Alfred, Marie, Irénée Costes

1888 - 1959

Informations générales
  • Né le 24 février 1888 à Saint-juéry (Tarn - France)
  • Décédé le 28 septembre 1959 à Boulogne-billancourt (Hauts-de-Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 3 mai 1936 au 21 janvier 1940 *
Département
Seine
Groupe
Communiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Seine
Groupe
Communiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Seine
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Seine
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Seine
Groupe
Communiste

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né le 24 février 1888 à Saint-Juéry (Tarn), mort le 28 septembre 1959 à Boulogne-Billancourt (Seine).

Député de la Seine de 1936 à 1942. Député de la Seine aux deux Assemblées nationales constituantes de 1945 à 1946.

Député de la Seine à l'Assemblée Nationale de 1946 à 1956.

Ajusteur aux établissements Wehyer, Richemond et Renault, Alfred Costes se syndiqua en 1919 pour devenir, entre les deux guerres, le militant ouvrier le plus en vue des usines Renault. Ayant adhéré au parti communiste au lendemain du Congrès de Tours, en 1920, il fut condamné à six mois de prison le 14 décembre 1925 pour sa participation au « Comité d'action contre la guerre du Maroc ». Son activité politique lui valut d'être emprisonné de nouveau du 2 juin au 1er août 1927 et du 21 juillet 1929 au 3 mai 1930.

Nommé secrétaire général de la Fédération des métaux, en 1930, il prépara et dirigea la grève des usines Renault, qui dura du 28 mai au 13 juin 1936.

Il fut élu député de la huitième circonscription de Saint-Denis, aux élections générales des 26 avril et 3 mai 1936, au deuxième tour de scrutin, par 13.925 voix contre 7.425 à M. Jaudel, sur 22.204 votants.

Inscrit au groupe communiste, il appartint à la Commission de l'aéronautique et à celle d'assurance et de prévoyance sociales dont il devint président. Il fut également membre du Comité consultatif des assurances contre les accidents du travail. Il déposa deux propositions de loi, la première concernant le paiement des salaires dus au moment d'une faillite ou d'une liquidation judiciaire (1936), la deuxième tendant à assurer par la modification des droits de douane, la protection efficace de la main-d'œuvre employée par la construction automobile française (1938), et fut chargé de rapporter : le projet de loi tendant à compléter la loi du 11 avril 1935 sur le recrutement de l'armée de l'air (1938), le projet de loi ayant pour objet d'abroger l'article 27 de la loi du 9 avril 1898 sur les accidents du travail (1938), et le projet de loi tendant à modifier la loi du 11 mars 1932 sur les allocations familiales (1939). Il se fit entendre à de nombreuses reprises, sur : le projet de loi tendant à permettre l'octroi de délais aux commerçants, industriels et artisans (1936), le projet de loi modifié par le Sénat, tendant à modifier le décret-loi du 28 octobre 1935 sur les assurances sociales (en qualité de rapporteur) (1936), le budget de l'air de l'exercice 1938 (1937), le projet de loi créant une Caisse autonome des investissements de la Défense nationale (1938), le projet de loi sur l'organisation générale de la Nation pour le temps de guerre (1938), le projet de loi modifié par le Sénat, ayant pour objet de modifier la loi du 9 avril 1898 sur les accidents du travail (1938), les budgets de la justice et du travail de l'exercice 1939 (1938), le projet de loi créant des allocations de solidarité en faveur des travailleurs exclus des assurances sociales en raison de leur âge (1939), la proposition de loi tendant au rajustement des rentes des victimes d'accidents du travail (1939).

En 1939, il approuva le pacte germano-soviétique de non-agression et fut arrêté dans la nuit du 7 au 8 octobre. Déchu de son mandat de député le 20 février 1940, il fut condamné à cinq ans de prison et 4.000 francs d'amende le 3 avril suivant. Transféré en Afrique du Nord en mars 1941, il fut libéré le 5 février 1943, et, par décision du Conseil des Ministres du 28 octobre 1944, relative au rétablissement de la légalité républicaine, il fut relevé de la déchéance dont il avait été frappé, ainsi que ses collègues communistes.

Après la Libération, il devint membre du Comité central, fonction qu'il résigna peut après pour exercer celle de président de la Fédération des travailleurs de la métallurgie C.G.T. A ce titre, il joua un rôle important dans tous les mouvements revendicatifs qui eurent lieu, plusieurs années durant, dans la région parisienne.

Conseiller municipal de Boulogne- Billancourt, il fut réélu député aux élections générales du 21 octobre 1945 destinées à désigner les membres de la première Assemblée nationale constituante. Il occupait le deuxième rang de la liste communiste de la cinquième circonscription de la Seine qui eut quatre élus. Il emporta le siège au quotient électoral, par 140.153 voix, sur 364.148 votants. Il conserva son siège aux élections générales du 2 juin 1946 (deuxième Assemblée nationale constituante) dans le cinquième secteur de la Seine, toujours deuxième de la liste communiste qui eut trois élus. Il recueillit personnellement 131.642 voix, sur 363.571 votants. Il fut réélu aux élections générales du 10 novembre 1946 (première législature de l'Assemblée Nationale), deuxième de la liste du parti communiste et d'union républicaine et résistante qui eut cinq élus, par 137.590 voix sur 359.003 votants, et à celles du 17 juin 1951, au deuxième rang de la liste d'union républicaine résistante et antifasciste pour l'indépendance nationale, le pain, la liberté et la paix, qui eut trois élus. Il groupa sur son nom 120.632 voix sur 351.036 votants.

