat, il est membre des groupes d'amitié parlementaires établis avec le Québec, l’Afrique du Sud, l'Argentine, la République de Cuba, l'Autriche, le Sénégal, le Royaume du Népal, l’île Maurice et la Fédération de Russie. Il préside le groupe d’amitié avec la République de Djibouti, de 2007 à 2012, et il est vice-président des groupes avec la Croatie (2007-2012) et la République populaire de Mongolie (2008-2012). Dans la continuité de ses mandats précédents, il prend part à des groupes d'études sur l’amiante, la chasse, l’élevage, la ruralité et les industries de défense, mais aussi sur la laïcité, la viticulture et les îles anglo-normandes. Il dépose un rapport d'information sur les PME et la Défense (juillet 2011). Il est l’auteur de quelque 108 questions écrites.

Comme lors de ses deux mandats précédents, Jean Michel intervient en séance publique en novembre 2007 lors l’examen du volet militaire du projet de lois de finances pour 2008. Ses interventions se font ensuite des plus rares. On en compte deux, le 16 octobre 2009 et le 14 janvier 2010, sur un projet de loi modifiant la délimitation des circonscriptions pour l'élection des députés. Le Puy-de-Dôme est alors directement concerné avec une réduction de six à cinq du nombre de ses circonscriptions pour tenir compte de l’évolution démographique. Le 14 janvier 2010, il interroge en termes vifs Alain Marleix, secrétaire d'Etat chargé des Collectivités territoriales et auparavant député du Cantal, pour contester le redécoupage proposé pour le Puy-de-Dôme. Faisant remarquer qu’Alain Marleix serait invité le 23 janvier suivant à la fête du cochon de Besse-en-Chandesse, dans le massif du Sancy, Jean Michel le félicite ironiquement pour ses « talents de charcutier ».

Jean Michel ne se représente pas aux élections législatives de juin 2012, à l’occasion desquelles la sixième circonscription du Puy-de-Dôme disparaît, refondue en une nouvelle deuxième circonscription. Y est élue la candidate socialiste Christine Pirès-Beaune, alors conseillère municipale de Volvic. Jean Michel est fait chevalier de la Légion d’honneur le 27 juin 2014.

Sur le plan local, Jean Michel, maire jusqu’en mai 2020, continue d’exercer comme président-directeur général de la Semerap. Toutefois, le 19 avril 2018, après plusieurs mois de conflits internes, il est révoqué par le conseil d'administration de ses mandats de président et de directeur-général. Il est alors remplacé par Maurice Deschamps, maire de la commune de Chauriat.

Jean Michel est décédé le 18 mars 2025 à l’âge de 76 ans. La salle des fêtes de Lapeyrouse a été baptisé à son nom, de son vivant, en janvier 2023.