Albert Dehen

1901 - 1988

Informations générales
  • Né le 6 avril 1901 à Lille (Nord - France)
  • Décédé le 7 novembre 1988 à La rochelle (Charente-Maritime - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 13 août 1968 au 1er avril 1973
Département
Charente-Maritime
Groupe
Union des démocrates pour la République

Biographies

Biographie de la Ve République

DEHEN (Albert, Louis)
Né le 6 avril 1901 à Lille (Nord)
Décédé le 7 novembre 1988 à La Rochelle (Charente-Maritime)

Député de Charente-Maritime de 1968 à 1973

Né dans une famille implantée de longue date dans le bassin valenciennois, fils de décorateurs, Albert Dehen voit le jour le 6 avril 1901 à Lille. Il étudie à l’Institut industriel du Nord de la France, et en sort titulaire d’un diplôme d’ingénieur. Après sa mobilisation, d’avril 1921 à avril 1923, dans un Maroc en guerre, il entre dans la vie active. Il accomplit l’ensemble de sa carrière dans le secteur ferroviaire. En 1923, il entre à la Compagnie des chemins de fer français, avant sa nationalisation en S.N.C.F., quatorze années plus tard. Il en devient ingénieur principal, et la quitte en 1948. Puis il intègre la société Brissonneau et Lotz, et la dirige jusqu’en 1969. Enfin, avant sa retraite en 1975, il est le président directeur général de la Séal, une société spécialisée dans la construction de murs rideaux, filiale de Péchiney-Chausson-Alsthom.
C’est lors de sa mission chez Brissonneau et Lotz que, affecté au département des Chemins de fer de La Rochelle, il s’implante en Charente-Inférieure, devenue Charente-Maritime en 1941. Le 6 juillet 1951, il épouse Laurence Piebourg, union de laquelle naît un fils. Président des amis du club de rugby de La Rochelle, Albert Dehen devient un notable rochelais, à l’influence réelle, bien que sans mandat politique local.
Son entrée en politique vient en grande partie de la défaite électorale à l’Assemblée départementale d’André Salardaine, député et maire gaulliste de La Rochelle, conseiller général et candidat malheureux dans le canton de La Rochelle-Ouest, lors du scrutin départemental de 1967. Ainsi affaibli, celui qui est apparu, au fil des années 1960, comme l’une des principales personnalités du gaullisme maricharentais, est préféré par l’appareil de l’Union pour la défense de la République (U.D.R.) au gaulliste de gauche Jean Duprat-Geneau, dit Philippe Dechartre, fraîchement nommé dans le quatrième gouvernement de Georges Pompidou. En effet, la situation politique est délicate. Les événements de mai 1968 ont consolidé les positions de la gauche non communiste dans certains départements. A La Rochelle, le jeune avocat Michel Crépeau, qui a mis en difficulté André Salardaine aux élections législatives de 1967, menace de faire perdre à la droite la première circonscription aux élections législatives de juin 1968.
Si Albert Dehen, premier vice-président de la chambre de commerce de La Rochelle, est choisi comme suppléant de Philippe Dechartre, c’est vraisemblablement pour pallier ce « parachutage » de dernière minute. En effet, secrétaire d’Etat en charge des problèmes de logement, depuis le 30 mai 1968, le candidat de l’U.D.R. n’a pas d’ancrage dans le département, sinon sa maison de vacances en pays d’Aunis, sur l’île de Ré. Souhaitant servir sa « petite patrie d’adoption », il s’y déclare candidat par « devoir national ». Il fonde sa présence électorale sur la menace que les gauches, à ses yeux, font peser sur la démocratie. Sa détermination semble particulièrement prononcée. Il vilipende « l’anarchie pro-chinoise », qui tente de s’installer dans la rue, « la subversion communiste », qui vise à « détruire la République », ainsi que « les staliniens » et la dictature qui « menace ». Il se présente comme le candidat promettant de mettre fin à « la guerre civile ». Au-delà, il s’engage à faire de La Rochelle-La Pallice « un très grand port », et complète son cursus honorum en s’en qualifiant secrétaire d’Etat ès qualités. Or quelques années plus tôt, l’exécutif n’a pas sélectionné la préfecture de Charente-Maritime parmi les grands ports maritimes dont il souhaite l’autonomie, comme ceux de Bordeaux et du Havre, ainsi que ceux de Dunkerque, de Rouen, de Nantes-Saint-Nazaire et de Marseille.
La première circonscription du département, dans laquelle Philippe Dechartre et Albert Dehen mènent campagne, rassemble les cantons d’Ars-en-Ré, La Jarrie, Marans, La Rochelle – Est et Ouest, et Saint-Martin-de-Ré. Au soir du premier tour, les deux hommes sont en tête des trois candidats en lice, avec 25 526 des 51 931 suffrages exprimés. Ils recueillent ainsi le double des voix obtenues par Michel Crépeau, investi par la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (F.G.D.S.), et le triple du nombre des bulletins rassemblés par le secrétaire fédéral permanent du Parti communiste français (P.C.F.) et conseiller général, Léon Belly. L’écart se réduit cependant entre les deux tours, l’alliance des gauches étant parfaitement réalisée. Michel Crépeau ne parvient cependant pas à vaincre Philippe Dechartre : il n’obtient que 25 666 voix. Mais il n’a que 2 000 voix de retard sur le candidat gaulliste qui, avec 27 608 des 53 274 suffrages exprimés, l’emporte. Assurée pour la députation, la succession d’André Sarladaine à la mairie de La Rochelle est convoitée par le nouveau député gaulliste de Charente-Maritime : les élections municipales sont prévues pour le mois de mars 1971.
