Louis, Gustave Doulcet de Pontécoulant

1764 - 1853

Informations générales
  • Né le 17 novembre 1764 à Caen (Calvados - France)
  • Décédé le 3 avril 1853 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 5 juillet 1795 au 20 juillet 1795
Présidence de l'Assemblée nationale
du 21 mars 1796 au 19 avril 1796

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 6 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Calvados
Groupe
Girondins
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 14 octobre 1795 au 20 mai 1798
Département
Calvados
Groupe
Droite

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-Cents, membre du Sénat conservateur, pair en 1814, pair des Cent-Jours et pair de France, né à Caen (Calvados) le 17 novembre 1764, mort à Paris le 3 avril 1853, il appartenait à une ancienne famille de Normandie.

Fils d'un brigadier des armées du roi, neveu de l'abbesse de l'abbaye aux Dames de Caen, il suivit d'abord la carrière des armes, entra dans les gardes du corps en 1778, devint en 1783 sous-lieutenant dans la compagnie écossaise, et compléta son instruction militaire en allant assister en Prusse et en Bohême à de grandes manœuvres commandées par Frédéric le Grand et Joseph II.

Partisan modéré de la Révolution, il fonda un club à Vire, fut élu président de l'administration départementale du Calvados, député suppléant à l'Assemblée législative, et député du Calvados (6 septembre 1792) à la Convention nationale, élu, le 7e sur 13, par 330 voix (679 votants). Commissaire à l'armée du Nord, il contribua à organiser la défense de Lille.

A l'Assemblée, il défendit Pache, demanda l'envoi de Louvet à l'Abbaye et, dans le procès du roi, opina en ces termes: au 1er appel nominal, il répondit :
« Je pense que, nommé juge par la Convention nationale, et législateur par peuple, les mesures les plus utiles à prendre sont celles qui peuvent assurer l'établissement de la république et l'abolition de la royauté. Je déclare que je crois Louis coupable de haute trahison, de conspiration et d'attentat contre la liberté française ; je vote pour le bannissement à perpétuité de Louis Capet et de sa famille. (Il s'élève des murmures.) Les murmures que j'entends m'affligent pour ceux qui s'en rendent coupables, mais ne m'arrêtent pas. Je recommence : je vote le bannissement de Louis Capet et de sa famille à perpétuité, mais je pense qu'ils doivent être reclus sous la sauvegarde nationale, jusqu'à la cessation de toutes hostilités. Je demande en outre la ratification de ce décret par le souverain, ainsi que de celui qui abolit la royauté. Je signe la présente déclaration. »
Au 3e appel nominal, il reprit :
« J'ai manifesté mon opinion il y a deux jours. Tout ce que j'ai entendu depuis m'y fait persister. Je prononce la détention provisoire et l'expulsion à la paix. »

Dès lors, il s'attacha plus étroitement au parti de la Gironde, dénonça la Commune de Paris, protesta contre les événements du 31 mai, déclara que la Convention n'était pas libre, et fut décrété d'accusation le 3 octobre et mis hors la loi.

Doulcet de Pontécoulant échappa aux poursuites en se réfugiant chez une amie, Mme Lejay, libraire, qu'il épousa l'année suivante.

Il refusa d'assister devant le tribunal révolutionnaire Charlotte Corday qui l'avait demandé pour défenseur, soit qu'il ait craint pour lui-même, soit qu'il eût peur d'aggraver par son intervention le crime de sa compatriote. Quoi qu'il en soit, celle-ci se montra vivement blessée de son refus, et, au moment de marcher à l'échafaud, lui écrivit une lettre qui commençait ainsi : « Doulcet Pontécoulant est un lâche d'avoir refusé de me défendre, etc. »

Le décret du 18 ventôse an III permit à Doulcet de Pontécoulant de reprendre sa place à la Convention. Il ne s'associa pas aux mesures les plus rigoureuses prises par les réacteurs de thermidor, défendit Robert Lindet, obtint la radiation du général Montesquieu de la liste des émigrés et fit partie du comité de salut public et du comité militaire, où il eut occasion de témoigner de l'intérêt au général Bonaparte.

Réélu, le 22 vendémiaire an IV, député au Conseil des Cinq-Cents par le Calvados qui lui donna 272 voix sur 392 votants, en même temps que par dix-sept autres départements, il fut choisi pour secrétaire, puis pour président par l'Assemblée, et intervint fréquemment dans les débats parlementaires.

Son indulgence pour les députés arrêtés en vendémiaire, pour les réfugiés du Calvados, pour les fauteurs de complots royalistes, le rendit suspect au Directoire. Menacé au 18 fructidor, il se tint prudemment à l'écart jusqu'à l'expiration de son mandat (20 mai 1798), et ne reparut dans la politique active qu'à la faveur du coup d'Etat de Bonaparte.

Le 11 nivôse an VIII, il fut nommé chargé d'affaires à Hesse-Darmstadt; et presque aussitôt (11 ventôse) préfet du département de la Dyle. Il servit avec zèle, comme administrateur, les intérêts du gouvernement consulaire, et en fut récompensé, le 12 pluviôse an X, par un siège au Sénat conservateur. Il se montra le partisan dévoué du régime impérial, tant que dura ce régime, reçut le titre de comte le 26 avril 1808, fut chargé de missions assez différentes, livra le comte d'Aché (novembre 1809) aux poignards de la police impériale, organisa les cohortes actives de la garde nationale en Franche-Comté (1811), et prit des mesures de défense sur la frontière du Nord (1813).

Il ne s'associa point à l'acte de déchéance de Napoléon Ier. Cependant il fit partie du gouvernement provisoire formé le 1er avril 1814, et fut nommé pair de France par Louis XVIII le 4 juin suivant.

A son retour de l'île d'Elbe, l'Empereur ne lui tint pas rigueur, et, après avoir figuré (2 juin 1815) parmi les pairs « des Cent-Jours », le comte Doulcet de Pontécoulant fut encore rappelé par la seconde Restauration (5 mars 1819) à la Chambre des pairs. Il siégea dans les rangs des royalistes constitutionnels, prit une part assez active aux travaux de l'Assemblée, se rallia à la monarchie de Louis-Philippe, et conserva son siège de pair jusqu'en 1848.

Il était grand-croix de la Légion d'honneur. On a de lui des Mémoires, publiés en 1862.


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