Henri Briffod

1913 - 1987

Informations générales
  • Né le 20 décembre 1913 à Bonneville (Haute-Savoie - France)
  • Décédé le 30 juin 1987 à Bonneville (Haute-Savoie - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Haute-Savoie
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Haute-Savoie
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 20 décembre 1913 à Bonneville (Haute-Savoie)

Décédé le 30 juin 1987 à Bonneville (Haute-Savoie)

Député de la Haute-Savoie de 1951 à 1958

Né dans une famille savoyarde, Henri Briffod était le fils de Louis Briffod, qui était à la tête d'un petit établissement de crédit et qui fut maire de Bonneville. Après son baccalauréat, il étudie le droit à Paris et obtient une licence. En 1936, il exerce alors le métier d'avocat. Il milite au sein du Parti socialiste S.F.I.O. Il se marie avec Andrée Bryas dont il aura quatre enfants. En septembre 1939, il est mobilisé au quatrième régiment d'infanterie, fait prisonnier à Lille et interné au stalag 17 B en Autriche. Malade, il est rapatrié en décembre 1940. Il reprend son activité professionnelle, mais il entre aussi dans une des premières organisations de la Résistance en Haute-Savoie. Il est recherché d'abord par les Italiens puis par les Allemands après novembre 1942. Entré dans la clandestinité, il devient responsable de la Résistance dans le Faucigny. Il est membre du Comité départemental de Libération, et titulaire de la Médaille de la Résistance et Chevalier de la Légion d'honneur.

En 1945, il devient bâtonnier de l'ordre des avocats de Haute-Savoie. Son influence s'étend dans le département. Membre du Conseil supérieur de l'Académie de Grenoble, avocat-conseil de la Fédération des producteurs de lait, et membre du conseil d'administration de la Caisse régionale du Crédit agricole, il est élu conseiller général de Bonneville.

Le 21 octobre 1945, il se présente sans succès aux élections pour la première Assemblée nationale Constituante, en deuxième position sur la liste S.F.I.O. qui n'aura qu'un seul élu.

Absent de la consultation du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale Constituante, Henri Briffod conduit cinq mois plus tard la liste S.F.I.O. aux élections législatives du 10 novembre 1946 mais il échoue avec 14 045 voix sur 121 775 suffrages exprimés. Il poursuit néanmoins son implantation et devient Secrétaire fédéral de la S.F.I.O. en 1948. Aux élections du 17 juin 1951, la S.F.I.O., le Parti radical et le R.G.R. constituent une liste commune conduite par Henri Briffod. Celle-ci s'apparente au M.R.P. et aux Indépendants. L'apparentement obtient la majorité absolue et par conséquent les quatre sièges à pourvoir, dont trois vont au M.R.P., le quatrième revenant à Henri Briffod.

Nommé membre de la Commission de la justice et de la législation, ainsi que de celle des immunités parlementaires, il fait partie de la Commission de coordination chargée des questions relatives à la Communauté européenne du charbon et de l'acier. Le 16 juillet 1951, il est nommé membre de la Commission chargée d'enquêter sur le trafic des ' piastres en Indochine. Le 19 janvier 1954, il est nommé membre de la Commission des moyens de communication et du tourisme. Le 9 février, il est élu secrétaire de la Commission de la justice et de la législation. Au cours de la législature, ses interventions portent sur les questions d'éducation, de droits de l'homme ou budgétaires. En août 1954, il fait partie de la minorité de la S.F.I.O. qui vote la question préalable du général Aumeran rejetant la Communauté Européenne de Défense. Le 23 février 1955, dans le débat sur la déclaration d'investiture d'Edgar Faure, il marque son opposition au réarmement de l'Allemagne : « (...) dans le système de sécurité collective, déclare-t-il, il ne peut être, à l'heure de l'énergie nucléaire, un élément déterminant ».

Aux élections législatives du 2 janvier 1956, Henri Briffod conduit une liste de « Front républicain », présentée par la S.F.I.O., le Parti radical et des Indépendants de gauche. Deux apparentements sont conclus. Le premier entre la liste du M.R.P. et celle des Indépendants et paysans. Le second rassemble la liste d'Union et de fraternité française qui se réfère à Pierre Poujade, la liste de défense des consommateurs et des intérêts familiaux et enfin la liste de défense des intérêts agricoles et viticoles. Aucune liste ni aucun des apparentements ne dépassant la majorité absolue, les sièges sont répartis à la proportionnelle. Si, avec respectivement 24,8 %, 21,6 % et 20,6 % des suffrages exprimés les listes du M.R.P., des Indépendants et paysans et du Parti communiste obtiennent chacune un siège, l'apparentement poujadiste qui en totalise 16,3 % prend le pas sur la liste d'Henri Briffod qui ne recueille que 15,9 % des voix. Ce dernier n'est donc pas élu au soir du 2 janvier. Toutefois, la régularité de l'apparentement est contestée, et, dans sa séance du 23 mai 1956, l'Assemblée nationale invalide l'élu poujadiste, Maurice Duchoud et proclame Henri Briffod élu en ses lieu et place.

Le 22 janvier 1957, il est nommé membre de la Commission de la justice et de la législation, le 4 octobre de la Commission des moyens de communication et du tourisme. Ses interventions concernent essentiellement la région alpine, en novembre 1956, le projet de tunnel routier du Mont-Blanc, en mars 1958, les inondations de 1957 dans les départements alpins. La crise de mai 1958 amène Henri Briffod à rejoindre la minorité de la S.F.I.O. qui n'accepte pas le retour au pouvoir du général de Gaulle. Le 1er juin, il vote contre la confiance et le 2 juin, il refuse les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle.


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