Entre-temps, Philippe Dechartre est confirmé dans ses fonctions ministérielles par le nouveau chef du gouvernement, Maurice Couve de Murville. Il retrouve son ministère le 10 juillet 1968. Il ne sera resté député que quelques jours. Aussi, Albert Dehen entre-t-il au Palais-Bourbon, à partir du 13 août 1968. Il s’inscrit au groupe de l’Union des démocrates pour la République (U.D.R.), le 25 septembre suivant. Le lendemain, il est nommé membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées. Il n’y siège que quelques semaines et, le 4 octobre, la quitte, pour rejoindre la Commission de la production et des échanges, plus appropriée aux préoccupations d’aménagement du territoire qui animent Albert Dehen. S’il ne dépose aucune proposition de loi, il intervient cependant en séance publique, à l’occasion de onze discussions différentes.
Son investissement à l’Assemblée nationale est fondé plus particulièrement sur l’étude des questions industrielles liées, directement ou plus secondairement, aux ports et à la pêche. En effet, le 4 décembre 1968, il prend part à la discussion du projet de loi relatif à l’exercice du droit syndical dans les entreprises. Il dépose deux amendements tendant à préciser le nombre de délégués syndicaux titulaires dans chaque section syndicale d’entreprise ou d’établissement. Il intervient aussi sur l’aspect fiscal des problèmes commerciaux et industriels qu’il rencontre dans sa circonscription. Le 17 septembre 1969, il défend l’expansion de l’industrie et toutes les mesures y contribuant, des solutions à apporter à la réduction de la consommation intérieure jusqu’à la suppression de la déduction du bénéfice fiscal. Il se veut le défenseur des industries devant subir des restrictions de consommation. Plus avant, le 31 octobre qui suit, il pose au ministre délégué au plan et à l’aménagement du territoire, Olivier Guichard, une question orale sans débat, relative aux allégements fiscaux et primes de développement industriel. Dans la discussion des projets de loi de finances (P.L.F.), il se fait le défenseur des dotations budgétaires des secteurs d’activités de son département. Le 19 novembre 1969, il soutient les bourses de l’enseignement privé agricole et regrette la réduction des crédits d’équipement. Trois jours plus tard, dans la même discussion budgétaire, il combat les taxes parafiscales, notamment celles qui pèsent sur les volailles. Au cours de la discussion des P.L.F. pour 1971, 1972 et 1973, il prend la parole en séance publique, plus spécifiquement au chapitre des transports et de la marine marchande. Ainsi, le 17 novembre 1970, il prend la défense des pêches maritimes qu’il convient d’adapter. Il expose le problème du mareyage, très prégnant dans son département, et suggère le vote d’une loi-cadre à ce propos. Il s’interroge sur le projet de statut des syndics des gens de mer. L’année suivante, le 15 novembre 1971, dans la discussion du budget du même ministère, il s’élève contre le prix du fuel-oil domestique et souhaite voir modifiée la réglementation fixant les maillages des filets et la taille marchande des poissons. Enfin, le 3 novembre 1972, il souhaite que le gouvernement précise le programme pluriannuel de modernisation et de renouvellement de la flotte fraîche, à la suite de la détérioration de la balance des échanges des produits de la mer. Il présente, au fondement de son intervention dans l’hémicycle du Palais-Bourbon, la situation de l’ostréiculture dans le bassin de Ré-Centre-Ouest.
Au cours de son mandat, Albert Dehen fait montre de sa fidélité à la politique conduite par les gouvernements de Maurice Couve de Murville, de Jacques Chaban-Delmas et de Pierre Messmer. Aussi, le 10 octobre 1968, vote-t-il en faveur du projet de loi d’orientation de l’enseignement supérieur. Il en fait de même, le 4 décembre 1968, à propos de la réforme de l’exercice du droit syndical. Il approuve le projet de loi tendant à renforcer la garantie des droits individuels des citoyens, le 28 mai 1970, et réagit de même, lors du vote solennel sur le projet de loi tendant à réprimer certaines formes de délinquance, le 4 juin suivant. Comme la représentation nationale à sa presque unanimité, il vote pour la réforme du Service national, défendue par Michel Debré, ministre de la défense nationale, le 10 juin suivant. Fidèle au Premier ministre, il apporte son soutien à la déclaration de politique générale de son gouvernement, le 15 octobre 1970. Il en est de même, lorsque Jacques Chaban-Delmas demande un vote sur une nouvelle déclaration de politique générale, le 24 mai 1972. Entre-temps, Albert Dehen s’est volontairement abstenu, le 27 avril 1972, dans le vote sur l’ensemble du projet de loi portant création et organisation des régions.
Le 15 mai 1972, Philippe Dechartre est mis en examen. Il doit démissionner du gouvernement dirigé par le maire de Bordeaux, dans lequel, en 1969, il est entré comme secrétaire d’Etat auprès de Joseph Fontanet, ministre du travail, de l’emploi et de la population. Il n’est pas remplacé. L’année précédente, il n’est pas parvenu à succéder à André Salardaine à la mairie de La Rochelle : Michel Crépeau l’a emporté. Cet affaiblissement électoral et politique de Philippe Dechartre nuit à Albert Dehen, qui termine son mandat de parlementaire sans espérer vraiment pouvoir se représenter. D’ailleurs, au scrutin de mars 1973, l’investiture de l’Union des républicains de progrès est accordée au centriste François Blaizot, directeur de l’Aménagement rural. C’est Michel Crépeau qui l’emporte, à l’issue du deuxième tour.
Avec son retrait progressif de la vie politique locale et nationale, Albert Dehen prend sa retraite professionnelle de chef d’entreprise, le 26 juin 1975. Il disparaît le 7 novembre 1988, à l’âge de 87 ans. Il était chevalier de la Légion d’honneur et titulaire de la médaille de la Jeunesse et des Sports.

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