Il se consacra à la défense des intérêts de ses camarades ouvriers, continua son œuvre sociale, se préoccupant particulièrement : de l'attribution des assurances sociales aux assurés des professions non agricoles (1946), de la généralisation de la sécurité sociale (1946), des économiquement faibles (1946 et 1949), des conventions collectives du travail (1946 et 1949), de l'organisation administrative de la sécurité sociale (1947), des Comités d'entreprise (1947), des sociétés nationales de constructions aéronautiques (1949), des prestations familiales (1950), du contrôle des ententes professionnelles (1952), etc.

Sa santé déficiente ne lui permit pas de se représenter aux élections générales du 2 janvier 1956.

Il devait mourir âgé de 71 ans, le 28 septembre 1959, à Boulogne-Billancourt, où eurent lieu ses obsèques au milieu d'une nombreuse assistance. Le cercueil fut exposé à la maison du métalurgiste, avant d'être conduit à la Bourse du travail de Boulogne-Billancourt. Dans un message, le Comité central du parti communiste salua en lui « un de ces anciens membres toujours demeuré fidèle à l'idéal communiste. »

Alfred Costes avait dirigé le journal L'Etincelle.




Né le 24 février 1888 à Saint-Juéry (Tarn)
Décédé le 28 septembre 1959 à Boulogne-Billancourt (Seine)

Député de la Seine de 1936 à 1940
Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Seine)
Député de la Seine de 1946 à 1955

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome III, p. 1147 et 1148)

Pendant l'Occupation, Alfred Costes purge, d'abord au Puy, la peine de cinq ans de prison à laquelle le tribunal militaire de Paris l'avait condamné le 3 avril 1940, en raison de ses activités communistes. Le 8 décembre de la même année il écrit au maréchal Pétain afin d'être cité comme témoin à charge au procès de Riom. Transféré en Algérie au mois de mars 1941, il est libéré le 5 février 1943.

Relevé de la déchéance de son mandat de député par décision du Conseil des ministres du 28 octobre 1944, prise en application de l'ordonnance du 9 août 1944 portant rétablissement de la légalité républicaine, Alfred Costes reprend le combat politique.

Il retrouve son siège au Comité central du Parti communiste mais abandonne peu après cette fonction au profit du secrétariat de la Fédération C.G.T. de la métallurgie dont il deviendra président en 1952. Elu conseiller municipal de Boulogne-Billancourt aux élections d'avril-mai 1945, il exerce ce mandat jusqu'au renouvellement de 1947.

Aux élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale Constituante son parti le présente en deuxième position derrière Etienne Fajon dans la 5e circonscription de la Seine. Avec plus de 39 % des suffrages exprimés, la liste communiste arrive netttement en tête et remporte quatre des huit sièges à pourvoir. Alfred Costes sera à nouveau candidat et réélu, toujours aux côtés d'Etienne Fajon, lors des élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale Constituante puis aux élections législatives du 10 novembre 1946 et du 17 juin 1951. Distançant à nouveau les autres formations, le Parti communiste y obtient respectivement 36,8 % des voix et trois sièges sur huit, 39 % des voix et cinq sièges sur neuf, 35,3 % des voix et trois sièges sur neuf.

Naturellement inscrit au groupe communiste, Alfred Costes est membre de la Commission des moyens de communication et des P.T.T. durant les deux Assemblées nationales Constituantes, de celle des moyens de communication entre décembre 1946 et la fin de 1948 et de celle des affaires économiques à la suite des élections de 1951. Mais c'est au titre de la Commission du travail et de la Sécurité sociale qu'il réalise la plus grande part de son activité parlementaire. Il y siège depuis son élection à la première Assemblée nationale Constituante jusqu'en juin 1951, fin de la première législature. Au début de 1946, il participe par ailleurs aux travaux de la Commission supérieure des comités d'entreprises.

Fréquemment nommé rapporteur par la Commission du travail et de la Sécurité sociale, le député de la Seine dépose de nombreux avis, rapports, propositions de loi ou de résolution concernant la retraite des vieux travailleurs, l'aide de l'Etat aux économiquement faibles, la généralisation de la Sécurité sociale et la juridiction prud-hommale.

En séance Alfred Costes intervient à de nombreuses reprises sur ces différents sujets mais il s'intéresse aussi aux questions économiques et budgétaires. Le 10 août 1948, il prend part à la discussion du projet de loi tendant au redressement économique et financier, le 2 juin 1949 à celle de dispositions économiques et financières, le 23 juin de la même année à celle des dépenses militaires pour 1949, le 11 décembre 1951 à l'examen des crédits des affaires économiques pour 1952, le 27 janvier 1955 à celui des crédits du ministère du logement et de la reconstruction pour 1955.

Elu d'un secteur industriel de la Seine et exerçant des responsabilités à la Fédération C.G.T. de la métallurgie, Alfred Costes dépose des demandes d'interpellation sur les licenciements et lock-out pratiqués par Hispano-Suiza à Bois-Colombes (31 décembre 1949), sur les salaires chez Renault (23 mars 1950) et sur un lock-out dans la même entreprise (12 mai 1953). Le 6 mars 1953 il intervient à propos des licenciements à l'usine Kléber Colombes.

Pour raisons de santé, Alfred Costes ne se représente pas aux élections législatives du 2 janvier 1956.



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